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Bulletins d'arboriculture,
de culture potagère et de floriculture
_^J. — 1-i —
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^Irnolli ^Irftoretum i/ibrai-g
THE GIICT OF
FRANCIS SKINNER
OF DEDHAM
IN MEMORY OF
FRANCIS SKINNER
(H. C. i86a)
Received
(Dcir /^ôQ,
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D'ARBORICULTURE
DE FLORICULTURE
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DE CULTURE POTAGÈRE
RÉDIfiÉS PAR
Fr. Bnrvenicli, ^d. ffmBiertj Ëm. Bodigas, H. J. Yan Halle
?rof0dsemrs à VÉcole d*HorticalUtre de TÉtot
ABBezée a« JàrdiiiAbptaBiqme de rUnirerské de Oand
T ORGANE DU
CERCLÉ D'ARBORICULTURE
■ DE BELGIQUE
FONDÉ EN 1864
1874
GAND
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BULLETINS D'ARBORICULTURE
DE FLORICULTURE
ET
DE CULTURE POTAGÈRE
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DÉPOSÉ CONFORMÉMENT A LÀ LOI
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BULLETINS
D'ARBORICULTURE
DE FLORICULTURE
ET
DE CULTURE POTAGÈRE
RéOIGÉS PAR
Fr. Burrenicli, lÉd. Fynaert, Ém. Bodigas, H. J. Vftn Hnlle
Professears à l'École d'Horticultare de l'État
annexée an Jardin botanique de l'Université de Gand
ORGANE DU
CERCLE D'ARBORICULTURE
DE BELGIQUE
FONDÉ EN 1864
1874
GAND
IMPRIMERIE ET LITHOGRAPHIE C. ANNOOT-BRAECKMAN
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CONSEIL D'ADMINISTRATION
DU CERCLE D'ARBORICULTURE DE BELGIQUE.
Année 1874.
Président :
Vice-frésidents :
Secrétaires adjoints :
Trésorier :
Bibliothécaire :
Conseillers :
JSténoçraphedu Cercle
MM.
Edm. de Ghellinck de Walle.
F. RoDiGAS, H. J. Van Hulle.
Ém. Rodigas.
Ch. De Vis, Et. Griffon.
Fr. Burvenich.
Éd. Pynaert.
H. Ber6hgracht-deRaeve,V. Biebuyck,
L. Boddaert, F. Crépin, J. N. Horde-
bise, P. Van Santen, Ad. Wiringer.
A. Bastenier.
COMITÉ CENTRAL.
MM.
Président : Edm. de Ghellinck de Walle, à Gand ;
Membres : Fr. Burvenich, à Gendbrugge ;
Éd. Pynaert, rue de Bruxelles, 142, à Gand;
Ém. Rodigas, boulevard du Château, 4, à Gand;
H. J. Van Hulle, au Jardin botanique, à Gand.
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RAPPORT
SUR
LA SITUATION ET LES TRAVAUX DU CERCLE D'ARBORICULTURE
DE BELGIQUE,
EN 1873.
Messieurs,
n y a deux ans, dans une circonstance analogue à celle qui
nous réunit aujourd'hui, presque à pareil jour et dans ce même
temple de nos libertés, Thonorable Président de la Société agri-
cole de la Flandre orientale parla des progrès réalisés dans
le domaine de Farboriculture fruitière^ et; parmi les causes de
Textension donnée aux vergers de la Flandre, M. Jaequemyns
cita Faction du Cercle d'Arboriculture de Belgique.
Cette action, cette salutaire inâuence, notre Société ne l'au-
rait jamais exercée, si sa situation prospère ne lui avait permis
de consacrer une partie de ses forces exubérantes au dévelop-
pement des cultures fruitières et de la pdmologie dans toutes
nos provinces.
Si d'autres associations, à son exemple, ont cherché vaine-
ment à rendre des services semblables, si elles n'ont pu réussir
à atteindre le but assigné à leur fondation, c'est qu'aucune
d'elles n'a possédé comme la nôtre les éléments dont il faut
pouvoir disposer pour répandre l'instruction chaque jour et à
chaque heure ; c'est qu'aucune d'elles peut-être ne respire un égal
souffle de désintéressement et d'abnégation personnelle chez ceux
qui les dirigent.
Plus que jamais je puis affirmer que la situation de notre
Cercle est on ne peut plus prospère. Cette prospérité ne dimi-
nuera que le jour où l'administration de la Société, oublieuse du
but élevé de la création de celle-ci, abandonnera les moyens
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actuellement mis en œuvre pour améliorer les procédés de Tar-
boriculture fruitière. Tant que le Cercle tiendra ces réunions où
sont débattues librement les questions les plus diverses de la
pratique et de la théorie ; tant qu il fera des visites à des cultures
modèles ; tant qu'il publiera dans les deux langues de notre
pays ces Bulletins dont les articles variés viennent tous les
mois raviver le zèle de chacun, le Cercle d'Arboriculture
exercera une légitime influence.
La prospérité croissante de la Société s'accuse par le nombre
de ceux qui tous les mois grossissent nos rangs ; les listes
publiées dans les Bulletins de 1873 se résument par le chiffre
éloquent de 200 nouveaux membres.
Dans une Société aussi nombreuse, les pertes sont inévitables.
Celles-ci ont dépassé cette année le chiffre ordinaire, par suite
de la défection de la Section locale de Liège. Les fonds sociaux
auxquels cette Section avait droit, et qu'elle aurait touchés si
les membres dissidents n'avaient dépassé leurs pouvoirs, ont
été déposés à la Banque, en attendant qu'ils puissent être affec-
tés à leur destination.
Conformément à une décision prise dans l'assemblée générale
de décembre dernier, la reddition des comptes du Trésorier ne
doit avoir lieu qu'à la première réunion du printemps. Sans
avoir à signaler l'état des finances, je puis cependant vous
dire, MM., que cet état continue à être satisfaisant. Si, par
suite des dépenses extraordinaires occasionnées par les expo-
sitions de Gand et de Vienne, les comptes se soldent par ua
déficit, j'ai le plaisir de pouvoir ajouter que celui-ci sera
momentané ; en effet, le Gouvernement, eu égard aux services
rendus au pays par le Cercle, a bien voulu nous promettre de
nous aider prochainement à couvrir une partie de ces dépenses
extraordinaires.
Cette année, MM., marquera dans l'existence du Cercle,
parmi celles où la plus grande activité a été mise en œuvre pour
élever et étendre de plus en plus l'arboriculture fruitière. Llm-
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portance des questions traitées dans les deux dernières assem-
blées n'a pu échapper à personne.
Celle de la culture intensive, proposée par M. le professeur
DugnioUe, a fait un pas immense.
Celle du mouvement de la sève, qui fut introduite par la voie
des Bulletins et dont se sont occupés tour à tour la plupart des
organes de la presse horticole étrangère, a été résolue confor-
mément aux récentes découvertes de la science et à la satisfac-
tion des praticiens intelligents.
L'influence des Bulletins, dont la puhlication est venue com-
bler une lacune dans la littérature horticole, va grandissant.
Le volume de cette année, publié dans les deux langues,
compte 388 pages de texte original ; il est orné de 64 gravures,
sans compter les planches noires. Il renferme les travaux et
les articles les plus variés concernant toutes les branches des
cultures.
Nos planches pomologiques jouissent d'une réputation que
leur bonne exécution justifie. Elles constituent une nouvelle
Pomologie belge, faisant suite aux Annales de Pomologie lelge
H étrangère publiées jadis sous les auspices du Gouvernement
qui leur accordait des subventions importantes.
Cette partie des Bulletins n'a pas seulement un succès artis-
tique qui honore M. De Pannemaeker, mais elle fait connaître
mieux que les plus belles descriptions, les variétés fruitières
nouvelles ou dignes d'être répandues. Et pour donner une idée
de leur influence, il suflSra de dire que, à la suite de la publica-
tion des planches des Meillewres fraises, on a demandé en une
fois à l'un de nos horticulteurs six mille plants d'une seule
variété. Du reste, au mois de septembre dernier, la plupart des
établissements horticoles de Gand ne pouvaient plus livrer un
seul pied de Fraisier.
Cette influence ne se borne pas à notre localité ; elle s'étend
en dehors du pays. En effet, les ordres qu'un pépiniériste
anglais reçut après la publication de la jolie planche de l'excel-
lente pèche Early Bivers^ ont été tellement nombreux qu'il a
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adressé une lettre de remerciements à notre digne Président et
que, avant la fin de là saison, ses articles étaient complètement
écoulés.
Voilà des faits, MM., qui parlent plus haut que n'importe
quelle conjecture.
Du reste, nos Bulletins ont acquis un tel renom, on peut le
dire sans fausse modestie quand on y prend la plus faible part,
que les sociétés scientifiques cherchent Tune après l'autre à
entrer en correspondance avec le Cercle. En échange de Tor-
gane de la Société, nous recevons les principales publications
horticoles de TAngleterre, de la France, de l'Allemagne, de la
Hollande, etc., et la bibliothèque s'enrichit chaque jour des
documents de 37 journaux périodiques. Dans ceux-ci l'on
trouve l'œuvre du Cercle fréquemment citée avec éloge, et un
grand nombre des articles des Bulletins y sont traduits, com-
mentés ou simplement reproduits.
Non content de ces moyens de propagande, le Cercle ne
néglige aucune occasion qui puisse conduire au progrès. Ainsi,
voulant associer l'arboriculture au grand mouvement horticole
que la Société royale d'Agriculture et de Botanique de Gand a
encore une fois organisé avec un éclatant succès, au printemps
dernier, le Cercle a offert spontanément une médaille d'or pour
être affectée au concours le plus important de la pratique
arboricole.
A cette même occasion, notre Société a tenu à l'hôtel-de-ville,
toujours ouvert à ceux qui s'efforcent de répandre l'instruction
et d'augmenter le bien-être matériel et moral du peuple, —
notre Cercle, dis-je, a tenu une assemblée extraordinaire,
véritable congrès auquel ont pris part les praticiens et les
publicistes les plus éminents du pays et de l'étranger. Ce fut un
beau jour que celui où nous vîmes s'asseoir au banquet fraternel
offert par le Cercle d'arboriculture de Belgique, des hommes dis-
tingués venus de tous les points de l'Europe. Le D' Cari Koch,
le D' Masters, le D"^ Mulder, le D' Robert Hogg, M. Ch. Baltet
et d'autres notabilités de l'horticulture y prirent successivement
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la parole pour témoigner de leur sympathie envers le Cercle,
pour exprimer leurs vœux en faveur de la prospérité de notre
œuvre et prouver une fois de plus que, dans le paisible domaine
de Flore, on fait trêve aux rivalités de la politique.
Mais il manquait à notre Cercle un élément puissant d'in-
struction, celui que fournissent les expositions. C'est par ce
moyen que notre association peut coopérer au but que s'est
proposé naguère la Société agricole de la Flandre orientale :
arriver à produire les fruits au plus bas prix possible. En réu-
nissant côte à côte les produits des principaux centres de tout
le pays, on montre les meilleures variétés ainsi que celles
qui, sans être des fruits d'élite pour nos tables, peuvent cepen-
dant, sous notre climat, répondre aux conditions les plus écono-
miques des cultures et par suite donner lieu à un accroissement
de nos exportations.
Certes, c'est déjà beaucoup de constater que nous expor-
tons actuellement pour près de 3 millions de francs en pommes,
poires et cerises; mais ce chiffre pourrait être rapidement
doublé et même quintuplé, si Ton parvenait à faire comprendre
à nos cultivateurs que l'arbre fruitier est incontestablement pour
eux une source de revenus assurés, à condition qu'ils sachent
choisir les variétés convenant au sol et au climat.
C'est à ce point de vue surtout que les expositions de fruits
rendent de grands services et, sans doute, le Conseil provincial
de la Flandre orientale a considéré cet intérêt d'un ordre
général, lorsqu'il a, à l'unanimité, alloué à notre Cercle un
subside pour l'aider à ouvrir sa première exposition de fruits.
Je suis heureux d'être l'organe du Cercle pour offrir l'expres-
sion d'une vive reconnaissance au Conseil provincial qui a per-
mis ainsi la réalisation d'une œuvre doublement utile.
Non seulement on est parvenu à organiser à Gand même une
vaste exposition qui a pleinement satisfait les plus diflSciles et
qni a démontré que, même dans les circonstances les moins
fevorables, le Cercle peut compter sur le zèle et le dévouement
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— io-
de ses membres, mais encore il nous a été donné de réunir ainsi
pour l'Exposition universelle de Vienne, un contingent digne
de la renommée dont jouissent Tagriculture et Thorticulture
belges.
Le résultat de la participation du Cercle à l'Exposition de
Vienne vous est connu, Messieurs. Ce résultat élève encore
plus haut notre pomologie, et ceux qui viennent aujourd'hui
recevoir les médailles que le Cercle est fier de leur offrir —
et dont les plus belles sont dues à la munificence de notre hono-
rable Président et d'un membre qui a désiré garder modeste-
ment l'anonyme — ont rendu un véritable service à notre pays.
S'ils ont généreusement abandonné, en vue d'une œuvre
commune, ce que de nombreux efforts personnels leur avaient
fait obtenir, ils emportent maintenant la satisfaction d'avoir
contribué à un acte d'un intérêt national. Mais à leur tour, ils
voudront bien reconnaître qu'une part du succès revient à un
collègue qui, avec l'activité que nous lui connaissons, s'est
dévoué à Vienne même pour faire triompher le contingent du
Cercle. Aussi, j'ai l'honneur de vous proposer, MM., de voter
des remerciements à M. Pjnaert, dont le désintéressement a été
au dessus de tout éloge. (Applaudissements.)
J'aime à vous rappeler aussi que le Comité a décerné à l'una-
nimité une médaille de vermeil à M. Delrue-Schrevens qui non
seulement a fait des envois réitérés de fruits d'un incontestable
mérite^ mais qui, en outre, en a décrit plusieurs dans les Bulle-
tins. Cette décision sera sans doute ratifiée par l'assemblée
entière. (Applaudissements.)
Il est convenable, je pense, de rappeler encore les distinctions
échues à notre honorable Président et à notre estimé Vice-
Président. La croix de l'Ordre de Léopold a été pour M. de
Qhellinck de Walle la récompense d'un dévouement sans bornes
à la cause de l'horticulture. (Applaudissements,) En recevant
la décoration de l'Ordre de la Couronne de Chêne, M. Van Huile
a obtenu le prix de persévérants labeurs dans le domaine de
la propagande horticole. (Applaudissements.) Hier encore,
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pardonnez-moi cette indiscrétion^ tous deux ont reçu le diplômjB
de membre correspondant de la Société impériale d'horticulture
de Vienne, et M. Van Huile a été nommé membre honoraire
de la Société impériale d'horticulture de Russie.
Qu'il me soit permis, MM., de terminer ce rapport par un
vœu.
L'Exposition du mois de septembre est la première qui ait été
organisée à Gand sur de larges bases ; son utilité a été haute-
ment reconnue ; elle a eu un légitime succès. Puisse-t-elle être
suivie par beaucoup d'autres ! Notre Cercle n'y perdra pas, et
l'arboriculture fruitière, cette branche féconde des productions
de notre sol, ne pourra qu'y gagner sous tous les rapports.
Ém, Hodiças.
CERCLE DIRBORICULTURE DE BELGIQUE.
ADMISSIONS
prononcées dnrant le mois de décembre 187S.
Mentir e honoraire.
M. de T'Serclaes de Wommersom (le comte T. E. D. C. G.),
gouverneur de la Flandre orientale, à Gand.
3"*® SÉRIE. — Membres protecteurs,
MM.
Bureau (Th.), ingénieur, directeur de l'École industrielle, Gand ;
présenté par M. Amb. Verschaffelt.
Delacroix (Ch.), constructeur de chauffages de serres, rempart
delaByloke, Gand; présenté par M. Éd. Pynaert.
Dieleman, Hôtel d'Anvers, Eecloo ; présenté par M. J. De Smet.
Dupret (Ch.), industriel, Marcinelle près Charleroi ; présenté
par M. Ch. Meurice.
Fiers (Séraphin), garde forestier de M. le comte Ch. deKerchove
de Denterghem, Maldegem ; présenté par M. J. De Smet.
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— 12 —
Lagae (Aug.), notaire et bourgmestre, Heule lez Courtrai;
présenté par M. Burvenich.
Liekendael (Félix), jardinier chez M. Vranckx, Uccle lez
Bruxelles ; présenté par M. P. Vervaene.
Martin (Jules), jardinier, Carnières (Hainaut); présenté par
M. N. Carnières.
Milatz (P. P.), directeur de l'École d'agriculture, Warflfum
(Hollande) ; présenté par M. Ém. Rodigas.
Piérard (Eug.), jardinier diplômé chez M. Gillieaux-Hans,
Gillyprès Charleroi; présenté par M. Burvenich.
Vande Veide, instituteur communal, Destelbergen-Beirvelde ;
présenté par M. Osw. de Kerchove de Denterghem.
Van Hoorebeke (Henri), particulier, Eecloo; présenté par
M. L. Van Hoorebeke.
Willems (Henri), propriétaire, à sa villa, Hal (Brabant);
présenté par M. Jul. Herman.
QUELQUES MOTS A PROPOS DES LÉGUMES HATIFS.
Tout le monde sait avec quelle avidité les premiers légumes
sont recherchés au printemps, à quel prix élevé on s'en procure,
avec quelle impatience les jardiniers et les amateurs attendent
les premiers produits ; nous devons donc rechercher les moyens
d'avancer la récolte le plus possible. Je ne m'occuperai pas ici
de légumes forcés, donnant leurs produits sur couches, à grands
frais, mais spécialement de quelques légumes de pleine terre
dont on peut avancer la récolte de quinze jours à trois semaines
à peu de frais.
On se hâte ordinairement trop pour planter au printemps ; le
mauvais temps empêche les légumes de prospérer : on a cru
s'avancer et l'on a du retard. C'est pourquoi il y a grand avantage
à semer et à repiquer sous verre, en attendant la bonne saison,
pour confier ensuite les plants au plein air. Je vais dire un mot
de quelques légumes qui se prêtent à cette culture, notamment
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— 13 —
des choux-fleurs, des pois, des haricots,, des tomates et de la
tétragone.
Les choux-fleurs pour le printemps, je les sème à la fin du
mois d'août, pour les repiquer en pépinière au commencement
d'octobre ; ils restent dans cette dernière place jusqu'aux premiè-
res gelées, époque à laquelle je me prépare pour les hiverner.
J'ouvre à cet effet, dans un lieu abrité du jardin, une tranchée
de 1""20 de largeur sur 0™15 de profondeur en rejetant la
terre sur les bords ; cette terre est retenue par le moyen de
planches ajustées en forme de coffre. Après avoir labouré le fond
de la tranchée et l'avoir recouvert d'une couche d'un centimètre
de cendres de charbon, j'y repique les choux-fleurs assez près
les uns des autres.
Je me sers pour les abriter, de paillassons de 0""15 à 0""30
plus larges que la tranchée. Quand il ne gèle pas, on lève les
paillassons pour les baisser quand il fait trop froid ; si la gelée
devient trop intense, on entoure les bords avec du fumier. Les
choux-fleurs passent très bien l'hiver dans cet état.
Celui qui n'en cultive que pour la consommation d'un ménage
pourrait aussi avantageusement les hiverner sous châssis à
froid.
Quels que soient les moyens employés pour les hiverner, je ne
suis nullement d'avis qu'il convient de les mettre en pleine terre
du 15 au 20 mars, comme on le fait généralement.
Voici comment je procède pour avancer leur produit. Dans la
1" quinzaine de février je prends la moitié de ce qui est néces-
saire pour la consommation et je les plante en pots de 0"'20 de
diamètre ; ils sont ensuite enterrés sous verre dans un coffre
posé simplement sur le sol ; on donne de l'air et on continue à
couvrir de paillassons pendant la nuit pour les garantir du
froid ; on doit même entourer le coffre de fumier. Les choux-
fleurs ainsi abrités, se trouvent dans un milieu qui leur convient
pour reprendre et peuvent se fortifier jusque vers les premiers
jours d'avril. A cette époque on peut les mettre en place; on les
retire du pot, sans déranger la motte de terre, et on fait les trous
3
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^ 14 —
avec un déplantoir; (Je cette manière, ils ne subissent aucun
arrêt dans leur végétation et ils donnent leur produit quinze
jours à trois semaines plus tôt que ceux qui ont été plantés
sans motte avant la bonne saison.
J'ai dit plus haut que je laisse la moitié du contingent néces-
saire sans les mettre en pots. Ceux-ci restés sous abris, sont
mis en place avec les autres et donnent leur produit quand les
premiers commencent à s'épuiser. Je ne puis assez insister sur
l'usage des pots, car on sait l'avantage qu'il y a de transplanter
une plante avec motte.
Il en est des pois hâtifs comme des choux-fleurs : on les
plante trop souvent en janvier et au commencement de février
en pleine terre, où ils servent de nourriture aux souris et autres
rongeurs ; ceux qui échappent à la destruction, ont l'inconvé-
nient d'avoir les racines rongées par les vers en passant de
longues semaines sous la neige. Depuis longtemps je les plante
sous châssis vitré, dans un coffre posé simplement sur le sol, à
bonne exposition, de même que pour les choux-fleurs. De
petits pots d'environ sept centimètres de diamètre sont disposés
dans le coffre à côté les uns des autres ; on les emplit de terre
tamisée, en déposant dans chacun cinq ou six pois; ensuite on
recouvre tous les pots de 0^02 de cendre de houille ou de terre
fine. Cette opération se fait vers le 1" février.
On couvre de paillassons quand il gèle, même on peut entou-
rer le coffre de fumier; il faut donner de Tair et de la lumière,
quand il ne gèle pas. Vers le 15 mars les pois ont acquis, dans
ces conditions, une hauteur d'environ 0™15 ; on élève alors com-
plètement les châssis pendant une dizaine de jours pour les
habituer à l'air libre, ensuite on peut les mettre en pleine terre
avec motte.
Après la plantation, on butte et on rame également ; les rames
servent encore d'abri. Au moyen de cette culture, ils ont une
avance de quinze jours à trois semaines pour donner leur pro-
duit, sur ceux dont on a planté les graines en pleine terre, et de
plus, ils donnent un produit certain.
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J'emploie pour cette culture la variété demi nain hât\f de
Hollande; cette variété est très productive et n'acquiert généra-
lement qu'une hauteur de 0"»50. Cette hauteur n'empêche pas de
pouvoir les cultiver sur côtière, sans nuire aux arbres qui
pourraient se trouver contre le mur.
La même remarque s'applique aux haricots hâtifs. Si on les
plante trop tôt en pleine terre, ils sont lents à lever, et on risque
très souvent de les voir pourrir, ou s'ils parviennent à lever,
une petite gelée les tue. Rien de tout cela n'est à craindre si
on les plante sous verre à froid, comme je viens de l'indiquer
pour les pois, mais seulement vers le 15 avril. On peut les
planter dans les pots, par touffes de 5 ou 6, pour pouvoir les
transplanter avec motte. On pourra les mettre en pleine terre
du 15 au 20 mai, suivant la saison. A cette époque, traités sous
verre, ils ont leurs premières feuilles bien développées et auront
une avance de quinze jours au moins pour produire. Les meil-
leures variétés pour cette culture sont le Nain hâtif de Hol-
lande et le Noir de Belgique,
Les tomates sont aussi des plantes qu'il est nécessaire d'en-
tourer de soins au printemps, sous notre climat; pour peu qu'on
les néglige, il arrive qu'elles n'ont pas assez de temps pour
mûrir leurs fruits. On a généralement l'habitude de les semer
sur couche chaude, pour les mettre en pleine terre vers le
10 mai; mais ces plantes étant des plus sensibles à la gelée, on
s'expose à lès perdre, ou si elles ne gèlent pas, leur végétation
reste longtemps stationnaire après un passage aussi subit du
chaud au froid. C'est donc bien encore pour ces plantes que
l'usage des pots est nécessaire.
Je commence par les semer sur couche chaude vers le 15 mars,
elles ne tardent pas de lever et d'acquérir une hauteur de dix
centimètres ; il devient alors nécessaire de les repiquer à O'^IO
de distance pour qu'elles puissent se développer aisément. Ce
repiquage se fait encore sur couche tiède. Vers le l*"" mai, elles
ont déjà acquis un beau développement. Au lieu de les mettre en
pleine terre vers le 10 mai, et de les faire souffrir, je les mets en
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— 16 —
pots du 1«' au 5. Ces pots doivent avoir au moins 0^20 de lar-
geur; je les place sous verre dans un coffre assez profond, afin
que les plantes puissent prospérer sans être brisées lorsqu'on
abaisse le châssis. On donne de Tair et Ton arrose au besoin.
Vers le 20 mai, les nuits froides ne sont plus à craindre, et la
terre étant suffisamment réchauffée, on peut hardiment les
mettre en place en pleine terre. Les plantes étant fortes et déjà
habituées à Tair, elles prospèrent d'autant mieux qu'elles sont
plantées avec mottes.
Les tomates demandent beaucoup de chaleur; je les plante
toujours sur côtière à l'exposition du midi, à O'^SO de distance
en tous sens. Après la plantation un bon paillis est souvent
nécessaire. Il est bon de ne conserver que deux tiges à chaque
plante. Ces tiges sont pincées à 1"30 de hauteur et maintenues
à Taide d'un tuteur. J'ai chaque année par ce mode de culture
un bon produit et très tôt.
Il me reste à parler de la Tétragone ou Épinard de la Nouvelle
Zélande, qui a le seul défaut d'être trop peu connue, sans quoi
on en cultiverait dans tous les jardins. La Tétragone remplace
très avantageusement l'Épinard commun en été. Pendant cette
saison on sait que celui-ci se distingue par son empressement à
monter en graine ; au contraire, la Tétragone demande beaucoup
de chaleur; mais si l'on veut jouir de ses produits en temps op-
portun, il est nécessaire de la semer sur couche chaude ou tiède.
Je sème la Tétragone sur couche chaude vers le 20 mars, et
quand les plantes ont développé trois ou quatre feuilles, je les
mets en pots d'une largeur de quinze centimètres environ, une
ou deux plantes dans chaque pot, puis je les enfonce dans la
couche. Dans cette condition, grâce à la chaleur du fond, elles se
développent très rapidement, et portent plusieurs ramifications
de 0"'25 à 0'"30, quand arrive le 15 mai. Une vingtaine de
plantes suffisent pour un ménage, tellement elles produisent,
si elles sont cultivées dans de bonnes conditions. Vers le 15 mai,
je les mets en pleine terre, à O'^TS de distance en tous sens, sur
côtière au midi, après avoir labouré et bien fumé. Il convient
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— 17 —
de les planter sans déranger la motte, pour qu'elles n'éprouvent"
aucun retard. Ensuite on leur applique un bon paillis avec du
fumier à moitié décomposé, et on ne doit pas négliger les arro-
sements pendant le cours de Tété. Il faut laisser suffisamment
se fortifier les plantes avant de les livrer à la consommation ; on
coupe pour cet usage les extrémités des branches. Des ramifica-
tions latérales ne tardent pas à se produire, pour être coupées à
leur tour en partie, et ainsi de suite jusqu'aux gelées.
Ev^, Wéry,
CRASSANE DU MORTIER.
Cette excellente poire, couronnée par la Société royale d'Hor-
ticulture de Tournai, dans sa séance du 21 novembre 1868, ne
le cède à aucune autre par ses qualités exceptionnelles : la
finesse de sa chair, l'abondance de son suc et son parfum tout à
fait particulier.
La Pomone Tournaisienm, ailleurs très correcte, ne donne,
par la silhouette qui y est figurée, qu'une faible idée de la
grosseur de ce fruit; en voici le motif: Dans la campagne de
M. Barthélémy Du Mortier, se trouve une bande de sable blanc
entièrement stérile, qui la traverse obliquement; par un hasard
regrettable, lorsque le pied souche fut transplanté de la pépi-
nière, on le plaça précisément au dessus de cette bande de sable.
Aussi longtemps que le poirier étendit ses racines dans la terre
meuble, il se développa avec une vigueur remarquable, mais
une fois les racines arrivées à la bande de sable, sa végétation
s'arrêta presque complètement.
Cest dans cette situation qu'il porta ses premiers fruits en
1862. Naturellement les poires venues dans de si mauvaises
conditions étaient de petite dimension , mais cependant délicieu-
ses. En 1868, elles commencèrent à grossir et c'est alors que la
variété fut présentée au jury de Pomologie, qui la nomma
Crassane Du Mortier, et lui décerna la médaille de vermeiL
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— 18 —
Cependant quelques améliorations apportées au sol, et les
racines deTarbre finissant par arriver à l'argile, une révolution
complète s'opéra : le poirier donna des pousses de première
vigueur et des fruits deux et trois fois plus gros qu'auparavant.
C'est ce qui explique la différence de volume du fruit dont nous
donnons le dessin, avec celui figuré dans la Pomone.
Le peu de vigueur que présentait, dès Tabord, le pied type fit
penser que cette poire devait être greffée exclusivement sur
franc ; depuis quelques années, la greffe sur coignassier a été
tentée, et nous avons eu la preuve que, sous le rapport de la
rusticité, elle ne laisse absolument rien à désirer.
Le fruit a une forme de Crassane des plus caractérisée; il est
vert clair et teinté d'un peu de roux près du pédoncule. Les
feuilles sont magnifiques, plates, non ondulées, d'un vert foncé
et d'un bel ovale.
La Crassane Du Mortier est évidemment une des meilleures
poires de fin novembre, et que l'on me permette une obser-
vation subsidiaire qui n'échappera à aucun amateur, c'est que
les poires mûrissant à cette époque sont peu nombreuses. On ne
perdra pas de vue, en effet, que nos délicieux fruits d'automne
tels que les Beurrés Dvmont,Durondeau, Dilly, HarAy, P. Fran-
çois, Suprfin et tant d'autres, ont disparu du fruitier, tandis
que les Passe Colmar, Beurré cTJffardenpont, Passe Crassane,
Beurré Dubuisson, Bergamotte Esperen, Nouvelle Fulvie, Beurré
de Naghin, Joséphine de Malines, Beurré rance, etc., ne font
encore que très exceptionnellement leur apparition sur nos
tables. La Crassane Du Mortier vient donc très heureusement
combler une lacune, puisqu'elle relie nos succulentes poires
d'automne avec celles de décembre et janvier.
Delrue-Schrevens.
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— 19 -
LE MARECHAL P. WILDER.
Celui qui se rend utile à ses semblables, ne fait que s'acquitter
d'un devoir que tout homme doit remplir dans la société;
mais celui qui rend des services à son pays dans plus d'une
sphère de l'activité humaine, dans le champ de la politique et
du commerce, dans l'art militaire et dans l'agriculture, peut se
glorifier d'avoir fait plus que son devoir, et il a des droits
sacrés à la gratitude publique. Il en est ainsi de l'homme émi-
nent dont nous reproduisons le portrait, d'après le Gardeners'
Chronicle, et auquel le New Hampshire peut être fier d'avoir
donné naissance.
En effet, le colonel Wilder est un de ces hommes qui, doués
d'une rare intelligence et d'une très grande persévérance, savent
enchaîner la fortune à leurs pas et procurent ainsi à leur patrie
des bienfaits inestimables. Président de la Société américaine
de pomologie, doyen d'âge du ministère d'agriculture aux États-
Unis, membre du comité du Collège d'agriculture du Massa-
chusetts, président honoraire de la Société agricole de Norfolk,
membre du Conseil d'administration de la Société d'horticulture
du Massachusetts, président de la Société d'histoire de la Nou-
velle Angleterre, membre d'un grand nombre de Sociétés d'assu-
rances mutuelles depuis plus de trente cinq années, l'honorable
colonel Wilder a fait preuve d'une incroyable énergie et d'un zèle
infatigable ; il fut le promoteur de bien des institutions utiles,
dans un pays qui depuis un siècle n'a fait que progresser à
grands pas dans toutes les branches de la civilisation.
Né en 1798, M. P. Wilder étudia d'abord l'agriculture
pratique, puis il succéda à son père comme marchand ; il devint
officier d'artillerie, quand la patrie eut besoin de son bras. Dans
cette carrière, il conquit rapidement les grades les plus élevés ;
mais cédant aux aspirations de sa jeunesse, il revint à des
occupations d'un ordre plus pacifique, l'agriculture et l'horti-
culture.
Par ses recherches sur l'hybridation des plantes, de même que
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\
/
Le maréchal P. Wilder.
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— 21 —
par ses essais en vue d'améliorer les variétés fruitières, il s'est
fait une réputation bien méritée, non seulement en Amérique,
mais dans toutes les contrées de THurope où le culte de Flore et
de Pomone est en honneur. Véritable soldat laboureur, cultivant
lui-même ses terres, il a relevé la position du cultivateur à un
rang distingué. Son jardin, ses serres, son immense pépinière
de Dorchester furent depuis 1832 témoin de tous ses travaux et
de ses expériences favorites qu'il n'a cessé de poursuivre jusqu'à
ce jour.
On cite avec un égal éloge les résultats de ses cultures
florales, connues surtout des amateurs de Camellias, et ceux de
ses cultures fruitières, dont la réputation est universelle. Un
jour il étala, lors d'une exposition de laSociété du Massachusetts,
un lot de 370 variétés de poires. Son jardin fruitier comprend
800 variétés de cette essence, sans compter un tiers de plus
qu'il a soumises à des essais de culture. La Vigne, le Cerisier, le
Prunier et toutes les autres essences fruitières y sont largement
représentés, et son jardin est toujours ouvert à ceux qui dési-
rent s'instruire dans cette partie de l'agriculture.
Le colonel Wilder fut le promoteur du Congrès pomologique
qui se réunit à New York en octobre 1848, sous sa présidence.
Le Congrès, devenu une association puissante, a conservé à sa
tête son éminent fondateur dont le dévouement à cette Société a
été sans bornes. Ne l'avons-nous pas vu consacrant deux mois
entiers d'un travail assidu à représenter, à l'Exposition universelle
de Paris, en 1867, les intérêts de l'arboriculture fruitière, et ne
quittant cette besogne que pour aller directement à Saint-Louis
présider la Session de septembre de la Société pomologique!
Convaincu que l'agriculture ne peut progresser sans avoir son
enseignement, il n'a cessé de travailler à la réalisation d'une de
ses idées favorites, celle de créer des écoles d'agriculture. Le
collège agricole du Massachusetts est l'œuvre de ses persévérants
efforts, et cette institution sera pour lui une gloire plus grande
que celle d'avoir été membre du Sénat et de la Chambre des
députés des États-Unis. Emile Bodigas,
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- 22 —
LES MASSIFS D'ARBUSTES A FEUILLAGE COLORÉ.
Dans les premiers temps que se répandait le goût des corbeil-
les, des parterres et des plates bandes disposés par contrastes
de couleurs, les puristes du genre prédisaient une yogiie éphé-
mère à ces arrangements de plantes par zones concentriques et
à ces mosaïques, où les diverses teintes plus ou moins vives se
relèvent pourtant si admirablement Tune Tautre pour se con-
fondre en un ensemble ravissant. C'était et c'est encore Teffet
produit pour celui qui ne fait pas du beau une affaire de con-
T«ntion, mais qui le trouve dans ce qui plaît.
La prédiction ne s'est pas réalisée, heureusement, d'abord,
parce que ce genre de plantation offre au jardinier qui a un peu
de goût, des ressources nombreuses pour orner les corbeilles et
massifs de fleurs pendant la belle saison, et pour varier le coup
d*oeil avec un nombre très restreint d'espèces ou de variétés. Au
mojBn d'un simple changement de disposition, par quelques
combinaisons bien adaptées, on peut produire, avec deux ou trois
teintes différentes, des effets bien supérieurs à ces pèle mêle
sans goût, dont les teintes variées, mais disposées sans ordre,
n'offrent au regard, surtout à quelques pas de distance, qu'une
ombre grise de nuances neutralisées. Le nouveau genre de
parterres, loin de subir le sort des cachemires et des soieries
assujettis au caprice de la mode, ne fait que se répandre de plus
en plus et s'étend même, en dépit des rigueurs du genre, des
considérations artistiques et des règles de l'esthétique, aux plan-
tations d'arbres et d'arbustes.
Nous allons entretenir nos lecteurs de cette innovation dans
la plantation des massifs et des groupes d'arbres à feuillage
panaché et coloré.
On fait actuellement, dans les grands et dans les petits jardins,
des massifs réguliers et irréguliers, plantés d'arbustes à feuil-
lage varié, disposés par rangées ou par zones et par rang de
taille. Dans toutes les plantations que nous avons dirigées
depuis quelques années, nous avons introduit un ou plusieurs
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— 23 —
massifs de ce genre, même dans les plus modestes jardins, et
cela avec grand succès. Ce mode de disposition se prête à toutes
les étendues et à toutes les modifications de forme.
Pour bien réussir dans ce genre de plantation, il importe de
connaître les matériaux dont on se sert, de se rendre compte de
TefTet produit par les différentes colorations et des modifications
dont les arbres et arbustes sont susceptibles dans leur stature,
leur forme, leur coloris même, d'après la culture et la taille
auxquelles ils sont soumis.
Pour être complet dans nos renseignements sur cette impor-
tante question^ il nous faudra donc faire connaître les prin-
cipaux arbres et arbustes qui peuvent entrer dans ce genre
de composition, et exposer quelques considérations sur leur
mode de taille et de multiplication, l'un et l'autre pouvant
modifier l'emploi de tel ou tel arbre ou arbuste. Enfin, nous
devrons indiquer quelles sont les positions que ces arbustes
doivent ou peuvent occuper les uns auprès des autres pour
produire l'effet voulu. Ces indications pratiques seront plus
utiles que les dissertations générales, dont le lecteur aurait à
déduire lui-même les conséquences, au risque de se tromper ou
d'être incomplet dans ses conclusions.
Nous aimons à prévenir nos lecteurs que nous n'avons nulle-
ment l'intention de leur offrir un catalogue complet, ni un trdité
de culture, mais de simples notes aussi abrégées que possible sur
ce qu'il est utile de savoir pour l'intelligence de la question.
Nous terminerons notre travail par quelques exemples de
combinaisons, afin de mettre chacun sur la voie d'en imaginer
d'autres et de les varier selon ses goûts.
ARBRES ET ARBUSTES A FEUILLAGE PANACHÉ ET COLORÉ.
Acer Negundo foUis albo variegatis (Érable à feuilles pana-
chées de blanc). Ce bel arbre est connu de tout le monde. On
peut en faire des usages très variés. On le cultive en touffe,
franc de pied ou écussonné rez terre sur l'espèce. Il forme alors
de belles touffes qui entrent dans toutes les combinaisons ; on
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peut même en faire le bord extérieur de massifs déjà plantés
d'après les règles ordinaires avec des végétaux variés ou uni-
formes. Q-refPe à mi tige, plus bas ou plus haut, mais dans ce
dernier cas de préférence sur Y Acer californicvm, il fera partie
des massifs placés régulièrement et par étages de hauteur. Un
massif planté exclusivement de cet arbre greffé à haute futaie
et à mi tige, avec entreplantations d'un arbuste à feuillage
pourpre ou vert foncé en guise de sous-bois, est du plus splen-
dide effet.
En résumé, nous n'exagérons pas en disant que TErable
blanc est pour ce cas un des principaux matériaux, nous dirions
volontiers la pièce de résistance, si ce bel arbre n'était trop joli,
trop léger, trop gracieux pour l'épithète.
Acer platanoides fol. aur, marçinatis (ÈvMe plane à feuilles
bordées). Bel arbre, nouveau et encore rare, à bel et grand
feuillage encadré d'un large ruban d'un beau jaune. Quand il
sera entré dans le domaine général, on pourra en faire bon usage
pour les contrastes de couleur. On peut le cultiver en touffes ou
en tiges et il se laisse facilement rajeunir par le recepage.
Acer polymorphum nar. (Érable japonais). Nous citons timi-
dement cette belle espèce japonaise avec ses nombreuses va-
riétés, (Uropurpureum, palmatum, palmati/idum rubrum, etc.
C'est qu'elles ne sont pas à la portée de chacun. Nous ne connais-
sons guère que l'honorable Président de notre Cercle, M. Edm.
de Ghellinck de Walle, qui n'ait pu résister à ce désir qui tente
les vrais amateurs à la vue de ces magnifiques plantes. Nous
en avons vu un superbe massif dans son vaste et splendide
parc; à tous les titres, c'est un massif cher puisqu'il compte
des sujets de 25, 50, 100, voire même de 200 frs. Une grande
qualité de ces arbustes, c'est que, contrairement à ce qu'on a
cru, ils font bonne résistance à nos hivers, comme d'ailleurs
la plupart des richesses végétales introduites du Japon dans ces
derniers temps.
Acer pseudo platanusfol, aur. et arg. var. etc. Le Sycomore
compte plusieurs variétés à feuilles richement panachées, qui
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— 25 —
méritent bien d'être introduites dans les plantations par zones
de grande étendue (1). Que ne feraient pas ces arbres, plantés en
avenue, à haute tige, alternativement un sujet -de la variété à
feuilles pourpres en dessous, à feuilles panachées et poudrées de
blanc, striées et bariolées de jaune et à nuance tricolore? Ce
serait moins imposant, moins majestueux, moins sévère que le
raide quinconce formé d'une seule espèce forestière ; d'accord !
Mais aussi qu'on ne nous conteste pas que notre combinaison,
tout en ayant un air plus roturier, n'en serait pas moins belle.
Berberis vulçaris atrop'ur'purea (Épine vinette à feuilles
pourpres). C'est une variété de l'arbuste si connu sous le nom de
Vinaigrier, à feuillage couleur lie de vin au printemps, brunis-
sant ensuite peu à peu, pour devenir d'un vert pourpre à l'au-
tomne. Lorsque la plante acquiert un certain âge, elle subit le
sort commun des mortels, elle perd ses charmes, devient laide.
Elle se dégarnit, ses rameaux versent et se déjettent, son feuil-
lage devient petit et d'une coloration terne. Heureusement qu'il
est bien facile de conserver ces jolies touffes dans une jeunesse,
une beauté et une fraîcheur perpétuelles en les recepant rez-
terre tous les deux ans. Par suite de cette taille, les Berberis
ne montrent guère leurs fleurs jaunes et leurs petits fruits
rouges, mais qu'importe ? Se plaint-on de ce que les Colette, les
Iresine, les AUemanthera, les AchyrarUes, les Perïlla, les
ÂmararUm tricolor et melancholicm ne fleurissent pas ? N'en-
lève-t-on pas soigneusement les fleurs parfois très belles des
Qeraniwm panachés et les boutons de guêtres des Pyrethrum
Golden FecUher?
Catalpa syringa^olia aurea (Bignonia à feuilles dorées). Cet
arbre, d'acquisition récente , qui s'est montré simultanément
parmi les semis du type faits dans les pépinières de M. Gaujard,
(l) VAcer Leopoldi entre autres est une de ces variétés dont l'emploi
serait à recommander partout, si elle était plus vigoureuse. Elle se dis-
tin^e surtout au premier printemps, à l'époque de la feuillaison, par
une teinte jaune cuivré d'une richesse et d'un effet incomparables.
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~ 26 .-
àWetteren (Belgique), et de M. VanderBom, à Oudenbosch
(Hollande), se distingue par ses grandes feuilles d'une belle teinte
dorée. Il présente le phénomène remarquable de reprendre à
l'automne sa belle couleur jaune du printemps, après que Tété
Ta fait reverdir. Le C, syringaefolia.aurea est de plus une
excellente plante, soit pour le milieu d'un massif régulier de
feuillages colorés, soit pour la ligne de fond dans un groupe
semblable d'un grand contour irrégulier. Les Catalpa Bungei,
Kaempferi et syringaefoUa en général, et la variété dorée tout
en particulier, ont déjà été chaudement recommandés, dans un
de nos précédents articles : f La mUure annuelle de quelques
arbres, • de même que les Paulownia, les Sumacs, les Ailanthus ,
les Dimorphanûus, les Aralia, etc.
Cerasus Mahaleb fol, arg, marg, (Cerisier de S*^ Lucie à
feuilles bordées de blanc). Plante précieuse, d'obtention récente,
excellente acquisition pour les jardins en général, et en parti-
culier pour le genre de plantation qui fait l'objet de ce travail.
On la greffe à demi tige sur merisier, ou contre terre sur
C. Mahaleb ordinaire. Ce dernier mode de reproduction de
cette plante est peu usité encore, quoique fort recommaûdable.
Autant que nous puissions en juger pour le moment, nous
croyons pouvoir assurer que sur C. Mahaleb les greffes auront
plus de durée. Les C Mahaleb à feuillage panaché et cultivés en
touffes feront d'excellentes rangées extérieures, à cause de leur
végétation modérée et de leur docilité au sécateur. Les demi
tiges serviront de milieu dans les massifs réguliers de petite
dimension, ou de sujets principaux entre les arbustes nains
plantés en sous bois et en massifs irréguliers. Réussit bien dans
les terrains secs, fussent-ils crayeux ou schisteux.
Cornus masmlafol. var, (Cornouiller ordinaire à feuilles pa-
nachées). Arbuste à belles panachures, croissance modérée, trop
maigre lorsqu'il n'est pas en terrain fertile et surtout frais. On
le greffe en demi tige ou rez-terre sur le cornouiller ordinaire
et on en fait à peu près les mêmes usages que du C. Mahaleb,
mais dans des terrains de qualité opposée.
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Cornus sUdrica albo marg, (C. de Sibérie à feuilles bordées).
Ce joli arbuste offre un contraste par lui-même; ses feuilles vert
clair encadré d'un large liséré blanc, se détachent agréablement
sur son bois rouge sang vernissé.
Cornus sanguinea fol, var. (C. Sanguin à feuilles panachées).
Arbuste à feuillage vert brouillé de blanc, à bois rouge brun,
servant aux mêmes usages que le précédent. Tous deux affec-
tionnent les situations très humides.
Corylus Avellana atropurpurea (Noisetier à feuilles pourpres).
Le roi des arbustes à feuilles colorées! Jusqu'ici on s'était
contenté de prodiguer ces noisetiers au hasard, en les plaçant
ça et là, devant ou dans un massif où ils paraissaient comme
des taches d'encre sur une feuille de papier. Planté par zones,
ou en massifs pleins avec entreplantation de tiges à feuillage
blanc, cet arbuste fait merveille, et on peut dire qu'avec l'Érable
blanc il forme la base des plus belles combinaisons. On le cultive
encore en demi tige, en le greffant par approche sur le noisetier
ordinaire, pour le faire servir de milieu de parc ou d'arbres
dominants dans les massifs à fond blanc d'arbustes nains. Cul-
tivé en touffes, on le rajeunit tous les trois ans en le recepant
complètement. Cette variété produit d'excellentes noisettes,
lorsqu'on peut la laisser se développer en liberté.
Eleagnus angustifolia (Olivier de Bohême). Toutes les parties
de la plante, tige, rameaux, épines, feuilles, sont garnies d'un
duvet blanc grisâtre, formant un bon fond sur lequel toutes les
nuances se détachent bien. Cet arbuste est précieux pour les
terrains élevés et secs ; on le voit même réussir dans certains
terrains du littoral. Il peut atteindre de grandes dimensions
et former des touffes impénétrables.
[S(yra continué.) Fr. Burvenich.
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— 28 —
LA PÊCHE GROSSE MIGNONNE.
Je viens de lire avec un grand intérêt, dans le dernier BulU-
tin d/u, Ccf'cleWy la description de la pêche Hâtive de Rivers. Je
n'ai pas encore cultivé cette variété; mais, si elle possède toutes
les qualités annoncées, elle constituera, très certainement, une
acquisition précieuse.
Je demande seulement à M. Pr. Burvenich la permission de
présenter une observation.
Je lis dans sa notice : i les fleurs sont petites, toutefois un
peu plus amples que celles de la Grosse Mignonne, mais aussi
d'une couleur rouge brique terne. »
Cette phrase, je l'avoue, bouleverse toutes mes connaissances
pomologiques : j'ai toujours cru et je crois encore, avec tous les
auteurs autorisés qui ont écrit sur le Pêcher, que la Grosse
Mignonne a de grandes fleurs.
M. Burvenich comprendra, je l'espère, que l'unique objet de
ma réclamation est d'arriver à une entente indispensable. Ce
serait à désespérer de la pomologie si nous n'arrivions pas à
déterminer l'identité d'une variété aussi répandue que la Grrosse
Mignonne.
Yoici donc une description sommaire de cette variété telle
que je la connais et que je la cultive.
Arbre d'une vigueur modérée ; rameaux plutôt minces que
forts.
Feuilles grandes, légèrement gaufrées, d'un vert un peu
blond, avec une dentelure assez prononcée, munies à la base de
très petites glandes globuleuses, les plus petites du genre.
Fleurs grandes, à pétales arrondis, d'un blanc carné sur le
pourtour, d'un rouge cramoisi ou cerise dans le centre.
(1) La lettre de l'estimable auteur des Meilleurs fruits est datée du
28 septembre. Elle a été égarée dans un catalogue adressé à un tiers
qui vient de la retrouver heureusement et nous Pa fait parvenir le
22 décembre I Nous nous empressons de la publier. Èm. B,
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FruUgvoSy largement aplati sur les deux pôles, toujours un
peu creusé au sommet, divisé par un sillon très accusa.
Peau fine, même très fine, rouge vif et brillant du côté du
soleil, pointillée de pourpre sur fond jaune du côté de l'ombre,
remarquable par son fin duvet.
Noyau relativement petit, jeté de côté et toujours bombé du
côté de la rainure, tacbé de rouge vineux.
Pour moi, les Miçnonnes forment tout un groupe; elles ont
pour caractères distinctifs des glandes globuleuses et de
grandes fleurs; c'est pour cela que j'en ai distrait La Petite
Miçnonne en lui restituant son nom primitif de Douile de
Troyes. P. deMortUlet.
VARIETES.
Le Greffage des arbres fruitiers peut avoir lieu durant tout
ITiiver, pourvu que le point d'insertion des greffes soit garanti
au moyen de mastic flexible ou d'étoupe. C'est ce que le D' Rodi-
gas, notre vénérable vice-président, rappelle à nos lecteurs.
n a lui-même greffé des poiriers en novembre avec un plein
succès.
» »
Le plus gros pied de vigne du monde se trouverait en
Californie, d'après des journaux californiens. Pour visiter cette
merveille de la Californie, il faut se rendre à Santa-Barbara,
puis de là à une distance de trois milles et demi, dans la cour
d'une vieille maison en briques de construction espagnole.
Une jeune Mexicaine, à la veille de partir de la Sonora pour
Santa-Barbara, pria son fiancé de lui offrir une cravache. —
A cette époque, on ne pouvait aller qu'à cheval de Sonora en
Californie. — Au moment où elle montait en selle, le jeune
homme lui apporta, non pas précisément une cravache, mais
un cep de vigne, qui fit le voyage avec la sînora et qui, à son
arrivée à Santa-Barbara, fut aussitôt planté, comme souvenir
de cette longue chevauchée, dans la cour de la hacienda. Qua-
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— 30 —
rante-hoit ans se sont écoulés depuis, et le cep est devenu un
arbre dont le tronc, au sortir du sol, a quatre pieds quatre pouces
anglais de diamètre. A huit pieds de terre, il se divise en bran-
ches, qui à leur tour se subdivisent, et traitées en espaliers,
couvrent environ deux acres, c'est à dire les quatre cinquièmes
dMn hectare.
A 30,35 pieds du tronc, les branches portent encore des
grappes d'une dimension peu ordinaire. Le produit annuel de ce
pied de vigne, unique au monde, est de cent à cent vingt quintaux
de raisins, fournis par des centaines de grappes dont beaucoup
pèsent plus de deux livres et jusqu'à six.
Ce pied de vigne si tëcond se trouve pourtant dans une terre
dure et qui n'a jamais été fumée. Les Espagnols du lieu ont
l'habitude de danser à l'ombre de ses pampres.
Un pied de vigne planté dans le voisinage, il y a seulement
quinze années, semble devoir acquérir de plus grandes dimen-
sions encore que la célèbre < cravache » de Santa-Barbara, et,
en tout cas, il porte des raisins d'un goût plus délicat. Un petit
ruisseau coule près de l'un comme de l'autre, et sans doute que
ses eaux ont quelque part à la croissance extraordinaire de ces
deux i géants des vignobles californiens. »
{Deutsche Amwanderer-Zeitunç,)
» »
Les Ormes gras plantés depuis cinq ou six ans au boulevard
de la Bjloke, à Gand, et dont le développement est remarqua-
ble, commencent à être attaqués, non pas par le Scoljte, mais
par des vers qui s'introduisent en quantité à partir du sol jus-
qu'au cœur des arbres, les creusent et les menacent tous dans
leur existence. Plusieurs moyens de destruction ont été mis en
œuvre, mais sanssuccès.Celui qui connaîtrait un remède efficace,
rendrait service à Farboriculture en le divulguant par la voie
de nos Bulletins.
JS. J. Van Eulle.
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— 31 —
TKAVAUI A EXÉCUTER DAMS U CULTURE NATURELLE DES PLAMTES
POTAGÈRES (i).
Quoique les semis et les plantations ne paissent se faire tous
les ans et dans toutes les conditions culturales à la même épo-
que, il n'en est pas moins vrai que, dans les mêmes circonstan-
ces de température et de terrain, ces opérations varient fort peu.
Un guide raisonné et complet, mois par mois, s^ra donc
d'une grande utilité pour les amateurs aussi bien que pour
les jardiniers. Chacun, il est vrai, sait à peu près ce qu'il a à
feire; mais une foule de travaux se perdent de vue mo-
mentanément à tel point que le résultat final en souffre ou
que la besogne s'accumule outre mesure à un temps donné.
Combien de jardiniers se trouvent les bras croisés, au moindre
mauvais temps. Combien s'imaginent que l'engrais mis sur le
terrain en janvier ne profitera plus aux plantes qu'on sèmera
en mars ! Et ne trouve-t-on pas des propriétaires qui pensent
que leur jardinier est devenu un meuble inutile, quand il n'y a
plus à planter, à semer, à tailler ?
Autant d'erreurs ! Quand ce ne serait que pour Tordre dans
le travail et pour sa répartition plus uniforme aux diverses
périodes, les Bulletins rendront un grand service au jardinage
en donnant dans chaque fascicule les travaux à faire pendant le
mois dans les diverses spécialités de l'horticulture.
JanTier.
On achève pendant ce mois de débarrasser le terrain de tous
les produits qui s'y trouvent encore. — A mesure que les
planches deviennent libres, on y conduit du fumier et on les
forme en billons. On continue les labours et les défoncements.
— On couvre ou découvre selon l'état de la température les
(1) Lecalendrîer du jardinier primeuiiste fera un travail à part.
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— 32 —
plantes qui réclament un abri contre les froids : Artichauts,
brocolis, céleris, plants de laitues et de choux. — Si ces der-
niers étaient détruits par le froid ou par la pourriture, on
devrait les ressemer sous châssis froid, — Si les gelées et les
neiges entravent les travaux, on utilise le temps en vidant sur
les planches d'asperges, de fraisiers, d'oseille et autres végé-
taux vivaces, les vidanges et les réservoirs d'engrais liquide et
en travaillant et remuant les fumiers, les terreaux et les
composts. — On peut aussi faire les paillassons, raccommoder
les outils, peindre le matériel, nettoyer et trier les graines. —
Pendant les temps de neige, on détruit plus facilement les souris,
loirs, mulots, etc., qui hantent le potager et y font de grands
dégâts, surtout au printemps.
Les mauvais jours étant souvent nombreux, on pourra trouver
le temps d'acquérir et de préparer les rames à pois et haricots.
On peut, dès cette époque, répandre les amendements : chaux,
cendres, etc., sur les terrains qui en réclament, c'est à dire la
chaux pour les futurs carrés de choux ; les cendres pour les
planches qui recevront les semis de pois, fèves et haricots.
Si le temps est doux, on peut planter à demeuré les
choux verts hâtifs {CK, de mai cCUÏm) et les choux cabus
rouges. On nettoie, on façonne et on fume toutes les plantes
vivaces : asperges, fraisiers, oseille, épinard perpétuel, ainsi que
les herbes fines, si elles se trouvent classées dans un carré :
sarriette vivace, sauge, fenouil, lavande, estragon, thym, etc.
On couvre de quelque branchage les mâches, les cerfeuils, les
persils, la claytonie, auxquels cet abri suffit pour produire de
jeunes feuilles.
Vers la fin du mois, on peut risquer quelques semis, sur
côtière au pied du mur : pois hâtif nain à bordure et Prince
Albert, Carotte Grelot (C. Toupie), cerfeuil, radis, laitue à
couper frisée, oignons blancs (0. de S^ Antoine) y épinards,
cresson dejardins, etc. On sème aussi en pots, bacs ou caisses ad
hoc et à froid, pour les repiquer plus tard, des pois hâtifs et des
fèves de marais à petit grain (Mazagran). f>, Burvenich,
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— 33 —
CERCLE D'ARBORICULTURE DE BELGIQUE.
ADMISSIONS
prononcées en janvier 1874.
3°** Série. — Membres 'protecteurs,
MM.
BufiSnoir (Isidore), pépiniériste et rosiériste, Leugnies, canton
deBeaumont (Belgique); présenté par M. Éra. Rodigas.
Deltour (Théodore), jardinier, Dongelberg par Jodoigne; pré-
senté par M. J. Thys.
Denj (J. et L.) frères, rue neuve St Jacques, 19, Gand;
présentés par M. Éd. Pjnaert.
De Vriendt (Th.), chef de culture, Warelles par Quévy;
présenté par M. Ém. Rodigas.
De Wit (David), jardinier diplômé, Hombeeck lez Malines;
présenté par M. Ém. Rodigas.
De Zutter (L.), arboriculteur, Bruges ; présenté par M. Van
Huile.
Lekens (J.), jardinier, rue Jean Bonin, Bruges ; présenté par
M. Van Huile.
Loco et tempore (Société horticole), Amsterdam; présentée par
M. Ém. Rodigas.
Meuris (Éd.), docteur en médecine, Wichelen lez Termonde;
présenté par M. A. Braeckman.
Raes (V.), jardinier, Mespelaere lez Termonde ; présenté par
M. J. Schellinckx.
Vanden Bon, jardinier, rue Ste Claire, 95, Bruges ; présenté
par M. Van Huile.
Van Loo-Pickaert, quai de la Grue , Gand ; présenté par
M. Éd. Pynaert.
Verbeke (Th.), propriétaire, boulevard Lousbergs, Gand; pré-
senté par M. Ch. Nolet.
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— 34 —
DISTRIBUTION DES MÉDAILLES AUX LAUREATS DE LA GRANDE
EXPOSITIOB DE FRUITS.
Le 21 décembre dernier a eu lieu à THôtel de Ville de Gand,
dans l'antique salle de FArsenal, récemment restaurée, la remise
des médailles aux membres du Cercle d'arboriculture de Bel-
gique qui avaient pris part à TExposition pomologique ouverte
au Casino le 21 septembre^ et auxquels le Jurj avait décerné
des récompenses. Le caractère du lieu et la présence à cette
fête des autorités de la province lui donnaient une solennité
toute particulière.
Un public d'élite assistait à la réunion ; au bureau siégaient
à côté de M. de Ghellinck de Walle, président du Cercle,
M. le comte de T'Serclaes, gouverneur de la Flandre orientale,
M. De Gra\e, greflSer provincial, et la plupart des membres du
Conseil d'administration.
En ouvrant la séance, M. le Président, après avoir commu-
niqué à l'assemblée une lettre par laquelle M. le comte de
Kerchove de Denterghem, bourgmestre de Gand, exprime le
regret d'être retenu chez lui par une indisposition, continue en
ces termes :
MM.
f La présence à cette solennité du premier chef de la province
sera pour nous tous un encouragement sérieux. Non content
d'avoir donné au Cercle d'arboriculture de Belgique des preuves
non équivoques de sa bienveillance, l'honorable Gouverneur de
la Flandre orientale vient publiquement lui fournir un nouveau
témoignage de sa vive sympathie.
i Je suis heureux de pouvoir, au nom de notre association
tout entière, lui offrir l'expression de notre profonde grati-
tude. (ApplaudissemeTUs,)
« Vous, MM. les membres du Comité, qui avez organisé notre
belle Exposition de fruits, vous recueillez maintenant une com-
pensation à vos peines, en voyant que vos eflfbrts sont appréciés
comme ils doivent Têtre.
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— 35 —
«Vous, MM. les exposants, à qui sont destinées ces médailles
que vous avez si bien méritées, vous les recevrez avec d'autant
plus de satisfaction que vous y attacherez le souvenir de cette
fête dont vous êtes les héros. Ne seront-elles pas à vos yeux
comme une fraction du grand prix que le Jury de l'Exposition
universelle de Vienne a décerné au Cercle et que votre coopé-
ration a aidé à conquérir?
«A vous l'honneur d'avoir motivé ces paroles rappelées naguère
dans le Bulletin et fréquemment répétées à Vienne : t Si la
Belgique est le pays des fleurs, elle est aussi le pays des
fruits! » {Vifs applaudissements.)
< Mais avant de recevoir vos prix et ces diplômes, vous serez
sans doute désireux de connaître la situation de notre Cercle.
Je donnerai donc d'abord la parole à M. le Secrétaire général. »
M. Ém. Rodigas présente son rapport sur la situation et les
travaux du Cercle, pendant l'année écoulée. [Voir page 4.)
Ce rapport étant terminé, M. le Président continue la parole
à M. le Secrétaire pour donner lecture des décisions du Jury,
en séance du 20 septembre dernier. [Voir le procès verbal du
Jury, Bulletin 1873, page 308.)
A l'appel de leur nom, les exposants viennent recevoir leurs
médailles et leurs diplômes des mains de M. le Gouverneur qui
adresse à chacun quelques paroles de félicitations.
Après avoir complimenté M. V. Biebuyck, qui a remporté
Tune des médailles d'or, M. le Gouverneur remercie le Cercle
d'arboriculture de Belgique de son heureuse initiative. ^
i En faisant connaître au loin les produits de notre belle
Flandre et de notre chère Belgique, dit-il, vous avez rendu au
pays un service dont le Gouvernement apprécie l'étendue.
1 La mission que votre Cercle s'est donnée et à laquelle vous
vous dévouez avec un zèle infatigable, est grande et élevée.
Remplacer dans nos campagnes les fruits médiocres par de bons
fruits, améliorer les cultures et les étendre, faire apprécier en
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— 36 —
outre nos produits à Fétranger, c'est évidemment travailler à
augmenter la richesse nationale.
f Je suis heureux, MM., de vous remercier au nom du Gou-
vernement, de ce que vous avez déjà fait; je vous engage à
persévérer dans vos efforts. Soyez persuadés que notre appui
ne fera jamais défaut à une œuvre aussi utile que celle du
Cercle d'arboriculture, i
De longs applaudissements saluent ces paroles.
Les applaudissements recommencent lorsque M. de Ghellinck
de Walle, après avoir reçu sa médaille des mains de M. le
Gouverneur, demande à pouvoir la remettre au chef de ses
cultures, M. Désiré Van Herzeele, comme étant son actif
coopérateur.
Une nouvelle salve d'applaudissements accueille les paroles
bienveillantes que M. le Gouverneur adresse à M. C. Van de
Vyver, directeur de l'École communale n** 13, à Gand, pour le
féliciter de comprendre si bien les fonctions d'un véritable
instituteur.
M. Van de Vyver remercie M. le Gouverneur et continue en
ces termes :
MM.
« Lorsque, il y a quelques années, je résolus, avec l'appro-
bation de l'autorité compétente, de planter des arbres fruitiers
dans la cour de l'École communale n^ 13, j'étais guidé par un
double but : un but matériel, celui de remplacer les stériles til-
leuls qui ornaient alors cette cour, par des arbres fruitiers pro-
ductifs, ce qui souriait à mes goûts d'amateur d'arboriculture.
« tfavais aussi un but moral; je voulais, en ma qualité d'in-
stituteur, apprendre aux enfants confiés à mes soins et à ma
direction, le respect de la propriété d'autrui, précisément en
ce qui offre le plus d'attraits pour eux, les fruits.
f II m'est agréable, MM., de pouvoir vous assurer que j'ai
parfaitement réussi sous ce double rapport. Je serais heureux
d'apprendre que ce succès pût engager mes collègues à imiter
cet exemple.
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— 37 —
f Je manquerais à un impérieux devoir, MM. si je ne saisis-
sais cette occasion pour témoigner ma vive gratitude à ces Mes-
sieurs, membres de notre Cercle, qui m'ont avec tant de bien-
veillance aidé de leurs conseils dans la culture de mes arbres
fruitiers.
fCes remerciements, MM. je vous les oflEre publiquement
et de tout cœur. »
— Applaudissements .
Des acclamations accueillent MM. Delrue-Schrevens et De
Pannemaeker, qui ont prêté le talent de leur plume et de
leur pinceau pour faire apprécier et connaître les variétés frui-
tières que le Bulletin publie. Tous deux sont chaleureusement
complimentés par M. le Gouverneur.
La fête ne devait pas s'arrêter à cette brillante cérémonie ;
un banquet auquel plus de cinquante convives vinrent s asseoir,
réunit à deux heures les principaux exposants, les membres du
Comité et les amateurs les plus zélés que le Cercle est fier de
compter dans son sein.
La salle du banquet, à l'hôtel BouarJ, était décorée avec goût ;
la table était splendide et l'assistance entière fit une véritable
ovation à un chef d'œuvre de pâtisserie, dû au talent bien connu
de M. Struelens, de Grammont, et représentant le t Triomphe
de la Pomologie i : monument, hélas ! trop fragile et dont on
n'a pu conserver que le souvenir !
Au dessert, M. de Ghellinck de Walle s'est levé et a porté le
toast suivant :
MM.
t J'ai rhonneur de vous proposer un toast que tout Belge
acclame, un toast qui n'est pas seulement sur nos lèvres, mais
aussi dans nos cœurs !
I Au Roi, gardien de nos libertés!
« Au Roi, protecteur de notre agriculture !
t Au Roi, à la Reine et à la Famille royale ! »
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— 38 —
Lorsque les applaudissements chaleureux provoqués par ce
toast se furent un peu calmés, M. le Président se leva de nou-
veau en disant :
« Permettez-moi, MM., de vous proposer immédiatement uq
autre toast qui est comme une conséquence du premier. Au Magis-
trat éminent qui représente notre Souverain au milieu de nous !
t A Thonorable Gouverneur de la Flandre orientale, dont la
présence à ce banquet est une preuve manifeste de l'intérêt qu'il
porte au Cercle d'arboriculture !
t Buvons à la santé de M. le comte de T' Serclaes de Wommer-
som, Gouverneur de la Flandre orientale !
— Vifs applaudissements.
M. le Gouverneur se lève et remercie l'assemblée de Taccueil
qu'elle vient de faire au premier toast de M. de Ghellinck
de Walle.
f Oui, MM., il est un cri, dit-il, qui a de l'écho dans tous les
cœurs belges, un cri qui résume pour nous les aspirations du
passé, les paisibles conquêtes du présent, les espérances de
l'avenir : c'est le cri de Vive le Roi ! » [ApplaudissemerUs .)
t L'attachement que nous professons tous envers notre auguste
Souverain et sa dynastie, est le meilleur garant de notre stabilité
et de la prospérité de notre chère Belgique. {Applaudissements,)
f Je vous remercie non moins sincèrement, MM., de la
sympathie que vous voulez bien me témoigner. Permettez-moi
à mon tour de boire à la prospérité du Cercle d'arboriculture de
Belgique, que je considère comme une institution des plus heu-
reuses et des plus utiles. Le succès que vous avez obtenu à
Vienne rejaillit sur le pays tout entier, et vous donne des droits
indéniables à la gratitude du Gouvernement. Aussi, MM., je
vous promets que le Gouvernement provincial vous secondera
dans vos louables efforts. En buvant à l'avenir de votre Cercle,
je bois au développement de l'une des branches de notre
agriculture, je bois à la prospérité de notre Flandre ! » [Longs
applaudissements . )
M. Van Huile, vice-président, remercie M. la Gouverneur de
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ses paroles bienveillantes, et porte un toast aux exposants en
général et plus spécialement à M. Pynaert, qui a largement
contribué à faire réussir à Vienne Fexposition du contingent du
Cercle.
M. Pjnaert, dans un discours humoristique, relate les divers
incidents de l'Exposition pomologique de Vienne. En terminant,
il boit au Conseil provincial de la Flandre orientale, représenté
à la réunion par plusieurs de ses membres ; au Conseil provincial
dont le concours généreux a été le point de départ du succès
de TExposition . (Applaudissements . )
M. Charles Verbessem, Conseiller provincial, répond en
termes chaleureux et promet au Cercle le concours de la Pro-
vince, quand celui-ci pourra être utilement accordé. Il propose
de boire à la santé de l'honorable président du Cercle, M. de
Gellinck de Walle [Applaudissements,)
M. le Président remercie de ce toast et proteste de tout
son dévouement à la cause de l'horticulture et de l'arbori-
culture, t Tant que je serai à la tête de nos deux grandes
sociétés, la Société royale d'agriculture et de botanique de Gand
et le Cercle d'arboriculture de Belgique, je ne négligerai aucune
occasion pour aider à leur prospérité. » [Applaudissements,)
M. Biebuyck, président de la Société d'Horticulture de Cour-
trai remercie M. Van Huile au nom des exposants ; il forme
des vœux pour l'amélioration des variétés fruitières et boit à
M. Rodigas, secrétaire général.
M. Em. Rodigas demande à partager avec ses amis du
Comité de rédaction le témoignage de sympathie qu'on veut bien
lui accorder. Il désire en reporter une part aussi sur les prin-
cipaux collaborateurs aux Bulletins et propose un triple toast
à MM. Oswald de Kerchove de Denterghem, Delrue-Schrevens
et De Pannemaeker. (Applaudissements,)
M. Delrue-Schrevens répond dans les termes suivants :
« Je remercie M. Rodigas des paroles qu'il vient de m'adresser;
je vous remercie, MM., des marques de sympathie dont vous
avez bien voulu m'honorer.
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t En propageant nos meilleures variétés de fruits, je n'ai
fait, MM., que céder à mes aspirations les plus chères. Depuis
plus d'un demi siècle , la Société royale d'horticulture de
Tournai a couronné un grand nombre de fruits de premier
ordre, gagnés en Belgique, et, lors de son Exposition jubilaire,
elle a publié le résultat de ses travaux, et fait connaître, afin de
les propager, une foule de gains des plus méritants, jusqu'alors
restés ignorés.
f Le Cercle â^ arboriculture de Belgique ne pouvait pas nous
laisser isolés dans une œuvre aussi importante pour l'horticul-
ture belge. Vous avez compris, MM., qu'il y avait là une
nouvelle source de richesses à exploiter, si la science venait se
joindre au travail pour relever parmi nous la culture fruitière.
Vous saviez tout ce que l'arboriculture laissait à désirer dans
nos campagnes, et vous avez entrepris de remplacer par des
fruits d'élite, les médiocrités qui ne se trouvent que trop dans
nos jardins et nos pépinières. Dans cette entreprise, MM.,
vous m'avez trouvé prêt à vous seconder ; les moyens de publi-
cité dont dispose le Cercle d'arboriculture constituent une puis-
sante ressource pour la propagation des bons fruits, et j'ai été
heureux de répondre à votre appel et de m'associer à vous pour
arriver à ce résultat.
« C'est à vous , MM. , c'est à vos travaux , c'est à vos
publications, ou pour mieux dire, à ces œuvres d'art dont la
ville de Gand, seule, a le secret, que la Belgique doit d'avoir
vu renaître avec une ardeur nouvelle l'étude de la pomologie!
« Les premiers du continent dans la floriculture, vous avez
voulu conquérir un rang distingué dans la science pomologique.
« Honneur au Cercle d'arboriculture ! Honneur à cette grande
cité, de tous temps si brillante dans Thistoire nationale, et qui
aujourd'hui a su prendre la première place dans les arts de la
paix ! ! I
— Applaudissements prolongés.
M. de Grave dit ensuite qu'il a demandé la parole, parce qu'il
pense avoir été invité à cette fête à titre de Greffier provincial
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tout autant que comme ami du Cercle d'arboriculture. Il désire
donc rester dans ses fonctions et résumer le procès verbal de la
journée.
t II y a un mot, dit-il, dont on fait depuis quelque temps un
très fréquent usage et qui me permettra de caractériser parfai-
tement la situation : c'est le mot t splendide i . Splendide a été
l'exposition de fruits du 21 septembre. Il en fut de même du
succès remporté par le Cercle à Vienne, succès dont on est
redevable aux efforts dévoués et persévérants d'hommes de
talent tels que MM. Van Huile, Rodlgas, Pynaert, Burvenicb et
autres collaborateurs. La cérémonie de ce matin a été égale-
ment splendide; ce cordial banquet mérite la même qualification .
Et qu'il me soit permis d'exprimer ici un vœu dont la réalisa-
tion ne serait pas moins splendide. C'est de voir bientôt des arbres
fruitiers remplacer les plantations actuelles sur toutes les routes
de notre province, de voir les accotements de nos chemins de fer
garnis de buissons de cerisiers ! » (Applaudissements,)
M. Burvenicb porte en langue flamande un toast final anx
travailleurs, à ces hommes laborieux et intelligents dont le
concours est indispensable à ceux qui veulent le progrès de
l'arboriculture. {Applaudissements,)
Cette fête qui s'est prolongée jusque tard dans la soirée, restera
dans le souvenir de tous ceux qui ont eu la salisfaction d'y
prendre part. Ém, Rodigas,
LES MASSIFS D'ARBUSTES A FEUILLAGE COLORÉ (D.
Eleagnus {Shepherdia) argentea (Chalef argenté). Arbuste très
rustique dans les terrains secs ; pris isolément, il est peu remar-
quable, mais il produit de singuliers contrastes entre les autres
feuillages, à cause de son teint gris argenté.
(1) Suite, voir page 22.
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Fagm syhatim atropurpurea (Hêtre noir). Comme arbre
isolé ou placé par groupe de 3, 4, 5, etc. On connaît et on apprécie
cette belle variété du H. commun diQ^hoi^, tout aussi rustique
et presque aussi fixe que celui-ci, puisque les semis de faînes de
hêtre noir non greffé produisent à peine 5 **/o de plantes à feuilles
vertes ou simplement de teinte cuivrée. On oublie trop qu'on
peut la soumettre à la taille, voire même à la tonte, et qu'elle
se laisse contenir sans difiOiculté dans les limites les plus étroites.
On peut la cultiver en pyramide comme milieu de massif. Les
berceaux et les verandabs formés de hêtres noirs dirigés par
les cisailles du jardinier, sont du plus bel effet. Il en est de
même des haies et des palissades ou rideaux formés exclusive-
ment de cet arbre ou divisés en panneaux ou compartiments par
l'intercalation de hêtres communs ou de charmes. On conçoit
qu'il est possible d'arriver à des combinaisons bien plus riantes
que les raides charmilles antiques. Nous avons vu dans une
campagne à Melle près de Gand un chemin couvert ou tunnel
fait en hêtre noir ; c'est une ornementation très caractéristique.
Il y a un hêtre pourpre à rameaux pendants, et à très larges
feuilles foncées.
Hibiscus syriacus foL tar. (Ketmie des jardins). C'est la
variété à fleurs pourpres doubles et à feuilles grandes bordées de
blanc, que nous entendons recommander ici. Encore un exemple
de panachure, qui est une maladie ou sensément un affaiblis-
sement de l'individu, accompagnée de la dîiplicaûure des fleurs,
qui est un pléthore ou un surcroît de vigueur.
L'Althée à feuilles panachées se greffe en fente rez terre ou à
mi-tige sur l'espèce ordinaire de Ketmie des jardins.
On peut faire le reproche aux Hibiscus d'avoir une feuillaison
tardive. Il est en effet très désagréable de voir dans un massif,
ce bois nu jusqu'à la fin d'avril. Pour ce motif, nous recom-
mandons d'en faire, sans mélange d'autres espèces, des massifs
pleins, qui plairont toujours par le beau contraste des fleurs,
qui sont les dernières de l'automne, avec la panachure nette des
feuilles. A planter en plein soleil.
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Hippophaë rhammides (Argousier). Arbrisseau épineux très
rustique, pouvant être employé dans toutes les situations,
même au bord de Teau. Toutes les parties de la plante sont
d'un blanc argenté.
Eydrangea japonica fol, arg, 'car. Nous ne saurions assez
recommander de mettre cette jolie plante au centre ou au bord
des massifs plantés de Tune ou Tautre des belles variétés :
H. hortensis, H, J, Otaksa, H. paniculàta grandiflora, H, ro^
salha, etc. Les massifs sont surtout remarquables de beauté et
de vigueur, quand on les établit en terrain frais, sur la berge
des pièces d'eau, et qu'on leur accorde un peu de terreau de
feuilles.
Kerria{Corchorus) japonicafol. arg, marg. Beau petit arbuste
nain de la famille des Tiliacées(l), à rameaux verts, grêles, à
petites feuilles marginées de blanc, se couvrant au tout premier
printemps d'une multitude de fleurs jaunes. A cause de sa sta-
ture naine, le Kerria se plante toujours sur la lisière des massifs.
Loniceralrachypoda reticulata (Chèvrefeuille réticulé). Quoi-
que ce soit un arbuste sarmenteux, qui a sa place toute mar-
quée et amplement occupée dans les vases^ les suspensions, les
jardinières, les rocailles, ce joli chèvrefeuille convient admi-
rablement pour être crocheté contre terre, en bordure, en plein
soleil, autour des corbeilles de fleurs ou de massifs de petits
arbustes. Son feuillage est d'un vert tendre qui se montre à
travers un réseau d'or à fines mailles et qui tranche bien sur
toutes les couleurs, même sur le vert le plus ordinaire.
Quercîis pedunculata Concordia (Chêne à feuilles dorées). C'est
une variété supérieure à l'ancien Q,, pedunculata aurea et pré-
cieuse pour l'ornementation par ses feuilles et ses rameaux d'un
beau jaune d'or. Quel dommage que la variété de Quercus
JRobur à feuilles pourpre noir n'ait pas de belle végétation ; ce
(1) Il y a des catalogues descriptifs et des ouvrages plus ou moins
scientifiques qui mentionnent cette espèce comme Rosacée, tandis
qu'avec les genres JSparmannia, ffeliocarpusy Tritmfetta, Âpeiba, etc.
elle forme bien la famille de TUiacées vraies.
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seraient deux éléments de décors qui se relèveraient mutuelle-
ment. On greffe très facilement le Chêne doré en fente à toutes
les hauteurs sur de jeunes baliveaux du Chêne des bois.
Salix caprea tricolor (Saule marceau). Arbuste excellent pour
produire des contrastes, tant par sa jolie panachure que par sa
propriété de se bien tenir dans les situations humides. Il est bon
de le rajeunir tous les deux ans, en le coupant rez terre comme
une touffe d'osiers. Il peut se greffer à différentes hauteurs sur
le Saule marceau.
Salix regalis et S. rosmarinifoUa sont deux espèces bien pré-
cieuses, autant par leur facile croissance, que par leur teint
particulier. On peut les introduire dans les dispositions par
contrastes et en former des lointains ou des perspectives artifi-
cielles. On les rajeunit aussi de temps en temps. Le S, rosmari-
folia greffé en tête sur le 8. caprea ou sur le 8. viminalis, est
un bel arbre à isoler ; tête ronde et gracieuse.
8alix sericea (Saule soyeux). Jolie miniature, feuillage ténu
et tout blanc, très duveteux, à cultiver en boules acaules ou en
petites têtes greffées. Nous en possédons une variété à rameaux
pendants, qui est très ornementale.
8ambucmmçrafoL arg, variegatis. Tous les sureaux à feuilles
panachées sont d'une grande ressource dans les plantations, sur-
tout pour remplissage sous les arbres déjà maîtres du terrain.
Le Sureau à feuilles dorées roussit au soleil, celui à feuilles
poudrées est de petite taille.
On possède toujours ces plantes en pleine vigueur, quand on
les recèpe tous les 4 ou 5 ans, comme un taillis ordinaire.
8ymphoncarpos parvîflorus fol, var, (Symphorine à feuille
panachée). Cet arbuste, de croissance extrêmement facile, reste
naturellement nain et se tient en petite boule régulière quand
on le repasse au sécateur chaque printemps. Sa panachure
jaune se confond avec la teinte vert clair du fond du feuillage,
et toute la plante semble être dorée. Précieuse pour les petits
massifs réguliers, dans les jardins de peu d'étendue.
Tïlia argentea (Tilleul blanc). Très bel arbre, d'un port régu-
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— 45 —
lier et majestueux, d'une grande vigueur et d'une rusticité
parfaite. Les plants grejffés sur tilleul ordinaire offrent Tincon-
vénient de grossir plus que le sujet et de former ainsi une
nodosité, un bourrelet fort désagréable à Toeil. Comme il n'est
pas possible de le greffer autrement que par approche, on
peut en former des sujets nains qu'on pourrait affranchir.
Nous recommandons d'en faire ou des semis ou des multipli-
cations par couchage. Ses feuilles d'un vert pâle en dessus,
blanc grisâtre en dessous, font d'agréables contrastes avec les
arbres à feuillage vert foncé ou coloré. Il en existe dans les
cultures marchandes une variété à feuille panachée de jaune qui
n'est pas encore franchement entrée dans les jardins. Si la
panachure tieniyce sera encore un riche ornement, à isoler dans
les pelouses et à planter dans les massifs.
Uïmus campestris aurect (Orme jaune). Ce précieux arbre dont
nous sommes redevables à M. Rosseels, de Louvain, est non
seulement remarquable par le feuillage doré brillant qui brave
le plus ardent soleil, contrairement à ce qui arrive avec quantité
d'arbustes à feuilles dorées, Sarribucm, Ribes, etc., mais il pré-
sente de l'intérêt par la forme caractéristique de ses feuilles,
par son port trapu qui fait prévoir une stature naine.
Ulmus campestris fol. argenteo variegatis. Un des plus anciens
arbres à feuillage panaché que l'on connaisse. Quelquefois en
prenant de l'âge, la panachure faiblit. Mais chez quelques sujets
les années ont un effet contraire. Il en existe un exemplaire
colossal au Parc S* Georges, à Courtrai. A distance et vu du coté
où il donne sur un rideau de feuillage, c'est comme un arbre
couvert de neige. Les feuilles n'ont pas le défaut de roussir au
soleil, comme celles de l'Orme pleureur panaché. Quoique cet
orme atteigne de grandes dimensions, il est possible de le sou-
mettre, ainsi que la sous-variété panachée de jaune, à la taille
et de les faire entrer avantageusement dans les combinaisons
régulières de plantes à feuillage coloré et panaché.
Nous nous contenterons de citer encore comme pouvant
prendre place parmi les arbres et arbustes à feuillage panaché,
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— 46 — •
Ulmus campestris pundata, purpurea tricolor, mminalis margi--
nata, montana aurea.
VUis heterophylla fol. albo var. L'usage de cette belle petite
vigne grimpante dans les suspensions, les vases et la garni-
ture des treillis, est assez connu. Mais on n'a pas généralement
idée du charmant effet qu'elle produit en bordure autour des
parcs de fleurs et de feuillages foncés; conduite sur treillis, elle
forme un beau milieu de massif ou de petit parterre.
Weigela rosea ntana fol. var. Comme nous le verrons plus
loin, dans quelques exemples de combinaisons, ce charmant
petit buisson entre dans les massifs de toutes les dimensions.
On en borde les plantations de toutes sortes, les accotements
de jardins garnis d'arbustes de remplissage, aussi bien que
les massifs réguliers. On en fait même des massifs pleins,
autour desquels on laisse une bande libre pour y planter
pendant l'été un bord d'Iresine acumiriata , de PeHlla ou
d'Amarante rouge.
Les variétés W. amabilisfol. var. eiKosterianafol. var. sont
en tous points inférieurs à celle que nous venons de faire con-
naître. Le Japon nous a encore fourni le beau W. hortensis, qui
a produit ici une variété panachée de jaune qui n'est pas sans
mérite. Fr. Burvenich.
{Sera continué.)
LA VIGNE EN CORDON VERTICAL.
Il y a quelque dix ans, époque où se produisit une si grande
impulsion dans l'arboriculture fruitière , chacun s'empressait de
mettre en pratique toutes les nouvelles formes, à mesure qu'elles
voyaient le jour. C'est ainsi que l'on vit bientôt toutes les
treilles de vignes établies à la Thoméry. Depuis cette époque,
l'arboriculture a fait de grands progrès, et pour peu que l'on fût
observateur, on eût bientôt reconnu que cette forme n'est pas
assez en harmonie avec la nature de la Vigne, c'est à dire que,
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avec cette forme, la taille doit chaque fois faire tomber les
yeux les plus fructifères, et si les ceps ne sont pas très vigou-
reux, les coursonnes s'affaiblissent à un tel point qu'elles ne
donnent plus de grappes convenables.
On a voulu remplacer la forme à la Thoméry par les cordons
verticaux en arêtes de poisson, mais on a retrouvé les mêmes
défauts dans cette forme que dans l'autre ; on doit aussi tailler
le sarment fructifère plus ou moins court, et chaque fois prendre
l'œil le plus inférieur et par conséquent le plus faible pour rem-
placement, ce qui contribue trop souvent à affaiblir les cour-
sonnes vers la base des cordons.
Pour remédier aux inconvénients que présentaient ces deux
formes, on a préconisé dans ces derniers temps les cordons en
serpenteaux; mais je doute encore que cette forme fasse son
chemin. Il est vrai que, si l'on dispose d'un sarment très vigou-
reux, on peut lui faire produire quantité de grappes; mais le
remplacement reste souvent trop faible et la récolte est nulle
l'année suivante. Relativement à l'espace que ces cordons occu-
pent à la muraille, je ne trouve pas cette forme très avanta-
geuse; elle ne convient pas, du reste, pour les murs d'une
certaine élévation.
En face des vices que présentent les différentes formes que
j'ai citées, j'ai continué à me servir d'une forme en cordon ver-
tical que j'ai adoptée depuis longtemps et que j'ai constamment
trouvée supérieure aux autres. Les avantages de cette forme
sont nombreux : elle pernjet de tailler sur trois ou quatre yeux,
de maintenir les remplacements vigoureux, et de garnir des
murs d'une grande hauteur, même très facilement ceux dans
lesquels se trouvent plusieurs fenêtres.
Au moyen de cette taille, que je vais essayer de décrire,
j'obtiens non seulement chaque année une abondante récolte,
mais j'ai encore l'avantage, en favorisant le développement de
la vigne, d'avancer de beaucoup la maturité du raisin.
Dans la taille des arbres fruitiers, il ne suffit pas de contre-
carrer la nature ; mais il faut plutôt l'aider dans son œuvre de
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formation préparatoire à la fructification. C'est ainsi que nous
devons chercher la faiblesse pour le Poirier (au moins des
branches à fruits), la moyenue vigueur pour le Pécher et une
très grande vigueur pour la Vigne. On doit non seulement
faire produire des fruits à la Vigne, mais encore Taider à les
faire mûrir; car, on ne voit que trop souvent le Chasselas de
Fontaineblem arriver aux premières gelées avant d'être mûr,
tandis que, avec une bonne culture, à lexposition du midi, le
J^ratikenthaler peut mûrir dans presque toutes les parties de la
Belgique.
La taille dont je veux parler, je rappellerai Tancienne taille
améliorée, en raison de ses rapports avec celle-ci.
Avant la plantation, je commence par tendre des cordes
verticales et parallèles contre le mur, à une distance de
0"30 à O^Sô, selon les variétés. Je dispose ensuite une ligne de
clous le long de chaque corde, ou bien je me sers de lattes de
sciage, ce que je trouve le plus convenable. Après les avoir préa-
lablement rabotées et peintes, je les cloue simplement sans
traverses le long de chaque corde, avec des pointes de Paris
longues de O^^OT à 0™09; les pointes doivent être seulement
distantes d'environ 0™50 ; ce treillage est d'un très bel aspect et
convient particulièrement pour les cordons de vigne et pour les
poiriers à branches verticales ou obliques.
Je n'ai pas besoin de m'étendre sur la manière de planter la
Vigne; les soins que réclame la plantation sont généralement
connus. Je dirai seulement que je me procure des pieds bien
enracinés et de préférence ceux portant deux beaux sarments.
Ces cordons ne se trouvent qu'à O'^SO ou 0"'35 de distance ;
un pied de vigne portant deux sarments peut à lui seul garnir
deux cordons. Je dirai encore que je crois parfaitement inutile
de planter la Vigne à une distance de 0"80 à 1"" du mur ;
c'est une perte de temps, parce que l'on doit souvent attendre
deux ans avant de pouvoir définitivement la coucher en place.
La Vigne d'ailleurs sait parfaitement étendre ses racines à dix
paètres et plus de longueur pour chercher sa nourriture ; il est
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bon toutefois de planter à O'^BO du mur, cette distance suffit :
on peut alors la coucher définitivement Tannée de la plantation ,
c est ce que je fais.
Pour la formation des cordons en question, je commence par
tailler les jeunes vignes sur deux ou trois yeux ; si la reprise a
été bonne, j obtiens deux sarments, qui sont palissés et pinces à
environ l™50de longueur.
La deuxième année, je taille le sarment inférieur sur trois
yeux, pour établir la première coursonne, et le sarment supé-
rieur ou prolongement est taillé à une longueur de 0™50. En été
je conserve les deux bourgeons qui naissent des deux yeux
supérieurs de la première coursonne, ainsi que les deux bour-
geons supérieurs du prolongement. Tous les autres sont suppri-
més. Ceux qui sont conservés, sont palissés verticalement et
pinces à environ 0"50, à Texception du prolongement qui peut
dépasser cette longueur.
La troisième année, la première coursonne porte deux sar-
ments ; de ces deux sarments je taille Tinférieur sur trois ou
quatre yeux, et Tautre est complètement supprimé. A 0'"45 ou
O^SO plus haut se trouve un sarment que je taille également
sur trois ou quatre yeux pour établir la deuxième coursonne,
et le prolongement est toujours taillé à environ 0"'50. En été
tous les bourgeons conservés sont palissés verticalement et
directement sur le cordon.
La quatrième année, les deux premières coursonnes portent
chacune deux sarments ; de ces deux sarments, Tinférieur est
encore taillé sur trois ou quatre yeux et le supérieur supprimé.
Le prolongement porte encore deux sarments à sa partie supé-
rieure, dont Tun est taillé sur trois ou quatre yeux pour former
la troisième coursonne, et l'autre à O'^BO de longueur. On
continue à former des coursonnes de 50 en 50 centimètres,
jusqu'au sommet du mur. On ne doit jamais conserver que deux
bourgeons sur chaque coursonne, ce qui permet de les palisser
sur le cordon même, sans produire de confusion. Chaque cour-
sonne portant constamment deux sarments, on doit chaque fois,
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à la taille d'hiver, enlever complètement le supérieur et tailler
Tautre sur trois ou quatre yeux.
Ce mode de procéder permet d'asseoir constamment la taille
sur de grosses bourres, par conséquent très fructifères, et en
même temps de maintenir le remplacement vigoureux, car les
premiers jeux inférieurs, s'ils se développent, on les fait tomber
à rébourgeonnement. Il est vrai que si les coursonnes ne s'affai-
blissent pas, elles s'allongent après plusieurs années ; les pre-
mières formées se trouvent alors portées comme sur de petites
tiges, mais cela n'offre aucun inconvénient ; on les palisse à côté
ou sur la tige mère, ce qui pour la Vigne n'est nullement nui-
sible, ni même désagréable à la vue. J'allais oublier de dire qu'il
faut entretenir une coursonne à la base de chaque cordon, pour
garnir le pied.
Les soins que l'on doit donner à la Vigne pendant la végéta-
tion, ont aussi une grande influence, non seulement sur la qualité
des produits de l'année même , mais encore ils contribuent
beaucoup à la réussite des récoltes qui doivent succéder; en
même temps ces soins avancent de beaucoup la maturité du
raisin.
Les sarments fructifères devant être d'une bonne vigueur et
porter de grosses bourres, on doit commencer à les favoriser
par rônlèvement de tous les bourgeons inutiles. Cet ébourgeon-
nement doit se faire quand ceux-ci ont seulement acquis quel-
ques centimètres; car il importe beaucoup que les bourgeons
conservés soient espacés convenablement et qu'ils poussent à
Taise pour se fortifier.
L'opération du pincement ne doit pas non plus être négligée.
On doit pincer chaque bourgeon à une longueur d'environ 0"50,
aussitôt qu'ils dépassent cette longueur ; pinces plus court, les
bourgeons s'affaiblissent ; pinces plus long, la confusion se pro-
duit et les bourgeons se nuiraient mutuellement, comme il
arrive quand on pince trop tard. Les prolongements peuvent
seuls être pinces de un à deux mètres de longueur, suivant les
formes. Avec le premier pincement commencent le palissage et
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renlèvement des ailerons et des vrilles. Immédiatement après
ces premiers soins, on applique le soufrage à sec, à l'aide d'un
soufflet (confectionné pour cet usage) ; car, pour les vignes
atteintes de Toïdiura, il est toujours prudent de soufrer une
première fois avant la floraison, et de répéter l'opération quand
les grappes sont arrivées à demi grosseur. S'il est des per-
sonnes ^ui ne trouvent pas ce remède bon, c'est qu'elles laissent
trop avancer la maladie avant de soufrer.
Il est de toute nécessité que chaque bourgeon jouisse de l'air et
de la lumière. A cet eflfët, on doit encore enlever avec soin tous
les bourgeons anticipés et les ailerons qui naissent successive-
ment après le palissage. Il résulte encore de ces soins que les
feuilles s'élargissent, les bourres se gonflent et le bois s'aoùte
infiniment mieux.
Comme on le voit, en taillant sur de grosses bourres à la taille
d'hiver et en ne négligeant pas les opérations requises pendant le
cours de la végétation, on obtient non seulement un bon produit,
mais on avance encore considérablement la maturité du raisin.
Pour preuve, je dirai que chez moi le FrankenthaUr mûrit tous
les ans; j'avais en 1872 bon nombre de grappes de cette variété
complètement mûres avant le 15 septembre, en plein air, à
Texposition du midi bien entendu.
Je dois ajouter que je ne pratique pas l'incision annulaire.
Cette opération est, selon moi, nuisible à la Vigne, si on la
pratique sur une grande quantité de bourgeons ; car l'incision
annulaire, en arrêtant la sève formatrice, en prive les racines,
ce qui devient nuisible pour les produits suivants. On sait que,
si l'on empêche les feuilles de fonctionner, il y a une perte
pour la formation des racines, perte que l'on doit éviter à
l'égard des plantes qui doivent être vigoureuses et dont il faut,
au contraire, favoriser l'économie.
Il me reste à dire un mot de la restauration de la Vigne.
Quand cette opération devient nécessaire, on pratique géné-
ralement le recepage, méthode de laquelle je ne suis nullement
partisan, parce que la récolte est nulle pendant les deux ou
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trois premières années qui suivent Topération, si toutefois Ton
ne possède pas une serpette miraculeuse.
On sait que les vignes à restaurer et surtout celles en cordons
verticaux, ont ordinairement Textrémité supérieure en bon
état, tandis que le reste peut être dégarni. Au lieu de receper
ces vignes, voici comment je procède. tTouvre au pied de
celles-ci, une tranchée d'environ 0™60 de profondeur sur une
largeur de i mètre à 1"50, selon l'étendue des cordons. Quand
on arrive aux racines, on doit se servir d'une fourche et avoir
soin de ne pas les endommager. Je comble ensuite la tranchée
avec de Tengrais mélangé avec de la bonne terre, jusqu'à ce que
cette tranchée soit réduite à une profondeur de O'^SO; je dépa-
lisse alors les vignes pour les coucher, en leur faisant faire
un cercle, et ramener les extrémités aux anciennes places des
cordons. On nettoie les parties de tiges enterrées et on les
fixe avec des crochets de bois, s'il est nécessaire ; cela fait, on
achève de combler la tranchée avec de l'engrais et de la bonne
terre Dans cet état, les cordons restaurés présentent l'aspect
de jeunes vignes de trois ou quatre ans de plantation ; favorisés
par l'engrais, ils ne tardent pas à émettre de nouvelles racines
et à acquérir une grande vigueur : c'est là réellement une
restauration faite sans interruption de récolte.
Je dois faire observer, en terminant, que la formation de mes
cordons étant pour moi plus facile à exécuter qu'à décrire,
surtout sans dessins explicatifs, je me mets à la disposition
de ceux qui voudraient les essayer et m'engage à leur donner
les explications nécessaires au jardin de Madame Nagelmackers,
à Angleur lez Liège.
Eug, Wéry.
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POMME BORAWINSKJI.
Là jolie et bonne pomme que nous faisons connaître à nos
lecteurs, en donnant son portrait et sa description, est native
de Russie où elle est connue sous le nom de Boraroinskoje ;
c'est la BarovinsU, Barmvicki, Borovictzi, etc., des catalogues.
Le Congrès pomologique d'Allemagne à fait prévaloir pour
ce fruit le nom de Charlamoroskji, bien étrange pour un si beau
fruit; le nom de Duchesse â^ Oldenbourg, qu'on lui donne dans
nos cultures, lui sied mieux. Nous serions encore bien moins
porté à l'appeler Dombroroslji, sous lequel elle s'est introduite
frauduleusement ou par erreur dans quelques pépinières. Les
tristes souvenirs du trop célèbre général de la commune pour-
raient en faire une pomme de discorde.
Dans les vergers des Flandres, nous rencontrons fréquem-
ment une pomme ressemblant à s'y méprendre à celle qui fait
l'objet de cet article. On la nomme pomme de la mi-août [hdlf"
Oogstappel), à cause de l'époque à laquelle elle mûrit. Nous
n'oserions affirmer l'entière identité ; mais s'il y a différence, elle
est bien subtile. La variété connue dans la nomenclature sous
le nom de Passe-Pomme, a beaucoup de similitude avec la
Pomme Buchess of Oldenhu/rgh dont voici les principaux carac-
tères.
FruU moyen, rond, jaune striolé de rouge du côté de l'ombre,
rouge foncé unifornae ou traversé de fortes rayures rouge cerise
du côté du soleil. Chair croquante , légère , neigeuse , très
juteuse, saveur relevée d'un parfum anisé et d'une légère acidité
agréable. Sa maturité a lieu vers le 15 août ; le fruit se mange
de l'arbre et passe vite, si on ne le cueille successivement dès le
commencement d'août.
L'arbre est très vigoureux pendant les premières années et
prend une belle direction, qui donne aux jeunes couronnes une
forme pyramidale. En prenant de l'âge, le bois faiblit et devienjb
chancreux.
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Les feuilles sont larges et très étoffées, les rameaux sont
foncés, gros, brusquement terminés et portent d'abondantes len-
ticelles blanches.
Ce serait une erreur de croire que c'est en première ligne une
variété de verger. L'arbre s'y forme vite et régulièrement, fruc-
tifie de bonne heure et en abondance, mais il s'use très vite.
D'un autre côté, il n'a pas toutes les qualités d'une pomme de
commerce; elle est trop tendre pour supporter le transport et le
mouvement du trafic. Mais comme variété de jardin, elle est des
plus recommandables, car elle se prête parfaitement à toutes
les formes naines et moyennes, et c'est un fruit de table à tous
les titres, par sa qualité, sa beauté et l'époque de sa maturité,
qui précède celle de toutes les bonnes pommes et poires.
Dans les vergers abrités, situés dans de bonnes terres, cette
variété se montrera plus rustique, mais ne sera néanmoins
jamais un bon arbre de ferme.
Notre confrère, M. L. Boddaert, pépiniériste, à Deynze, qui
cultive et préconise beaucoup la Pomme Duchess of Olden-
Tmrgh, a procuré à notre artiste les spécimens qui ont servi de
modèle à sa charmante composition.
Fr, Burvenich.
PRÉPARATION DU PLANT DE POMMES DE TERRE.
JS'il iiiy a fos de petUes choses en matière de culture, comme le
dit un bon vieux dicton, c'est certainement à la culture de la
pomme de terre, la plante la plus utile à Talimentation de
l'homme, qu'on peut surtout l'appliquer.
Nous ne dirons rien des avantages qu'il y a de choisir des
tubercules moyens que l'on plante en entier, ni de la bonne
précaution de couper en deux, dans le senâ>du haut vers le bas,
au moins 3 ou 4 jours avant la plantation, les gros tubercules
qu'on désire diviser; tous ces points sont connus et observés.
Mais il est un autre préparatif bien plus important, c'est celui
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d'exposer les tubercules à la lumière et à Tair, au moins un mois
avant de les confier à la terre,
La pomme de terre, dans cette condition, verdit, pousse des jets
verts, courts et trapus, qu'on n'arrachera point et qui seront un
travail tout fait dont on constatera facilement les bons effets en
comparant celles préparées ainsi à celles sorties des caves peu
de jours avant la plantation, ne portant que de longs jets étiolés
qu'on arrache et qui, du reste, pourriraient en terre, si on les
laissait attachés aux tubercules.
On a inventé pour cet usage, des tablettes en gros lattis dis-
posés par étages comme celles des fruiteries et auxquelles on
a donné le nom de germoirs à pommes de terre. On comprend
qu'on peut se servir de tablettes quelconques, étaler les tuber-
cules en une simple couche sur un plancher, faire servir le
mobilier portatif de la fruiterie, toute l'affaire consistant à
exposer les tubercules à l'air et surtout à la lumière.
Nous ajouterons une dernière petite remarque, c'est que cette
précaution est surtout utile aux variétés hâtives, qui retardent
beaucoup à la sortie, par l'ébourgonnement de leurs jets. La
pomme de terre Marjolin, la plus précoce de toutes, ne lève
même plus du tout, si les premiers jets doivent être arrachés
ou pourrissent dans la terre. Pr. Burvenich.
CHRONIQUE maraîchère.
Le printemps prématuré dont nous sommes favorisés, nous
amène dès à présent une ondée de catalogues de graines, annon«-
cant tous plus ou moins haut quelques nouveautés en légu-
mes. Les publications horticoles renferment des réclames et
des annonces à profusion. Les journaux politiques mêmes se met-
tent de la partie ; ils viennent d'annoncer, au grand ébahissement
des badauds, qu'au Jardin des plantes à Paris, on s'occupe en ce
nuyment de l'acclimatation d'un nouveau légume qui a récemment
été introduit de Java. Ses fruits qui ont un mètre de longueur et
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qui s'allongent de 10 pouces en 24 heures (on les voit croître),
se mangent crûs à la poivrade ou en salade, quand ils sont
jeunes, et quand ils sont mûrs (bien mûrs sans doute), on les
cuit et on les mange en guise d'asperges.
Notons qu'il s'agit du Mouçri, Radis de Java {Raphanus cauda-
tus), une plante sans valeur, abandonnée partout, qui n'est ni à
cuire ni à rôtir, et dont les fruits à maturité pourraient plutôt
servir à fabriquer du papier. On pourrait utiliser à la rigueur
les siliques vertes dans les Piccalilli ou les Mixed pickles, tout
comme on y introduit des morceaux de carottes, des gousses de
haricots, des tranches de betteraves, de petites têtes de choux-
fleurs, des écorces de melons verts, etc.
Le fameux Radis de Java, dont nous avons essayé la culture,
il y a cinq ou six ans, nous remet en mémoire celui de Japon :
quHl fallait deux âms pour en porter un au marché!
Parmi les nouveautés sérieusement annoncées en plantes
potagères, nous citerons :
Betterave rouge sang améliorée de la Freneillerie.
Céleri Sulham prize pink. Les variétés anglaises de céleri à
côtes rouges mériteraient bien d'être plus cultivées.
Chicorée sauvage frisée. Variété très méritante, à feuilles
finement déchiquetées comme celles des endives frisées.
Concomhre Marquis of Zorne {A graines : 3 francs!). Cette
variété de concombre long vert a valu à son obtenteur autant
de lettres de félicitations qu'au promoteur de la Bevalenta
arabica.
Concombre Duke ofFdiniurçh, Variété dont les fruits, dit-on,
peuvent atteindre jusqu'à 40 pouces anglais de longueur.
Chou Brocoli, Zate Queen, Early, WTiite, perfection.
Chou fleur Kinç qf Cauliflower,
— Veitch's perfection.
Haricot nain Merveille de Canada (Canadian Wonder).
Variété très recommandée en Angleterre.
Laitue verte grasse. La maison Vilmorin recommande cette
variété comme très précieuse.
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Melon vert grimpant à rames. Variété à cultiver sur rames
ou sur treilles, en plein air, à bonne exposition.
Dans les pois, l'Angleterre nous offre une quantité de nou-
veautés qui sont toutes également recommandées. Le plus mer-
veilleux nous semble être le Laxton^s qui compte 12 gros grains
par gousse. Nous ne connaissions jusqu'ici dans ce genre que le
pois Serpette dont les gousses renferment de 9 à 10 grains, et le
Duke of Eàinbnrgli qui en donne quelquefois 11 par cosse.
Les pommes de terre Redskin Jlourbaïï, Bresseé's prolific
Hundredfold flule, sont les nouveautés les plus prônées dans
divers catalogues (1).
Perreau monstrueux de Carentan.
Radis blanc de Californie.
Gros radis blanc d'automne, dans le genre du navet long Mal-
teau.
Tomate naine à fruits panachés.
Nous savons parfaitement que les nouveautés, soit en plantes
d'ornement, soit en arbres fruitiers ou en plantes potagères, ne
répondent pas toujours toutes aux premières descriptions que
le commerce en fait, et que celui qui se livre aveuglément à la
culture de ces nouveautés, se prépare souvent beaucoup de
déceptions.
Aussi insistons-nous sur les essais au petit pied et les cultu-
res comparatives. Nous ne saurions assez engager les sociétés
d'horticulture et les comices à acheter en commun les nouveautés
et à en répandre le plus grand nombre de petits échantillons.
Les cultures expérimentales sont d'autant plus concluantes ,
qu'elles sont mises en pratique par le plus grand nombre de
personnes, et dans les conditions les plus diverses. D'ailleurs,
(l) Parmi les prix-courants, nous signalons ceux de J. Samsoen-NoUet,
rue de Brabant, à Gand; Vilmorin-Andrieux, quai de la Mégisserie, à
Paris ; Sutton and Sons, à Reading, un des plus importants établisse-
ments de l'Angleterre. Le catalogue de cette maison est un livre très
instructif, avec figures noires et planches coloriées.
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les désappointements qu'on éprouve dans les cultures d'essai des
plantes potagères, sont bien minimes et amplement rachetés par
une seule plante qui nous permet de supprimer Tune ou l'autre
médiocrité. Faisons donc des essais, faisons en beaucoup, sans
trop d'enthousiasme prématuré, mais aussi sans prévention !
Au moment où nous nous eflForçons en toute occasion de faire
comprendre les avantages multiples du semis en rayons, on
envoie, à l'appréciation du Comité du Cercle, un semoir à main
que nous allons soumettre à Tessai, avant de le faire connaître
en détail à nos lecteurs. C'est le Sidney Garden seed son?er(^),
une petite boîte en fer blanc à gouge dont l'ouverture se règle
par un registre. 11 peut au besoin s'emmancher. On le dit aussi
fort commode pour projeter du soufre, de la chaux, du tabac
en poudre, etc., sur les arbres et sur les plantes. Si tout
cela est réel, la boîte à houppe pourra se placer à côté des
instruments de jardinage découverts dans les fouilles de
Pompéi. Ce semoir est d'invention anglaise, il y en a de plu-
sieurs dimensions ; le prospectus porte naturellement une série
de certificat es.
Nous ne pouvons encore nous prononcer sur la valeur pratique
de cet engin nouveau, mais nous émettons le vœu qu'il réponde
à ce qu'on en dit. Un instrument propre à répandre promptement
et régulièrement les graines dans les rayons, ferait faire un grand
pas à l'excellent procédé du semis en lignes. Nous possédons
déjà un bontraçoir ou rayonneur, que nous avons fait construire
d'après le modèle en usage dans les vastes potagers de la colonie
pénitentiaire de Ruisselede. Prochainement nous ferons con-
naître cet instrument aussi simple que pratique, pour les terres
légères.
La culture maraîchère commence à être mise un peu plus en
honneur. Plusieurs programmes de conférences de culture ont
ouvert une place à quelques séances à consacrer à l'enseignement
(1) En vente chez M. Dutry-Colson, rue des Champs, Gaad.
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de cette utile branche. Nous-même, nous l'avons enseignée de-
puis quelque temps dans nos conférences aux instituteurs et dans
nos cours publics des villes de Roulers et d'Eecloo, ainsi qu'à la
colonie pénitentiaire de Ruisselede. La culture du potager ne
mérite pas, en effet, l'indifférence que la plupart de nos jeunes
jardiniers (trop exclusivement arboriculteurs) lui témoignent.
Non pas que nous voulions qu'ils en deviennent les martyrs,
comme ce marchand de légumes de Montmartre, dont les jour-
naux nous apprennent la triste fin : il avait la monomanie des
carottes, des navets, etc., et il a voulu mourir étouffé sous le
poids de plusieurs sacs de ses légumes chéris !
Les conférences sur la culture maraîchère ne porteront tout
leur fruit, que lorsque la pratique de l'enseignement de cette
branche aura fait adopter une méthode rationnelle d'enseigne-
ment. L'enseignement de l'arboriculture a marché également à
tâtons, aussi longtemps que les professeurs (nous ne nous met-
tons pas hors de cause) avaient pour toute méthode un agence-
ment plus ou moins bien ordonné de systèmes et d'empirisme.
Aujourd'hui cet enseignement est partout en Belgique uni-
forme, rationnel, pratique et à la portée de l'intelligence de nos
travailleurs. Espérons que bientôt il en sera de même de la
culture maraîchère, autant que le permet cette branche, dans
aquelle la partie mécanique joue un rôle si important.
Fr. Burvenich,
LES PLANTES ALPINES.
Autrefois les jardins botaniques recevaient de première main
les nouvelles introductions de plantes, et comme celles-ci
n'étaient pas très nombreuses , on pouvait leur donner plus
facilement leur véritable culture. Aujourd'hui il n'en est plus
ainsi, et généralement ce n'est pas dans les jardins publics
que les spécimens de culture abondent. Mais par contre on y
trouve ces plantes qu'on cherche le plus souvent en vain
ailleurs et qui ont cependant aussi leur importance. De ce
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nombre sont les plantes utiles, officinales, industrieUes, qu'elles
soient indigènes ou exotiques, ainsi que les exemplaires gigan-
tesques de tel ou tel genre, les représentants rares et histori-
ques de telle ou telle espèce, les types parfois uniques de telle ou
telle famille.
De ce nombre devraient être aussi et sont heureusement
par-ci par-là les plantes alpines, en attendant que la culture
de ces jolies pygmées du règne végétal excite franchement
le goût des amateurs. La chose en vaut réellement la peine,
car si les plantes aux grandes dimensions sont importantes
dans leur majesté, les miniatures, dans leur excessive modestie,
ont aussi leurs charmes tout aussi séduisants pour qui sait les
apprécier.
Les plantes alpines méritent donc à plus d'un titre qu'on s'en
occupe et que leur culture devienne plus à la mode. Il y a déjà
quelques années qu'on fait des essais en Angleterre, d'où Ton va
s'approvisionner dans les montagnes de l'Ecosse. Le superbe
ouvrage de luxe que le zélé directeur du Garden, M. W. Robin-
son, publia naguère sous le titre de Alpine Flowers ^ a contribué
beaucoup à propager au-delà de la Manche ce genre de culture.
Espérons qu'il en sera de même sur le continent. Là, en Alle-
magne surtout, on cultive depuis longtemps les plantes des
Alpes, mais ce n'est guère que dans quelques jardins botaniques
et chez de rares amateurs. Certes, on n'en restera pas là : le
splendide ouvrage que notre ami et confrère M. Verlot, de
Paris, a publié, sous le titre de Plantes alpines W, peut servir de
guide sûr aux néophytes, et la publication d'une deuxième
édition de ce magnifique volume prouve à elle seule que le goût
de la culture des plantes alpines commence à se développer.
Nous allons y consacrer quelques lignes, d'abord afin de con-
tribuer à son extension, ensuite parce que nous avons toujours
eu une certaine prédilection pour les plantes alpines.
{Sera continué.) H, J, Van Huile.
(1) Paiis, chez Rothschild, éditeur; à Gand, A.Hoste; prix 30 francs.
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61 —
VARIETES.
Un poirier phénoménal. — Le Qardeners' Chronicle a donné
récemment le portrait (d'après une photographie) d*un poirier
de Louise bonne d'Âvranches portant 118 poires. Nous croyons
intéressant de mettre sous les yeux de nos lecteurs quelques-
uns des renseignements qui accompagnent la gravure. L'arbre
a environ 1™50 àl™60 de hauteur et il se trouve planté dans
un pot de 0™40 de diamètre.
Il a donné en 1872 également une récolte, très notable, mais
on n'a pas fait le relevé des fruits qu'il portait. En 1871 il en
avait produit 72.
Les fruits étaient bien venus, de belle grosseur; il y en avait
dont la longueur était de 0°»16, et la circonférence 0'"28. Leur
qualité ne laissait rien à désirer.
Quant à la culture des arbres fruitiers en pots, voici le traite-
ment que leur applique M. G. F. Wilson, à Weybridge, le culti-
vateur de Tarbre-phénomène en question.
Tous les ans les arbres sont rempotés ou reçoivent tout au
moins un renouvellement partiel de terre. La surface du sol est
recouverte de Gishurst compound l'hiver durant. L'hivernage a
lieu dans une serre verger non chauffée jusqu'au moment où les
fruits sont complètement noués. On transporte ensuite les arbres
dans un endroit abrité du jardin où les pots sont enterrés le
long des allées. On les arrose très abondamment aussi long-
temps que les fruits continuent à gonfler. Pendant les fortes
chaleurs, on les arrose jusqu'à trois fois par jour.
Les variétés hâtives mûrissent à l'air libre ; mais on rentre
dans la serre verger les variétés tardives, et leur fruit y acquiert
plus de ûnesse et de saveur. Éd. P.
♦ »
Le thé de Cassis* — Ce thé est excellent. Beaucoup de per-
sonnes le préfèrent même au thé de Chine. 11 constitue une bois-
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— 62 —
son stomachique, très agréable, très hygiénique et qui a en outre
Tavantage de ne pas coûter cher.
On peut employer les feuilles, à Tétat vert ou à l'état sec. A
défaut même de feuilles, on peut se servir des jeunes bourgeons
ou du bois.
Ce thé est très usité en Normandie.
Exposition à Amhem. — Sous la présidence de notre ami
et collaborateur le D^ L. Mulder, le département A.rnhem de la
Société néerlandaise pour le progrès de Tindustrie ouvrira, du
23 au 26 avril prochain, à Amhem, la l"*® Exposition horticole
printanière. Celle-ci ne comprend pas moins de 133 concours
pour tout ce qui concerne les plantes et Tindustrie horticole ; il
y aura pour plus de 4000 fr. de prix. L'on fait donc sérieu-
sement les choses; aussi engageons-nous tout le monde à
encourager les efforts de la section d Amhem par l'envoi d'un
objet d'un intérêt horticole quelconque.
* »
Exposition horticole à Brème. — Notre excellent ami
M. H. Ortgies nous informe qu'une Exposition internationale
d'horticulture aura lieu du 13 au 21 du mois de juin de cette
année. Il y a une quantité de concours relatifs aux plantes
rustiques, corbeilles de parterre, groupes fleuris, décorations
végétales, ainsi qu'aux plantes de serre chaude, bouquets et
autres fleurs coupées. Les arbres fruitiers, les fruits frais et
conservés y occupent aussi une large part, de même que les
instruments de jardinage. Non seulement des objets d'art, des
médailles spéciales en or, etc., offerts gracieusement par l'Em-
pereur et l'Impératrice d'Allemagne et par d'autres généreux
promoteurs de l'horticulture, seront donnés en prix, mais le
Comité lui-même consacrera 9,580 marks (plus de 12,000 fr.)
aux récompenses de différente nature. — S'adresser pour tous
renseignements à M. H. Ortgies, secrétaire de la Société
d'horticulture, à Brème. H, J. Van Huile.
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— 63 —
TRAVAUX A EXÉCUTER DANS LA CULTURE NATURELLE DES
PLANTES POTAGÈRES.
Février.
Pour tirer toute Tutilité possible d'un calendrier des travaux,
il importe de relire au commencement de chaque mois, les
indications de celui qui précède, afin de s'assurer si tout a pu
être exécuté. On ne va pas en avant avec les opérations indi-
quées pour le mois courant, tant que celles du précédent ne
sont pas en règle. Pendant le mois de février, tous les travaux
se continuent avec plus de confiance et d'activité. Les labours
doivent surtout être poursuivis avec ardeur, afin que les terres
aient le temps de s'aérer, de s'ameublir et de se ressuyer pour
les nombreux semis et plantations à faire le mois prochain.
Dans les terrains compacts et humides, ces labours faits de
bonne heure ont une grande influence sur l'amélioration du sol,
et dans les terres légères plusieurs mauvaises herbes commen-
cent à fleurir et donneront graine par un temps doux, si l'on
ne se hâte de les enfouir comme engrais vert.
Dès le commencement du mois, on peut semer en pleine
terre en rayons les fèves de marais, et habituer peu à peu à l'air
pour les préparer à la plantation, celles qui ont été semées le
mois précédent en caisses et qui commencent à lever. Vers
la fin du mois, on peut faire les derniers semis des grosses
fèves de Windsor à grain vert ; dès cette époque, il n'y a plus
rien à craindre du froid pour ces plantes. On continue égale-
ment en pleine terre des semis de pois hâtifs, que les jardi-
niers nomment pois de la Chandeleur, et aussi de demi-hâtifs
{P. Michaux et Uflore). On rend robustes, en les mettant à l'air
libre, ceux semés en pots ou en caisses en janvier. Semer
profondément ces deux sortes de graines et bien serrer la terre
sur les rayons et les poquets, pour les mettre mieux à l'abri des
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— 64 —
souris et des oiseaux. On peut planter les bulbes d'ail, d'écha-
lote, de rocambole et de petits oignons à repiquer, le tout vers
la fin du mois.
On sème cerfeuil, oignon blanc hâtif, carotte hâtive de
Hollande, persil et céleri; les graines de ces trois dernières
plantes pourront être germées ou stratifiées en terre ou sable
frais quelques jours auparavant.
On projette au petit bonheur quelques graines de Laitue Grotte
entre les produits qui tardent à couvrir le terrain : oignon,
scorsonères, carottes, choux, etc. On fait un semis à part de
cette laitue sur côtière, 1® pour être consommée petite, 2® pour
être en partie repiquée, 3° pour en laisser pommer quelques-
unes sur place.
On peut mettre à germer quelques pommes de terre hâtives
(Marjolin,Early rose d^ Amérique, Quarantaine jaune). On pour-
rait à la rigueur en risquer quelques-unes sur place avec cou-
verture de litière. Il est très profitable aussi de sortir le plant
des pommes de terre des celliers pour les exposer à la lumière et
les faire verdir. Ce soin important est trop peu observé et
on peut cependant bien le faire en petite culture.
On met le terrain en billons pour la grande plantation des
pommes de terre du mois prochain, de même que pour rétablis-
sement des lignes d'asperges, si on doit en planter.
Il importe d'aérer beaucoup les plantes couvertes, surtout les
artichauts qui souvent pourrissent à cette époque. On relève et
on change de place, les produits en provision dont on veut
prolonger la durée et qui commencent à pousser des feuilles :
carottes, salsifis, scorsonères, choux à jets et autres.
Si on a planté avant l'hiver des choux rouges et des choux
verte d^Ulm, on leur donne un arrosement d'engrais liquide
et un bon binage ; on fait de même des brocolis dont la produc-
tion commencera déjà en mars pour les variétés hâtives. Vers
la fin du mois, on sème sans arrière pensée des scorsonères,
des épinards, des radis hâtifs et du poireau, ce dernier en
rayons sur place. Fr, Burvenich.
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— 65 —
CERCLE DIRBORICULTURE DE BELGIQUE.
ADMISSIONS.
prononcées dorant le mois de février.
3™* SÉRIE. — Membres protecteurs,
MM.
Baudet, chef de caltare, chez M. le comte de Marnix, Isque par
La Hulpe (Brabant) ; présenté par M. J. J. Vande Velde.
Decraen-LoDghé, horticulteur fleuriste, chaussée de Vleurgat,
91, Bruxelles; présenté par M. Ad. Wiringer.
De Geest (Joseph), brasseur et distillateur, Alost ; présenté par
M. VanDuerm.
De Schepper, propriétaire, Eecloo ; présenté par M. Burvenich.
Pillot (Alphonse), élève à TÉcole d'horticulture, rue du Ser-
pent, 12, Gand ; présenté par M. Fr. Burvenich.
Grosjean (Léonard), géomètre. Vaux sous Chèvremont (Liège);
présenté par M. Eug. Wérj.
Legrand (Louis), élève à TÈcole d'horticulture, rue du Ser-
pent, 12, Gand ; présenté par M. Fr. Burvenich.
Martha (Félix), avocat, Charleroi; présenté par M. Van Wam-
beke.
Salentiny (Jules), élève à l'École d'horticulture, rue de Cata-
logne, 21, Gand ; présenté par M. Burvenich.
Tornow (Eugène), négociant, Regentenstrasse, 5, Berlin (Alle-
magne); présenté par M. Pjnaert.
Tjtgadt (Emile), marchand de fer, Maldegem ; présenté par
M. J. De Smet.
Van Loo (Henri), quai de la Grue, 27, Gand ; présenté par
M. Pynaert.
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~ 66 —
CONGRÈS INTERNATIONAL DE POMOLOGIE ET D'ŒNOLOGIE A
VIENNE.
Nous venons tardivement rendre compte de l'importante ses-
sion du Congrès pomologique qui a en lieu à Vienne, du 2 au
7 octobre dernier, en coïncidence avecTExposition internationale
des fruits. Un grand nombre de membres, 172, avaient adhéré à
ce Congrès. Parmi eux, 34 appartenaient à TAUemagne du Nord,
3 à la Belgique, 3 à Tltalie, 1 à la Turquie, 2 à la Russie, 1 au
Danemark, 1 à la Suède, 2 à rAraérique septentrionale; tous
les autres appartenaient à TAutriche; 35 étaient de Vienne
même, 21 de la Basse Autriche, 3 de la Haute Autriche, 9 du
Tjrol, 1 de la Carniole, 2 de la Carinthie, 4 de la Styrie, 2 de
Goritz et Istrie, 6 de la Dalmatie, 2 de la Croatie, 9 de la
Transylvanie, 17 de la Hongrie, 3 de la Galicie, 6 de la Moravie
et 9 de la Bohème.
La Belgique était représentée par M. de Ghellinck de Walle,
président du Cercle d'arboriculture de Belgique, par M. Gille-
kens, directeur de TÉcole d'horticulture de Vilvorde, et par
M. Pynaert, professeur à TÉcole d'horticulture de Gand. Nous
avons retrouvé à Vienne le vénérable D'' Koch, qu'on est sûr
de rencontrer partout où il s'agit des intérêts de l'horticulture
et de la pomologie, qu'il n'a cessé de défendre et de promou-
voir durant sa longue et laborieuse carrière.
Nous y avons rencontré aussi notre ami et confrère M. le
professeur S. Nyeland, de Copenhague, avec qui nos liens de
sympathie sont d'autant plus étroits qu'il s'efforce de faire
pour le Danemark, ce que nous mêmes, dans notre Cercle
d'arboriculture, nous faisons pour la Belgique.
Si les Congrès n'ont pas toujours les effets pratiques immé-
diats qu'on voudrait pouvoir en attendre, ils offrent néanmoins
une occasion heureuse de fraterniser avec des hommes, parti-
sans d'une même cause et ayant des aspirations analogues.
C'est ainsi que nous avons été heureux de faire la connaissance
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— 67 —
du baron von Trauttenberg, de Prague; du D' Warder, président
de la Société d'horticulture de TOhio (Amérique septentrionale) ;
de M. Daniel Hooibrenck, propriétaire, à Hietzing, Tinventeur
de la fécondation artificielle du blé et de Tinclinaison des longs
bois de la Vigne à 112 i/i degrés ; de M. Mader, un intelligent
conférencier, arboriculteur et pomologue, dans le Tyrol, et
de quelques autres notabilités horticoles.
Le Congrès a tenu trois séances, sans compter la réception qui
eut lieu dans le local de la Société impériale d'horticulture de
Vienne. Le Congrès pomologique proprement dit a tenu ses
réunions dans ce même local, tandis que le Congrès œnologique
a siégé à l'Exposition universelle, où se trouvaient réunis la
plupart des éléments dont il avait à s'occuper.
Les débats ont eu lieu en allemand. Ils ont été conduits avec
un incontestable talent, par le D'^ Éd. Lucas, directeur de l'In-
stitut pomologique de Reutlingen, dans le Wurtemberg, et prési-
dent de l'Association pomologique de l'Allemagne. Il s'est
acquitté de sa difficile mission avec une aisance parfaite et une
bienveillance à laquelle tout le monde s'est plu à rendre hom-
mage. M. le D*" Lucas est un homme d'une grande activité et
d'une intelligence très vive ; il possède la précieuse qualité de
s'assimiler et de comprendre toutes choses avec une facilité
remarquable. Par ses nombreux travaux, et notamment parla
publication des Monatsh^Ufilr Obst-und Weinbau, il marquera
dans la pomologie, et l'on ne saurait méconnaître dès à présent
qu'il a fait faire de grands progrès à l'arboriculture fruitière en
Allemagne.
Le Congrès s'est occupé de questions importantes. Un grand
nombre d'orateurs ont pris la parole. Chez tous, nous avons con-
staté une grande facilité d'élocution ; mais chez plusieurs, nous
avons remarqué un certain vague dans l'expression de leurs
idées et, parfois, l'absence de notions pratiques nettement défi-
nies. Sous ce rapport, nos confrères d'Outre Rhin semblent en
être encore au point où nous nous trouvions nous-mêmes il j a
quelque dix ans. Depuis que le Cercle d'arboriculture a com-
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— 68 —
mencé ses séances publiques, où, comme dans un véritable
Congrès permanent, toutes les questions encore problématiques
à cette époque, ont été débattues avec tant d'ardeur, les divers
procédés de culture et de taille ont fait chez nous de grands
progrès.
En Allemagne, on est loin d'être arrivé où nous en sommes
déjà, et, on ne nous en voudra pas si nous le déclarons avec
une entière franchise, les procédés de taille et de culture j
appellent encore de nombreux et grands perfectionnements.
Il serait impossible de relater ici en détail les discussions
auxquelles les diverses questions ont donné lieu, et qui prennent
plus de 70 pages des Illustrirte Monatshefte. Il nous suffira
d'énumérer brièvement les divers points qui ont été successive-
ment traités.
Quels sont les procédés introduits avec succès depuis ces
derniers temps, dans la pratique du greffage, de la formation des
hautes tiges et de la culture des arbres fruitiers?
Ces trois questions ont été traitées, la première par M. le
professeur Belke, de Kesztelj, la deuxième par M. Tinspecteur
Franck, de Trente, la troisième par M. le conférencier Arnold,
de Bitburg.
M. Franck recommande de rabattre fortement les jeunes
arbres pour provoquer la formation d'un système radieulaire
complet et d'une forte tige. Il insiste également sur l'avantage
de l'emploi des paillis autour du pied des jeunes arbres.
M. Rudolphe Schiffner recommande de fumer les arbres
avec de l'engrais liquide, en juin, juillet et août.
M. Ladislas Tisza, de Czan, parle de la possibilité des planta-
tions estivales des arbres. Pour réussir, il est utile de couvrir
les pieds de fumier.
M. Schleicher, d'Edthof, recommande l'emploi de la marne.
M. Belke n'est point partisan du double grefifage qui, d'après
lui, donne lieu à la gomme et cause un surcroit de travail.
M. Breitwieser, de Kiew, appelle l'attention sur l'utilité de
bien mouiller le sol, quand on plante tardivement en automne.
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— 69 ^
Il recommande aussi de prallner les racines dans une bouillie
glaiseuse, surtout quand on doit planter dans un terrain sablon-
neux.
M. le professeur Schule, de Carlsruhe, combat les idées de
M. Belke concernant le double grefifage, qu'il considère cepen-
dant comme ne devant être appliqué qu'à certaines variétés et
dans des cas particuliers.
M. Kroczak, de Brunn, pense qu'il est bon de couvrir de terre
le paillis dont on voudrait recouvrir le sol. Cette précaution
évitera l'invasion des insectes.
M. Palandt, de Hildesheim, appuie cette manière de voir et
recommande la prudence dans l'emploi des paillis, là surtout où
les hannetons abondent.
M. Arnold traite ensuite la question de la plantation, de la
taille d'été et de la fumure.
M. Beck, conseiller d'État, à Trêves, donne des renseigne-
ments sur les plantations d'arbres fruitiers le long des routes
dans la Prusse rhénane. Plus de 28,000 arbres fruitiers y ont
été plantés dans ces dernières années.
M. Pjnaert développe ensuite l'utilité de la simplification de
la nomenclature pomologique. Son discours ayant un intérêt
particulier pour notre pays, il sera communiqué ultérieurement
aux lecteurs des Bulletins.
M. le D*^ Lucas fait ressortir les avantages d'une bonne
nomenclature. Il rappelle que Diel a été comme un véritable
Linné pour la pomologie en Allemagne, où les fruits sont clas-
sés plus systématiquement que dans d'autres régions.
M. le professeur Koch appuie les observations émises par
M. Pynaert, mais il demande que les anciens noms soient con-
servés.
M. Pynaert est aussi d'avis de conserver les anciens noms;
ses observations, dit-il, ont surtout en vue les appellations
nouvelles, et trop souvent défectueuses, données à des fruits
nouveaux.
M* le professeur Koch, dans un remarquable discours, expose
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— 70 —
le développement des fruits et insiste sur Tin suffisance des
silhouettes pour donner une idée de la forme des fruits.
M. le D*" Lucas répond ensuite à cette question du programme :
Quelles sont les causes de Tinsuffisance générale de la récolte des
fruits de cette année? Pour que la fructification des arbres frui-
tiers soit normale, dit-il, il faut : 1° une végétatioii saine et nor-
male, 2** une accumulation de matériaux de réserve, comme l'a
dit Lindley, dans sa Théorie de ThorticuUure, 3^ une régularité
parfaite dans la formation des feuilles, é"" une croissance suffi-
sante sans être trop vigoureuse, 5" un automne chaud, 6*» la
présence dans le sol des substances nutritives nécessaires.
Passant aux causes de la stérilité, l'orateur indique comme
telles : \^ une végétation trop faible, 2^ le manque d'engrais
minéraux, 3® une végétation exubérante, 4<* une fumure trop
riche en azote, 5° un automne humide et froid, 6** un trouble
dans la végétation, par suite de ravages causés par les cham-
pignons, les insectes, etc., 1^ une fructification trop abondante,
8® le trouble du repos des arbres pendant l'hiver, 9<* la gelée
pendant ou immédiatement après la floraison.
D'après le D*" Lucas, les causes de la récolte insuffisante
de 1873 ont été : l'absence trop générale de fumure, l'automne
humide et froid de 1872, le développement des boutons dans les
conditions.les plus anormales, par un hiver des plus étranges,
et enfin le grand abaissement de la température vers les derniers
jours d'avril.
M. Kroczak signale la persistance des courants d'air froid
comme une autre cause.
M. Arnold, de Trêves, fait observer que les fruits ont été
abondants partout où l'on a fait usage d'engrais phosphatés.
M. Wilhelm Schleicher dit que, dans la Basse Autriche, la
mauvaise récolte a eu pour cause probable la persistance des
pluies et du brouillard. A cette cause il ajoute la présence des
insectes. Aussi recommande-t-il de protéger les oiseaux.
M. le baron von Trauttenberg appuie cette proposition et
demande qu'il soit défendu par les gouvernements de vendre les
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— 71 —
œufs de fourmis. Les fourmis, dit-il, sont des gardiens pour
nos arbres.
M. Tisza recommande d'établir les plantations fruitières d
façon à les garantir contre les intempéries.
M. Runkel, de Kremsmunster, appelle Tattention de rassem-
blée sur Tutilité de planter des variétés ayant fructifié pour ainsi
dire exceptionnellement cette année.
M. le D*" Lucas estime que les variétés à floraison tardive
méritent sous certains rapports la préférence.
Dans sa troisième séance, le Congrès, — après avoir débattue
cette question : Quel est Tengrais convenant le mieux aux
arbres fruitiers? et avoir décidé que remploi de purin mêlé
à des substances minérales, des cendres de bois et des os pulvé-
risés, est ce qu'il y a de meilleur, — passe au choix des variétés
fruitières les plus recommandables comme fruits de table et
de marché, et se distinguant en outre par la bonne végétation
et la fertilité de Tarbre, le volume et la beauté du fruit. De
nombreuses listes ont été présentées; un grand nombre de
membres ont pris part à la discussion et l'assemblée s'est arrêtée
finalement aux fruits suivants :
A. Yariétés de pommes choisies par le Oongrès
(1).
1. Charlamovski; commencement, milieu août; se conserve
trois à quatre semaines.
2. Pearmain éFété; milieu de septembre jusque fin octobre; se
conserve quatre à six semaines.
3. Pomme S automne de Cludius; fin septembre» octobre; se
conserve trois à quatre semaines.
4. Pearmain de Schwarzenbach; septembre, octobre ; se con-
serve trois à quatre semaines.
(l) Nous extrayons ces listes du rapport publié sur les travaux du
Congrès par le D^ Éd. Lucas, dans son Illustrirte MtmatilufU.
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— 72 —
5. Non pareille de Langton; fin septembre, mi octobre; se
conserve trois semaines.
6. Pearmain écarlate; commencement octobre à commence-
ment novembre.
7. Reinette de Burchardt; milieu d'octobre jusque commence-
ment de décembre ; se conserve deux à trois mois.
8. Noble jaune; commencement novembre jusque janvier.
9. Reinette jaune de Blenheim; fin novembre jusque mars;
se conserve plusieurs mois.
10. Pomme Wagener; fin novembre jusque décembre ; se
conserve jusqu'en mai.
11. Reinette Harhert; commencement décembre ; se conserve
jusque mars.
12. Reinette d^OrUans; décembre jusque mars et avril.
13. Beau fin panaché; décembre, mars.
14. Ribston pippin; fin décembre jusque avril et plus tard.
15. Reinette crise de Canada; fin décembre, avril, mai.
16. Reinette d'Oberdieck; Janvier, mai.
17. Court-pendu royaZ; janvier, mai.
18. Reinette Baumann ; jd^nYiev; se conserve jusqu'en juin.
19. Reinette de Champagne; mars, juin; se conserve une année.
20. Wellington; mai, juin ; se conserve une année.
B. Variétés de poires choisies par le Congrès.
1. Souvenir du Congrès; août, septembre; se conserve plu-
sieurs semaines.
2. Seigneur Esperen; septembre, octobre ; se conserve trois
semaines.
3. Pondante des bois; septembre, octobre ; se conserve trois à
quatre semaines.
4. Beurré Hardy; septembre, octobre; se conserve trois
semaines.
5. Poire Bêchant: octobre, commencement novembre; se con-
serve quatre semaines.
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— 73 —
6. Beurré Capiaumoni; octobre; se conserve trois semaines.
7. Marie Louise ; octobre ; se conserve trois semaines.
8. Beurré superjln; octobre; se conserve trois à quatre
semaines.
9. Louise bonne d^Âvranches; octobre ; se conserve trois à
qaatre semaines.
10. Duchesse S Angoulême; octobre, novembre; se conserve
quatre à six semaines.
11. Colmar éCAremherg; octobre, novembre; se conserve six à
huit semaines.
12. Soldat laboureur; octobre, novembre ; se conserve six
semaines.
13. Bewrré de Gfrumloro ; octobre, novembre ; se conserve
quatre à cinq semaines.
14. Conseiller à la Cour; octobre, novembre; se conserve
quatre à six semaines.
15. Nouveau Poiteau; octobre, novembre ; se conserve trois
à quatre semaines.
16. Passe Colmar; milieu de novembre jusque décembre ;
se conserve six semaines.
n. Bonne de Malines; décembre; se conserve cinq à six
semaines.
18. Beurré rance; janvier, mars.
19. Beurré Sterckmans: iB.nYiev, mars.
20. Joséphine de Malines; janvier jusque mars.
Il est assez curieux de noter que la moitié des poires
choisies par le Cercle en 1869, se trouvent également comprises
daiis la liste arrêtée par le Congrès de Vienne.
Éd. PynaerU
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74 —
LES PLANTES ALPINES^.
Sous le nom de planks alpines, on désigne des plantes conve-
nant au plein air et ne demandant aucune chaleur artificielle,
celles qui croissent d ordinaire sur les hautes montagnes et par
conséquent se contentent d'un air froid et dilaté, si elles ne
Fig. 1. — Flore des Alpes.
l'exigent pas; celles qui végètent dans une mince couche de
terre reposant sur un sous-sol tantôt rocheux, tantôt maré-
cageux, parfois dans les fissures des roches; qui demandent
peu, mais exigent impérieusement ce qui leur convient ; celles
(1) Voir page 59.
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— 75 —
qui restent ordinairement basses et qui, contrairement aux
plantes à feuillage, ne se distinguent pas seulement par leur
verdure caractéristique, mais surtout par leurs jolies et char-
mantes fleurettes; celles enfin qui, comme leur nom Tindique,
sont indigènes du vaste massif de montagnes qui couvre le
milieu du continent et qu'on appelle les Alpes. Le dessin ci-contre,
que nous reproduisons d'après Touvrage de M. Verlot, Les
Plantes Alpines, en donne une faible idée.
L'habitant des plaines qui n'a jamais été bien loin de son
clocher, peut difficilement s'imaginer l'aspect de ces montagnes.
Nous qui avons eu le bonheur d'en parcourir une partie, nous
aimons à déclarer que les esquisses, qui sont nombreuses dans
Les Plantes Alpines, rendent avec la plus grande fidélité l'image
parfois effrayante et toujours imposante de ces régions. Le
spectacle n'est pas partout sauvage, et fréquemment après avoir
gravi des pentes rocheuses, escarpées et élevées, on arrive
soudain dans des vallées riantes et fertiles, où les prés, les
ruisseaux et les bosquets forment de vraies oasis. Or, d'après
ces différentes expositions, les plantes que l'on rencontre,
varient également, et leurs conditions de culture deviennent
plus ou moins difficiles.
Une grande partie croissent, pour ainsi dire, au pied de la
montagne. Ce sont d'ordinaire celles dont la culture exige le
moins de peines ; en voici quelques-unes :
Astrantia min or.
Cardamine sylvatica.
Gnaphalium norve^cum.
Hieracium alpinum.
Lilium croceum.
Linarîa alpina.
Mulgedium alpinum.
Peucedanum ostruthium.
Potentilla grandiflora.
Primola viscosa.
Ranunculus platanifolius.
Rosa alpina.
Saxifraga stéllaris.
— cuneifolia.
Sedum alpestre.
Selaginella spinulosa.
Sempervivum montanum.
Thalictrum aquilegifolium.
Trollius europaeus.
Viola biflora.
Nous n'en mentionnons que quelques-unes, afin de donner
une idée de la végétation locale, et pour faire observer en même
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— 70 -
temps que, parmi les plantes précitées, il s'en trouve bon nom-
bre qui sont cultivées dans nos jardins comme plantes vivaces
ordinaires, et qui n'ont rien d'alpin ; mais cela tient précisément
à ce qu'elles sont cuUivées dans les jardins et ne croissent pas
librement sur la montagne; en efflet, dans cette dernière situa-
tion, elles sont bien plus flori-
fères et surtout plus basses et
parfois difficiles à reconnaî-
tre à première vue.
Mais à mesure qu'on s'élève,
les mêmes plantes continuent
à se modifier , deviennent
plus rares, disparaissent par-
fois entièrement, remplacées
entretemps par d'autres se
) distinguant nettement par
• leur caractère alpestre. Tou-
tes sont du reste plus petites
Fig. 2. ~ Aqniiegia aipina. d'abord , moius répauducs ^
d'une croissance plus lente et souvent ayant des feuilles duve-
teuses, dans le genre des plantes comprises dans la liste qui suit.
Aqoilegia alpina (Fig. 2).
Arabîs muralis.
Armeria alpina.
— bupleuroides.
Aster alpinus [Fig. 3).
Carlina acaulis.
Centaurea neiTosa.
Cerastium alpînum.
— trigynum.
Cotoneaster vulgaris.
Draba aizoides.
— tomentosa.
Epipactis latifolia.
Eriophorum Scheuchseri.
Gentiana acaulis.
Geum reptans.
Globularia cordifolia.
Helleborus foetidus.
Lilium Martagon.
Melampyrum nemorosum.
Salix reticulata.
Saxifraga aizoides.
Scrophularia canina.
Stipa pennata.
Swertia perennis.
Vaccinium myrtillus.
Il est vrai que, dans nos cultures ordinaires, on trouve encore
une quantité de ces plantes ; mais on en conviendra, elles y sont
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— 77 —
plus rares et bien plus difficiles à couserver en bon état que
celles de la première série. Même quelques espèces sont d'une
conservation impossible dans certains jardins.
Pourtant ce ne sont pas encore ces plantes-là que les vérita-
Fig. 3. — Aster alpinos.
bles amateurs tiennent pour plantes alpines. Celles-ci croissent
beaucoup plus haut, là où cessera bientôt toute végétation,
dans le voisinage immédiat des neiges éternelles. La liste
suivante énumère quelques plantes que Ton rencontre dans ces
régions.
Alyssum flexicaule.
Andiosace carnea.
— villosa.
Anémone vernalis.
AnthyUis montana.
Aqmlegia viscosa (fig. 4).
Arnica montana.
Cherleria sedoides,
Cirsium acaule.
Diauthus neglectus.
— subacaulis.
Draba nivalis.
Empetrum nigrum.
Genista pilosa.
Gentiana alpina.
Gnaphalium leontopodium.
Iberis saxatilis.
Loiseleuria procumbens.
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— 78 —
Myosotis alpestris.
Parnassia palustris.
Paronychia serpyllifolia.
— polygonifolia.
Ping: uicula vulgaris.
Pedicularis rostrata.
Potentilla frigida.
Primula pedemontana.
Ranunculus glacialis.
Rhaponticum scariosum.
Saxifraga muscoides.
Viola palustris.
Cette liste est loin d'être complète, mais l'espace nous ferait
défaut pour mentionner toutes les plantes qui auraient le droit
de s'y trouver. Il suffira de
dire que toutes sont caracté-
risées par leur croissance
humble , quelquefois ram-
pante ; qu'elles sont clair-
semées entre ou sur les ro-
ches arides, même sous la
neige, et que, si on les ren-
contre si rarement dans les
jardins, cela tient précisé-
ment à ce qu'il est absolu-
ment impossible de leur ren-
dre artificiellement ce que la
nature leur prodigue si bien :
Fig. 4. — Aqailegia viscosa. ■• /. . i
la froidure.
Aussi y a-t-il beaucoup de ces plantes ou mieux plantules, qui
étalent leur jolie végétation pendant une saison dans nos jar-
dins, mais qui immédiatement après dépérissent, comme si elles
étaient frappées de nostalgie. A cette catégorie appartient par
exemple le Gnaphalium leontopodium, cette fleurette si jolie, si
caractéristique, blanche et laineuse, que durant Tété on ofifre aux
voyageurs à toutes les stations, à tous les hôtels d'Allemagne,
sous le nom de edelweiss (Noble blancheur). Nous aussi, nous
en fûmes ravi et payâmes volontiers les six kreutzer pour
un petit bouquet, dans l'espoir d'y trouver quelques graines.
Et lorsque, plus avant dans le Tyrol, voyant chaque jeune
fille, chaque jeune homme et même le vieillard, le corsage ou
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— 79 —
le chapeau ornés à' Edelweiss, nous demandâmes à nous en
procurer des plantes vivantes, on nous répondit : « Dort darUibe
éfo/ Là-haut, près de la neige, voyez- vous au loin cette plaine
d^un blanc grisâtre? ce sont là les neiges éternelles, et c'est dans
leur voisinage immédiat seulement que vous trouverez votre
plante favorite, après une ascension qui pourra durer plus d'un
jour; d'ailleurs, on ne saurait cultiver ces plantes, b
Nous nous le tînmes pour dit et renonçâmes à rechercher des
plantes vivantes de Gîiaphalium leontopodium. Plus tard cepen-
dant nous en vîmes en fleurs au Jardin botanique de Vienne,
ainsi qu'à Pesth ; mais on nous avoua franchement que chaque
année les plantes meurent.
Tel est aussi le cas, nous ne devons pas le dissimuler, pour
beaucoup d'autres plantes des hautes Alpes. Cependant en les
soignant d'une manière toute spéciale, on peut arriver à vaincre
bien des difficultés et à cultiver des plantes considérées jusqu'ici
comme rebelles à toute culture. Dans un prochain article, nous
tâcherons de donner à ce sujet quelques indications de ce que
nous avons vu, sous ce rapport, chez les Allemands, qui sont
très enthousiastes, et non sans raison, de ce qu'on appelle
les cultures alpines. H. J, Van Huile.
(Sera continué,)
PRÉPARATION DU PLANT DE POMMES DE TERRE.
Dans une petite note publiée le mois dernier, nous avons
fait voir l'utilité de soumettre le plant de pommes de terre à un
soin bien simple à donner^ surtout en petite culture.
La maison Vilmorin- Andrieux, de Paris, indique une prépa-
ration toute spéciale pour les tubercules de la plus hâtive de
toutes les pommes de terre, notamment la Marjolin précoce ou
Ash-leaved des Anglais. Ce renseignement a une si grande
valeur pratique à nos yeux, non seulement pour la variété en
question, mais pour toutes celles dont on voudrait faire des
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— 80 —
cultures de primeur, que nous ne pouYons résister au dâsir dd
le communiquer à nos lecteurs.
Pomme de terre Marjolin. — t On ne doit planter cette
variété qu'après avoir provoqué la sortie des germes. On obtient
facilement ce résultat en exposant les tubercules à Tair et à la
lumière, à une température douce, jusqu'à ce que les jeux ou
bourgeons aient grossi et se soient franchement caractérisés
au dehors; après quoi on plante en ayant soin de ne pas briser
les germes. Sans ces précautions, il arrive souvent que les
tubercules restent en terre sans pousser, ou ne produisent sur
eux-mêmes que de petits tubercules insignifiants. »
Fréi. Burvenich.
PÊCHE ALEXANDRA NOBLESS.
Les membres du Cercle qui ont visité la grande Exposition de
fruits tenue à Gand le 21 septembre, se rappelleront encore le
superbe fruit dont la chromolithographie ci-contre donne un fidèle
portrait. Dans le splendide lot de fruits variés exposés par
M. de Ghellinck de Walle, notre honorable Président, figuraient
encore malgré la saison avancée, quelques-unes de ces belles et
bonnes pèches anglaises, dont il a réuni un grand assortiment
dans son jardin fruitier à Wondelgem. Ces fruits étaient à leur
apogée de conservation, aussi M. De Pannemaeker, notre
artiste, a-t-il du faire ses modèles sur place.
. La pêche Alexanira Nolless est une nouvelle variété obtenue
d'un noyau de la pêche que les Anglais nomment Notless et
qui est tout simplement une sous- variété peu distincte de notre
excellente pêche Double Montagne, sinon tout à fait la même
variété. L'obtenteur de cette pêche remarquable est M. Hivers,
l'habile et heureux semeur de Sawbridgeworth, qui l'a niise au
commerce en 1867. C'est, nous assure-t-on, le meilleur de ses^
gains.
La pêche Alexandra Nolless est d'un gros volume et de forme
ovale arrondi, se terminant brusquement par un très petit
mamelon en pointe ; le sillon est peu ou point prononcé.
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— 81 —
Peau finement veloutée, vert jaunâtre et a joue d'un rouge
léger (délicate red-cheeked), veiné cramoisi foncé. La chair est
blanche, un peu striolée de rouge vineux près du noyau, dont
elle se détache franchement. Elle est juteuse, fondante et très
fine ; maturité dernière quinzaine d'août. Les feuilles sont d'am-
pleur et de couleur ordinaires, à glandes nulles. Fleurs grandes.
L'arbre est d'une végétation robuste et vigoureuse,
M. Ri vers la dit remarquable par ses nombreuses qualités,
tant au point de vue du fruit que de la production volontaire en
espalier, en pots, et en culture sous verre.
C'est surtout sous ce dernier rapport que la pèche Alexandra
Nohless est une acquisition précieuse : avec la grosse Mignonne
hâtive W et la Madeleine Hanche qui la précèdent et la Double
Montagne qui la suit, elle fera une bonne série de succession. On
peut dire qu'elle sera le trait d'union entre ces deux dernières,
qui occupent une si large place dans les cultures de primeur.
La pèche qu'on cultive presque exclusivement en Hollande, et
avec tant de succès sous châssis, sous le nom de Witte dubbel
Montagne ou Double Montagne à noyau blanc, est la Madeleine
blanche, La Dovible Montagne ordinaire ne jouit pas seulement
d'une haute réputation et est cultivée dans l^urope entière,
mais elle est abondamment répandue en Amérique. U Alexandra
Noblas, en venant combler l'interruption de récolte entre ces
deux variétés, compose un beau et bon trio carpophile. Espé-
rons que les pépiniéristes seront bientôt à même de répandre
(1) La rectification faite par M. De Mortillet à notre description des
fleura de la pêche Mignonne hâtive, à propos de la Rvoers Ëarly, est
parfaitement exacte, et nous regrettons de ne pas avoir été en mesure
de consulter à ce moment-là, le travail spécial fait sur la Pêche pai*
le célèbre pomologue. Nous aurions acquis la conviction, que la pêche
répandue dans presque tous les jardins des Flandres, sous le nom de
Mignonne ou Mignonne précoce ou hâtive et qui est hien à petites fleurs
rouge brique^ n'est pas la vi*aie et pourrait n'être autre chose que la
petite Mignonne ancienne, que M. De Mortillet a détachée du groupe des
Mignonnes en lui rendant son nom de Double de Troges»
F.B.
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— 82 —
ici les pèches anglaises comme elles le méritent. Les cartons
du Cercle d'arboriculture renferment encore quelques modèles
de variétés les plus remarquables, dont la publication se fera
après la récolte prochaine, lorsque nous aurons pu les soumettre
à une nouvelle étude.
En terminant, nous ajouterons que, parmi les variétés suivantes
de pèches anglaises dégustées une première fois cet été, la va-
riété Alexandra NoUess se trouve au premier rang, ainsi qu'il
résulte du livre de notes de notre digne Président.
Nous avons sous les yeux un extrait de ces intéressantes
annotations.
Early Hivers.
n Béatrice.
» York.
M large Mignonne (var. dis-
tincte de l'ordinaire).
Abec.
Alexandra Nobless.
Dagmar.
Nectarine Peach.
Golden rare ripe (chair jaune).
Lady Palmerston.
Lord »
Princess of Wales.
Fréd. Burvenich,
LE TAXUS fflBERNICA (IF D'IRLANDE).
Parmi les nombreux genres de Conifères qui présentent,
aux yeux de l'amateur éclairé, les formes les plus caractéris-
tiques et les plus pittoresques, il en est peu dont l'effet soit
plus marquant que les Taxm en général et spécialement
l'espèce ou variété connue sous le nom de Taxus hïbernica.
Nous disons espèce ou variété, parce qu'il y a doute, au point de
vue botanique, quant à la question de savoir si l'If d'Irlande
constitue une espèce ou n'est qu'une simple variété de l'If ordi-
naire {Taxus baccata). Nous sommes incompétent pour émettre
notre avis sur ce point ; mais si nous penchons à adopter la
manière de voir de M. E. Carrière, dont l'autorité en cette
matière est incontestée et qui n'hésite pas à réunir le Taxus
hibernica à l'espèce ordinaire, sous le nom de Taxus iaccàta
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— 83 —
fastigiata, nous devons toutefois faire quelques réserves, basées
sur la persistance de la forme qu'on observe en Irlande pour les
grands spécimens qu'on y rencontre fréquemment. La plante
adulte, c'est à dire ayant atteint un certain âge, n'aflfecte plus
du tout la forme qu'elle avait dans sa jeunesse : au lieu de ne
constituer qu'une colonne très étroite, à branches nombreuses,
dressées, très rapprochées, elle s étale, s'élargit, et son caractère
éminemment ornemental et pittoresque s'en accroît davantage.
La teinte d'un vert sombre du feuillage ajoute encore à l'im-
pression mélancolique qu'elle produit à un degré plus marqué
que llf ordinaire. Sa place est tout naturellement indiquée dans
les jardins paysagers parmi des rocailles, des parties mon-
tueuses, à proximité des ruines, ainsi qu'à l'entrée des glacières,
concurremment avec les autres espèces ou variétés du même
genre. Dans ces situations, sa forme élancée et même la raideur
de son port seront parfaitement de mise.
Les Taxus sont tous d'une culture et d'une multiplication
plus faciles que la plupart des autres Conifères. Ils ne sont
nullement difficiles sur la qualité du terrain, et on les voit
prospérer à peu près dans tous les sols propres à la culture.
Leur transplantation se fait également avec moins de chances
défavorables que beaucoup d'espèces de résineux. Cela provient
de ce que leurs racines se ramiûent abondamment et que leur
chevelu retient aisément une motte de terre. Nous avons, à
maintes reprises, transplanté avec succès des ifs d'une certaine
force. D'autre part, ils supportent sans inconvénient la taille la
plus sévère et se laissent diriger sous la serpette et les ciseaux
aussi docilement que les buis.
Les variétés peuvent se propager parfaitement par voie de
bouturage, aussi bien que par greffage sur sujet de l'If ordinaire,
qu'on obtient de semis.
n ne sera pas inutile de signaler les propriétés vénéneuses
des feuilles et des parties herbacées de l'If. Il faut donc éviter
de les laisser brouter par les animaux, qui seraient infailliblement
empoisonnés.
Éi, Pynaert.
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CULTURE DES GLAÏEULS.
Si les végétaux à feuillage coloré captivent maintenant
Tattention du monde horticole, il n'est cependant pas sans inté-
rêt de s'occuper de certaines plantes que le parfum ou la beauté
de leurs fleurs maintiendront toujours au premier rang dans le
domaine de Flore. Telles sont les glaïeuls, qui dès à présent
peuvent fièrement tenir une des premières places au jardin
d'agrément.
Malgré le mérite de ces plantes et la facilité de leur culture,
elles ne sont pas répandues comme elles devraient Tétre; cela pro-
vient évidemment de ce que les belles variétés étant des gains
assez récents, elles se sont vendues jusqu'à ce jour à des prix
trop élevés ; il en résulte que l'acquisition d'une collection de
premier choix entraîne une dépense relativement considérable,
et, si Ton se procure des variétés en mélange, on n'obtient
généralement que des fleurs laissant beaucoup à désirer.
Depuis plusieurs années, je me suis occupé spécialement de la
culture des glaïeuls. Cette culture étant assez connue, je dois
dire que le but principal de cet article est d'indiquer la méthode
que j'ai employée pour me procurer à bon compte une collection
de premier choix.
Avec les types de perfection dont nous ont dotés les grands
semeurs, il est très facile à présent de se créer un assortiment
complet de beaux glaïeuls ; il suffit de se procurer une douzaine
de variétés méritantes, de les planter assez tôt, afin que les
graines puissent parfaitement mûrir, et, le printemps venu,
on commence les semis de la manière suivante.
On sème vers le 15 mars, sur couche chaude, et l'on donne
beaucoup d'air jusque vers le 15 mai, époque à laquelle
on enlève complètement le châssis pour mettre les jeunes plan-
tes en plein air. Elles demandent peu de soins pendant l'été,
mais cependant on ne doit pas négliger les arrosements.Si l'on n'a
pas semé trop dru et si le semis a été fait dans du bon terreau.
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— 85 —
les bulbes se fortiâent à un tel point que la première année un
grand nombre peuvent acquérir la grosseur d'une noix; on
continue ces semis chaque année avec d'autant plus de succès
que la troisième année on possède déjà bon nombre d'excellents
porte-graines.
Vers le 20 octobre, on retire les bulbes de la couche pour
les mettre à l'abri de la gelée ; on se procure à cet effet un
récipient convenable dans lequel on dépose les bulbes par lits
alternatifs avec du sable, du terreau sec ou de la cendre de
houille, et ensuite on les rentre dans une orangerie ou autre
lieu où il ne gèle pas.
Au printemps suivant, vers le 10 avril, on prépare dans
le potager, pour recevoir ces jeunes plantes, un carré, con-
venablement fumé, et si la terre était trop argileuse, il con-
viendrait d'y ajouter un amendement tel que du sable. Le
carré étant préparé, on plante les bulbes en lignes distantes
d'environ 0"30 et à environ 0™15 dans la ligne ; après la
plantation, on leur applique un bon terreautage. Les soins
pendant l'été consistent à biner, à arroser et à donner un paillis,
s'il est nécessaire, sans cependant négliger les tuteurs. Par
cette culture, les trois quarts des plantes fleurissent la seconde
année du semis et donnent même de très beaux épis.
Les bulbes de la seconde année ne réclament plus les soins
d'hivernage que l'on doit aux bulbes de la première année de
semis; il suflSt de les déposer sur des tablettes, dans une cave
ou autre local à l'abri de la gelée; l'année suivante ils pourront
être plantés dans le jardin d'agrément.
Après quelques années, je suis arrivé par ces semis succes-
sifs, à obtenir une collection de plus de soixante variétés bien
distinctes et de premier mérite.
A défaut de couche, on peut aussi semer sur côtière, au pied
d'un mur et même en plein jardin; mais les bulbes restent
petits et ne fleurissent généralement que la troisième et la
quatrième année. C'est pourquoi je préfère les avancer par une
bonne culture, car un développement rapide ne peut être que
favorable au perfectionnement des variétés.
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Si Ton dispose d^une certaine quantité de beaux glaïeuls, on
peut en tirer le meilleur parti dans un jardin d'agrément ; ils
conviennent tout spécialement pour les entreplantations dans les
massifs de rosiers à hautes tiges. Dans les plates bandes et
massifs, mélangés à d'autres plantes à peu près de même hau-
teur, ils produisent le meilleur effet ; mais si l'on veut prolonger
leur floraison pendant une grande partie de l'été, on doit les
planter à différentes époques, qui varient du 15 mars au
1*' juin.
Pour avancer la floraison des glaïeuls, il est bon d'en planter
une partie sur couche vers le 15 mars. De préférence on
se sert de pots que Ton enfonce dans la couche ; on emplit
ces pots de bon terreau, on y place deux ou trois bulbes,
suivant la grandeur des pots. Quand les plantes ont poussé
à une hauteur d'environ 0™20, ce qui arrive vers le 15 avril,
on les retire des pots pour les mettre en pleine terre ; ceux-ci
fleurissent les premiers. Pour la deuxième floraison, on plante
les bulbes, non pas sur couche, mais en pleine terre, vers le
commencement d'avril, et on continue les plantations jusqu'aux
premiers jours de juin. Par ces plantations successives, la
floraison se prolonge jusqu'aux gelées. Quant aux graines, on
peut toujours en récolter sur les plantes de première et de
deuxième saison. Il suffit de couper les capsules quand les
graines sont bien mûres; il convient alors de les mettre
sécher complètement, afin que l'on puisse aisément les nettoyer
pour les conserver dans un sachet jusqu'au printemps^
On sait aussi qu'il se trouve très souvent à la partie inférieure
des bulbes de petits gemmes que nous appelons vulgairement
caïeux ; si ceux-ci ont pris naissance sur de belles variétés, on
les recueille avec soin, pour les soumettre au même traitement
d'hivernage et de culture que j'ai indiqué pour les bulbes de la
première année de semis, à l'exception qu'on peut les planter
beaucoup plus serrés.
Eugène Wiry.
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CRÉATION ET ENTRETIEN DES PELOUSES.
IL
Nous avons yu précédeiDinent(l) quels soins exige là prépa-*
ration du sol pour obtenir, dans la plupart des cas, une belle
pelouse ou tout au moins un gazon vert toute Tannée.
Nous allons voir maintenant dans quelles conditions doivent
se faire les semis. Parlons d'abord du choix de la semence.
Est-il nécessaire de condamner le procédé de certains jardi-
niers et même de quelques propriétaires, qui se contentent
d'utiliser les balayures des greniers à foin? C est là une économie
qui n'en est pas une. D'abord on ne sait pas ce qu'on sème et
ensuite on empoisonne le terrain de mauvaises herbes, car
parmi le peu de graines arrivées à bon état de maturité qui
peuvent s'y trouver, celles des plantes nuisibles ou inutiles
seront toujours les plus abondantes, précisément parce qu'elles
sont toujours les plus rustiques.
Un écueil contre lequel sont venus échouer jusqu'ici tous
ceux qui, dans notre pays et on peut dire sur le continent en
général, ont essayé de créer des pelouses, à l'instar des pelouses
anglaises, résulte de l'emploi exclusif de la graine de gazon
anglais ou Raygrass anglais. Tout le monde s'imagine que pour
obtenir un beau gazon comme les gazons anglais, il sufSt d'em-
ployer du Raygrass anglais, et c'est là l'erreur. Cette espèce peut
produire en effet de fort beaux gazons, employée pure, et dans
la proportion de 1 à 2 kilog. par are (le gazon est d'autant plus
fin qu'il a été semé plus épais), mais elle ne se maintient et ne
dure quelques années qu'à la condition d'être placée dans un
sol fertile, profond, assez frais et qu'au besoin on peut irriguer
ou arroser.
(1) Page 286, Bulletin 1873.
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— 88 —
Mais ces sortes de terres ne sont pas les plus communes et
le plus souvent le Raygrass dépérit au bout de peu d'années, et
le terrain est envahi par la mousse et les mauvaises herbes.
Un principe dont on ne doit jamais se départir, c'est qu'il
faut toujours employer le plus grand nombre possible d'espèces
de graminées appropriées à la nature du sol, à sa fertilité
et à sa situation. Quelqu'ingrat qu'il puisse être, en multipliant
le nombre des espèces, on augmente les chances de réussite (i).
Evidemment il ne peut être question de faire ce mélange
au hasard, comme cela se pratique encore fréquemment. II
convient donc de connaître les qualités propres à chaque espèce
de graminée et ses exigences quant aux différentes conditions
des sols cultivés.
Nous ne pouvons entrer ici dans de longs détails sur cette
question, qui n'intéresserait qu'une partie de nos lecteurs. Ce que
nous en dirons suffira pour en faire apprécier l'importance et
pour engager ceux qui auront à la résoudre, à s'entourer de tous
les éléments qu'on peut trouver dans les traités spéciaux (2).
Le Raygrass anglais (ZoUum perenne), sll ne peut former à lui
tout seul des pelouses durables, doit entrer cependant pour
(1) Cette composition variée des gazons semble être indiquée par
la nature elle-même. La supériorité du bon foin de pré est reconnue
par tous les praticiens. Mais bien peu savent en réalité la raison de cette
supériorité. Elle est due à la divei*sité des plantes qui composent une
prairie naturelle et assurent par là au bétail une alimentation plus par-
faite. Dans un fourrage artificiel, il y a rarement plus de quatre ou cinq
plantes distinctes, souvent même il n'y en a qu'une.
Dans une prairie naturelle, le nombre des espèces .ou des variétés va
quelquefois jusqu'à quarante et cinquante.
C'est là, au reste, un résultat de la rotation naturelle. La terre
s'épuise moins vite à nourrir dix ou vingt espèces de graminées qu'une
seule espèce.
(2) On consultera avec le plus grand fruit, sous ce rapport, l'ouvrage
de M. Ed. Vianne, intitulé : Prairies et plantes fourragères^ un grand
et magnifique volume in-8<> de 4l2A pages, orné de 170 vignettes dans
le texte. Paris, 1870, J. Rothschild, éditeur; Gand, Ad. Hoste, libraire,
rue des Champs.
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— 89 —
une large part dans la composition de toas les mélanges de grami-
nées. Il lève facilement et constitue immédiatement un gazon vert,
en attendant la venue des essences dont la croissance est généra-
lement plus lente. On doit le considérer comme plante de rem-
placement destinée à céder la place au fur et à mesure que les
autres espèces prennent du développement.
Il ne faut pas confondre le Rajgrass anglais, en flamand
Dendermonsch Raygrass, avec le Rayçrass d/ Italie (Lolium Ualir
eum), qui donne un excellent fourrage, lorsqu'on Tassocie au
trèfle dans une prairie temporaire, mais qui dure encore moins
longtemps que le premier.
C'est surtout dans les terres sablonneuses, sèches et calcaires,
qu'on éprouve de la difficulté à établir de bons gazons. On fera
surtout entrer dans le mélange, les fétuques et notamment la
Fétuque ovine {Pestuea ot?iw«),laFétuquetraç&nte (F. rubra) et
la Fétuque durette {F. duriuscula). Les deux premières convien-
nent surtout dans les terres sèches, un peu à Tombre, sous bois.
On y associera le Brome des prés {Bromm pratensis), le Paturin
des prés {Poa pralensis) qui vient en tous terrains, la Cretelle
(Cynosurus cristatus) qui ne réussit pas moins bien cependant
dans les terrains fertiles, frais et même tourbeux, ainsi que la
Plouve odorante {AfUhoxarUhum oioratum) qui partage les mêmes
aptitudes, quiaromatise l'herbe et la fait rechercher par les
animaux. Aux graminées on ajoute souvent en petite propor-
tion le Trèfle blanc {TrifoUum repens) et le Lotier corniculé
(Lotus corniculatus).
On a formé d'assez jolis gazons sur du sable blanc presque
pur, au moyen de la Fétuque ovine, semée concurremment avec
le Raygrass anglais, destiné à garnir le terrain la première
année et à disparaître ensuite en laissant la place à la Fétuque.
Mais ces gazons présentent l'inconvénient d'être très glissants
sous les pieds.
Dans les terrains calcaires secs, le Brome des prés résiste
mieux qu'aucune autre espèce.
On peut obtenir des galons sous bois, lorsque les couronnes
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des arbres ne sont pas trop touffues, par remploi d*un mélange
des deux sortes de fétuques spécialement désignées à cet effet,
un peu plus haut, de la Fiouve odorante et du Paturin des bois
{Poa nemoralis). Lorsque la situation est ombragée et le terrain
sec, M. Yianne conseille d'adjoindre à ce mélange la Fétuque
hétérophylle et celle à fleurs menues {F, heterophylla et F. tenui-
flora) en même temps que du Rajgrass anglais destiné à couvrir
immédiatement le sol.
Pour les gazons d'une certaine étendue et lorsqu'on veut tirer
parti tout au moins de la première coupe, on est généralement
dans l'usage en Belgique de faire entrer dans le mélange quel-
ques kilog. de Fléole des prés {Phleumpratense, en flamand Lam-
mersteert). Cette herbe, qui convient surtout aux terres humides,
est d'un rapport considérable.
Tout ce que nous avons dit concernant l'utilité d'un choix
rigoureux des diverses essences pour la composition d'un bon
gazon de jardin, s'applique avec non moins de justesse aux
vergers où l'herbe est appelée à constituer un produit accessoire
assez important. Voici la composition d'un mélange recommandé
par M. Vianne :
Agrostide commune {Agrostis mlgaris) . . . (V^B
Canche flexueuse {Aira flexuosa) 4,0
Dactyle (Dactylis glomeraia) 4,0
Fétuque rouge {Festuca rubra) 5,0
» hétérophylle ( — heterofhylla) ... 6,0
Fiouve odorante (Awthoxanthum odoratum) . . 4,0
Promental {Avena elatior) 10,0
Paturin des bois {Poa nemoralis) 2,5
ReLjgi^s8 d^ngMs {LoUum perenne) 7,5
Lotier corniculé {Lotus comimlatus) .... 0,5
Trèfle blanc {Tr\folium repens) . . . . . . 1,5
La proportion est indiquée pour l'ensemencement d'un hectare.
Le poids total du mélange est de 45 kilogr. et demi. Dans un
grand nombre de circonstances, nous pensons qu'il n'y aura pas
d'inconvénient à majorer un peu la quantité.
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— 91 —
Dans un livre très remarquable sur la culture des Prairies
notre excellent confrère M. V. Demoor, secrétaire du Comice
agricole d'Alost, donne la composition suivante d'un mélange
pour les terrains sablonneux ou argilo-sablonneux, frais et
ombragés.
Paturin des prés {Poapratensis) .... 2 parties.
» des bois ( — nemoralis) 2
Fétuque fausse ivraie 4
Avoine jaunâtre {Avena Jlavescens) . ... 3
» pubescente ( — puiescens) 2
Dactyle aggloméré {Dactylis glomerata) . . 4
Houlque laineuse (Holcus lanattcs) ... 2
Cretelle [Cynosurus cristatus) 3
Ivraie vivace (LoUum perenné) 4
Vulpin des prés {Alopecums pratensis) . . 3
Agrostide vulgaire [Agrostis vulçaris) . . 2
Trèûe r2im^B,nt (TrifoUtimrepens), ... 4
Vesce à bouquet 1
L'auteur conseille d'employer de 45 à 55 kilog. par hectare.
Éd. Pynaert,
CHRONIQUE HORTICOLE.
Exposition an Casino de 6and. — La Société royale d'Agri-
culture et de Botanique de Gand, qui ouvrait d'ordinaire deux
expositions annuelles avec concours, n'en tiendra qu'une seule
en 1874. Une exposition sans concours, à l'instartde ce qui se
fait depuis longtemps à Londres, sera ouverte le 5 et le 6 avril
prochain pour les plantes nouvellement introduites ou obtenues
de semis. Au lieu de médailles, des certificats de première et de
deuxième classe pourront être décernés aux exposants.
L'exposition avec concours aura lieu du 28 au 30 juin et elle
sera probablement d'une importance plus considérable que les
«Eaqpositions estivales précédentes.
■ Ttiblicité. — Bonne marchandise se recommande d'elle-
même, dit un vieux dicton. Autrefois il en était ainsi; mais
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aujourd'hui on n*os6 plus se fier à cela seul. Non seulement les
commençants et les inconnus, mais les maisons connues depuis
longtemps ont recours aujourd'hui aux annonces. Qui n'a reçu ou
tout au moins lu celles de Hollowaj, qui coûtent plus d'un
million de francs par année, ou celles du magasin d'habillements
du Pauvre Diable de Paris, lesquelles ne doivent pas coûter
beaucoup moins.
L'horticulture aussi est entrée dans cette voie, mais, nous
Tavons déjà dit et ne pouvons assez le répéter, afin que nos com-
patriotes en fassent leur profit, c'est en Angleterre surtout que,
sous ce rapport, nous sommes devancés de loin et depuis long-
temps. Voyez plutôtles importantes publications hebdomadaires,
telles que le Gardeners' Chronicle, le Garden,\Q Journal qfhorii-
culture; quelles annonces j sont insérées par des maisons d'une
réputation universelle, comme Veitch, Williams, Carter, Law-
son et d'autres! Et combien cela ne coûte-t-il pas? puisque pour
une seule annonce de cinq lignes il faut payer trois shellings,
et pour une page entière, sept livres (175 frs).
L'Anglais fait volontiers cette dépense, car il sait par expé-
rience que cet argent n'est point perdu et qu'il est largement
compensé par des commandes importantes. Il serait désirable
que nos compatriotes comprissent également l'incontestable
utilité des annonces.
Catalogues. — Si les horticulteurs belges sont en arrière en ce
qui concerne la publication par la voie des journaux, par contre
ils ont depuis longtemps devancé les étrangers par la compo-
sition et l'envoi de leurs prix-courants. Les premiers catalogues
importants, scientifiquement rédigés, ont été ceux de l'éta-
blissement Van Houtte; depuis lors, tout le monde, jusqu'au
moindre horticulteur, a voulu les imiter, sur une échelle plus
ou moins étendue. Ce que les catalogues coûtent de peines et
d'argent est incroyable et pourtant on fait volontiers ce sacri-
fice; inutile de dire pourquoi. Mais ce que nous voulons fairs
ressortir, c'est le désir de chacun de se distinguer et de fair«
connaître partout autant que possible sa marchandise et de la
Digiti
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— 93 -
recommander. Ce désir est devenu tellement grand qu'on ne se
contente plus de prix-courants ordinaires, mais qu'on met à profit
les progrès réalisés dans ces derniers temps dans les arts et les
sciences, pour faire figurer l'une ou l'autre plante par de magni-
fiques gravures (voir les catalogues de Vilmorin-Andrieux, à
Paris ; de Haage et Schmitt, à Erfurt, etc.) . Même des planches
richement coloriées ornent aujourd'hui les catalogues, qui
deviennent ainsi des ouvrages de luxe d'un grand prix et qui
pourtant sont envoyés gratis aux intéressés. Ces frais sont-ils
couverts par une vente plus considérable? Évidemment.
Le Fachsia. — Une vieille connaissance, en effet, que la
plante dont nous avons fait notre première bouture, étant
enfant. Bien du temps s'est écoulé depuis lors, et nos plantes
de prédilection ont bien changé, si on les compare avec
Tancien F.globosa, F. miniata, etc. Quelles splendides variétés
on en possède aujourd'hui! Mais qu'on le sache bien, toutes,
malgré leur volume, leur ampleur et leur coloris, ne sont pas
également recommandables ; car, le Fuchsia doit être avant
tout florifère, non seulement pour la culture en pots, mais sur-
tout j^ur la culture en parterre.
Dans le jardin de la Société d'horticulture de Londres, on a
fait des essais comparatifs et voici quelques-unes des variétés
dont le mérite a été jugé le plus grand.
Alfha ((J. Smith), très grande fleur double, violet clair.
AvalancKe (E. G. Henderson), large corolle, sépales réfléchis,
violet foncé. Deligkt (Smith), tube carmin, corolle blanche.
rEmfereur (Cannell), variété naine, fleur rouge vif. NoUess
(Veitch), coloris le plus foncé connu. Weeping leauty (Veitch),
variété naine, retombante, fleur carmin vif.
Ou bien :
A tube, et sépales blancs, corolle de couleur différente : Ara-
bella, StarligM, Lady Heyt^lury,
k tube et sépales rouges, corolle blanche : Conspicua, Puri-
tani, DéligM, Alexandrina,
k tube et sépales rouges, corolle foncée : Nohless, Weeping
ItatiityJStar oflife, Sedan, Monarch,
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. - 94 -.
Bans ces variétés les amateurs peuvent choisir sans craindre
de se tromper.
Graminées et immortelles. — Dans ces derniers temps,
les bouquets et ornements de ce genre en graminées sèches
et teintes, ainsi que d'immortelles, sont devenus sérieuse-
ment à la mode. Les bouquets teints sont admirables surtout
au commencement et ils restent longtemps beaux, si l'on a soin
de les mettre sous verre, c'est à dire de les tenir à l-abri de la
poussière et du soleil. Ils finissent néanmoins par se décolorer.
C'est pourquoi bien des gens préfèrent les graminées et immor-
telles non teintes et simplement séchées. Une couleur natu-
relle, jaune pâle leur demeure alors et pour très longtemps.
Il parait qu'on a trouvé maintenant le moyen de les blanchir,
ce qui leur donne une teinte argentée magnifique, qui se con-
serve également très longtemps.
Paiiierres. — Le temps est bien loin, qu'on avait l'habi-
tude de remplir les parterres d'été avec des plantes vivaces,
des annuelles ou un mélange quelconque. Aujourd'hui on
exige plus de régularité et de coquetterie et, on le sait, ce
résultat est obtenu le mieux par la grande masse de petites
plantes d'un même genre, convenant à cet objet, à cause de
leurs fieurs ou de leur beau feuillage. Mais en dépit du bon
marché de ces petites plantes, elles finissent par coûter cher,
parce qu'il en faut une grande quantité. C'est pourquoi il est
nécessaire de les cultiver soi-même ; d'ailleurs, rien n'est plus
facile.
Établissez au jardin, au moyen de fumier de cheval mêlé à
des feuilles, vers la mi mars, une couche tiède de 1 ou 2 châs-
sis; placez au dessus une couche de 0'"05 à 0™06 de vieux
terreau ; introduisez-y simplement vos centaines ou vos milliers
de boutures ; mettez-y les châssis, donnez un peu d'ombre si
c'est nécessaire, et quinze jours après les boutures ont pris
racine et l'on n'a plus qu'à les empoter et à les tenir prêtes pour
les planter plus tard à leur place respective.
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— 95 -•
DÉCORATIONS IPUSTRIELLES ET AGRICOLES DÉCERNÉES A UOCCASIOH
DE L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE VIENNE.
Nous annonçons avec une vive satisfaction que trois des
coopérateurs les plus actifs du Cercle d'arboriculture,
MM. P. J. De Pannbhaeker, peintre et lithographe, à Gand ;
J. N. HoRDEBisB, chef de culture au Val-Benoit (Liège), et
J. Panier, chef de culture, à Ath, ont obtenu une récompense
nationale bien méritée.
Nous reproduisons textuellement le libellé des considérants
qui les concernent et qui accompagnent les arrêtés royaux du
5 février dernier.
• De Pannemaeker Pierre Joseph. — Ancien élève de l'Aca-
démie des beaux-arts de Gand, où il obtint un premier prix dans
la classe supérieure. De Pannemaeker est un artiste intelligent
et habile. Il a contribué à Fillustration de différentes publica-
tions horticoles estimées. Les meilleures planches des Bulletins
du Cercle ff arboriculture de Belgique sont dues à son talent. Sa
conduite esta l'abri de tout reproche. »
t HoRDEBiSE Jean Nicolas. — Après un apprentissage de six
années, Hordebise est devenu jardinier en chef des cultures du
maître chez lequel il est en service, cultures qui sont citées
comme modèles. Excellent praticien, il a déjà formé plusieurs
jardiniers. Sa conduite est irréprochable. »
t Panier Joseph. — Depuis l'âge de 10 ans. Panier est au
service de la même famille. C'est un jardinier zélé et intelligent
qui excelle dans toutes les cultures dont il a la direction. Sa
conduite est exemplaire. >
M. De Pannemaeker a obtenu la décoration industrielle,
MM. Hordebise et Panier la décoration agricole.
Nous sommes heureux d'être l'interprète de l'administration
du Cercle en adressant les plus vives félicitations à nos con-
frères qui ont été l'objet de ces distinctions et c ont apporté leur
fleuron à la couronne que la Belgique a conquise dans cette
grande lutte internationale. » Ém, Rodigas,
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— 96 —
TRAVAUX A EXECUTER DANS LA CULTURE NATURELLE DES
PLANTES POTAGERES.
Mars.
Ce mois est, par convention, le commencement da printemps
et par conséquent l'époque de grande activité pour les jardi-
niers. Ceux qui ont Thafaitude de compter avec Talmanach, la
direction du vent et les quartiers de lune, font dans ce mois-ci
(toujours par convention ou par habitude) quantité de semis et
de plantations. En réalité, on fait bien de ne pas remettre les
travaux qui peuvent se faire à cette époque. Mais on a grande-
ment tort de ne pas profiter des beaux jours qui précèdent ce
mois ; sous notre latitude, mars porte souvent obstacle aux
travaux de jardinage par ses affreuses giboulées.
Si le temps est plus ou moins propice aux travaux horticoles,
on se met à la besogne pour découvrir définitivement toutes les
plantes potagères tenues sous couverture pendant l'hiver. On
œilletonne les artichauts.
On fait les semis d'une quantité de plantes potagères : choux
de Milan, chou de Bruxelles, chou rave (à demeure), tous les
choux enfin destinés aux provisions diverses. On repique en
place tous les plants hivernes de Laitue QoUe et de la Passion,
de choux fleurs, de choux d'York, de choux pain de sucre, etc.
On fait encore des semis de carottes rouges courtes de Hol-
lande, d'oignons jaunes et rouges de garde. On fait des semis
de Pois serpette ou d^ Auvergne et d'autres variétés de deuxième
ou de troisième saison. On établit les rangs d'asperges et on
plante les pommes de terre de saison. On doit prendre toutes
les précautions possibles pour les jeunes semis et plantations
des mois précédents, si les vents desséchants et périodiques du
nord-est se font sentir. On façonne les planches d'asperges en
production. On jette des cendres sur les planches de pois levés
ou repiqués en pleine terre.
Si quelques terres ayant porté des produits d'hiver, devien-
nent libres, on leur donne un labour pour de nouvelles cultures.
Fr. Burvenich.
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— 97 ~
A NOS CONFRÈRES.
Nous venons remplir un devoir bien agréable, celui de
remercier nos confrères de la presse horticole de la bienveil-
lante attention qu'ils ne cessent de nous témoigner et dont
les preuves nombreuses font naître en nous la plus vive
reconnaissance.
Nous sommes heureux de constater que nous continuons
à être l'objet d'une égale sympathie tant en Angleterre qu'en
Allemagne, en France qu'en Hollande, à l'étranger comme
en Belgique.
Dans les articles que nos confrères ont bien voulu nous
consacrer, nous avons tenu compte de leurs observations. Les
unes, celles qui ont trait à nos doctrines, nous ont causé une
vive satisfaction : de pareilles critiques ont le grand avantage
de permettre aux principes de la théorie et de la pratique de
s'épurer en se modifiant par la discussion, de mûrir et de se
développer.
Quant aux critiques qui se bornent à des personnalités, elles
nous laissent fort indifférents. Une seule publication horticole,
il est vrai, s'est livrée à ce propos, à des fantaisies d'un goût
des plus douteux, et semble avoir voulu ridiculiser un en-
seignement qu'elle se plaisait à louer jadis.
Nous ne lui répondrons pas. Ses procédés de discussion n'ont
jamais été et ne seront jamais les nôtres. Désireux d'être lus
par tous, de voir nos Bullethis admis sur toutes les tables et
conservés dans toutes les bibliothèques, nous devons respecter
nos lecteurs, et ceux-ci ne nous permettraient pas de pareilles
inconvenances. Il est de ces choses dont le bon sens public fait
bonne et prompte justice et qui, soulevant l'indignation des gens
de cœur, portent par là même en elles leur châtiment.
Encouragée par l'approbation générale qui l'entoure, la
Rédaction des Bulletins ne slnquiétera de ces attaques que
pour s'astreindre plus rigoureusement encore, si c'est possible,
8
Digiti
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— 98 —
à travailler à la propagation des théories horticoles qu'elle croit
fondées en raison, jastifiées par Texpérience, faciles dans leur
application et fécondes dans leurs résultats. Tel a été notre
but dès la création de ces Bulletins, et aujourd'hui plus que
jamais nous comptons nous souvenir du vieux dicton : iien/aire
et laisser dire.
Za Rédaction.
UN JARDIN FRUITIER MODÈLE.
Les Bulletins de 1870 ont donné le plan et la description
d'un petit jardin fruitier, style paysager, lesquels plurent
tellement qu'ils ont eu les honneurs de la traduction en langue
allemande et en langue danoise. C'est ce qui nous engage
à nous occuper derechef de cet objet ; nous avons du reste un
excellent motif pour le faire.
On sait que par jardin fruitier on entend un espace de
terrain consacré principalement, sinon exclusivement à la
culture des arbres fruitiers. Mais il y a différentes manières de
créer, de distribuer, de planter un tel jardin, et ce qui doit
guider sous ce rapport est le but que l'on se propose d'atteindre.
La plantation fruitière qui demande le moins de soins et
unit par donner le plus grand rendement, est sans aucun doute
le verger. Mais ce n'est pas ce qu'on peut appeler un jardin.
Celui-ci est mieux clôturé, mieux abrité, il renferme des
variétés plus exquises et des formes d'arbres plus variées.
En outre, on n'y fait que de la culture plus ou moins raffinée,
que le jardinier capable ou l'amateur intelligent seuls peuvent
mener à bonne fin.
En admettant que sans gaspiller de l'argent, on ne veuille
cependant pas procéder avec trop de parcimonie ; qu'on tienne
à espacer convenablement les arbres, afin de leur procurer l'air
nécessaire, de pouvoir se promener entre eux et les soigner à
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— 99
jr-
Fig. 5. — Jardin d'arboriculture de Lille,
Échelle 0"'002 par mètn».
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— 100 -
Taise ; qu'on désire enfin créer un jardin fruitier qui puisse
au besoin servir d'école, de lieu de démonstration pratique
d'un cours de taille ; comment faudra-t-il s'y prendre?
Sans connaître d'avance la situation et la configuration du
terrain, il est difficile de donner des indications exactes sur
la manière de distribuer le jardin fruitier. Mais comme la
question peut intéresser une foule d'amateurs, désireux de faire
des plantations nouvelles, d'étendre ou de modifier celles qu'ils
ont, nous pensons leur être agréable en leur soumettant comme
un modèle à consulter, le jardin fruitier établi par la ville de
Lille et dont nous donnons le plan ci-contre. Le but de la
municipalité de Lille, en créant ce jardin auprès du parc
Vauian, a été d'y faire donner un cours public d'arboriculture.
Notre ami M. Jadpul, directeur du parc, devant être chargé
de ce cours, c'est à lui qu'on s'est adressé pour la création du
jardin fruitier, et nous avons à peine besoin de l'ajouter, il
l'a tracé de main de maître. L'on en pourra juger en suivant
sur la planche, les explications que nous faisons suivre.
Distribution du jardin d'arboriculture de Idlle.
Le terrain est divisé en plates bandes, larges de 2"50,
séparées par des chemins de l'^50. Seuls les deux chemins
qui se croisent à angle droit ont une largeur de S^'OO.
Ces plates bandes sont dirigées du nord-ouest au sud-est
avec une légère inclinaison vers cette dernière exposition.
La légende suivante indique le mode de plantation, les
formes, ainsi que les diverses espèces d'arbres fruitiers cul-
tivées sur chaque plate bande.
B. Contre-espalier double de poiriers, plantés au milieu de
chaque compartiment, formant les noms des arboriculteurs
suivants : n° 1, Dalbret ; n° 2, Lelieur; n° 3, Poiteau ; n** 4, Ver-
rier, se composant chacun de sept lettres.
Les lettres ont une hauteur de 1 m. et chaque nom est
entouré d'une branche charpentière en guirlande.
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— 101 —
C, Contre-espalier double de poiriers, plantés à S^OO les uns
des autres dans la ligne et à 0'°40 entre les deux ligues. —
Formes : petits candélabres à une tige portant 10 branches
latérales, 5 de chaque côté de la tige, alternées et espacées
entre elles de O'^SO. Le prolongement de la tige est supprimé
à partir des dernières branches latérales formées et celles-ci
s'élèvent toutes jusqu*au sommet du contre-espalier, qui a une
hauteur dé 3 m.
D, Contre-espalier semblable au précédent, sauf qu'ici les
poiriers sont élevés sur deux tiges.
F, Contre-espalier double de poiriers disposés en cordon
vertical simple, plantés à O^Sô dans la ligne et à 0"50 entre les
deux lignes. Hauteur :3 m.
ff. Contre-espalier double de poiriers disposés en cordons
verticaux doubles ayant 3 m. de hauteur. Distance réservée
entre chaque arbre : 0"™60 dans la ligne et 0"40 entre les
deux lignes.
H, Poiriers en fuseaux ou colonnes, plantés sur trois rangs
alternés et espacés entre eux de 1 m. dans la ligne et de 0""85
entre les lignes.
/. Contre-espalier double de poiriers disposés en U double,
plantés à 1"20 dans les lignes et à OMO entre les deux lignes.
Hauteur : 2"75.
Z. Contre-espalier de poiriers. Hauteur 2"50. Formes adop-
tées : palmettes Verrier alternées avec palmettes à deux tiges
à branches horizontales sur toute la longueur et les deux faces
du contre-espalier. Les arbres sont plantés à 5 m. les uns des
autres dans la ligne et à 0'"40 entre les deux lignes.
L. Contre-espalier double d'abricotiers et pruniers, plantés
par moitié du côté sud-ouest, et cerisiers sur toute la longueur
de la plate bande du côté nord-est. — Formes adoptées : pour
les abricotiers, deux arbres sont disposés en éventail ayant 5 m.
d'envergure. Ils sont suivis de deux autres arbres dressés en
U double, et ainsi alternativement jusqu'au milieu de la plate
bande. Les pruniers, cultivés sur l'autre moitié, sont conduits :
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— 102 —
deux arbres en petits candélabres à 6 branches, alternés avec
deux arbres disposés en U double, et ainsi de suite jusqu'à
l'autre extrémité de la plate bande.
Quant aux cerisiers, ils sont élevés sous diverses formes
grandes et petites. Ce contre-espalier a une hauteur de 2°*50et
est abrité au printemps.
M. Poiriers plantés à 4"00 les uns des autres. Formes :
pyramides coniques alternées avec pyramides pentagonales.
iV. Contre-espalier double de poiriers, plantés à 5 m. dans la
ligne et à 0"40 entre les deux lignes. Formes diverses et de
fantaisie. Hauteur du contre-espalier : 2™50.
jP, Murs projetés de 3 m. de hauteur.
Q. Plates bandes de l^'SO de largeur longeant les murs de
clôture. — La partie du mur A, regardant le nord, est établie
contre la propriété voisine, de sorte qu'on ne peut utiliser que la
façade intérieure, exposée au sud-ouest. — La plate bande
longeant cette façade est divisée en trois parties égales. Le
premier tiers est planté de vignes cultivées en cordon vertical
simple. Le second est garni d'abricotiers, et le troisième de ceri-
siers, disposés tous deux en petits candélabres à 6 branches et
plantés entre eux à l^SO. Tous les arbres adossés à ce mur
sont cultivés sous abris vitrés.
Le mur Ey clôturant le jardin à l'ouesti est aussi construit
à la limite extérieure du terrain et n'a pu être utilisé que du
côté du sud-est, où des pêchers sont adaptés, pour être disposés
en cordons verticaux doubles, plantés à l'°20 les uns des autres
et cultivés sous abris vitrés.
Les murs fermant le jardin au midi et au levant, sont établis
à 3 m. de la limite du terrain environnant, afin de pouvoir être
utilisés des deux côtés et surtout de profiter des expositions
du sud-est et du sud-ouest que l'on aurait perdues sans cette
précaution. Les plates bandes longeant le mur de clôture du
côté du midi, sont plantées : celle au sud-ouest /, avec des
vignes disposées, moitié en treille en cordons horizontaux, et
l'autre moitié en treille en cordons verticaux. Au nord-est.
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— 103 ~
la moitié de la plate bande est plantée en pommiers Cal-
ville blanc d'hiver et l'autre moitié en pruniers, disposés les
uns et les autres en petits candélabres à 6 et à 8 branches.
Les plates bandes longeant le mur de clôture du levant, Y,
sont plantées au sud-est en pêchers, soumis aux grandes et
moyennes formes : palmettes Verrier, lyre, palmette double
ou à deux tiges, et petits candélabres à 6 branches. A l'ouest,
la moitié de la plate bande Z est garnie d'abricotiers, et Tautre
moitié de cerisiers soumis les uns et les autres aux grandes
et moyennes formes.
R. Poiriers en vase ayant 2 m. de diamètre et une hauteur
égale, vase composé de 20 branches dirigées verticalement et
espacées entre elles de O^SO.
8, Poiriers en vase ayant le même diamètre et la même
hauteur que les précédents; seulement les branches de ceux-ci
sont ramifiées et espacées entre elles de 0"60.
T, Haie de clôture en hêtre pourpre.
F. Grille de clôture garnie de lierre.
W. Bassin.
Toutes les plates bandes sont bordées de chaque côté d'un
rang de pommiers plantés à 0"'25 du bord des allées et à 2 m.
d'intervalle. Ces arbres sont dirigés en cordon horizontal
unilatéral à 0°'40 du sol.
Tel est le jardin dont nous venons de donner une description
détaillée. Nous engageons les intéressés qui passent par Lille,
à le visiter. Bien qu'il ne soit créé que depuis trois ans, beau-
coup d'arbres sont déjà en pleine production, et la façon dont
celle-ci se montre, prouve suffisamment que M. Jadoul a été
aussi judicieux dans le choix des bonnes et fertiles variétés,
qu'il a été intelligent pour la distribution du plan.
La municipalité de Lille, à la tête de laquelle se trouve un
magistrat protecteur éclairé de l'horticulture, a établi un jardin
d'une incontestable utilité et qui lui fait le plus grand honneur.
Prochainement le Bulletin donnera le plan et la description
du jardin fruitier de l'École d'horticulture de Gand, créé par
Digiti
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— 104 —
notre estimé collègue M. Burvenich. Ce jardin est beaucoup
plus modeste, il est vrai, mais à cause de cela même, il con-
yiendra d'autant mieux à une autre série d*amateurs.
E.J. Van Huile.
LISTE DES ROSIERS LES PLUS RECOMMANDABLES.
Nous extrayons la présente liste des rosiers les plus recom-
mandables, du bel ouvrage t Les Jioses, t par Hippoljte Jamain
et Eugène Forney, que nous avons fait connaître à nos lecteurs,
page 240 du Bulletin d^ arboriculture, 1873. Beaucoup de nos
lecteurs nous sauront gré de reproduire ici cette liste, choisie
parmi les variétés les plus méritantes, en dehors de toute
préoccupation mercantile. Les lettres qui suivent les dénomina-
tions, indiquent la couleur des fleurs.
ABRÉVIATIONS.
Blanc pur, B. P.
— rose, B. R.
— jaunâtre, B. J.
Jaune, J.
— cuivré, J. C.
Jaunâtre, J. T.
Rouge, R.
— foncé, R. F.
BosiersThé.
1. Adam, B, C.
2. Adrienne Christophe, J. C.
3. Belle Mâconnaise, R, P.
4. CélinaNoirey, R. J.
g. Comtesse de Labarthe, R. C.
6. Homère, R P.
7. Jean Pernet, J.
8. Madame Damaizin, J. T.
9. Madame Falcot, J. C.
10. Madame Margottin, J. C.
11. Mai-ie Van Houtte, J. C.
12. Mélanie Willermoz, B, J,
13. Nankin, J.
14. Pauhne Labontë, J. T.
Rouge foncé vif, R. F. V.
— vif, R. V.
Rose, R.
— vif, R, F.
— clair, R, C.
Rosé, R, P.
Rose jaunâtre, R, J,
15. Rubens, B. R.
16. Sombreuil, B. R.
17. Souvenir d'un ami, R, C.
18. Victor Pulliat, B. J.
Bosiers Bengale.
19. Archiduc Charles, R.
20. Cramoisi supérieur, R. F.
21. Impératrice Eugénie, R.
22. Prince Eugène, R. F. V.
Bosiers Noisette.
23. Aimée Vibert, B. P.
24. Céline Forestier, J.
25. Desprez, J. C.
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— 105 —
26. Gloire de Dijon, J. C.
27. Général Lamarque, B. J.
28. La Biche, B. R.
29. Maréchal Niel, J.
30. Ophirie, J. C.
31. Rêve d'Or, J.
^.ZéliaPradel, B.J.
Bosiers Ile Bonrbon.
33. Baron de Gonella, R.
34. Catherine GuiUot, R. V.
35. Hermosa, R.
36. Joséphine Guyet, R, F. F.
37. La Reine de l'Ile Bonrbon, B. C.
38. Louise Odier, B.
39. Madame de SteUa, B. V.
40. Mistriss Bosanqaet, B. R.
41. Prince Napoléon, R. V.
42. Souvenir de la Malmaison, B. R.
Bosiers hybrides remontants
atfafU des rapports avec les rosiers
Ile-Bourbon.
43. Baronne de Meynard, B. P.
44. Boule de neige, B. P.
45. Docteur Jamain, R. F. V.
46. Élisa Boelle, B.
47. Madame Alfred de Rouge-
mont, B.
48. Paeonia, R. V.
49. Triomphe d'Angers, R. F. V.
Bosiers hybrides remontants
atfoni des rapports avec la rose
Général Jacqueminot,
80. Alfred Colomb, R. V.
51. AnnyWood, fi. F.
52. Baron Haussmann, R. F«
5:i Beauty of Waltham, R. V.
54. Camille Bernardin, R. V.
55. Charles Lefèvre, R. F. V.
56. Docteur Andry, R. V.
57. Docteur Lemée, R. F.
58. Duc Decazes, R. F.
59. Dupuy-Jamain, R. Y.
60. Fi*ançois Fontaine, R. F. V.
61. Général Jacqueminot, R. F. Y.
62. Léonie Persin, B,
63. Louis Van Houtte, R. Y.
64. Madame Boutin, R. Y.
65. Madame Charles Crapelet, R.
66. Madame Pierson, R. Y.
67. Madame YictorYerdier,R.F. Y.
68. Maréchal YaUlant, R. F. Y.
69. Marie Baumann, R. Y.
70. Monsieur Boncenne, R. F.
71. Prince Camille de Rohan,
R. F. Y.
72. Piince Humbert, R. F. Y.
73. Sénateur Favre, R. Y.
74. Sénateur Yaïsse, R. Y.
75. Souvenir du docteur Jamain^
R.F.
76. Yicomte Yigier, R. F.
77. Yulcain, R. F.
Bosiers hybrides remontants
ayant des rapports avec les rosiers
Portland.
78. Abel Grand, B.
79. Anna de Diesbach, B, F.
80. Auguste Mie, B, C,
81. Baronne Prévost, B.
82. Baronne de Rothschild, fi. C.
83. Belle du Piintemps, B,
84. Berthe Baron, B.
85. Berthe Levêque, B. P.
86. Caroline de Sansal, B. R.
87. Centifolia rosea, B. F.
88. Charles Turner, R. Y.
89. Clémence Joigneaux, R. Y.
9
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— 106
90. Comte de Nante^l, R.
91. Comtesse Cécile de Chabriant,
B.
92. Comtesse de Jaucourt, R. C.
93. Duchesse de Cambacérès, £. F.
94. Duchesse d'Orléans» R, C.
95. Elisabeth Vigneron, R.
96. Empereur de Maroc, R. F, V.
97. Etienne Levet, R. V.
98. Eugène Appert, R. F. V.
99. Eugénie Verdier, R, C,
100. François Arago, R. F. V.
101. Général de la Martinière, R.
102. Gloire de Ducher, R. V.
103. Glory of Waltham, R. V.
104. Henri Ledéchaux, R, V.
106. Jacques Laffitte, R,
106. Jean Goujon, R*
107. John Hopper, R. 7.
108. Jules Margottin, R. V.
109. Julia Touvais, R. F.
110. La France, R,
111. La Reine, R,
112. Lamotte Sanguin, R. F. V.
1 13. Le Lion des Combats, R. V.
114. Louis Van Houtte, R. V.
115. Madame Boll, R.
1 16. Madame Domage, R. V.
117. Madame Georges Schwartz, R,
118. Madame Hippolyte Jamaini
B.R.
119. Madame Laurent, R. V.
120. Maréchal Forey, R. V.
121. Marguerite de Saint Amant,
R.C.
122. Marie Cirodde, R.
123. Marquise de Castellane, R, F.
124. Marquise de Gibot, R,
125. Panachée d'Orléans.
126. Paul Néron, R. F.
127. Président Lincoln, R. V.
128. Reine des Violettes, R. F.
129. Souvenir de la Reine d'Angle-
terre, R.
130. Souvenir de M. BoU, R. F.
131. Souvenir de Poiteau, R, F.
132. Thérèse Levet, R.
133. Triomphe d'Alençon, R.
134. Triomphe de l'Exposition,
R. F. V.
135. Ville de Saint Denis, R.
136. Vicomtesse de Vésins, R, F.
137. Victor Verdier, R, F.
Rosiers Portland dits perpétuels.
138. Célina Dubos, B.
139. Madame Enorr, R,
140. Marie de Smnt Jean, B.
141. Rose du Roi, R. V.
Rosiers perpétnels monssns.
142. Madame Edouard Ory, R. F.
143. Salet, R. C.
Rosiers non remontants.
Capucines.
144. Persian Yellow, J.
145. Madame Hardy, B. P.
146. Œillet parfait.
Centfeuiiles.
147. Cristata, R. F.
148. Ordinaire, R. F.
CentfeuHles Moussus.
149. Blanche virginale, B.
150. Gloire des Moussues, R.
151. Oixlinaire, R. F.
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Bosiers sannenteiiz.
Sempervirenê,
152. Félicité Perpétue, B. R.
Banks.
153. A fleurs jaunes, J.
154. Fortune, B.
107 —
MuUi/hre.
155. Delà Grefferaie, R.
156. Laui*e Davoust, B. R.
Ayshire,
157. A fleurs pleines, B. R.
Sulfureux.
158. Jaune ancien, J.
CRÉATION ET ENTRETIEN DES PELOUSES.
in.
A quelle époque doit-on semer les gazons? En général, les
semis faits à Tautomne donnent les meilleurs résultats. Cette
saison est surtout la plus favorable, lorsqu'il s'agit de gazons à
feucher. La jeune herbe bien établie avant Thiver donnera au
moins deux bonnes coupes Tannée suivante. Pour cela, il faut
que le semis ait lieu dès le mois de septembre. Confiées plus tard
à la terre, les graines lèvent bien, mais ne se fixent plus assez
solidement et les jeunes gazons, surpris par le? gelées, sont
arrêtés dans leur développement. Plutôt que de semer trop tard,
il est préférable d'attendre le printemps. On pourra commencer
les semis au mois de mars.
Ces indications concernent les grandes pelouses; mais lorsqu'il
s'agit de petites parties et, du reste, partout où le terrain conserve
une certaine fraîcheur ou pourra être arrosé au besoin, on
peut semer les gazons durant toute la bonne saison, depuis les
premiers jours du printemps jusqu'en automne.
Une erreur à combattre, c'est de laisser répandre les graines
sur un sol non aplani, simplement bêché ou retoui'né, et puis de
recouvrir à l'aide d'une herse grossière, destinée à égaliser la
surface du terrain par la même occasion.
Beaucoup de cultivateurs ne se doutent pas que cette économie
de main-d'œuvre annule les trois quarts de la quantité de graines
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— 108 —
répandue. Il est bon de savoir que la plupart des graines de
Graminées ne doivent être que très faiblement enterrées ; un
à deux centimètres suffisent amplement.
Il faut donc faire ce travail à la main, sur une terre préala-
blement ameublie et bien tassée, et employer de préférence
le râteau ou bien une herse très légère entrelacée d*épines.
On termine par un dernier coup de rouleau, si le sol n'est pas
trop humide.
Passons maintenant aux soins d'entretien que réclament les
gazons. Le premier consiste dans un sarclage rigoureux. Quelle
que soit la pureté des graines employées, quelqu'attention qu'on
ait mise à nettoyer le sol des mauvaises herbes, il faudra néan-
moins ne pas tarder à réprimer la croissance des parasites qui
trouvent partout à se faufiler et à pousser au détriment des
êtres utiles. Il n'y pas à hésiter, si Ton veut obtenir un bon
résultat, il faut dès le principe faire sarcler le jeune gazon, à
la main et avec toute la minutie possible.
Signalons ici une autre erreur de certains propriétaires, qui
sous prétexte de raffermir le sol, font pâturer les jeunes pelouses
par les bestiaux ou par les moutons. C'est là un procédé que
condamne Texpérience. Si le sol n'a pas été suffisamment raffermi
par un roulage répété, ou si l'humidité du sol ne permettait pas
de faire passer le rouleau avant et immédiatement après le
semis, il faudra y procéder le plus tôt possible après que les
gazons auront levé. Le roulage, il ne faut pas le perdre de vue,
a pour effet de régulariser la végétation, et cela a beaucoup
d'importance quand il s'agit d'obtenir une belle pelouse.
Ce qui est non moins important, sous ce rapport, c'est de ne
pas laisser l'herbe monter en fleur, c'est à dire de la couper assez
fréquemment pour l'empêcher de fleurir.
La coupe des gazons se fait encore le plus souvent au moyen
de la faulx ; n^ais les bons ouvriers faucheurs deviennent de
plus en plus rares et c'est surtout pour ce motif que nous préco*
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— 109 —
nisons les machines tondeuses au moyen desquelles le premier
Tenu parvient, au bout d'un apprentissage très court, à faire
un travail plus ou moins parfait.
On ne comprend pas comment il se fait que ces machines
soient si généralement usitées en Angleterre, tandis que chez
nou8,ceux-là même qui les ont essayées, les repoussent. Le motif
estcependantbien simple. Pour faire un bon travail, les tondeuses
ne doivent fonctionner que sur un gazon bien uni et convena-
blement entretenu. Les détails qui précèdent, témoigneront si ces
précautions préalables ont toujours été prises ; les déceptions
ne doivent pas étonner celui qui a marché en aveugle.
Il est vrai que toutes les machines ne sont pas également
bonnes. Les premières qui ont été construites dans le principe, ne
travaillaient régulièrement qu'à la condition de ne laisser
atteindre à Therbe qu'une longueur de trois ou quatre centi-
mètres seulement. Le gazon était-il un peu trop long, la ton-
deuse ne mordait plus. Si Therbe était mouillée, c'était pis
encore, les couteaux s'encrassaient rapidement et leur mouve-
ment était arrêté.
Fig. 6. — Tondeuse Autotnaion,
Enfin le mécanisme de ces machines était très compliqué, d'où
résultaient de grands embarras en cas d'accident. Ces défauts
ont été corrigés plus ou moins.
iO
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— 110 —
Dans ces dernières années, nous nous sommes livré à des
essais comparatifs de quelques-unes des meilleures tondeuses de
gazons. Les différents systèmes paraissent avoir tous certains
défauts à côté de cer-
taines qualités. Nous
allons les passer rapi-
dement en revue.
Voici d abord la
machine de Ranso-
mes, Sims et Head,
dlpswich, près de
Fig. 7. - Tondeuse SUeneieuse. LoudrCS, IcspremierS
constructeurs de tondeuses. Leurs essais pour appliquer la
mécanique au fauchage des gazons datent d'il y a plus de
trente ans.
Cette machine (fig. 6), qui a été successivement perfec-
tionnée et qui est désignée sous le nom « Automaton, » fait un
Fig. 8. — Tondeuse Shank».
bon travail, à la condition que la pelouse soit bien établie et
entretenue suivant toutes les règles de Fart.
La surface du sol doit être bien aplanie, et Therbe ne doit avoir
jamais plus de cinq ou six centimètres de hauteur. C'est dire
qu'il faut y promener la machine à peu près constamment.
Nous sommes d'avis que c'est là un défaut, partagé du reste par
beaucoup d'autres systèmes.
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— 111 —
La machine « Silencieuse i (fig. 7) de Barnard, Bishop et
Barnards, de Norwich, est ainsi nommée parce qu'elle fonctionne
sans bruit, ce qui
provient de ce que
les engrenages sont
remplacés ici par
une bande de caout-
chouc. On dit cette .
machine spéciale-
ment adaptée pour
les endroits où ^»e- 9- - Tondeuse Green.
l'herbe est très touffeuse et entremêlée de mousse.
La tondeuse de Shanks, de Londres (fig. 8), est d'une con-
struction à la fois élégante et solide. Nous pouvons en dire
autant de celle de Green dont nous présentons ici deux modèles
(fig. 9 et fig. 10). Mais, remarquons le sincèrement, malgré le
Fig. 10. — Tondeuse Chreen perfectionnée.
soin qu ont eu les constructeurs d'agrandir successivement la
caisse destinée à recueillir l'herbe coupée, dès que le gazon a
quelque hauteur, on ne peut faire vingt pas sans avoir besoin
de vider la caisse. Or c'est là une manœuvre qui fait perdre
beaucoup de temps.
{Sera continué,) Éd, Pynaert.
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— 112 —
LA POIRE ANANAS DE CODRTRAI.
La jolie poire à laquelle nous accordons aujourd'hui une place
dans notre galerie iconographique, n'est pas une inconnue pour
beaucoup de nos lecteurs. Quoiqu'elle ait pris naissance, il 7 a
plus d'un siècle, dans la localité dont elle porte dignement le
nom, et qu'elle ait été parfaitement représentée, décrite et
louée dans les Annales de pomoloçie par Bivort, il nous a semblé
qu'on n'en faisait pas tout le cas qu'elle mérite, et que spéciale-
ment pour la culture en verger, on devrait la multiplier
davantage. C'est surtout à ce dernier point de vue que nous
venons la recommander.
t Comment! vont s'exclamer les pseudo-pomiculteurs-spécu-
lateurs, une poire d'été, comme si déjà il n'y en avait pas assez,
trop même ; comme si on pouvait aimer les poires alors que les
espaliers offrent encore des pèches savoureuses et parfumées !
Les meilleures poires d'été ne valent pas au marché le dixième
d'une bonne poire d'hiver; n'est-ce pas perdre son temps et sa
peine que de cultiver des fruits d'une si mince valeur? »
Ce raisonnement n'est juste qu'en apparence. D'abord, si les
poires d'été sont peu estimées, c'est que généralement elles ne
sont que de médiocre qualité.
Or VAnajias de Courtrai est de toute première qualité. L'arbre
est rustique et produit abondamment et régulièrement dans les
situations où, malgré tous les abris, les pêchers donnent de rares
fruits.
Et puis, où sont les variétés de bonnes poires d'hiver qui
soient aussi généreuses que les poires d été ?
Enfin, il est des circonstances où le fruit d'été acquerra une
plus value, s'il supporte facilement le transport : c'est, par
exemple, lorsque l'époque de sa maturité correspond avec la
saison où les villes balnéaires sont les plus fréquentées.
VAnanas de Courtrai nous paraît réunir les conditions exi-
gibles d'un fruit de spéculation. Il paye de mine, il mûrit^en
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— 113 —
pleines vacances, c'est à dire de la mi-août à la mi-septembre,
et sa qualité ne laisse rien à désirer, pourvu toutefois qu'on ne
veuille pas conserver ce fruit outre mesure.
Comme toutes les poires précoces, il veut être entrecueilli,
excellent moyen, du reste, pour en prolonger la jouissance.
Notre planche indique assez exactement la forme et la
dimension des fruits récoltés en plein vent, tels que ceux qui
nous ont servi de modèles ; mais ceux récoltés à Tespalier sont
plus gros et quelquefois bosselés.
Xa peau est fine et le fond vert herbacé passe au jaune clair à
la maturité.
La chair est blanche, très fine, juteuse, fondante, beurrée et
très agréablement parfumée.
L'arbre est vigoureux et prend naturellement la forme pyra-
midale. Il se montre ici d'une grande fertilité. Il est également
propre à la culture en pyramide et en espalier.
On a prétendu que la poire Aimnas de Courtrai n'était autre
chose que le Bon Chrétien d^été. Nous pouvons certifier que c'est
une erreur manifeste. Ce dernier a le bois beaucoup plus grêle;
l'arbre est beaucoup moins fertile et son fruit ne vaut pas à
beaucoup près non plus celui de Y Ananas de Courtrai.
Éd, Pynaert.
REVUE DES PUBLICATIONS.
Dendrologie : BSmne, Str&ncher und HalbstrSucheri par le
Dr Karl Koch. — 2"^^ Partie, 2"^ division, 1 volume grand in-8%
de 424 pages. Erlangen, 1873. — En publiant ce volume, Tauteur
a terminé son œuvre capitale, qui peut être considérée comme
une des plus complètes de la phytographie. Ce troisième volume
renferme les Cupulifères, l'importante section des Conifères et
les Monocotylées..
Nous félicitons sincèrement le vénérable professeur Koch
d'avoir mené à bonne fin un travail qui a certainement exigé
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— 114 —
dUmmenses recherches et des études comparatives, qa*an esprit
patient et persévérant pouvait seul conduire jusqu'au bout.
Nous exprimons derechef le vœu de voir cette publication si
utile, tant par ses observations critiques que par ses renseigne-
ments de toute nature, à tous ceux qui s'occupent d'horticulture,
traduite un jour en français : Fédition allemande ne suffit pas à
TEurope occidentale.
Des tables méthodiques et alphabétiques complètent l'ouvrage,
qui peut par suite être consulté plus facilement.
L'Ulustration horticole, par J. Linden et Éd. André. — Le
tome XXI de cette magnifique revue mensuelle des serres et des
jardins est en voie active de publication. Dirigée avec intelli-
gence par M. J. Linden, écrite avec un incontestable talent par
M. Éd. André, cette publication n'a fait qu'assurer d'avantage
son succès en acquérant le concours d'un artiste dont les plan-
ches chromoUthographiées sont autant de chefs-d'œuvre.
Sans en faire un sujet de spéculation, sans augmenter le prix
de l'abonnement, au lieu des planches simples, L'Ulustration
horticole ne donne plus que des planches doubles, la plupart
dues au pinceau de M. P. De Pannemaeker.
Non contente de prendre la première place parmi les journaux
périodiques de l'horticulture sur le continent, L'Illustration hoT'
ticole sera désormais traduite en anglais par les soins de M. W.
B. Hemslej, déjà connu par ses publications horticoles en An-
gleterre. L'édition anglaise, véritable œuvre de luxe, formera
chaque année un superbe volume in-4^.
Coup d'œil sur les promenades et les jardins publics, par
H. J. Van Huile (brochure in-S», de 70 pages, avec deux
plans lithographies). — Sous ce titre, notre confrère publie une
nouvelle édition, considérablement augmentée, de son étude sur
le Jardin botanique de l'Université de Gand et l'opportunité du
déplacement de celui-ci. L'auteur examine cette question à tous
les points de vue et démontre l'urgence de la réalisation d'un
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— 115 -
projet depuis longtemps sur le tapis. N'eût-il fait autre chose
que de rappeler sur ce point l'attention de ses concitoyens,
nous estimons que M. Van Huile aurait rendu à sa ville natale
un véritable service. Mais sa brochure n'a pas seulement un
intérêt local ; elle s'adresse à tous ceux qui s'occupent de plan-
tations publiques et renferme des renseignements et des docu-
ments des plus curieux.
Le Moniteur horticole belge, par L. O. Gillekens. — Nous
avons reçu le premier numéro d'une publication horticole qui
sera à la fois comme l'organe de l'École d'horticulture de l'État
à Vilvorde et une revue générale de l'horticulture. Le nouveau
journal, qui paraîtra tous les quinze jours, par fascicules de
8 pages, ne fait point de pompeuses promesses. « Nous
glanerons, dit-il, dans toutes les publications du pays et de
l'étranger, les articles les plus intéressants; mais au lieu de
les produire in extenso, comme on le fait d'habitude, nous en
donnerons un résumé succinct, de manière à condenser en
peu de pages une foule de notions utiles. » En restant fidèle à
ce programme, le Moniteur horticole se rendra utile au grand
nombre et pourra compter sur le succès.
Der Oartenfreund. — Sous ce titre, la Société impériale
d'horticulture de Vienne publie ses annales, auxquelles leur
habile rédacteur, M. Joseph Bermann, donne la forme la plus
variée. Cette publication paraît en fascicules mensuels grand
in-8**. Le dernier fascicule de 1873 se termine par un compte
rendu assez détaillé sur la cinquième et dernière Exposition
temporaire de Vienne. Voici comment le recueil s'exprime
au sujet de la part prise par là Belgique à cette Exposition.
< De la part de la Belgique, la terre classique de l'horticulture
et de lapomologie, on ne pouvait s'attendre qu'à des contingents
distingués, et en effet, les deux sociétés qui envoyèrent à l'Expo-
sition les produits de ce pays, offrirent des lots splendides.
Ces sociétés étaient le Cercle d'arboriculture de Belgique, à
Gand, et la Société centrale d'arboriculture de Vilvorde.
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— 116 —
« La première, représentée par M. le professeur Edouard
Pynaert, exposait une collection de 389 variétés de poires;
une deuxième collection de poires de parade en exemplaires
magnifiques ; deux autres coUections diflférentes de poires pour
arbres de plein vent, reconnues par le Cercle comme convenant
le mieux à cette culture; une troisième collection récoltée dans
la cour d'une école communale de Gand; ensuite une collection
de 170 variétés des meilleures pommes; 50 variétés de pommes
^e table ; 70 variétés de fruits de table récoltés sur des cordons
de trois ans et une collection de pommes préférées dans les
Flandres pour la plantation des vergers.
€ Les meilleures variétés de raisins pour la culture forcée
étaient également exposées par le Cercle et, en outre, des col-
lections moins nombreuses de pêches et de prunes.
c II importe de mentionner aussi comme une addition heu-
reuse, une collection d'étiquettes gommées pour marquer les
fruits, que M. le professeur Pynaert avait portée avec lui et
qu'il oflfrit plus tard à la Société d'horticulture.
« La Société centrale fournissait également de grandes
collections de pommes pour plein vent, ainsi que de poires;
une collection de poires nouvelles encore inédites, obtenues
de semis par M. Grégoire ; puis une collection de légumes de
toutes sortes au nombre de 117 variétés.
c Comme suite aux collections fruitières, elle exposait une
collection de fruits fort bien imités et représentant 600 poires,
100 pommes, 30 pêches, 15 abricots, 20 prunes et 8 autres
fruits. »
Snoei der Fmitboomen, parFr. Burvenich (vol in-24,
de 325 pages, avec 140 gravures ; Gand, 1874, chez Ad. Hoste,
rue des Champs). — Quand un livre est arrivé à sa quatrième
édition et que tous les hommes compétents en ont itérativement
apprécié la valeur, il devient superflu d'en présenter encore une
analyse. Tel est le cas pour la nouvelle édition de l'exceUent
traité d'arboriculture publié en flamand par notre collègue
M. Burvenich.
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— 117 —
Il est un point cependant que nous tenons à faire ressortir,
c'est la franchise avec laquelle Tauteur passe Féponge sur les
procédés admis naguère et condamnés aujourd'hui, sur certaines
erreurs qui avaient cours, il y a peu d'années, dans cette branche
des cultures, aux progrès de laquelle Tauteur a contribué dans
une large mesure.
M. Burvenich n'est pas de ceux qui dédaignent la théorie;
mais il adore avant tout Texpérience, et, dans un art éminem-
ment pratique, il a raison de s'appuyer sur les faits et de cher-
cher à les concilier avec les déductions théoriques. Il nous semble
néanmoins qu*il aurait pu mettre un peu moins d'hésitation à
souscrire aux données nouvelles de la science en ce qui concerne
les mouvements de la sève.
A part cette petite observation, nous signalons avec empres-
sement les nombreuses améliorations introduites dans cette
quatrième édition dont le plan nous a paru beaucoup mieux
coordonné. Elle est augmentée, en outre, de toutes les indica-
tions nécessaires à ceux qui veulent forcer les arbres fruitiers
ou seulement les cultiver sous verre. L'ouvrage se termine par
un vocabulaire des expressions techniques usitées en arbori-
culture.
La partie matérielle du livre est fort bien soignée et fait
honneur à l'imprimerie C. Annoot-Braeckman^ à Gand. Le texte
est enrichi de 140 gravures, qui en font un très joli volume,
auquel le public fera sans aucun doute un accueil sympathique,
comme aux précédentes éditions.
Internationales WSrterbucli der Pflansennamen {Diction-
naire international des Plantes), par le D"^ W. Ulrich. — Ce
volume, de 342 pages in-8°, renferme sur quatre colonnes les
noms des plantes (genres et espèces), en latin avec la traduction
anglaise, allemande et française en regard. Des listes alphabé-
thiques terminent l'ouvrage et facilitent les recherches. Ce livre
n'est peut-être pas tout à fait complet; mais tel qu'il est, il sera
consulté avec fruit par tous ceux qui s'occupent d'horticulture.
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— 118 —
Liste des jardins botaniques dn monde, des ehaires de
botanique et de quelques établissements de botanique, par
Éd. Morren (broch. in-8° de 32 p.), Gand, 1874. — Le titre
explique suffisamment le but de cet opuscule dont Tutilité est
réelle au point de vue de Tintérêt de la correspondance bota-
nique et de l'histoire de l'horticulture. Aussi la Fédération des
Sociétés d'horticuUwre s'est empressée de décider l'insertion de
ce document dans son Bulletin. Notre estimé confrère M. Morren
fait appel à ceux qui voudront bien lui communiquer des ren-
seigements pour les éditions ultérieures de cette liste qui est
encore incomplète.
Die Frucht Hfiuser, von Eduard Pynaert, Ulersetzt von
M. Lébl {Les Serres à fruits, 1 vol. in-16^ de 298 pages, avec
65 gravures. Stuttgart, 1874). — Il est rare que l'Allemagne
fasse aux œuvres littéraires de notre pays l'honneur de la
traduction; il est plus rare encore de voir accorder cette
hospitalité à des ouvrages d'une autre nature. Si cette exception
vient d'échoir au livre « Les Serres vergers » de notre collègue
M. Pynaert, nous pouvons le féliciter chaleureusement ; cela
prouve que les mérites de son livre ont été appréciés une fois
de plus à leur juste valeur.
Nous aimons aussi à féliciter le traducteur M. Lebl, rédacteur
de Ylllustrirte Grortenzeitunç, d'avoir compris qu'en introduisant
en Allemagne une œuvre aussi pratique, il dotait sa patrie d'un
puissant moyen d'avancement pour l'arboriculture fruitière.
Mieux favorisée que la Belgique au point de vue du climat,
l'Allemagne peut songer à réaliser les bénéfices de l'exportation
des fruits partout autour d'elle, tandis que notre pays ne peut
trouver qu'en Angleterre un débouché pour ses produits. L'Alle-
magne a donc plus d'intérêt encore que nous à améliorer ses
cultures et elle doit recourir dans ce but, aux meilleures don-
nées de la science et de la pratique.
La partie matérielle des Frucht Hâmer est parfaitement
soignée, comme du reste généralement toutes les publications
allemandes.
Ém. Rodigas.
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— 119 —
LES PRINTANIÊRES VIVACES.
Peu de fleurs sont aussi chères à Famateur de jardins que
celles qui viennent les premières lui sourire à Tissue de la
froide saison, qui ne craignent pas d'épanouir leurs corolles
quelquefois lorsque la neige vient encore par moments blanchir
le sol. Elles n'ont pas l'ingratitude pour partage; afin d'étaler
leur richesse, elles ne demandent qu'un petit coin bien soleillé,
une terre de jardin ordinaire ; elles se contentent même assez
souvent d'une petite place parmi l'herbe de la pelouse qu'elles
émaillent de leurs riantes couleurs. Contrairement aux fleurs
estivales qu'il faut renouveler tous les ans, elles ne coûtent plus
rien, une fois qu'elles ont été acquises, ce qui n'est déjà pas à
dédaigner.
Les plantes vivaces fleurissant de bonne heure sont plus
nombreuses et plus variées qu'on se Timagine généralement.
Nous allons en citer quelques-unes qui trouveront facilement
une place même dans les petits jardins.
Qui ne connaît les anémones hépatiques {Hepatica trUoba)^ 11
en existe des variétés de presque toutes les nuances : la bleue,
qui est le type, la blanche, la rose, la rouge, la lilacée, la rouge
double, la bleue double, la blanche à étamines rouges, et
d'autres encore. Chacun de ces coloris séparé constitue dès le
premier printemps une véritable richesse, ha, floraison se pro-
longe longtemps.
Puis viennent les Crocm, dont on possède aujourd'hui des
variétés à fleurs aussi grandes presque que des tulipes et
aussi diverses de couleurs que celles-ci. Mariés aux perce-
neige (QalanthiLS nivalis), dont il existe également une forme à
fleurs doubles, un peu plus tardive que l'espèce, ils ornent tout
particulièrement la parterre ou la pelouse.
Les fleurs relativement grandes, pourprées, roses ou blan-
châtres des Erythronium, forment un ravissant tapis que la
panachure de leurs feuilles radicales, aux larges macules,
relève encore.
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— 120 —
Accordons une mention spéciale aux nouvelles variétés SHeU
leborus obtenues dans ces derniers temps par M. F. Rodigas,
à Saint Trond, les unes à fleurs blanches, les autres à fleurs
roses ou pourprées, et auxquelles nous reviendrons dans un
autre article. Les magnifiques corolles de VHeUéborus atroru-
bens commencent déjà à s'épanouir en décembre et janvier ;
quand toute la nature semble s*endormir sous le souffle des
frimas, leurs fleurs seules rappellent que tout n'est pas mort.
Leur floraison se continue jusqu'au mois de mai.
Citons les Orobus et plus spécialement VOrdbus temus
aux élégantes fleurs bleues, la variété à fleurs blanches, celle
à fleurs roses, celle à fleurs du plus bel azur {Orolus vernus,
0. V, flore albo, 0. v. flore roseo, 0. v. azureus).
Mentionnons aussi les petits Phlox rampants {Phloxfrondosa),
dont les fleurs d'un beau rose cachent littéralement lô feuillage
qui peut à lui seul constituer un très joli gazon.
Parmi les primevères {Primula veris), il existe encore quel-
ques belles variétés, les unes aux fleurs pleines, en rosettes, les
autres à fleurs simples, et toutes de nuances variées, depuis le
blanc jusqu'au rouge, depuis la couleur lilas jusqu'au jaune. Ces
plantes servent à former de jolies bordures ; seulement il faut
avoir soin de ne pas les laisser trop longtemps sans renouveler
les touffes en les séparant. La même observation se rapporte au
Primula viscosa à grandes fleurs roses, du plus gracieux effet.
Nous clôturons cette petite liste par les Scilla lifolia et sibi'
rica. Cette dernière espèce à fleurs bleu intense, est parfois
employée pour orner les fenêtres, tellement on la trouve jolie.
Les variétés de Tautre espèce ne sont pas moins remarquables;
les unes sont à fleurs blanches, les autres, à fleurs roses ou
pourprées ; celle à grandes fleurs bleues est sans contredit la
plus belle de toutes.
LesErjthronium, Galanthus et Scilla se multiplient par leurs
bulbes ou caïeux, et peuvent rester indéfiniment en terre.
Toutes les autres espèces que nous venons de citer, se propagent
par séparation des touffes.
J^mUe Roiigas,
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— 121 —
LE BUIS EN BORDURE.
Parmi nos arbrisseaux indigènes à feuilles persistantes, fort
peu se distinguent par une aussi fraîche verdure que le Buis,
dont le feuillage d'un vert brillant conserve sa beauté en dépit
des situations les moins favorisées. Il est des plus rustiques et
produit un bel effet dans le jardin paysager, où il n'est cepen-
dant représenté que par un nombre très restreint d'exemplaires,
probablement parce que Ton craint qu'il ne produise un aspect
trop monotone.
Les précieuses qualités de cet arbrisseau l'ont cependant
introduit dans les jardins mixtes, où il restera la plante par
excellence pour la création des bordures. Je parle ici de la grande
majorité des potagers, où Ton cultive également des arbres
fruitiers et quelquefois des fleurs ; dans ces jardins, où l'agréable
doit marcher de pair avec la production, les bordures sont un
des principaux ornements.
On sait que les bordures de fraisiers sont peu régulières,
produisent peu de fruits et, par contre, donnent beaucoup de
besogne aux jardiniers, si Ton veut empêcher les coulants d'en-
vahir les chemins.
Je ne pourrais donc trop recommander les bordures de Buis
qui, une fois plantées, ne donnent plus de travail; tout l'entre-
tien se borne à les tondre chaque année, pour les maintenir à
une hauteur d'environ 0"10 sur O^Oô de largeur ; on se sert à
cet efifet de ciseaux à tondre les haies.
Ces petits buis, aussi modestes que le Myosotis, deviennent
des plus coquets étant rangés en bordure, et se prêtent à la
formation des contours les plus gracieux. En France, on a su
mieux qu'en Belgique apprécier la valeur ornementale du Buis,
non seulement pour les bordure», mais encore pour la formation
de divers dessins de fantaisie. Il y a quelques années, en visitant
Tenclos réservé aux célèbres orangers de Versailles, je me
rappelle avoir vu de ces dessins dont l'aspect magnifique excitait
l^admiration. On en voit également un joli dessin au Jardin
zoologique de Bruxelles.
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— 122 ~
On peut employer les bordures de Buis, non seulement dans les
potagers, mais encore dans les petits jardins de ville où les
massifs de fleurs ne sont pas, comme dans les grands jardins
anglais, encadrés de gazon. Le Buis convient aussi pour border
les plates bandes autour des habitations où bien souvent les
bordures de gazon ne conviennent pas.
Quand il s'agit de former des bordures en Buis, on doit avoir
soin de les planter régulièrement ; si l'opération doit se faire
quand les chemins sont sablés ou couverts de matériaux quel-
conques, on évite de mélanger ceux-ci avec la terre en les relevant
sur le milieu du chemin; on laboure ensuite une bande de terre
d'environ 0"40 de largeur, soit 0'"20 de chaque côté de la ligne
où la bordure doit se trouver; après avoir tassé et nivelé con-
venablement la terre, on tend fortement un cordeau le long
duquel on creuse à la bêche un petit fossé vertical, du côté
du chemin; les plantes sont enterrées dans ce fossé de manière
que les plus fortes sortent à peine de O^IO hors de terre. Il reste
alors à leur appliquer la tonte. Il est bon aussi de les arroser
quelquefois la première année de la plantation.
La meilleure saison pour planter le Buis est le mois de mars
jusqu'au 15 avril.
Quelques lecteurs diront peut-être : « La plantation des bordu-
res de Buis est facile, nous la connaissons. » Je leur répondrai
à l'avance qu'un grand nombre ne la connaissent pas convena-
blement. E. Wéry.
NOTES DE VOYAGE.
Ce simple titre dit assez que notre intention n'est pas d'écrire
un rapport sur notre excursion à l'Exposition de Vienne. Par-
faitement libre dans nos allures, n'ayant obtenu de notre
Gouvernement ni mission ni subside, nous avons eu le loisir
de faire à notre guise nos observations. C'est un résumé de
celles-ci que nou$ mettons sous les yeux de nos lecteurs.
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— 123 —
Non seulement en pays étranger on peut observer et appren-
dre, chez soi également on trouve des sujets d'étude. Nous
étions encore dans la province de Liège, que nous avions déjà
pris une leçon pour l'imitation des cours d'eau dans les jardins
d'agrément : on y voit de jolis ruisseaux, brusqués dans leur
cours par de petits blocs détachés des roches voisines et sauva-
gement garnis de plantes. Mais nous remarquions en même
temps jusqu'au delà de Verviers, que Télagage des arbres
d'alignement y laisse énormément à désirer. La pierre, le fer,
la houille absorbent-ils donc tous les bras dans ces parages ?
A peine sommes-nous sur le sol allemand, avant et après
Cologne, que la plupart des routes sont bordées d'arbres frui-
tiers et principalement de cerisiers et de pommiers, au lieu
d'essences forestières. Ils semblent aller assez bien, mais
surtout dans les vergers les arbres sont magnifiques, bien
que les fruits soient fort clairsemés. Il nous semble qu'on
s'occupe fort peu de ces arbres : non seulement ils ont trop
de bois, mais on ne se donne pas la peine d'enlever celui
qui est mort; même des arbres entiers, morts sans doute depuis
des années, restent encore à abattre.
Nous avons déjà dit ailleurs quelle masse de noyers se
trouvent plantés le long du Rhin» entre Bonn et Mayence,
et quelle quantité énorme de noix il y avait, malgré la rareté
générale. Ajoutons que tous les arbres à fruits à pépins,
et il y en a beaucoup, dépérissent en se couronnant.
Toutes les stations, tous les hôtels et villas où nous passons,
sont clôturés et garnis de haies et guirlandes de rosiers Noisette
aux milliers de fleurs. Ne serait-ce pas à imiter chez nous? Ces
charmantes plantes ne pourraient-elles remplacer ça et là la
charmille traditionnelle?
A Mayence même rien de particulier. A Nuremberg, les
marronniers sont fort en honneur sur les quelques boulevards,
mais les squares près de la station sont mal entretenus et encore
plus mal tracés. Celui du Marienplatz fait exception : dans une
des corbeilles, nous avons remarqué un Amarantus nain, d'un
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— 124 —
rouge brillant excessif, très recommandable ; il produit le
meilleur effet. C'est là encore que nous avons remarqué pour la
première fois, mais pour la revoir souvent, la brouette que
nous avons décrite aiUeurs(l).
(Sera continué.) B. J. Van Huile.
LES MASSIFS FARBUSTES A FEUILLAGE COLORE (2).
Nous avons appelé Tattention sur les arbustes les plus méri-
tants parmi ceux à feuilles panachées ou ayant une autre teinte
que le vert uniforme. De nombreuses variétés trop peu remar-
quables ont été passées sous silence. Nous n'avons pas non plus
fait mention des nouveautés annoncées avec grand éclat, dont
il ne nous a pas encore été possible de juger les mérites, telles
que le Bouleau et le Pécher à feuilles pourpres, qui certes seront
de précieuses acquisitions, si elles répondent aux descriptions
élogieuses qu'on en fait, et au prix élevé auquel le commerce
les cote.
Nous arrivons à la question de l'usage qu*on peut faire de ces
plantes en les disposant avec art, goût et discernement. De
beaux effets se produisent, non seulement par elles mêmes, mais
avec les autres arbres et arbustes à feuilles vertes.
La configuration des massifs est tout à fait arbitraire; ici les
petits détails de dessin et de subdivision qui charment tant,
lorsqu'il s'agit de corbeilles de plantes herbacées, seraient plutôt
nuisibles qu'utiles. Ces massifs peuvent aussi avoir une étendue
très variable. La plus modeste place, soit ronde, soit elliptique,
ou ayant une forme quelconque, se prête à de très jolies dispo-
sitions.
Pour de petits massifs, il est bon de ne pas trop varier les
espèces ou variétés et de ne pas les laisser atteindre une grande
(1) Bull. d*arb. 1873, page 348.
(2) Voir page 41.
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— 125 —
taille. Cette dernière recommandation ne rend pas^, comme on
pourrait le croire, plus difficiles la création et Tentretien de ces
massifs, quand ils ont peu d'étendue. En effet, ils sont et restent
d'autant plus beaux qu on est obligé de les tenir plus strictement
sous le sécateur. Nous recommandons pour tous les petits mas-
sifs, réguliers ou irréguliers, Tune ou Tautre des dispositions
suivantes en passant du milieu vers le bord.
A. O.
Corylus AveUana atropurpurea. Weigela rosea nana eleg. var.
Acer Negundo fol. alb.var. Leycesteria form osa (feuillage
Berberis vulgaris atropurpurea. vert foncé).
Lonicera brachypoda reticulata. Kerria japonica fol. var.
B. Vitis heterophylla fol. arg. var.
Hippophaë rhamnoides. D.
Berberis vulgaris atropurpurea. Acer Negundo fol. arg. var.
Eleagnus argentea. Corylus Avellana atropurpurea.
Symphoricarpos parvifl. fol. var. Symphoricarpus parvifl. fol. var.
Spirsea callosa alba nana.
Ces quatre exemples peuvent être variés à l'infini, soit au
moyen des arbustes dont il est question ici, soit en y substituant
d'autres. Ces petits massifs peuvent avoir avec grand avantage
une bordure de plantes vivaces. Le Campanula carpathica à
fleurs bleues fait bien contre une zone à feuillage clair, et le
Spiraea {ffotija japonica), quand il borde un massif terminé par
un ruban pourpre ou vert foncé ; nous employons beaucoup
ces deux plantes. Quelquefois aussi une bordure de Lierre
panaché ou ^Evonymm radicans à feuillage marbré blanc et
teinté rose, encadre ces petits massifs.
Il va sans dire que s'il s'agit de moyens et de grands
massifs, les ressources augmentent considérablement. On peut
dès lors avoir un arbre de milieu d'assez grande dimension,
entouré d'autres arbres en pyramides ou à mi-tige, pour arriver
successivement aux zones d'arbustes à feuilles diversement
colorées.
Nous avons déjà parlé, dans le cours de ce travail, des planta-
tions d'arbustes à feuillage blanc, gris ou pourpre, en simple ou
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— 126 —
double ligne, chacune plantée d*une seule essence, devant les
massifs et groupes planlés en varia, Nousappelons encore Tatten-
tion ici sur cet objet. Les feuillages foncés conviennent parfaite-
ment pour border les massifs qui tombent immédiatement sous
la vue, les blancs pour les parties plus éloignées, et les feuillages
gris, Eleagniis, Eippophaë, Shepherdia, Sàlix rosmarinifolia
et regalis, Hydrangea glauca, pour les lointains.
Dans les plantations, on peut tirer bon parti aussi de la
couleur des écorces;. c'est ainsi qu'un assemblage bien combiné
de Cornus sanguinea et sïbirica au bois rouge, de Kerria et
Leycesteria au bois vert franc, de Salix daphnoides à pulvéru-
lence glauque, de Saliûs vitellina et purptirea au bois jaune et
pourpre, peut être du meilleur effet.
Ce que nous venons de dire suffira pour donner une idée
des ressources immenses que les arbres et arbustes nous offi'ent
pour obtenir de charmants effets dans la plantation des jardins.
En indiquant la voie à suivre dans ces combinaisons artis-
tiques, nous n'avons pas demandé que, dans un jardin, toutes
les plantations se fassent de cette manière. Non certes, et
nous sommes le premier à en proscrire Tabus, sachant qu'il faut
bien distinguer le paysage proprement dit des ornements fac-
tices ; ces derniers ne contribuent favorablement à Tensemble,
qu'à la condition de n'être pas trop prodigués.
Fr. Burvenich.
EXPOSITION FLORALE A BRUGES.
La Société provinciale d'horticulture et de botanique de
Bruges a ouvert, le 22 mars, son Exposition annuelle. La grande
salle des Vieilles Halles était richement garnie de plantes
disposées avec beaucoup de goût. Le jury, présidé par M. de
Ghellinck de Walle et composé de MM. V. Biebuyck,
Edm. Claus, Devenster, Ingelrelst, Ch. Van Geert, H. J. Van
Huile, Jean Verschaffelt et Ém. Rodigas, secrétaire, a eu à
juger cinquante apports dont quelques-uns fort remarquables ;
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— 127 —
pris dans leur ensemble, ils témoignaient hautement des progrès
que l'horticulture à réalisés à Bruges, grâce aux efforts constants
des administrateurs de la Société: MM. Kervyn van Zujlen,
Thooris, Dumon, Coppieters, etc.
Mentionnons les Azalées de M. Kervyn van Zuylen et de
M. Jules Jooris, les Camellias et les plantes ornementales de
M"»* Serweytens et de M. Thooris, les plantes fleuries de
M"»* van Ockerhout, dont le lot renfermait un Pétunia greffe sur
un Nicotiana glauca; un beau lot de Jacinthes de M. Alf. Cop-
pieters, deux riches collections à'Aucuha de MM. Thooris et
Jooris, les jolis Cyclamen de M. L. Herrebaut, les ravissantes
Cinéraires des dames Deman et Peelaert, les Éricacées admira*
blement fleuries de M°*® Rotsaert, ainsi que les nombreux
apports de MM. Éd., Ém. et G. Vincke.
Citons encore un très beau Phanix et un splendide Aspidistra
Haram striata de M. Dumon de Menten, deux beaux Araucaria
exceha de la variété robusta glauca, de splendides Phormium
panachés et de beaux lauriers, une spécialité de Bruges.
Le nouvel ouvrage iconographique de M. Dallière, les Coleus
de M. Pecsteen, les plantes de serre à feuilles panachées de
M. Verhaegen, ont obtenu des médailles d'argent hors de con-
cours. Le jury a décerné une médaille de vermeil à une gracieuse
serre de salon, à laquelle son propriétaire, M. le baron Herwyn,
a adapté un ingénieux petit système de chauffage. Nous y
reviendrons spécialement. Emile Rodigas.
TRAVAUX A EXÊCDTER DANS LA CULTURE NATURELLE DES
PLANTES POTAGÈRES.
Avril.
Comme nous le disions, mars est souvent un mois hostile aux
travaux et on doit bien des fois se rattraper dans celui-ci. On
continue à semer tous les choux, sauf les Brocolis, qui ne se
sèment qu'en juin.
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— 128 —
Si l'on a un terrain propice à la culture de fèves de marais,
on en fera encore un semis ce mois-ci. On sème force pois
tardifs à gros grains ; on rame ceux semés et repiqués anté-
rieurement. On sème la grosse Laitue pommée et la Romaine à
demeure et pour transplanter. On fait des semis de carottes de
garde et autres plantes racines. Pour les entre-semis de radis,
qui se font pendant ce mois, on choisit les radis dits de mai,
blanc et jaune. On plante les grandes provisions de pommes de
terre et on met à demeure celles qu'on a fait germer dans des
pots ou des caisses. On plante en pleine terre les plantes de céleri
élevés sous châssis froid, ainsi que les choux-fleurs et les laitues
romaines. On sème en petits pots sous châssis, des concombres,,
courges, tomates, potirons, cardons, choux marins, qui seront
mis en place fin de mai. C'est aussi le moment de multiplier
le Chou marin par tronçons de racines et de tiges ; les plantes
adultes sont couvertes de pots aà hoc pour blanchir leurs feuilles.
On laboure les planches portant encore des produits d'hiver :
Épinard, Mâche, Bette blonde, Clajtonie, etc. Cette dernière
plante fleurissant de bonne heure, infesterait le jardin par ses
graines, si on ne songeait à temps à l'enfouir. On sème une
seconde fois des épinards, du Cerfeuil, du Cresson, à exposition
ombragée.
On met à germer en caisse ou mieux en pots, des graines de
haricots nains hâtifs. Flageolet à feuille gaufrée, et Noir de
Belgique. Nous engageons fortement à en agir de même avec les
variétés à rames. Sabre et Princesse.
Vers la fin du mois, on peut risquer un premier semis de
haricots en pleine terre, si le sol est sec. Un semis de Pourpier,
au pied du mur, sur plate bande en ados, a déjà chance de
réussir. On fait aussi un semis d'Endive à large feuille, dite
Scarole. On tombe en plein dans les soins de culture : sarclage,
serfouissage, arrosage, éclaircissage, etc. Il faut qu'en ce mois
le potager prenne sa toilette d'été.
Fr. Bvroenich.
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- m ^
CERCLE D'ARBORICULTURE DE BELGIQUE.
ADMISSIONS
prononcées en féTrier-mArs . ^
S^^ SÉRIE. — Membres protecteurs.
MM.
de Joncker (Edmond), rentier, chaussée de Bruxelles, 2,
Boitsfort; présenté par M. Guill. Evers.
de Loen d'Enschédé (le comte), rue de la Vallée, 2, Grand;
présenté par M. J. Samsoen.
Ide (Ch.), chef de culture à TÉcole de réforme, Ruisselede ;
présenté par M. Fr. Burvenich.
Koopmans, arboriculteur, Saflfelaere; présenté par M. Fr. Bur-
venich.
Lagae (Paul), industriel, chevalier de TOrdre de Léopold,
Courtrai; présenté par M. Fr. Burvenich.
Lagasse (Jean), jardinier chez M. le comte de Loen, au
château d'Orval, par Florenville (Luxembourg); présenté
par M. J. Samsoen.
Lefebvre (Léon), jardinier chez M. le baron Van Zuylen, Zulte ;
présenté par M. L. Boddaert.
Steyaert (Fr.), jardinier chez M. Anatole Claus, Meirelbeke;
présenté par M. Ém. Rodigas.
Tarjus (Célestin), jardinier chez M. l'avocat Poelaert, chaussée
de Tervueren, 245, Ixelles ; présenté par M. P. Marchand.
Van Rujskensvelde (Ben.), jardinier diplômé, Ophass^t; pré-
senté par M. Fr. Burvenich.
von Trauttenberg (le baron), chambellan de S. M. L R. et
Apostolique l'Empereur d'Autriche, Prague (Bohême) ; pré-
senté par M. Éd. Pjnaert.
Wayaffe (Nicolas), chef de culture chez M. Lejeune-Simonis,
Sohan par Pépinster (Liège) ; présenté par M. J. N. Hordebise.
11
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— 130 —
LE ROGNAGE DES FEUILLES.
Le système du rognage des feuilles pour la direction des
arbres fruitiers commence à faire son chemin en France,
et, d'après la mode de chez nous, je ne serais pas étonné
s'il avait, lui aussi, le secret espoir de détrôner ses rivaux et de
prendre leur place.
C'est encore à M. Grin, de Chartres, que nous devons d'avoir,
dans ces derniers temps, attiré tout particulièrement l'attention
sur ce que nous nommons si mal à propos le pincement des
feuilles — car on s'entête, en horticulture, à appeler < pincer i
enlever le morceau. Bien que le nom de l'habile horticulteur soit
resté comme inséparable du pincement court, sévère, et réitéré,
je crois m'être aperçu que lui-même, amour-propre à part, pen-
cherait volontiers à sacrifier son vieil enfant adoptif , pour
reporter sur le dernier né toute son ardente affection. M. Grin
est assurément trop bon observateur pour ne pas avoir remar-
qué les défaillances de ce pincement réitéré appliqué aux
pêchers vigoureux, et pour n'avoir pas reconnu combien étaient
hasardées les promesses de diminution de travail pour les cul-
tivateurs. Le palissage étant devenu inutile, il semblait que les
heureux praticiens n'allaient guère plus avoir qu'à laisser faire
toute seule cette bonne pâte de nature, laborieuse quand même,
et toujours prête à oublier sans rancune les atroces traitements
que nous lui faisons subir, t Pincez et repincez, disait-on, et,
tandis que vos collègues useront loques et marteaux à pratiquer
le palissage, vous vous promènerez, vous, les deux mains dans
les poches. • Et plusieurs, alléchés, recommencèrent un pince-
ment court, aussi court que possible. Pas de palissage. Très
bien ! Mais voici que, poussés par les liquides nourriciers trop
resserrés dans leur espace réduit, les bourgeons partent de tous
côtés. En voici là, à gauche, dix, vingt, trente, qui s'élancent
comme des fous; puis dix, vingt, trente à droite! Allons bon !
voici ceux du haut de l'espalier qui se révoltent ! puis ceux du
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— 131 —
bas, ceux d'en face, ceux de partout ! Il faut bien retirer un peu
les mains de ces bonnes poches. On va repincer ici, on court
repincer là, on monte vite à l'échelle pour repincer là-haut.
Pendant ce temps-là, de droite, de gauche, il repart d'autres
bourgeons qui s'élancent de plus belle, qui défient les serpettes
et les ongles, qui se dressent, qui se croisent, qui se heurtent,
qui s'insurgent, tous à la fois et à la débandade, et il n'est plus
bien étonnant que le brave horticulteur, fatigué de ce rôle de
chien de berger, guettant du matin au soir et faisant rentrer
dans les rangs les ennemis de l'ordre, retourne à ses palissages,
laborieux mais rémunérateurs.
Arrive alors, pour recueillir la succession prête à s'ouvrir, le
pincement ou plutôt le rognage des feuilles, à la moitié de leur
longueur, opération sur les détails de laquelle je n'ai pas à
m'arrêter pour le moment. « Non seulement, dit M. Grin,
je force à rester paisibles, bien assis sur la base des rameaux,
tous les futurs bourgeons de remplacement, mais je fais naître
des fleurs, et par conséquent des fruits, n'importe où vous
"voudrez. Vous en voulez un ici? crac ! voici! Un autre là? Je
pince la feuille, et c'est faiti Revenez à la saison prochaine
et je vous livrerai la commande. »
Vous concevez qu'on ne peut pas vivre longtemps côte à côte
avec une idée fixe, même bonne, sans que l'exagération arrive,
et il faut bien lui faire un peu sa part ; mais, en dehors de cela,
il est certain que ce rognage des feuilles, arrêtant la végétation,
arrive à produire les meilleurs résultats entre des mains habiles,
et beaucoup de nos horticulteurs, qui d'abord se faisaient tirer
Toreille, le pratiquent maintenant avec satisfaction. Ils n'affir-
ment pas qu'ils seront assez puissants pour enchaîner à volonté
les bourgeons à leurs places s'ils ont affaire à de vigoureuses
espèces ; mais ils en modèrent réellement la fougue, et, sur les
sujets de moyenne vigueur, ils les domptent.
Je n'ai l'intention que de signaler ce rognage des feuilles aux
praticiens observateurs, et de leur en recommander l'essai;
j'en ai vu, la semaine dernière, une fort heureuse application
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- 132 "
faite par M. Chevalier, de Montreuil, pour la formation de la
tige centrale d'une palmette de pêcher. Je n'ai pas besoin de
dire combien cette tige embarrasse souvent, par suite de son
extrême vigueur; tout naturellement, la sève, lancée avec force
dans ce rameau vertical, le nourrit plus grassement que les
rameaux latéraux, ce que nous cherchons toujours à éviter par
des pincements et le reste, sans parfois y parvenir. Or, voici ce
qu'avait fait M. Chevalier, avec une réussite complète.
Une fois le scion planté et rabattu sur un œil triple, il en avait
laissé se développer les trois bourgeons ; puis, quand celui
de la tige atteignait à peu près O^IS de longueur et que
le bouquet terminal de ses jeunes feuilles allait s'ouvrir, se
servant soit de la serpette soit des ongles, il en avait rogné une
bonne moitié de chacune. De là arrêt momentané. Plus tard, la
tige reprend sa route, guidée par V^ bourgeon central, que le
repiquage n'a pas atteint ; au prochain bouquet de feuilles qui
se forme à son extrémité, même opération, et ainsi de suite. De
ces rognages successifs il résulte non seulement une suite
d'arrêts dans la végétation, mais un ensemble de surface de
feuillage beaucoup moins considérable ; or, les feuilles apportant
leur part de nourriture au rameau, celui-ci subit les effets de
cette privation ; il pâtit, et se maintient ainsi dans les propor-
tions restreintes qu'on lui désire.
Ceci est un simple exemple ; on voit d'ici toutes les applica-
tions qui seront possibles à un horticulteur expérimenté, soit
pour la direction des charpentes, soit pour la formation des
coursonnes ; si la suite en fait ressortir des inconvénients, elle
en constatera certainement les avantages.
A qui sera dû ce perfectionnement ? Je n'ose dire que M. Grin
en soit positivement le premier inventeur, car il est à peu près
certain que, de nos jours, celui à qui ses loisirs permettraient de
feuilleter une bibliothèque horticole complète, saurait bien y
retrouver ça et là presque toutes nos nouveautés du moment,
depuis la nomelle greffe à la vrille, déjà décrite chez les Romains,
jusqu'à la forme carrée du Pêcher, si clairement expliquée en
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— 133 —
1773, taille par taille et année par année, au moyen de 16 figures
accompagnées de texte, par Pelletier de Frépilon, dans son
E^ai sur la taille des arbres fruitiers, œuvre soi-disant d'une
société d'amateurs. Il n'en est pas moins vrai que, cette fois,
nous aurons des obligations sérieuses à l'infatigable chercheur
de Chartres, et, comptant sur le zèle toujours actif des horticul-
teurs belges, amateurs, professeurs et jardiniers, j'espère qu'eux
aussi seront bientôt à même d'apporter leur approbation au
rognage des feuilles, pratiqué non seulement sur le Pécher mais
sur bien d'autres essences encore.
Voici, du reste, le moment d*agir.
Théodore Buchetet.
NOTES DE VOYAGE (1).
Nous avons déjà dit que dans beaucoup de localités en Alle-
magne les plantations fruitières en plein champ sont chose
commune. Dans les environs de Nuremberg et de là jusqu'à
Trechtlingen et Ingolstad et presque jusqu'à Munich, elles sont
moins fréquentes. Le pays que nous traversons a un aspect
pauvre et délaissé; les sapinières, assez nombreuses, sont mai-
gres et mal entretenues ; le sol tout en étant sablonneux et peu
riche, produit d'assez bon houblon ; mais on remarque aisément
qu'il y a manque de bras. Ce qui nous frappe surtout, ce sont les
ardoises blanches qui couvrent tous les toits, les tiges blanches
des sapins probablement recouvertes de résine, la teinte d'un
blanc grisâtre qui domine partout. Notons aussi que les sabots
semblent inconnus aux habitants. Les bois deviennent plus
rares ; on n'aperçoit que la plaine presque unie, à peine cul-
tivée, couverte de ronces ; ou bien de maigres pâturages dans
lesquels des troupeaux de centaines de vaches cherchent le rare
(l) Voir page 12;^.
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— 134 —
herbage. On n'y voit presque pas de fermes. Pays désolé! Mais
patience, nous veirons mieux tout à l'heure.
Nous voici à Munich, capitale de la Bavière. Que de richesses !
De tous ces magnifiques monuments, de ces riches musées, nous
ne dirons rien, si ce n'est qu'ils sont disposés de telle façon à
pouvoir être ornés extérieurement au moyen de plantations
grandioses. La plupart possèdent déjà cet ornement ; d'autres,
ce nous semble, doivent bien longtemps attendre, témoin la
Glyptothèque. Par contre, la place de TObélisque et les squares
sont superbement ornés de fleurs et de plantes à feuillage. Ce
dont il est fait surtout un fréquent usage, ce sont les statues
et les œuvres artistiques de ce genre : dans un seul square
mesurant à peine 100 mètres de long sur trente de large, nous
avons compté cinq statues de bronze, plus que grandeur natu-
relle, et il en est de même partout.
A Munich encore, la rue Maximilien nous offre le Boulevard
le plus large que nous ayons jamais vu ; elle a 80 mètres de
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Fig. 11. — Boalevard à Hanich.
largeur, et est subdivisée comme suit : A, route devant les
maisons, 7 mètres; B, jardin, 20 mètres; C, promenade pour
piétons, 7 mètres; D, grande voie centrale carrossable, 12 mè-
tres; puis de nouveau, E, 7 mètres de promenade, F, 20 mètres
de jardin et G, 7 autres mètres de route. Les trois chemins du
milieu sont bordés de quatre rangées d'arbres, reliés entre eux
par des lianes, dont l'effet est ravissant. Signalons aussi les
bordures naines faites en Ziçustrum vulgare^ rasées très court.
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— 135 —
Mentionnons aussi le Jardin botanique, où nous sommes heu-
reux de rencontrer notre ami et collègue M. Max Kolb, qui
nous en fait les honneurs. Tout ce qui touche aux arts et aux
sciences est richement doté à Munich ; il en est de même aussi
du Jardin botanique (1). Les serres sont splendides, sans que les
dispositions soient tout à fait pratiques ; elles renferment des
exemplaires magnifiques et rares de divers végétaux. Nous y
notons entr'autres un Corypha austraîis de 16 mètres d'élévation
et dont le tronc nu, haut de six mètres, porte une couronne de
plus de 100 feuilles ; un très grand Chamaerops hystrWy etc.
Nous y voyons aussi le rare Victoria regia et une collection très
complète de plantes aquatiques de serre chaude et de serre
tempérée. Quant au jardin, il est fâcheux qu'il soit coupé en
deux par une rue. Dans une des sections nous signalons une
collection assez riche de Conifères bien dénommés, de petits
étangs et marais artificiels pour les plantes aquatiques de plein
air, ainsi que la plantation d'une seule rangée de plantes sur
chaque planche, à l'école de botanique. Dans une autre partie
nous sommes très agréablement surpris par la plus riche collec-
tion de plantes alpines que nous ayons encore eu l'occasion de
voir.
L'emplacement occupé par celles-ci est abrité du soleil la
majeure partie du jour au moyen d'une plantation épaisse et
élevée. Des roches grossières y sont très irrégulièrement dis-
posées, sur une épaisseur de 0"50 à 1"50, les unes couvertes de
terre, les autres partiellement de mousse, dans lesquelles les
plantes sont placées, les unes à demeure, les autres en pots. La
plupart semblent jouir d'une excellente santé et un grand
nombre déployaient au moment de notre visite une riche flo-
raison. Aussi en conservons-nous le plus agréable souvenir.
(I) Le personnel attaché au Jardin comprend : M. le prof. C. Nâgeli,
assisté du D' A. Engler, puis M. Max Kolb, hortulanus ou Garten
InspectOTy comme on l'appelle ici, un jardinier chef, un chef-ouvrier,^
six ouvriers et dix aides, en outre un surveillant.
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— 136 —
Suivant le conseil de notre ami M. Kolb, nous ne quittons pas
Munich sans avoir visité le parc ou jardin ançlais, ainsi que le
château royal de Nymphenburg aux abords de la ville. Le parc
renferme beaucoup de naturel, peut-être même un peu trop,
car, en fait de mauvaises herbes, la nature semble avoir le
dessus. A Nymphenburg, au contraire, tout est grandiose,
d'un âge respectable, d'un effet saisissant, en même temps
d'une excessive simplicité mais d'une propreté ponctuelle. Les
immenses pièces d'eau, les fontaines, les statues, les œuvres
d'art de toute nature qu'on y rencontre, sont vraiment innom-
brables. Les plantes de serre seules sont assez insignifiantes, et,
quant à la taille raisonnée des arbres fruitiers, on semble n'en
avoir, dans cette partie de la Bavière, aucune notion jusqu'à
ce jour.
En rentrant à Munich, nous remarquons quelque chose de
nouveau. Le long de la voie publique sont plantés des peupliers
de Canada dont la tige est arrêtée à 5 ou 6 mètres de hauteur :
on a de la sorte obtenu, en peu de temps, sur un mauvais
terrain, une voûte de verdure touffue, d'un assez bon aspect.
Autour de Munich la terre est légère et le climat très
variable. Comme trait de mœurs on peut citer qu'il est défendu
sous peine d'amende d'y travailler le dimanche.
Mais sans être rassasié de tout ce que Munich renferme de
beau, il nous faut partir afin d'arriver au Congrès à Vienne au
jour voulu et de pouvoir jeter en passant un coup d'œil sur le
Tyrol. En route donc.
Quelle chaleur accablante que ce jour de fête du 15 août, et
quel trajet doublement ennuyeux sur le chemin de fer qui con-
duit en ligne droite de Munich à Rosenheim, sur un parcours de
45 kilomètres et cela à travers une région plate, maigre, mal
cultivée, des prés arides, des tourbières étendues et par-ci
par-là des forêts de sapins larges de plusieurs lieues et mal
entretenues !
Pour donner une idée du peu de valeur du sol dans ces parages,
il suffira de mentionner que la voie ferrée et beaucoup de pro-
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— 137 —
priétés privées y sont circonscrites, abritées, par une plantation
d^une triple rangée de sapins qui, plus ou moins tondus, forment
une haie assez touffue, mais ayant au moins 3 mètres d'épais-
seur et occupant en conséquence beaucoup de terrain.
Mais à mesure que nous approchons de Rosenheim, d'abord à
gauche, puis à droite, nous apercevons dans le lointain les cimes
bleuâtres des Alpes du Tyrol qui bientôt, à partir de Kufstein,
nous environnent de toutes parts. Quels riants et gras pâturages
on rencontre dans ces vallées où, du reste, il n'existe pas beau-
coup d'autres cultures ! Cependant on y voit partout de nom-
breux vergers, mal ou pas soignés du tout, abandonnés à la
grâce de Dieu. Les noyers, pommiers et poiriers spécialement
y viennent pourtant assez bien, tandis que les cerisiers y dépé-
rissent partout.
Des plantations fruitières encore, des prairies et des forets,
puis plus l'ombre même de notre agriculture belge, des mon-
tagnes de plus en plus élevées, et nous arrivons enfin au cœur
même du Tyrol.
Nous ne dirons rien du caractère de cette contrée, de ses
mœurs et coutumes : ils sont assez connus. Quant à l'agriculture
et l'horticulture, celui qui aime la nature sauvage dans toute sa
majesté, comme l'Europe peut l'offrir, doit être satisfait. Mais
si l'on recherchait ici de l'horticulture proprement dite, quelle
déception on éprouverait! On ne découvre ici rien, absolument
rien de semblable. D'ailleurs, la nature y est trop belle et trop
riche pour avoir besoin d'ornement.
jy. /. VanEuUe.
. {A continuer,)
is
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— 138 —
DE LA NÉCESSITÉ DE SIMPLIFIER LA NOMENCLATURE
POMOLOGIQUE.
Propositions présentées au Congrès pomologique de Vienne
PAR Éd. Pynaert.
Messieurs,
n serait superflu, je pense, d'exposer dans tous leurs détails
les inconvénients et les conséquences d'une nomenclature fautive
et compliquée. Savants et praticiens, tout le monde sera d'accord
sur ce point.
Cependant il est incontestable que même parmi ces derniers,
notamment parmi les pépiniéristes et les obtenteurs de variétés
fruitières, il en est qui ne tiennent pas suffisamment compte des
règles établies par la science en cette matière.
Je crois. Messieurs, faire chose utile en priant cette assem-
blée, qui possède dans son sein tant d'hommes dont les noms
font autorité en pomologie et en arboriculture fruitière, de
bien vouloir acquiescer, au moins sous forme d'un vœu, aux
propositions que je vais avoir l'honneur de vous soumettre.
La question de la nomenclature, aussi bien en pomologie
qu'en botanique, est d'une importance majeure, et son influence
sur les progrès de la culture et la connaissance des bonnes
variétés ne pourra être mise en doute par personne.
Aussi se plaint-on depuis longtemps et non sans raison de la
confusion qui règne dans la dénomination d'un grand nombre de
ces variétés.
D'autre part, cette question a un rapport intime avec celle de
la classiflcation. Si celle-ci, dans les circonstances présentes,
laisse encore plus ou moins à désirer, il existe cependant des
genres de fruits pour lesquels une classification scientifique
pourrait être adoptée. Ainsi les pêches peuvent être classées
sans la moindre difficulté en pêches proprement dites, brugnons,
pêches lisses ou nectarines, et pavies ou pêches duveteuses dont
la chair adhère au nojau. Dans ce cas, il serait avantageux
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— 139 -
désormais de faire précéder le nom de la variété de la dénomi-
nation indiquant la section à laquelle le fruit appartient.
Il en est tout autrement quand il s'agit de genres concernant
lesquels les savants ne se sont pas jusqu'ici mis d'accord.
Sous ce rapport, nous signalons avant tout les poires et
les pommes. Chez les premières, il semble qu'il serait très
utile de supprimer (bien entendu dans l'avenir), les dénomina-
tions telles que Bergamotte, Bézy, Beurré, Colmar, Doyenné,
Saint Germain, etc., et chez les pommes, celles de Calville,
Reinette, Rambour, etc., dont il a été fait jusqu'à un certain
point un abus réel. Ne plus adopter ces dénominations pour les
variétés nouvelles, serait évidemment faire un premier pas
vers la simplification de la nomenclature.
En effet, quelle valeur peut-on accorder à ces expressions,
alors que dans les listes de synonymes l'on trouve des poires à
la fois signalées comme Beurré, Doyenné et Bergamotte?
Quant aux noms eux-mêmes, les plus courts sont toujours les
meilleurs. On ne doit pas oublier que de nos jours les variétés
fruitières réellement bonnes et recommandables se répandent
avec une rapidité extraordinaire dans toutes les contrées du
globe et que leurs noms, une fois qu'ils franchissent les fron-
tières, se corrompent d'autant plus vite qu'ils sont plus longs.
Supprimons aussi les additions inutiles et superflues. Évi-
tons avec le même soin les répétitions.
Au lieu de dire Somenir de Simon Bouvier, pourquoi ne pas
dire tout court Simon Bomier ? et s'il existait une variété por-
tant déjà le même nom propre, comme c'est réellement le cas ici
et comme cela arrive pour d'autres poires, ne serait-ce pas
une preuve de l'inconvénient du double emploi des mêmes déno-
minations, qui ne peuvent occasionner que de la confusion et
augmenter les difficultés des études pomologiques? Ces études
ne sont déjà que trop arides par suite de l'extension croissante
de la nomenclature et de la tension que celle-ci impose à l'esprit.
H est désirable enfin que dans les catalogues on ajoute désor-
mais à tous les noms de variétés, le nom de l'obtenteur ou de
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— 140 —
Fauteur qui en fit la première description. Il est inutile d'in-
sister sur la nécessité de cette mesure qui attachera un certain
caractère d'authenticité à l'origine des fruits nouvellement
admis dans les collections.
(Traduit de l'allemand d'après les Verhandlungen des intema-
tionalen pomoîoçischen Congresses,)
VITICULTURE.
Une petite invention.
La nécessité est la mère de l'industrie, dit un vieux proverbe,
dont Texpérience confirme tous les jours la vérité. En effet,
ce sont les nécessités se produisant sans cesse, qui poussent
l'homme au progrès et à
9 l'invention. Cela est vrai
P en culture, ainsi que dans
toutes les sciences, et ce
l'homme a su tirer parti
de la matière que le Créa-
teur a mise à sa disposi-
tion. Voici une de ces
nombreuses petites inven-
tions dont l'importance est
pourtant manifeste, puis-
qu'il s'agit de faciliter la
Fig. 12. - Soufflet à «onfrer. guérisou d'uuo maladie
qui, malgré tout, attaquerait nos vignes, si Ton ne se hâtait
d'en prévenir le retour.
La figure ci-jointe donne une idée de la modification qu'on a
fait subir à l'ancien soufflet en caoutchouc employé au soufrage
de la Vigne. L'ajutage en fer blanc a été simplement remplacé
par un autre en roseau ou Arundo Donax,
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— 141 —
L'appareU entier se compose de quatre parties distinctes.
D représente un petit tuyau de 0'°02 ayant une incision
tout autour pour qu'il puisse être placé dans Tembouchure du
soufflet et être serré suflâsamment avec du fil de fer ou bien
de la ficelle.
B est un autre tuyau taillé un peu coniquement à ses deux
ouvertures pour faciliter son entrée d'une part dans la section D,
d'autre part dans la partie A.
C représente une petite portion de grenadine ou de léger
canevas à tamis qu'on place sur le côté supérieur du tuyau B.
A est un petit anneau servant à fixer l'étoffe destinée à jouer
le rôle de la petite pomme qu'on emploie d'habitude.
Pour que l'étoffe ne soit pas en contact avec les feuilles de la
Vigne quelquefois mouillées, l'anneau A doit dépasser l'étoffe
de quelques millimètres.
Avec cet appareil, on arrive à une grande économie de soufre,
ce qui suffirait déjà pour mériter qu'on le popularise ; mais il a
en outre Tavantage de soufrer parfaitement bien ; on n'a qu'à
renouveler la grenadine de temps à autre.
OUveira, junior.
Porto (Portugal).
NOUVEAUX HELLEBORUS.
Parmi les Hdlébùrus indiqués comme étant des espèces,
plusieurs possèdent un caractère franchement ornemental et
mériteraient d'être mieux connus. Tels sont le H. niger avec sa
variété à grandes fleurs blanches, le H. purpureus à fleurs du
plus beau pourpre velouté ; tels sont surtout le B. abskasicus
A. Br., renseigné dans le catalogue de Booth dès 1851, et deux
ans plus tard dans la liste des graines du Jardin botanique de
Berlin(l), et le ff, olympicm Bot. Reg. dont les fleurs sont plus
(l) Index SeminumEori. Berol, 1853.
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— 142 —
grandes et plus rosées, et qui n'est probablement qu'une forme
plus parfaite de H, airoruhns Wald.
La découverte de ce dernier remonte à 1822 ; il a pour patrie
la Hongrie, tandis que le H. abshasicus fut trouvé, il y a une
quinzaine d années, sur le versant du Caucase faisant face à la
Mer Noire.
Bien des fois, en voyant fleurir côte à côte ces plantes, nous
avons douté de leur différence spécifique ; une expérience prati-
que confirme pleinement cette manière de voir. En effet, des
semis réitérés de If, abshasicus fécondé par H. olympiens et
vice-versa ont produit des formes possédant tour à tour les
caractères de plusieurs espèces admises par les auteurs, de telle
sorte que les JJ. abshasicus A. Br., ff. atrorubens Wald.,
ff. purpurascens Wald,, et R, olympiens Bot. Reg. pourraient
bien devoir se réduire à un seul type; et en vertu des règles
de la nomenclature botanique, la priorité du nom spécifique à
maintenir appartiendrait au H* atrorubens Wald.
Quoi qull en soit de cette question scientifique que nous vou-
lons seulement effleurer ici, ces plantes sont doublement pré-
cieuses dans les jardins, à cause de leur floraison printanière et
de leur beau feuillage. Si leurs fleurs précoces résistent à toutes
les intempéries, à la gelée comme à la neige, la verdure et la
vigueur de leur feuillage les rendent remarquables durant toute
l'année.
Au nombre des semis auxquels nous avons fait allusion tout à
llieure, M. le D*" Rodigas a obtenu, dans ses cultures, à Saint
Trond, plusieurs variétés qui ajoutent aux qualités du type le
mérite d'offrir des coloris nouveaux. Parmi ces variétés, nous
aimons à signaler les suivantes :
E. A. var. flore roseo (Rod.), se distingue par sa teinte rosée
qui se détache en flnes stries sur un fond pâle.
ff. A. var. flore purpureo laeviçato (Rod.), remarquable parla
forme arrondie de la fleur et la couleur rouge pourpre de
celle-ci.
J7. A . var. flore aïbo (Rod.), peut-être la plus remarquable de
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— 143 —
ces variétés. Les fleurs d'un blanc pur, aux bords légèrement
tientés de rose, tranchent admirablement sur les couleurs de ses
congénères.
H. A. var.fiore purpureo (Rod.), rappelle par son feuillage
et par son coloris le jET. purpttrascens Wald., bien que cette
variété provienne positivement du type ff, aishasicus. Les
fleurs ne sont pas aussi grandes que celles de ce dernier ; leur
forme est parfaite et leur couleur purpurine est extrêmement
distinguée.
ff. A, var, Jlore luteolo (Rod.), remarquable à la fois par la
grandeur de ses fleurs et sa teinte jaunâtre lavant un fond vert.
En somme ces variétés sont appelées à enrichir les parterres,
et si Ton veut se donner la peine de les rempoter en automne,
on pourra les tenir longtemps fleuries à la fenêtre.
La culture de ces plantes est extrêmement facile. Une terre de
jardin ordinaire, mi-sableuse et mi-argileuse, pourvu qu'elle ne
soit pas trop pauvre, leur convient parfaitement. Dans les terres
sèches et très sablonneuses, il faudra les arroser quelquefois
pendant l'été, sans quoi la floraison suivante est compromise.
Multiplication par séparation des touffes au printemps ou en
automne. Emile Rodigas.
CONSERVATION DU RAISIN.
On sait généralement que le raisin mûr peut se conserver sur
cep pendant longtemps dans les serres à vignes et que coupées
avec un bout du sarment qui les porte, les grappes se gardent
bien fraîches et bonnes dans une chambre aérée et sèche, si on
plonge les sarments dans des floles remplies d'eau à laquelle on
ajoute un peu de charbon de bois pulvérisé. M. Rose-Charmeux,
l'habile viticulteur français, a inventé pour cet usage, de petits
récipients en zinc que nous avons déjà fait connaître ailleurs à
nos lecteurs, et dont nous reproduisons le dessin. (Fig. 13.)
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— 144 —
Un recueil hebdomadaire estimé, The garien, vient de publier
une petite note, signée William Dodds et accompagnée du dessin
Fig. 13. — Appareil à conserver le raisin.
d'un appareil extrêmement simple, pour conserver le raisin.
La fig. 14 en donne une reproduction : ce sont deux tubes en
zinc ou en fer blanc, qui sont soudés en forme de Y. Les
dimensions n'en soni; pas indiquées, mais nous supposons qu'un
diamètre de 3 ou 4 centimètres et
une longueur de 0'"25 seraient une
bonne proportion. Ces tubes sont mu-
,. nis d*un fil mince d'archal et peuvent
s'enfiler pour être suspendus à une
petite barre de fer ou une latte. Nous
n 'avons pas besoin de faire ressortir
davantage la simplicité et lutilité
pratique du AsMon court grape pré-
server. A ce propos, M. W. Dodds
fait observer qu'il vaudrait la peine
Kg. 1*. — Appareil d'Ashton Court, pour les grauds amatcuTS de [raisins
d'avoir une petite serre principalement destinée et appropriée
à la conservation. Le local, dit-il, serait chauffé, aéré et tenu
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— 145 —
sec à volonté et à l'abri de la poussière. Pendant les mois
d'été, il servirait à de jeunes vignes en pots, des melons ou des
concombres.
Pour notre part, nous ajouterons qull ne serait pas sans
utilité de cultiver dans cette intention certaines variétés tar-
dives, qui ont le mérite de se conserver mieux que d'autres, soit
sur cep, soit sur sarments plongés dans Teau.
Pour ne pas donner des conseils vagues, nous faisons suivre
les noms des variétés les plus recommandables pour la conser-
vation :
Lady Downe*s Seedling. Royal Vineyard.
Barbarossa. West's St. Petei-s.
Burchardt's Prince. Trebbiano.
De Calabre. Muscat d'Alexandrie.
Certaines de ces variétés possèdent cette qualité au point
qu'il arrive, avec le Lady Donme's Seedling entr'autres, que
les grappes mûres pendent encore sur les ceps alors que la
vigne bourgeonne et montre déjà les rudiments de sa futu];*e
récolte. Fr. Burvenich.
PRONE COLUMBIA.
Les amateurs qui ont visité notre grande exposition de
fruits, en septembre dernier, y auront vu avec satisfaction la
collection de prunes exposées sur branches par M. C. Thien-
pont, propriétaire et bourgmestre, à Étichove. Le Comité de
pomologie de notre Cercle s'est empressé d'appeler son artiste
sur place pour prendre quelques modèles que la dégustation
devait désigner à son habile pinceau. La Prune ColtmMa
à laquelle nous allons consacrer quelques lignes, fut une des
premières élues.
C'est un fruit de grande dimension et de première qualité.
Fruit quelquefois un peu déprimé, rarement oblong. Sillon
peu profond.
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— 146 —
Epicarpe de couleur pourpre foncé à reflet brunâtre, réguliè-
rement marqué de gros points fauves et couvert d'une pruine
blanche abondante. Cette peau est assez épaisse et s'enlève facile-
ment.
lia chair est ferme, jaune orange, aromatisée, sucrée, d'une
saveur exquise, relevée; elle se détache bien du noyau.
Cette variété est une des meilleures parmi les gros fruits
pourpres. Son volume atteint souvent les dimensions de 0'"12
à 0^15 de circonférence.
Maturité dans la dernière quinzaine de septembre. Fruit
de dessert et à compotes. Les rameaux sont vigoureux et chez
les jeunes arbres, les feuilles sont assez grandes. La branche
exposée qui a servi de modèle, provenant du verger de M. Thien-
pont établi sur le versant nord d'un coteau, où tous les
exemplaires ont un âge déjà respectable et une fertilité qui ne
se dément jamais, n'oifrait qu'un feuillage très réduit. L'arbre
dans son ensemble est d'une belle tenue.
Cette variété est d'origine américaine, comme une quantité
des plus précieuses de ses congénères. On prétend qu'elle est
issue d'un noyau de Reine Claude verte; ce serait un écart bien
étrange de la nature, aussi il n'est pas surprenant que tenant
compte de tous ses caractères, le pomologue allemand Liegel
en fasse un descendant de la Reine Claude violette. D'après
Downing, c'est M. Lawrence, d'Hudson (New-York), qui en
est Tobtenteur et qui l'a nommée Columhia gage.
Dans nos recherches sur ce fruit, nous avons rencontré une
description d'une Prune Columbia à fruit jaune.
L'ouvrage allemand lllustrirtes Handluch der Obstkunde fait
mention aussi d'un fruit jaune verdâtre répandu sous le nom
de Columbia et qui serait le LucomWs nonsuch.
Il est hors de doute que nous avons affaire ici à la vraie
Prune Columbia décrite par un grand nombre de pomologues.
Jahn, le regretté pomologue allemand, exprime ainsi son
appréciation sur ce fruit :
« La Prune Columbia est un très beau fruit, un des plus
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— 147 —
beaux que je connaisse. L'arbre chargé de fruits a un aspect
imposant, on croit voir des pommes bleues! L'arbre mérite
d'être planté dans tous les jardins. »
C'est aussi notre opinion et nous exprimons le vœu que les
pépiniéristes en multiplient pour toutes les formes.
Fr, Burvenich.
LES SCIES PERFECTIONNÉES.
Pendant mon séjour à Reutlingen, M. le D"" Lucas m*a fait
voir deux scies ou égohines pour l'arboriculture, que j'ai fait
connaître déjà en Angleterre par la voix autorisée du Garde--
ners' Chronicle. Je suis persuadé qu'en Belgique, en Hollande et
en France, ces instruments simples et pratiques seront appré-
ciés aussi comme ils le méritent. Je ne puis mieux faire pour
les mettre sous les yeux d'un public nombreux que d'en envoyer
le dessin et une petite notice aux Bulletins du Cercle d'arlorU
culture de Belgique.
La petite scie de poche diffère de l'ancienne égohine, fig. 15,
en ce qu'au lieu d'avoir une double
rangée de dents B, elle n'en a qu'une,
et elles agissent en sens inverse,
c'est à dire que la scie ne mord qu'en
tirant l'instrument à soi(l).
Il est à remarquer (fue cet instru-
ment, sans être une nouveauté dans le
sens absolu du mot, n'en est pas
moins trop peu répandu parce qu'il
facilite beaucoup les amputations de
grosses branches.
L'autre est une modification très
ingénieuse de la scie à archet. La
lame qui est mobile, peut se tourner
dans toutes les directions suivant que
(1) La figure qui accompagne cette note, ne montre pas distinctement
cette particularité de la scie à tirer.
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— 148 —
les branches offrent le plus de prise. Une vis de rappel et
une vis de pression forment tout le mécanisme. D'ailleurs,
un coup d'œil sur la figure ci -jointe suffira pour faire com-
prendre qu'un tour de la vis placée près de la poignée, fixe ou
¥ig. 16. — Scie de poche.
C
Fig. 17. — Scie à archet.
relâche la lame, tandis que le mouvement de celle de l'extré-
mité imprime la direction.
Les opérations d'élagage étant toujours très pénibles et non
sans offrir quelque danger, il nous semble que tout perfection-
nement dans les outils doit être pris en sérieuse considération
par les hommes du métier.
Dedemsvaart lez Zwolle (Hollande).
A. M. C. JongUndt-Cminck.
TAILLE DES LILAS.
Ils sont donc impitoyables ces arboriculteurs !
Si au moins ils voulaient bien se contenter de tailler les
poiriers et les pommiers, les pêchers et les vignes, sur lesquels
leur art produit des merveilles que chacun se plaît à recon-
naître et à admirer. Mais vouloir tailler les lilas de nos bos-
quets, qui chaque printemps nous gratifient spontanément de
cette profusion de fleurs que tout le monde aime ! que pourront-
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— 149 —
ils avoir à attendre de l'impitoyable sécateur? — Entendons-
nous cependant.
n est vrai que les lilas n'attendent pas l'intervention du
jardinier pour donner chaque printemps leurs thjrses si suave-
ment parfumés. Il est sans conteste encore que la taille
donnée mal à propos peut nuire à la floraison, voire même la
détruire totalement dans son germe au moins pour une année.
Mais il est hors de doute aussi que les touffes de lilas qu'on
laisse se développer librement, finissent par se dégarnir, s'af-
faiblir au point de ne plus donner que des fleurs petites et un
feuillage rare qui devient malade en été et tombe chaque année
prématurément. Ceux qui ont pu observer la floraison des
jeunes et vigoureux plants de pépinière à leur 2« et 3® année,
savent combien les thyrses de ces plantes sont supérieurs à ceux
qu'ils montrent plus tard dans les bosquets et dans les massifs
des jardins. Ne voit-on pas diminuer sensiblement ces gigan-
tesques inflorescences de nos belles variétés : B^ Liniley,
Charles JT, Gloire des Moulins et tutti quanti?
Pour les conserver dans toute leur vigueur, il faudrait tailler
ces touffes, c'est à dire raccourcir annuellement ou au moins
une année sur deux tous les rameaux et éclaircir les tiges trop
nombreuses.
Mais que faire? Le Lilas fleurit à l*extrémité de ses forts
rameaux d'un an, et chaque coup de sécateur décapite un ou
plusieurs bouquets de fleurs. Entretenir les touffes bien garnies
dans un état de vigueur continuelle, par la taille, sans sacrifier
des fleurs, telle est la question qui se pose, et qu'il sera
d'autant plus facile de résoudre qu'elle est résolue depuis long-
temps. Nous n'aurons donc qu'à la rappeler à nos lecteurs.
Le Lilas, comme tous les arbustes à floraison printanière et
terminale sur le bois de l'année, se taille immédiatement après
la floraison. En effet, si on raccourcit les rameaux avant la
floraison, on sacrifle tous les boutons de l'arbuste. En ne les
taillant jamais, ils s'allongent et s'affaiblissent constamment.
En les rabattant sous les fleurs, après que celles-ci commen-
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— 150 —
cent à se flétrir, les plantes donnent du jeune bois qui est
d'autant plus vigoureux que la taille empêche subsidiairement
la fructification. Or, il est connu que les lilas qui portent graine,
n'y gagnent rien comme aspect et perdent beaucoup en vigueur.
L'amateur qui voudrait par la taille entretenir coquettement
ses massifs, pourrait en suivant certaines règles, le faire tout
en favorisant la floraison des arbustes. Dans une publication
flamande qui parut en 1864(1), nous avons fait paraître un
travail complet sur la taille des arbustes d'ornement. Cette
partie du jardinage n'est donc pas nouvelle, elle ne demande
qu'à être plus vulgarisée encore ; aussi nous j reviendrons.
Fr. Burvenkh.
CRÉATION ET ENTRETIEN DES PELOUSES.
IV.
Beaucoup de ces machines peuvent travailler, il est vrai,
sans la caisse et laissent l'herbe coupée sur le sol. Dans ce cas
se trouve aussi, par
exemple, la tondeuse
€ Éclipse, » de W. S.
Boulton et C'« (fig. 18
et 19), parfaitement ou-
tillée et fonctionnant
avec beaucoup d'aisance.
Mais sous ce rapport, le
travail de la machine
américaine de Willianas
" nous parait encore m-
Fig. 18. - Tondeuse Éclipse sans caisse. finimCUt SUpéricur.
Nous montrons ici deux dessins de cette tondeuse que son
(1) Jaarboek voor hofbouw\unde*
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— 151 —
inventeur a nommée ArcUmédienne. La figure 20 présente le
Fig. i9. — Toadense Eclipse avec caisse.
modèle primitif dont il a déjà été parlé dans un Bulletin pré-
cédent, et la figure 21 un système perfectionné Tannée dernière.
L'apparition de cette ma-
chine a été le point de
départ d'une modification
importante dans la con-
struction des tondeuses.
Nous pensons que l'in-
venteur de cette dernière
a été heureusement inspiré,
quand il a disposé l'appa-
reil de manière à éparpil-
ler en tous sens l'herbe
coupée. La beauté des pe-
louses ne souffre aucune-
ment de la présence de
l'herbe coupée, lorsque
celle-ci n'est pas trop lon-
gue. — D'ailleurs, au bout
de peu de jours, de quel- ^*^- ^^' ~ Tondeuse Archimédienne de Williams.
ques heures en pleine saison végétative, une verdure nouvelle
se montre entre les brins desséchés, dont Taccumulation
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— 152 -
produit à la longue un terreau favorable au développement
j.v^
Fig. 21. — Tondeuse Arcbimédienoe nouvelle.
des graminées. Ajoutons que cette herbe coupée agit comme
r>v un voile protecteur et abrite le erazon
Le perfectionnement ap- Flg. 22. — Tondeuse anglo-amérioaioe renversée.
Digiti
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— 153 —
porté à rArchimédienne Williams et produisant Téparpille-
ment uniforme de Therbe coupée, a été appliqué aussi aux
nouvelles machines de MM. Follows et Bâte, de Manchester,
qui produisent également un travail aisé et très rapide.
Celle dite « Anglo-américaine » représentée par les trois
figures 22, 23 et 24, est surtout recommandable pour les pe-
louses destinées au jeu de croquet. Son travail est très régu-
lier et si nous devions lui trouver un défaut, ce serait peut-
être dans la perfection même de ce travail ; car elle coupe les
gazons aussi ras que possible. On peut corriger ce défaut —
si défaut il y a, car l'appréciation dépend du point de vue d'où
Ton considère la chose — en augmen-
tant plus ou moins le diamètre des roues.
Ces roues qui remplacent ici le rouleau
des autres tondeuses et communiquent le
mouvement rotatoire aux
lames tranchantes, sont
recouvertes d'une bande
de caoutchouc. Il suffi-
Fig 23. — Toodense aDglo-américaiae dépourvue de sa caisse.
rait d'employer une bande plus épaisse pour éloigner davantage
les lames du sol et couper le gazon moins court.
On -voit par les figures 23 et 24 que la tondeuse anglo-améri-
caine peut à volonté ramasser l'herbe ou l'éparpiller comme
l'américaine de Williams. Lorsque l'herbe est humide, on la
coupera toujours de préférence sans la caisse. Un autre avan-
tage que nous lui avons reconnu, c'est qu'on peut la faire
rouler sans danger sur un pavé, pour la transporter d'un
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— 154 —
endroit à l'autre en la tournant simplement sens dessus des-
machine très sim-
ple, très légère (
peu élevé. Ce
« Climax » (fig. ;
peut manœuvre:
de laquelle or
rherbe sur les j
tes. La vignette
une de ces petites
en œuvre pourra
sablement raid<
On en tire surtoi
un parti très avai
tageux pour entr
tenir les bordure
des chemins et d(
massifs de fleuri
Nous devoni
pour conclur(
quelques conseils
Fig. 24. — Tondeuse anglo-américaioe avec caisse.
Fig. 25. — TuDdense Climax.
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— 155 —
aux personnes qui veulent faire usage des tondeuses. D'abord
c'est une erreur de vouloir les employer sur des gazons mal
créés ou mal tenus. Il faut donc commencer par disposer con-
venablement le sol pour former une belle pelouse. C'est là le
point essentiel. Nous nous sommes suffisamment étendu sur cet
objet pour n'avoir pas besoin d'insister davantage.
En second lieu, il ne faut pas attendre que Therbe soit devenue
Fig. 26. — Tondeuse Climax sar tains.
trop longue. Alors elle pourrit souvent du bas et, après la coupe,
la souche souffre plus de l'ardeur du soleil. Il est préférable,
lorsqu'il en est ainsi, de faucher d'abord pour ne faire fonc-
tionner la tondeuse que deux ou trois jours après.
Enfin, et cette recommandation est la plus importante, préci-
sément parce que les ouvriers le plus souvent en tiennent le
moins compte, il faut maintenir la machine en bon état de
propreté, bien la ressuyer dans toutes ses parties, chaque fois
qu'elle a servi, et la placer dans un endroit à l'abri de l'humidité.
Ce n'est pas difficile, chacun le sait; mais de ces précautions
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— 156 —
élémentaires dépendent cependant le bon usage et la durée de
ces appareils dont la vogue s'accroît, en dépit de la routine, à
mesure que le goût de Thorticulture se répand davantage.
Éi^ Pynaert,
VARIÉTÉS.
L'enseignement horticole à l'étranger. — Tous les arts
comme toutes les sciences, en tant qu'utiles et perfectibles,
doivent avoir leur enseignement, établi sur des bases aussi
larges que possible. Lliorticulture a nécessairement le sien.
L'Allemagne et la Hollande, à Tinstar de la Belgique, ont depuis
quelque temps déjà des écoles bien organisées.
Notre zélé confrère, M. Charles Baltet, a fait ressortir, dans
une brochure (1) qu'il publia Tannée dernière, l'importance de
cet enseignement pour la France, en demandant qu'il soit donné
dans les établissements scolaires normaux et primaires, ainsi que
dans les écoles d'agriculture, et qu'il soit complété par la création
de bibliothèques horticoles, l'institution de conférences publiques
et enfin la fondation d'une école supérieure d'horticulture.
Ce dernier vœu est en voie de s'accomplir en ce moment. En
eflfet, M. Hardy fils, qui, en vertu d'une mission du Gouverne-
ment français, est venu dernièrement étudier à Gand l'orga-
nisation de notre école d'horticulture, nous informe, que l'école
qu'il est appelé à diriger au jardin de Versailles s'ouvre inces-
samment. Nous souhaitons le meilleur succès à la nouvelle
école et nous avons lieu de croire que les efforts de M. Hardy
seront d'autant plus eflScaces, qu'il s'est décidé à suivre entière-
ment le mode d'organisation de l'École d'horticulture de Grand.
En Angleterre, où généralement toutes choses sont abandon-
nées à l'initiative privée, l'enseignement de l'horticulture est
encore limité à un sérieux apprentissage, secondé par une excel-
lente presse horticole. Un de ses organes les plus autorisés,
(1) Ch. Baltet. De V enseignement de Vhorticulture, Troyes, 1873.
Br. in-8«.
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— 157 —
le savant D'^ Maxwell T. Masters, appelait dernièrement de
tous ses vœux Torganisation en Angleterre d'écoles spéciales
analogues à la nôtre, tellement il est convaincu qu'un simple
apprentissage est insuffisant.
Cependant celui-ci semble devoir s'améliorer, grâce encore à
l'initiative privée. En effet, le Gardeners" Chronicle nous apprend
que l'établissement horticole Veitch ouvre, pour ses apprentis,
une sorte de phalanstère où ces jeunes gens trouveront, à côté
de moyens d'instruction plus faciles, un régime alimentaire
meilleur et peu coûteux. Nous félicitons sincèrement M. Veitch.
Conférences sur rarboricnlture. — Tandis que le nombre
des auditeurs aux conférences publiques ne cesse de s'accroître,
à mesure que les cours publics eux-mêmes sont multipliés dans
toutes nos provinces, le chiffre de ceux qui sollicitent le diplôme
de capacité diminue d'année en année. En 1873, 47 candidats
se sont présentés aux examens et 18 seulement ont obtenu le
certificat, dont deux de première classe : M. Leys, de Duffel,
élève de M. Ch. De Vis, et M. Moris, de Rillaer, élève de
M. L. De Haes. Le premier a été admis aux examens de Gand,
le second à ceux de Vilvorde. Si nous pouvons complimenter
les arboriculteurs diplômés, nous avons d'autre part à déplorer
qu'ils soient si peu nombreux. La perspective d'un diplôme à
conquérir était un sérieux stimulant pour ceux qui s'imposaient
le devoir de suivre les cours publics parfois pendant plusieurs
années. Que sera-ce si ce stimulant leur échappe ?
D'où provient cette espèce de découragement ? Nous pensons
qu'il peut être attribué à trois causes. D'abord, l'extrême sévé-
rité des jurys d'examen éloigne bon nombre de candidats
suffisamment capables et considérés comme tels par leurs
professeurs, mais peu désireux de s'exposer à un échec. Une
personne très compétente nous disait dernièrement que si le
jury universitaire usait d'autant de rigueur que les jurys
arboricoles, bientôt nous n'aurions plus ni ingénieurs, ni
avocats, ni médecins.
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— 158 —
Vient ensuite l'espèce d'amende de dix francs qui frappe le
candidat malheureux. Il a beau avoir fait preuve d'aptitude dans
la plupart des matières ; s'il échoue dans l'une d'elles, il n'obtient
pas le certificat désiré et, en outre, il perd les dix francs versés
pour son inscription. Comme si la peine de son échec n'était
déjà pas suffisante ! Aucune considération ne nous semble justi-
fier cette mesure, et l'encombrement ainsi que les inscriptions
qui auraient pu être prises à la légère, étaient parfaitement
évités par la disposition réglementaire primitive, permettant de
rendre le montant de l'inscription à tous les candidats présents,
diplômés ou non.
Enfin, une troisième cause est le relèvement du tarif des
transports par le chemin de fer pour les grandes distances.
Les jardiniers qui osent aujourd'hui courir la chance de se
présenter à l'examen, s'exposent à un échec d'abord, à une
amende ensuite ; ils perdent, en outre, une couple de journées de
travail et doivent payer une somme relativement considérable
pour leur voyage. Autrefois, on leur garantissait le retour gra-
tuit; pourquoi n'en serait-il plus de même actuellement?
Avant de recourir à des mesures de rigueur, avant de suppri-
mer la faveur que l'on jugeait utile naguère, il faudrait pouvoir
dire que chaque commune en Belgique a au moins un jardinier
capable : or nous n'en sommes pas encore là. Ém, Bodigas.
L'EXPOSITION DE PLANTES A ST NICOLAS.
Nous assistions à cette exhibition le 4 avril en qualité de
membre du jury et nous éprouvons le besoin d'en dire quelques
mots. Certes, on n^ pouvait s'attendre à trouver à St Nicolas les
richesses horticoles qu'on rencontre aux grandes expositions.
Les habitants sont industriels avant tout et le développement
rapide qu'a pris leur ville prouve surabondamment l'extension
de leur commerce. Mais comme à toute époque l'aisance et le
luxe ont fait naître l'horticulture, il devait en être de même
à St Nicolas ; aussi s'y est-il formé une Société â/ Agriculture,
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— 159 —
de Botanique et de Pomologie, ajant à sa tête, comme prési-
dent, M. le colonel en retraite S. Grégoire, un nom bien connu
des pomologues, et comme secrétaire M. Leconte, jeune amateur
qui promet beaucoup, puis un conseil d'administration qui nous
a semblé très dévoué.
Constitués en société depuis un an à peine, n'ayant pas encore
de local très convenable, n'en étant d'ailleurs qu'à leur 2® expo-
sition, et pour tout dire, n'ayant pas jusqu'ici pu faire assez de
propagande, ces Messieurs n'ont pu réunir, à St Nicolas même,
autant de contingents qu'ils l'auraient bien désiré. Les princi-
paux lots étaient ceux de M. Van Mieghem, consistant en
30 plantes fleuries et des collections fort belles d'Agave,
Yucca et Dracaena. Puis l'envoi de M. Leconte, également
30 plantes fleuries, des Fougères et des plantes à feuillage
panaché. M. Van Wtberghe avait aussi ses 30 plantes fleuries
et de magnifiques Cinéraires ; M. Van Naemen quelques Pal-
miers, et M. Verdurme une quinzaine de plantes ornementales
d'une santé parfaite. Des environs étaient venus MM. de
Bergeyck avec des Rosiers assez bien fleuris et des Cinéraires
d'une culture irréprochable ; puis M. Hillegeer avec deux admi-
rables collections de plantes à feuillage panaché. On le voit,
cela n'est pas si mal pour une société qui débute.
De Gand étaient venus MM. Wyckaert et Collumbien; le pre-
mier avec des collections de 30 plantes fleuries, 10 Palmiers,
12 Fougères, deux lots de Rosiers, des plantes bulbeuses, etc. ;
aussi a-t-il remporté le prix d'honneur. Le second y avait envoyé,
à part la collection de 15 grandes plantes ornementales qui lui
valurent le l®"" prix, quelques autres spécimens de décoration
d'une culture parfaite. Il s'était en outre spécialement chargé de
l'arrangement du salon de l'exposition, soin pour lequel le Con-
seil lui a voté une médaille de vermeil.
En somme donc l'Exposition de St Nicolas, tout en laissant
encore beaucoup à désirer, nous a cependant prouvé qu'on est là
dans un terrain fertile. Le germe du goût horticole y existe ;
avec les soins nécessaires il se développera. H.J. FanHulle,
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- 160 -
TRAVAUX A EXÉCUTER DANS LA CULTURE NATURELLE DES
PLANTES POTAGÈRES.
Mai.
Plusieurs graines n'ont pu être semées pour des considéra-
tions de température, et quantité de plants attendent le moment
d'être confiés à la pleine terre. Pendant ce mois, toutes les
lacunes peuvent se combler. On sème la grande provision de
haricots nains et à rames, de pourpier, de cardons, de betterave
à salade, de concombres, de courges, de tétragone pour autant
qu'on en ai fait des semis sous châssis, qu on plante à demeure
dans ce cas. On garnit les nouveaux carrés d'artichauts par des
œilletons auxquels on a fait reprendre racine en pots. On
plante les tomates, les piments. On fait des repiquages de
laitue romaine et de toutes les plantes semées en février ou en
mars : choux de toute espèce, céleri à côtes et céleri-rave. On
sème des endives et les premiers navets blancs plats hâtifs,
dits navets de mai. On sème à l'ombre les épinards et les
herbes potagères, cerfeuil, cresson, etc.
On est en pleine récolte d'asperges et de fraises et on coupe
les dernières ^^«^r^ de Brocolis auxquels on a déjà contreplanté
des pommes de terre précoces. Il y a énormément à sarcler, à
biner et souvent à arroser et à pailler. Nous insistons sur l'im-
portance de ces deux opérations, si ce mois donne des jours
chauds. On coupe dès leur début les stolons des fraisiers qu'on
ne cherche pas à multiplier. On fait plusieurs seconds et troi-
sièmes semis, par exemple de pois à gros grain, de carottes de
garde et courte de Hollande, de choux de Milan et de Bruxelles
destinés au produit printanier.
Mai nous apporte en même temps que les fleurs une grande
quantité d'insectes, qui éclosent par le beau temps. On leur fait
une chasse active, surtout aux hannetons dont la progéniture
est si fatale aux fraisiers, aux laitues, aux endives et à tout ce
qui est tendre et succulent. Fr. Burvenich,
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— 181 —
CERCLE D'ARBORICULTURE DE BELGIQUE.
ADMISSIONS
prononcées en avril-mai.
3"* SÉRIE. — Membres protecteurs.
MM
Collumbien (Pr.), horticulteur, rue de la Sauge, Gand ; présenté
par M. H. J. Van Huile.
De Schepper-Beuckel, industriel, Saint Nicolas ; présenté par
M. H. J. Van Huile.
Bu Dok-De Wit, négociant, Amsterdam (Hollande) ; présenté
par M. H. J. Van Huile.
Godts, curé, Ejzer sous Isque, par La Hulpe (Brabant) ; pré-
senté par M. Antoine Baudet.
Jooris (Emile), échevin, Bruges; présenté par M. H. J.
Van Huile.
Michiels (Joseph), receveur particulier, rue du Commerce, 79,
Bruxelles ; présenté par M. Antoine Baudet.
Otto de Nieulant, président de la Société agricole de TOuest et
du Comice agricole, Bruges ; présenté par M. H. J. Van Huile.
Pilette (Aristide), propriétaire et cultivateur. Gages (Hainaut) ;
présenté par M. Broquet.
Silvercrujs, curé, Leefdael par Tervueren ; présenté par M. An^
toine Baudet.
Société royale et impériale d'horticulture de Vienne ; présentée
par M. H. J. Van Huile.
Talboom-Joos, banquier. Saint Nicolas ; présenté par M. H. J.
Van Huile.
Van Rompaj (Ad.), jardinier, Suerbempde près de Tirlemont ;
présenté par M* Gojens-Coenen,
13
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— 162 —
CERCLE DTOORICULTURE DE BELGIQUE.
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
tenue à l'Hôtel de ViUe de Brngee, le 26 ayril 1874.
La séance est ouverte à 11 heures du matin, dans la salle des
réunions du Conseil communal.
Prennent place au bureau:
MM. Van Huile, vice-président du Cercle d'arboriculture de
Belgique, président;
Éra. Jooris, échevin de la ville de Bruges ;
Kervyn van Zujlen, président de la Société d'horticulture
de Bruges ;
Otto de Nieulant, président de la Société agricole de
rOuest et du Comice agricole de la Flandre occiden-
tale ;
Coppieters, vice-président de la Société d'horticulture de
Bruges ;
Thooris, secrétaire communal et secrétaire de la Société
d'horticulture de Bruges ;
Fr. Burvenich et Éd. Pynaert, membres du Conseil
d'administration du Cercle d'arboriculture ;
Ém. Rodigas, secrétaire général,
M. de Ghellinck de Walle, président du Cercle ; M. F.
Rodigas, vice-président ; MM. Biebuyck, Boddaert, Hordebise
et De Vis, membres du Conseil, se sont excusés de ne pouvoir
se rendre à l'assemblée de ce jour.
Un grand nombre de membres du Cercle, venus de divers
points du pays, et des membres de la Société d'horticulture de
Bruges et de l'Association des jardiniers de la même ville
assistent à la réunion.
M. LE Président. — Messieurs, nous sommes heureux de
tenir notre première assemblée de cette année à Bruges, dans
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— 163 —
ce centre justement renommé par le développement de son
agriculture, de son horticulture et depuis quelque temps aussi,
nous le constatons avec une réelle satisfaction, par Timpul-
sion donnée à Tarboriculture fruitière.
Avant d'aborder notre ordre du jour, j*ai hâte d'offrir à
l'administration communale de Bruges, représentée ici par
M. réchevin Jooris, les plus vifs remerciements pour la bien-
veillance avec laquelle la salle où nous sommes réunis a été
mise à la disposition de notre Cercle. Merci, Messieurs, de cette
nouvelle marque de sympathie dont le Cercle peut s'honorer à
juste titre.
Je me plais aussi à remercier M. le président de la Société
d^horticulture de Bruges et M. le président de la Société agricole
qui veulent bien assister à cette réunion. Je saisis cette occasion
pour leur dire combien nous apprécions les efforts qu'ils ne
cessent de faire en vue des progrès de toutes les branches de
notre agriculture. Le concours de vergers qui se prépare
actuellement sera un lien de plus qui unira désormais vos
Sociétés à la nôtre; aussi formons-nous les vœux les plus
ardents pour que ce concours réussisse. (Applaudissements.)
M. L'ÉcHEViN JooRis. — Au nom de l'administration commu-
nale de Bruges, je remercie M. le Président des paroles bien-
veillantes qu'il nous a adressées. En mettant notre hôtel de
ville à la disposition du Cercle d'arboriculture de Belgique, nous
n'avons pas seulement suivi l'exemple donné par d'autres villes
du royaume, mais nous avons été guidés en outre par nos
propres inspirations ."Nôtre ville a toujours été sympathique à
tout ce qui touche à la science et particulièrement à la science
agricole dont vous activez les progrès et qui travaille au déve-
loppement du commerce national. (Applaudissements,)
M. Le Président. -— Notre ordre du jour porte des questions
se rattachant à des intérêts divers et sur lesquelles nous
désirons nous éclairer ; pour cela nous comptons sur l'aide de
ceux qui, dans le cours de leurs expériences, auraient ren-
contré des faits utiles à signaler.
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— 164 —
l"" Beddition ded comptes pour 1873.
M. Le Secrétairb général donne lecture des comptes déposés
par le trésorier et arrêtés par le Conseil de la manière suivante :
PASSIF.
1 . Déficit au 31 décembre 1872 fr. 59 72
2. Secrétariat » 800 •
3. Annuité à la Fédération des Sociétés d'horticul-
ture de Belgique » 30 •
4. Médaille d'or offerte par le Cercle à la Société
royale d'agriculture et de botanique de Oand,
comme prix d'un concours spécial ouvert à
l'arboriculture fruitière, lors de l'Exposition
quinquennale d'horticulture • 150 i
5. Bibliothèque, abonnement, reliure . . . . i 58 50
6. Dépenses des sections > 73 58
7. Circulaires et avis imprimés i 74 35
8. Frais d'administration » 316 81
9. Session extraordinaire à l'occasion de l'Exposi-
tion quinquennale • 108 54
10. Encadrement des planches pour la même
Exposition i 47 25
11. Part du Cercle au banquet oflTert aux mem-
bres décorés de l'Ordre de Léopold . . . • 162 83
12. Excédant des frais de l'Exposition de Gand
et de Vienne i 862 08
fr. 2743 66
ACTIF.
1. Subside de l'État à recevoir pour
l'année 1873 : . . fr. 500 »
2. Somme payée par les éditeurs des
Bulletins éTarboriouUure, etc. sur les
quittances perçues en 1873 .,.••• 935 i 1435 \
Déficit au 31 décembre 1873. . . fr. 1308 66
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— 165 —
M. LE SBCR^TAiRE oéK^RAL fait observep que ce déficit est le
résaltat deâ ciroonsiances exceptionnelles dans lesquelles le
Cercle s'est trouvé engagé Tannée dernière. Il annonce en même
temps que M. le Ministre de Flntérieur a fait connaître au
bureau que le Oouvernement est décidé à venir en aide au
Cerole pour couvrir une partie des dépenses occasionnées par la
double Exposition de Gand et de Vienne. Il y a donc lieu
d'espérer que, grâce à quelque économie, on arrive à équili-
brer le budget,
**- L'approbation des qomptes est ratifiée par rassemblée.
8° Pinoement où togmage des feuilles.
M. Van Hulle. — Voici, Messieurs, ce qui m'a engagé à pro-
poser la mise à l'ordre du jour de la question du pincement, des
ieoilles, Depuis que l'arboriculture fruitière a marché de pro-
grès en progrès, Timportànee du pincement des bourgeons
a été bien des fois mise en 09,use, parce que cette opération a été
très souvent inal comprise et par suite mal appliquée. Dans
Men des cas, elle a eu pour résultat des déceptions et des
mécomptes. A la suite de ce pinoement, on obtient fréquemment
de faux bourgeons, des bourgeons anticipés, au lieu d'obtenir decf
productions fruitières.
Cependant, il est incontestable que le pincement en lui-même
est une bonne obose ; c'est une opération des plus utiles pour
ramener ott ooflser ver l'équilibre dans les ramifications.
Un de $^m plus zélés corresponds-nts, M. Th. Bucfaetet, dans
an article que vous lirez avec plaisir dans le Bulletin du laois de
mai, signale les inconvénients du pincement répété des botur-
geons, et se demande s'il n'y aurait pas utilité à remplacer cette
opérattpn p^ le pifiçenue^t partiel des feuilles,.
Peut-ét|?e y a^^tâi dans l'assemblée deç praticie];i9 ayant déjà
expérimenté ce dernier procédé ; nous serions charmés de
eonitBitre leur 9p^té(mimn à oet égard.
M. BuBVÉNiCtt. -- Le pâneement des feuilles n'est pas. un
Digiti
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— 166 —
procédé nouveau. Il consiste à enlever Textrémité des feuilles
du bourgeon avant leur entière éclosion, et il a pour but d'ob-
tenir des yeux plus rapprochés et d'arrêter momentanément les
bourgeons. Mais il donne lieu aussi à des jeux trop faibles ;
ne trouve-t-on pas toujours des yeux mal conformés, là par
exemple où Ton a affaire à des feuilles? Aussi, je ne puis
donner mon entière approbation à ce procédé, s'il s'agit de
l'appliquer à toutes les feuilles indistinctement. Toutefois,
il a du bon quand on le pratique sur les feuilles qui deviennent
inutiles plus tard, et dans le cas spécial des deux feuilles
latérales accompagnant la feuille principale sur le Pécher.
En pinçant ces petites feuilles, on prévient la naissance des
faux bourgeons ou tout au moins on retarde le développement
de ceux-ci.
Très bien compris et bien appliqué, le pincement donne
un moyen certain d'établir l'équilibre entre les diverses produc-
tions d'une même branche ; il fournit aussi le moyen de hâter
la mise à fruit. Mais trop souvent le pincement est mal compris ;
il ne faut en aucune façon laisser à cette opération la charge
de tout faire à elle seule, de tout produire. Elle doit être
combinée avec les autres opérations de la taille d'été, de même
que celle-ci doit aller de pair avec la taille d'hiver.
M. Pynaert résume en français ce que M. Burvenich vient
de dire en langue flamande. Il rappelle que lerognage des feuilles
ou la suppression d'une partie des feuilles supérieures du bour-
geon a été appliquée avec succès à la transformation des rameaux
vigoureux en productions fruitières. Seulement il considère ce
procédé comme trop minutieux et exigeant que l'on visite ses
arbres tous les jours.
S"" Opérations de la taille d'été considérées an point de Toe
des diverses opérations de la taille d'hiver.
M. Burvenich. — Dans les opérations de la taille d'été on
ne réussit pas toujours à modifier les bourgeons vigoureux en
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— 167 —
bois à fruit. D'après moi, cet insuccès ne dépend ni du sol, ni
de la variété, ni de la saison, mais uniquement de Tabsence
d'accord entre la taille d'hiver et la taille d'été.
A entendre beaucoup de jardiniers, il n'y aurait aucun mal
à faire imparfaitement la taille d'hiver; ils se disent qu'ils
y reviendront lors de la taille d'été. Or, c'est là une croyance
dont il importe de signaler les dangers.
Lors de la taille d'hiver, rien ne peut être laissé à charge de
la taille d'été. Ainsi, quand on peut prévoir positivement
qu'un œil deviendra inutile, et on le peut dans la plupart des
cas, ne dites jamais : j'enlèverai plus tard la pousse qui en
provient, mais opérez immédiatement.
Il ne s'agit ni d'hésiter, ni de douter ; c'est par le doute
que périssent les meilleures méthodes. Ainsi l'éborgnage doit
être fait durant la taille d'hiver, sans cela les yeux inutiles et
ceux trop bien placés se développent au détriment des autres ;
et quand ils sont en train de se développer, il est trop tard de
vouloir s'en défaire. Si Ton n'éborgne pas les yeux superflus,
on crée un mal pour ainsi dire sans remède.
La taille du prolongement des branches charpentières est
aussi en relation intime avec le pincement des bourgeons. Plus
on les taille et moins il y aura avantage à pratiquer le
pincement. En effet, la moitié des yeux restants se développent
avec trop de vigueur. En les pinçant, on obtiendra deux ou trois
bourgeons anticipés au lieu de faux bourgeons. On s'est bien
dit que le premier, le deuxième ou le troisième œil doit devenir
un bourgeon à fruit ; mais ces yeux font comme s'ils n'en
savaient rien, et ils se développent à bois ; on a beau les pincer
encore, ils partent toujours.
n vaut donc mieux prévenir ce développement dès la taille
d'hiver en éborgnant, au moyen de la serpette ou des ongles, les
yeux qui avoisinent l'œil de taille. Souvent un premier pince-
ment suffira ensuite pour contenir les bourgeons faibles qui se
seront produits normalement.
Il arrive très souvent que, en négligeant l'éborgnage, il n'y
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— 168 -
a plus cTautre remède que d'enlever les bourgeons sar leur
empâtement; dès lors on forme une plaie; celle-ci produit un
arrêt de la sève, et les jeux stipulaires voisins partent à leur
tour. Si l'œil a été éborgné, il n'y a pas de plaie et les jeux
stipulaires, au lieu de s'emporter, se développent normalement.
Il y a d'autres remèdes encore que le pincement, tels sont le
cassement et la torsion ; mais le cassement ne peut se faire
qu'en juillet et août; or, c'est trop tard. Il n'y a plus moyen
alors d'affaiblir les boui^eons sur lesquels on opère, il n'y a plus
moyen de les obliger à se mettre à fruit.
Quant à la torsion, elle a pour effet de gêner la sève; mais
elle est bonne seulement pour un rameau en particulier et non
pour tous. En l'appliquant, il s'agit, en outre, de se rendre
eompte si l'on ne va pas nuire beaucoup aux petites productions.
{Sera continiU)
REVUE DE UARBORICDLTDRE ET DE LA POMOLOGIE.
Le Beurré Dubuisson tient-il ses promesses, justifie-t-il les
éloges que les Bulletins du Cercle, par l'organe d'ijn de ses
membres les plus autorisés, lui ont décernés en lui donnant
place dans la Nouvelle Pomologie lelge ?
Voilà la question que bon nombre de nos confrères nous ont
posée dans le cours de cet hiver. Nous avons pu déguster
quelques spécimens qui nous avaient été gracieusement offerts
par M. Delrue-Schrevens, et nous devons déclarer que ces fruits
ont surpassé encore, s'il est possible, en qualité ceux que nous
avons goûtés les années précédentes. Nous oserions même cer-
tifier, et notre avis est partagé par plusieurs confrères qui ont
fait la dégustation de ces fruits en même temps que nous, que le
Beurré Dubuisson peut être placé comme finesse, vinosité et
parfum de la chair au-dessus du Passe Colmar et du Beurré
d^Eardenpont, et ce n'est pas peu dire, surtout lorsque nous
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— 169 —
ajouterons que ces poires provenaient aussi du sol priviligié
de Tournai, o\i ils atteignent une saveur incomparablement
supérieure à celle que ces mêmes fruits acquièrent dans d'autres
situations.
Comme revers de médaille, il nous faut constater que jus-
qu'ici le Bmrré Suiuisson est loin de témoigner de cette
vigueur de végétation 4ui est une si précieuse qualité aux yeux
des pépiniéristes.
Notons encore que M. Delrue-Schrevens avait eu la complai-
sance d'envoyer à Bruges deux exemplaires de Beurré Du-
duisson, destinés à rassemblée du 26 avril. Us sont arrivés à
THôtel de ville après la séance. Un bon fruit qui se garde
jusqu'à cette date n*est certes pas à dédaigner.
Les poiriers à fleurs doubles. — Nous cueillons dans le
fascicule triple récemment publié de la Revue de r arboriculture i^)
l'observation suivante, d'un intérêt aussi vif pour les paysagistes
horticoles que pour les amateurs de bon fruits. Elle est signée
du nom d'un pomologue des plus estimés, M. Ch. Baltet, et
nous sommes convaincu que tous ceux qui aiment à associer
l'utile à l'agréable lui sauront gré de sa communication.
Parmi les variétés de Poires qui ont résisté aux gelées de
printemps, écrivait M. Ch. Baltet aux rédacteurs de la Revue,
j'oubliais de vous citer notre Comte Zelicur qui nous a donné
quelques fruits. Avez-vous remarqué que c'est la plus jolie fleur
double de Poirier qui existe? Tandis que les Beurré de Naghin,
Calebasse Oberdieck essayent de doubler leur corolle, tandis que
l'ancienne Bergarmtte Double fleur a l'aspect quelque peu lâché
(l) Nous profitons de cette occasion pour exprimer le regret de
▼oii* interrompre la publication de cette Revue qui avait conquis si
rapidement les vives sympathies de tous les amis de l'arboriculture.
Nous espérons que ce^te interruption ne sera que moment|inée et que
les rédacteurs de cet excellent journal, MM. 0. et T. Thomas, repren-
dront prochainement la plume qu'ils ont vouée si vaillamment aux pro-
grès de la pomologie.
il
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— qaoiqae joli — le ConUe Ldieur présente sa corolle trapue»
serrée, bien arrondie, parfaitement double et très r^ulière.
CTest on agrément de plus en faveur de cette exquise Tariété.
« •
L'arboriculture fruitière an Japon. — Un des membres de
la Commission japonaise à l'Exposition universelle de Vienne,
M. Wagener, a publié récemment, dans une lettre reproduite
textuellement dans le numéro de décembre 1873 de la Revue
horticole de Paris, des renseignements très curieux sur Fétat
actuel de la culture des arbres fruitiers au Japon. Llntérêt qui
s'attache à ces renseignements que M. Wagener a obtenus lui-
même d'un jardinier, nous fait croire qu'on lira avec plaisir
quelques extraits de cette lettre.
L'arboriculture fruitière est, paraît-il, fort bien connue au
Japon, quoiqu'elle n'y soit pas pratiquée sur une échelle aussi
grande que dans les contrées tempérées de l'Europe.
Le nombre des variétés cultivées n'est pas parfaitement
déterminé. Il y a bien une vingtaine de variétés de poires.
Quant aux pommes, elles sont toutes mauvaises.
On cultive une cinquantaine de variétés de Kakis {^); les
orangers sont également nombreux, et les meilleures oranges
viennent de Kushin. Il y a deux espèces de figuiers, dont Tune
a des fruits beaucoup plus petits que ceux de l'espèce cultivée
en Europe.
On rencontre aussi des vignobles, notamment au pied du
Fusi-Yama ; le fruit est très bon à manger, les grappes sont
volumineuses et les grains plus gros que ceux du Chasselas de
Fontainebleau.
Il y a bien une vingtaine de variétés de pèches et d'abri-
cots : mais les premières ne sont pas fort bonnes. On évalue le
nombre des variétés de prunes à une centaine. A propos des
cerises, que les Japonais aiment beaucoup, on cite un détail
(1) Diospjffos Ka%i Linn. — Plaqueminier.
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curieux. On a Thabitude au Japon de manger les cerises bien
avant qu'elles ne soient mûres. Il n'est pas étonnant dès lors
qu'on les trouve petites et mauvaises.
Tous les arbres sont greffés, sans exception, et les procédés
de greffage employés sont à peu près les mêmes que ceux usités
chez nous. Toutefois, il paraît qu'il j a aussi au Japon des
pomologues qui, par la sélection et les semis, cherchent à
obtenir des variétés nouvelles.
Tout comme chez nous, il y a des jardiniers spéciaux pour la
culture des arbres fruitiers et même pour une seule espèce.
La taille est considérée elle-même comme une affaire de
grande importance.
Ce qui est plus fort, c'est qu'il y a des règles exactes pour
chaque espèce. Ainsi par exemple les poiriers sont cultivés
sur tiges de la hauteur de la taille d'un homme, et toutes les
branches sont palissées sur un treillage horizontal et établi sur
toute rétendue du verger, de telle sorte qu'on peut se promener
sous les arbres et cueillir les fruits à la main.
De révalnation on de l'estimation des arbres froitiers
dans les jardins, les champs et les routes publiques, par
le D"^ LucAs(l).
Sous ce titre, nous avons reçu de Téminent directeur de
l'Institut pomologique de Reutlingen, un travail excessivement
intéressant et que nous nous proposons d analyser en détail
aussitôt que le temps et l'espace nous le permettront.
L'évaluation des arbres fruitiers, soit à la fin d'un bail, soit
dans le cas d'une expropriation forcée, est une de ces questions
qui jusqu'ici n'ont pas été traitées aussi sérieusement qu'elles
le méritent. Le plus souvent on procède à cette opération d'une
façon sommaire et vraiment criante. Nous pourrions citer
(\)Die Taxation der hochstâmmige Obstbâume an Strassen, aufFeldern,
md Obstgârten.— Broch. in 8« de 59 pa^es. — Leipsig, Weissbach, 187;i,
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plusieurs cas où le cultivateur, au moment de récolter le fruit
de sa peine et de ses soins a été iniquemejit dépouillé. Ainsi
nous avons vu évaluer quinze francs un prunier de Mirabelle
précoce, arrivé dans sa pleine pMode de production et dont le
produit avait été vendu Tannée précédente 80 francs !
Le défaut résulte de ce que dans ces sortes d'expertises on a
recours précisément à des gens complètement étrangers à Tarbo-
riculture, et parmi les hommes du métier, beaucoup ignorent les
bases d'après lesquelles une évaluation doit se faire pour être
équitable.
Nous croyons que ce sera chose utile que d'éveiller l'attention
sur cet objet : nous même, nous nous proposons de traiter cette
question. Le travail de M. le D'' Lucas nous sera excesaivement
précieux à cet égard.
» >
La Ponune Barthélémy Du Mortier. — Notre excellent
confrère M. Delrue-Schrevens nous a envoyé, il y a quelques
mois, un superbe spécimen de cette nouvelle variété de pomme;
nous l'avons fait peindre et nous nous proposons de la publier
dans la Nouvelle Pomologie lelge. En attendant, voici quelques
détails sur ce gain inédit.
La pomme Barthélémy Du Mortier est certainement une des
plus belles conquêtes de notre époque : le fruit est de première
grosseur ; la peau est d'un jaune d'or magnifique, teinté rouge
feu du côté du soleil. La chair est fine, f^rme, mais non cro-
quante, sucrée et possédant un arôme qui rappelle celui de
la Calville.
Le pied mère a été semé en 1854. La première fructification
a eu lieu en 1869. — La maturité qui commence en septembre,
se prolonge jusqu'en avril.
*
» *
Congrès pomologique de France. — La W session de la
Société pomologique de France aura lieu cette année à Angers.
Cette session s'ouvrira le 27 septembre et sera close le
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3 octobre. Elle coindidera avec une exposition horticole que la
^Société d'Angers se propose d'organiser.
*
Les fruits adoptés par le Gengrès pomologiqœ de France.
— Nous recommandons à tous nos confrères le travail qui vient
d'être publié par la commission des études de la Société pomolo-
gique de France sous le titre de : Catalogue descriptif des fruits
adoptés W par le Congrès pomologique de France.
Ce petit ouvrage très utile peut être obtenu au prix de fr. 1-25.
Il comprend la description et la liste sjnonymique de toutes
les sortes de fruits qui ont été successivement adoptées jusqu'ici
par l'association savante qui compte aujourd'hui à sa tête
MM. Mas, de MortiUet et Willermoz, des noms les plus auto-
risés de la science pomologique en France.
La Tangue ou sablon calcaire marin. — Nous signalons
avec plaisir les efforts de M. Bortier, agronome, secrétaire de
l'Association libre des agriculteurs de Ghistelles, pour vulga-
riser l'emploi d'une matière fertilisante qu'on trouve en abon-
dance sur les bords de la mer près d,e Fumes. « Ce sablon, dit
M. Bortier, agit d'une manière remarquable comme diviseur pour
les terres compactes, froides et humides et pour les terres pauvres
en calcaire ; à cette dernière catégorie appartient toute la zone
de la Flandre. On a const9.té l'année dernière, par des expé-
riences comparatives, que la Tangue placée immédiatement au
dessus de l'engrais qui recouvre les couches d'asperges et dans
toute l'épaisseur des lits, a pour résultat d'obtenir ce légume au
moins quinze jours plus tôt et d'augn?enter sa saveur. D'autre
part, les pois cultivés dans les terrqs argileuses et amendées
par la Tangue, fournissaient une récolte plus hâtive et plus abon-
dante.» — Nous ne doutons pas, pour nojtre part, que l'aàsociation
(1) Un vol; îh^^e 75 pages. — Lons-le-Saunier, 1873.
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de cette matière dans le sol destiné à des plantations fruitières
ne produise également des résultats favorables. Nous en recom-
mandons Tessai à nos confrères de la Flandre occidentale.
» »
Un nouvel arbre Gréant. ~ Un botaniste anglais, M. Walter
Hill, en exploration dans l'intérieur de TAustralie, a découvert
à la an de Tannée dernière un arbre qui dépasse en élévation et
grosseur les géants renommés de la Californie et de Victoria.
A trois pieds au-dessus du sol, sa circonférence mesure
159 pieds et à 16 pieds de hauteur, d'où s'échappent des branches
gigantesques, la circonférence du tronc est encore de 80 pieds !
Éd. Pyruuri.
LE CHOU REMONTANT.
Ceux de nos lecteurs qui croient que les rosiers remontants
sont ceux qui sont greffés sur une haute tige d'églantier, vont
s'imaginer que nous venons demander place dans leur jardin
légumier pour le gigantesque Chou Cavalier ou pour le colossal
Chou en arbre ou branchu du Poitou. 11 n'en est rien pourtant,
nous laissons ces variétés fourragères à leur place au champ.
11 s'agit tout simplement ici de notre modeste Chou vert Kâiif
SW/nty Chou de mai, qui donne des pommes en mai-juin.
Lorsqu'au lieu de couper les pommes, on en épluche les feuilles
sur place, de manière à ne laisser que le centre de la pomme
à la grosseur d'un petit œuf de poule, et qu'on recouvre cette
partie centrale d'un lambeau de feuille latérale qu'on arrache
aûn d'ombrager ce cœur de chou, la pomme se reforme une
seconde et souvent, après cette deuxième récolte, une troisième
fois. 11 nous a été donné de voir dans des jardins de communauté,
durer un carré de choux de mai presque pendant tout l'été.
Nous pouvons affirmer sur la foi de l'expérience que nous
recommandons un excellent moyen d'augmenter et de prolonger
le rendement de cette bonne race de choux.
Fr. Burvmck.
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— 175 —
EXPOSITION EORALE A LEDEBERG.
Les expositions de la Société d'horticulture de I^deberg ont
acquis en peu d'années une réputation pleinement justifiée. La
floralie du 2 mai dernier Ta confirmée de nouveau en dépassant
toutes les prévisions.
Cette exposition s*est distinguée par la beauté de ces plantes
de choix et de ces spécimens de culture que Ton rencontre seule-
ment dans les expositions des grandes villes. Ce qui Ta égale-
ment caractérisée, c'est Tabsence de ces plantes sans valeur que
Ton a tort souvent d'admettre aux concours et qui nuisent à
la richesse de l'ensemble.
Nous avons remarqué plus spécialement deux riches collec-
tions d'Azalées de l'Inde appartenant à M. Jacques Van Eeckhaute
et à M. Jean Verschaffelt; une collection d'Azalées du Japon
(Àzaîea mollis) y variétés nouvelles obtenues de semis par
M. Ambroise Verschaffelt, président de la Société ; deux belles
collections de Palmiers appartenant à M. J. De Cock et sœur;
deux jolies collections d'Orchidées; une collection de plantes
fleuries et de grandes plantes ornementales, faisant honneur
à M. J. De Cock, précité.
Nous devons une mention toute spéciale à une groupe de
SirelUzia parfaitement bien cultivés par M. Fréd. Meirsschaert,
chef de culture à Melle, et aux deux collections de Rhododen-
drons, présentées par le même exposant.
L'espace nous fait défaut pour énumérer divers autres lots
qui décoraient la salle de l'Exposition. Ém, R.
CONSERVATION DES FRAISES.
La fraîcheur est une des grandes qualités de ce fruit et on
n*a pas tort de les cueillir au matin dès que la rosée est en partie
ressuyée, pour la consommation du jour. Elles se fanent en
effet assez vite lorsqu'elles doivent être conservées au delà du
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— 176 —
terme et perdent beaucoup de leur qualité. Ne les faisons donc
pas séjourner trop longtemps à plaisir; mais lorsqu'il le fiaut,
voici un petit mojen de les tenir bien fraîches pendant deux
trois jours. Il suffit de les étaler en couche mince sur une claie,
un tamis, au fond d'un panier en osier, qu'on recouvre de
feuilles de vignes et qu'on place ensuite dans la cave au dessus
d'un vase contenant de l'eau froide.
Les fraises les plus rebelles à la conservation, qui se fanent et
fermentent vite, comme la Marguerite par exemple, se tiennent
longtemps fraîches par cette simple précaution. Que nos lecteurs
en fassent l'essai et qu'à l'occasion ils se servent hardiment de
ce petit moyen. Nous n'avons pas pris de brevet !
Fr. Bicrvenick.
LE TAXUS HIBERNICA.
Il y a quelque temps, j'ai eu l'occasion de remarquer dans le
Bulletin (Parioriculture, un petit article sur le Taxus hibernica.
J'espère qu'il sera agréable aux lecteurs de ce recueil de con-
naître quelques observations au sujet de cet arbre.
L'auteur de l'article, M. Pynaert, doute si le T. hibernica
est une espèce ou une variété du iaccata. Je pense pouvoir assu-
rer que c'est bien une espèce ; mais je doute que la plante à
laquelle il est fait allusion dans l'article précité, soit le vrki
hibernica. Il me semble que l'auteur a voulu parler de cette
variété qui, dans nos pépinières et ailleurs, est connue sous le
nom de T. hibernica, pyramidalis,fastiçiata, etc., j'entends cette
variété qui, dans les dernières années, a été si généralement
répandue, dont tous les exemplaires forment de vraies têtes, qui
a de robustes phjllodes et qui, arrivée à un développement
considérable, rappelle par son habitus celui du Podoca^fUi
Kùraiana.
Cependant ceci n'est pas la véritable espèce kHemica. Car
alors elle devrait se reproduire identiquement de graines 0t tel
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n'a pas été le cas dans mes semis répétés. Tobtîns toujours dôs
pieds dont la créîssalice est également pyramidale, nmis entiè-
rement diflPérents des plantes mères dont j'avais cueilli les
graines.
Le véritable T, hibernica diffère sensiblement du baccata par
ses aiguilles plus fines et par son mode de croissance, car même
les branches latérales étant employées cotnme boutures, forment
de bonnes têtes.
J'ai reçu naguère de deux établissements des Taxus sous les
notes de T. Nedpathi et T, Cnstelli, Ils ressemblent tellement
au F. hibernica que je les considère comme synonymes.
C. De Vos,
Pëpiniéilste, à Hazerswovd près Boskoop.
PECHE MGMAR.
Le Comité du Cercle d'arboriculture de Belgique qui déjà à
pu apprécier le mérîte de quelques-uhés dés pèches anglaises
cultivas au château de notre honorable président, ne peut résis-
ter au désir de fs,ite coi>naitre à see lecteurs encore une de ceis
belles et bonnes productions de nos confrères d'Outre Manche.
La piehe Dûçmar est bien digne, en effet, de venir à la suite
des JSarly Rivers et Atexandra Nobless, publiées dans ce même
recueil.
La pêche Daffmar est une variété demi hâtive, mûrissant vers
le 15 aoiât. D'après son obtenteur M. Ri vers — toujours Theu-
peux M. Rivers — ce gain est issu d'un noyau d'une de ses
productions : Rivers Prince Albert ou tout court Barly Albert,
qui elle-même est un précieux fruit, au dire du savant pépinié-
riste anglais, qui la recommande /or gênerai culture. D'ailleurs,
on est si habitué en Angleterre et même en Amérique aux pêches
de M. Rivers, que son seul nom est pour ces fruits un certificat
d'excellence.
Comme le montre la planche qui accompagne ces lignes, la
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pêche Dagmar est un fruit d'un beau volume et d'un aspect fort
séduisant par son teint chaud cramoisi-pourpre. Hâtons-nous
de dire que ces belles apparences ne sont pas trompeuses ; sous
répicarpe un peu plus duveteux que chez d'autres variétés, se
trouve une chair fine, fondante, en un mot et pour nous servir
d'une expression anglaise, rich. Les membres du Comité de
pomologie qui ont dégusté les exemplaires apportés au Casino de
Oand, seront unanimes à déclarer que notre appréciation ne
peut être qualifiée d'exagérée.
L'arbre est d'une bonne croissance. Notre confrère M. Van
Herzeele, jardinier chef de M. de Ghellinck de Walle, en a des
spécimens conduits en U double qui témoignent hautement
qu'en dehors des vastes cultures artistiques de plantes de serres,
on peut s'occuper aussi avec goût et talent de la modeste arbo-
riculture.
S'il nous est agréable de reconnaître que la pomologie doit
beaucoup à M. Rivers pour la persévérance avec laquelle il
s'est appliqué à la régénération d'une quantité de pèches, nous
ne pouvons d'un autre côté assez appelei^ l'attention des semeurs
sur l'importance de procéder par fécondation artificielle. Sans
doute M. Rivers a procédé par cette voie que ses cultures en
pots lui rendaient facile.
En présence des résultats obtenus par ce célèbre cultivateur,
on ne saurait prétendre qu'il ait agi au hasard et semé au petit
bonheur.
Ainsi en 1867, M. Rivers a mis au commerce les pêches
Alexandra Nobless, Lord Palmerston, Laiy Palmerston, Early
Victoria, Early Béatrice, Early Louise, Early Rivers, Nectarine
Peach, Dagmar, Nous en omettons peut-être d'autres.
Il faut donc bien admettre que le semeur a travaillé avec
intelligence et perspicacité. Le hasard n'est jamais si généreux.
Fr, Burvenich.
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ÉTAT ACTOEL DE L'HORTICULTDRE BELGE.
Discoars prononcé an Congrès de Vienne, en août 1873,
PAR H. J. Van Hulle.
Messieurs, vous n'ignorez pas que le Cercle d'arboriculture
de Belgique m'a fait l'honneur de me déléguer à ce Congrès et
m'a confié le soin de vous parler du développement de Thorticul-
ture belge et en particulier de Thorticulture gantoise.
J'ignore jusqu'à quel point il peut vous convenir de recevoir
une communication de ce genre ; mais si ce sujet vous inspire
quelque intérêt, je tâcherai de le traiter le plus brièvement
possible. {Assentiment général,)
Vous savez depuis longtemps que la Belgique jouit d'une
haute réputation horticole, moins cependant pour la culture des
plantes d'appartement et des plantes de parterre, dans laquelle
l'Allemagne et l'Autriche nous devancent encore, que pour la
culture des plantes exotiques, des plantes rares, des plantes
commerciales et des plantes d'amateur.
Quelle en est la cause? Cela peut être attribué à divers
motifs ; cependant nous croyons pouvoir dire qu'il faut la cher-
cher surtout dans l'appui moral et matériel que le Gouverne-
ment accorde à l'horticulture. Il n'est peut-être pas de pays au
monde où l'État intervienne plus généreusement dans l'intérêt
de l'agriculture et de l'horticulture.
Dans notre pays, chaque province a ses commissions offi-
cielles, agricoles et horticoles, qui, tous les ans, ont à trans-
mettre leurs rapports au Gouvernement. Nous avons aussi nos
sections agricoles et pomologiques qui produisent également
chaque année leur rapport général. Nous possédons ensuite
des bibliothèques agricoles et horticoles où est publié tout ce qui
concerne la culture et ce qui s'y fait jour de remarquable. Nous
doutons si tout cela existe aussi ailleurs.
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n j a, en outre, nos conférences publiques sur Tarboricultare
fruitière, qui furent d*abord établies sur une couple de points
du pays et à titre d'essai. Nous fumes des premiers à en être
chargé, et il nous est agréable de pouvoir constater que ces
conférences reçurent dès le principe un accueil tellement favo-
rable qu'aujourd'hui elles sont organisées dans toutes les villes ;
bientôt elles le seront jusque dans chaque village. Elles sont
actuellement suivies par plus de trente mille auditeurs.
Entretemps on jugea utile d'instituer un jury d'examen,
pouvant délivrer des certificats de capacité à ceux des auditeurs
des cours publics, qui inscrits à cet effet, subissent des épreuves
sérieuses tant en théorie qu'en pratique. Depuis une vingtaine
d'années il a été délivré ainsi en moyenne tous les ans enviroii
cinquante diplômes, et les jardiniers qui en sont porteurs sont
très recherchés et contribuent dans une large mesure au déve-
loppeitient de Thorticulture.
Nous avons aussi nos règlements officiels et non officiels
concernant l'horticulture et l'agriculture, ainsi qu'une conven-
tion en vertu de laquelle des expositions horticoles grandes ou
petites se succèdent dans différentes localités. Ces dernières
ont également lieu chez vous, ainsi qu'en Angleterre et
ailleurs ; mais nulle part peut-être elles ne sont aussi nom-
breuses, aussi profondément invétérées, parfois si modestes
et pourtant si riches en plantes que chez nous. Il y a, en outre,
une Fédération horticole à laquelle toutes les sociétés du pays
apportent leur part et qui publie tous les ans un Bulletin
fédéral.
Enfin, nous devons mentionner encore ces conférenciers qui,
à des époques détertninées, donnent un cours de culture réservé
aux instituteurs. D'ailleurs, déjà à l'école normale l'horticulture
fait partie de l'enseignetnent donné aux futurs instituteurs et
dès à présent on commence à initier les petits enfants de nos
écoles dans l*arboriculture et la culture maraîchère, afin qu'ils
deviennent plus tard des membres d'autant plus utiles de la
société. {Approbation.)
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Au milieu de toua eed efforts tentes en Belgique en vue de
rintérét général de Fagriculture et de rhorticolture, Gand est
demeurée à la tête du mouvement et du progrès. D'après nous,
ce fait doit être attribué à cette circonstance, que Gand pos-
séda la première une Société d'horticulture assise sur des
bases sérieuses. Elle fut fondée en 1808. Dans le principe, elle
ne compta que quinze membres ; en peu de temps elle se déve-
loppa dans des proportions oonsidérablesu elle devint et demeura
la plus puissante Société du pays, grâce à la coopération et à
Tactivité des habitants les plus instruits et les plus influents,
grâce à l'intervention des jardiniers les plus habiles, les plus
actifs et les plus clairvoyants de cette époque.
C'est aussi à Gand, selon toutes les probabilités, que les
jardiniers furent les premiers à traverser la mer pour intro-
duire d'Angleterre en Belgique les plantes nouvelles. Gand a
d'ailleurs pour la culture des plantes décoratives une terre
éminemment propice : en effet, beaucoup de plantes qui croissent
parfaitement chez nous sans qu'on s en préoccupe beaucoup,
dépérissent autre part ou exigent beaucoup de soins pour être
conservées en bon état, et cela uniquement, sans doute, parce
que Ton ne possède point notre excellent boschçrond (terre de
feuilles). C'est de Gand aussi que partirent les premiers prix-
courants ou catalogues, et l'on sait quelle puissante influence
ceux«ci exercent depuis lors sur le commerce des plantes.
Une autre circonstance qui n'a pas peu contribué au dévelop*
pement de Thorticulture à Gand, ce sont les nombreuses voies
ferrées qui partirent de bonne heure de chez nous, se croisant
dfois toutes les directions et facilitant le transport des plantes
d'un endroit du pays à l'autre. Gand aussi fut la première à
nouer des relations avec l'Amérique horticole et elle les a conti-
nuées jusqu'à nos jours.
Enfin, les nombreuses expositions de plantes à Gand, dont
nous aurons Toccasion de parler tout à l'heure, n'ont pas
été sans influence*
La. culture des plantes ornementales a pris à Gand des pro-
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portions réellement formidables. Dans d'autres villes belges on
trouve aussi des horticulteurs, il est vrai, et l'on y parle aussi
d'horticulture; mais quelle qu'en soit l'importance, tout cela est
bien modeste en comparaison de Gand. Nous ne pensons pas
pouvoir être taxé d'exagération en disant que, même en Angle-
terre, on ne trouve nulle part autant de jardiniers ni autant de
plantes réunis qu'à Gand et dans ses faubourgs. En effet, on j
compte plus de deux cents horticulteurs de tout rang et de
toute condition.
On pourrait diviser ceux-ci en quatre catégories : à la pre-
mière appartiennent dix ou douze horticulteurs possédant au
moins chacun vingt serres, d'une longueur de vingt mètres et
d'une largeur de quatre, ce qui représente ensemble environ
16,000 mètres carrés de cultures sous châssis.La deuxième caté-
gorie en comprend une cinquantaine : ils possèdent en moyenne
chacun dix serres ayant les proportions indiquées tout àTheure,
ce qui donne un ensemble de 40,000 mètres carrés de cultures
sous châssis vitrés. Dans la troisième catégorie nous rangeons
au moins une soixantaine d^horticulteurs, possédant en moyenne
chacun cinq serres de quinze mètres de long et de trois à
quatre mètres de large ^ ce qui donne 18,000 mètres carrés de
cultures sous châssis. Enfin, on peut en compter au moins
soixante quinze dans la quatrième catégorie : ce sont de petits
jardiniers, travaillant à la journée chez les autres, faisant
leur besogne chez eux le matin tôt et tard le soir, et faisant
vendre chez eux ou au marché, par leur femme ou leurs enfants,
les petites plantes qu'ils cultivent de la sorte. Ils n'ont qu'une
ou deux petites serres, mais ensemble celles-ci couvrent au
moins 6,300 mètres carrés.
En résumé nous comptons donc plus de deux cents horticul-
teurs possédant ensemble au moins mille serres qui, si elles
étaient juxtaposées, couvriraient une superficie de sept hectares
et constitueraient réellement une petite ville de maisons de verre.
A cela il faudrait ajouter encore les serres d'un grand
nombre d'amateurs qui existèrent aussi chez nous dès le coia-"
mencement.
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Noos aimons à le dire : s'il n'y avait pas d'amateurs, le
commerce des plantes n'existerait pas. Aujourd'hui cependant
chacun cultive quelques plantes pour les vendre, et Ton trouve
même par ci par là de riches propriétaires qui sont bien plus
des horticulteurs que des amateurs. Ce ne sont pas eux qui
contribuent aux progrès de l'horticulture comme les amateurs
d'autrefois.
Quant aux genres de plantes plus spécialement cultivées par
nos horticulteurs, nous avons déjà dit que les plantes d'appar-
tement, de parterre et de marché sont loin d'être multipliées
sur une échelle aussi étendue que chez vous et ailleurs : nous
avons pu de nouveau nous en convaincre pendant notre voyage.
Ces sortes de plantes ne sont cultivées chez nous que par les
petits horticulteurs, tandis que les grands établissements s'appli-
quent surtout à la culture des plantes exotiques, des plantes
ornementales de grande valeur, des nouveautés de toute espèce.
Revenant à notre Société d'horticulture, nous avons déjà dit
qu'elle a été fondée en 1808 et que depuis lors elle est devenue
la plus puissante de la Belgique et probablement de beaucoup
d'autres pays. A peine constituée et ne comptant que quinze
membres, elle ouvrit en 1809 sa première exposition qui réunit
une cinquantaine de plantes. Trois prix furent décernés, le pre-
mier à YJSrica triflora, le deuxième au Camellia japonka et le
troisième au Cyclamen persicum.
Aujourd'hui notre Société compte plus de deux mille membres
qui ne payent qu'une cotisation annuelle de 20 francs. Nos
expositions actuelles montrent des plantes qui se chiffrent par
milliers, et ce ne sont plus de petits Cyclamen, ni des sauva-
geons de Camellia, mais deprécieux spécimens, grands et petits,
que Ton ne cède que pour des milliers de francs.
A notre dernière exposition il fut décerné soixante trois
médailles d'or et huit cents médailles de vermeil et d'argent !
Nos expositions n'ont plus lieu dans une petite salle utilisée pour
la circonstance, mais dans un palais de cristal spécialement
construit dans ce but et qui a coûté plus de deux cent mille
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francs, somme qui a été recueillie par voie de souscription
volontaire parmi les membres. Et ce palais, malgré son étendue,
est déjà trop restreint, et il faudra, pour la prochaine exposition
internationale, en 1878, couvrir de verre le jardin entier.
Permettez-moi, MM., d'ajouter un mot encore concernant
rimportance de ce que nos horticulteurs produisent. Parmi
nos établissements de première classe, il j en a un qui cultive
annuellement plus d'un million de plantes, y compris les sauva-
geons, les bulbes, etc., et dont le chiffre d'affaires est d'environ
cinq cents mille francs. Les horticulteurs de deuxième classe
cultivent chacun de quinze mille à vingt mille plantes, soit
pour une valeur de dix à vingt mille francs ; ceux de la troi-
sième catégorie ont en moyenne de six à dix mille plantes et
font pour quatre à sept mille francs d'affaires, tandis que ceux
de la quatrième série produisent de deux mille à six mille
plantes, soit pour deux mille à trois mille francs annuellement.
Il nous semble, MM., qu'un art qui débuta aussi modes-
tement il y a à peine soixante ans et qui s'est élevé aussi haut
depuis lors, a droit à 1 attention la plus sérieuse et mérite d'être
hautement apprécié par tous ceux qui ont à cœur le bien être
de la patrie. (Applaudissements.)
Par notre position dans l'enseignement depuis bientôt un
quart de siècle, nous nous flattons d'avoir contribué quelque peu
à ce progrès et nous serions doublement heureux, MM., si les
communications que nous avons eu l'honneur de faire concer-
nant la Belgique pouvaient avoir quelque utilité pour d'autres
pays. Veuillez, en tout cas, agréer nos remerciements pour
rintérét que vous avez bien voulu nous témoigner et permettez-
nous d'ajouter en terminant que si l'on veut faire progresser
l'horticulture, il faut créer partout des écoles, car grâce à elles
le goût de l'horticulture est excité, épuré et répandu partout.
rolonçés.)
(D'après le Qartenfreund, journal de la Société impé-
riale d'horticulture de Vienne.)
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185
CHRONIQUE maraîchère.
La température a été peu propice à la végétation de toutes
les plantes semées « qui devaient sortir de terre ou qui avaient
déjà montré leurs cotylédons.
Depuis quelque temps, on ne parle plus sérieusement, quand on
dit: le joli mois de mai. Il s'est en effet bien mal conduit les trois
dernières années et il n'y a pas jusqu'aux rustiques plantes du
potager qui n'aient eu à se plaindre des giboulées de mai. Hâtons-
nous de dire pourtant que les dégâts occasionnés par les quelques
nuits de gelée intempestive sont moins considérables que ne le
firent supposer les cris d'alarme des jardiniers et des cultiva-
teurs, qui ont pris l'habitude de faire leurs doléances trop tôt
et d'y mettre une certaine exagération ; c'est la peur qui est
souvent cause de ces bruits trop alarmants, d'autres fois c'est de
la réclame en vue de la cherté.
Comme toujours, lorsque les vents desséchants de nord-est,
que nous pouvons commencer à considérer comme notre mistral,
soufflent longtemps, non seulement la végétation souffre, mais
en pareille circonstance les insectes se mettent de la partie.
Les puces de terre ou altises se sont abattues par myriades sur
tous les semis de Crucifères. Des cultivateurs m'ont assuré que
ces petits coléoptères s'étaient attaqués aux champs de lin.
Cet insecte fait donc sa pâture d'autres plantes que de choux et
de navets, de radis et de colza, de cresson, de quarantaines,
enfin de Crucifères.
A quelque chose malheur est bon, dit un vieux proverbe.
Le froid a retardé l'éclosion des hannetons et partant leur multi-
plication. Les moineaux seuls suflSront pour faire justice de
ceux qui ont osé jusqu'ici affronter les bises de mai(l).
(1) Depuis que ces lignes sont sous presse, les hannetonis s'ea
donnent à cœur joie. Là nuit du 21 au 22 mai a suffi pour réveiller
leurs infatigables légions. 11 faudra donc prêter un coup de main aux
moineaux.
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A propos de moineaux, on a parlé pour et contre eux. Au Con-
grès de Spa, un gentleman qui doit être une autorité dans la
matière et qui prend son sujet à cœur, au point qu'on pourrait
le soupçonner d'intérêt personnel. Lord Bird, qui habite le châ-
teau de Ornith Hall, a pris la défense des oiseaux, sans excepter
le moineau, dans un discours humouristique mais plein d'esprit
pratique.
Nous venons de constater une fois de pljis une bonne chose à
inscrire à Ta voir du vulgaire Pierrot, qui à notre avis, n'est pas
tout à fait sans reproche. Ce gavroche, ce polisson effronté suit
quelquefois bien aux semailles de pois et autre qu'il se per-
met d'éclaircir outre mesure en dépit des épouvantails, soit cos-
tumes d'hommes ou peaux de chats empaillées dans lesquels il
finirait bien par se nicher. Il se familiarise vite aussi avec les
fragments de glaces suspendus et s'y mire à son aise. Mais ce
qui ne parvient jamais à conquérir sa confiance, ce sont de
simples fils blancs, gris ou autres, tendus près de terre sur les
planches ensemencées. Nous avons par ce moyen, depuis plu-
sieurs années, prévenu ses attaques aux semis, et interrompu les
destructions commencées. Cette petite précaution le fait retour-
ner à ses hannetons et aux autres insectes. Donc, encore un
prétexte de moins pour faire la guerre surtout au printemps, à
ces utiles auxiliaires du jardinier. En Amérique, où cet oiseau
a été introduit il n'y a pas si longtemps, on apprécie hautement
les services qu'il rend en détruisant chenilles et insectes. Dans
certaines contrées, il s'est couvert de gloire et il y a quelques
années, on payait jusqu'à trois dollars (15 fr.) un couple de
moineaux.
Parmi les nouveautés en plantes potagères dont nous avons
parlé dans notre dernière chronique, il y en a une dont on s'oc-
cupe beaucoup, le Melon vert à rames. La Revue horticole j
revient dans un long et intéressant article de M. Bossin, une
autorité sérieuse en matière de plantes potagères. La rédac-
tion du recueil précité observe pourtant avec raison, qu'à
vrai dire, il n'y a pas de Melons à rames, proprement dits ; la
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plupart étant des plantes coureuses munies de vrilles préhensi-
blés, pouvaient au besoin, être cultivées comme plantes grim-
pantes. Seul le poids des fruits pourrait être un obstacle. Aussi
les sortes à petits fruits, Ananas d^ Amérique, à chair rouge et
verte, Pomme de Brahma, Chito, vert du Japon, petit brodé,
Orange précoce, noir des Carmes, etc., pourraient être cultivées
en élévation, c'est à dire rampes. Nous renvoyons à ce que nous
avons écrit dans le Bulletin, pages 80 et 226, année 1873, sur
la culture du Melon dans les serres à vignes et sur treilles
dans des serres spécialement affectées à cette culture. Le volume
des fruits même ne doit pas inquiéter, on les suspend au moyen
de âlets ou de planchettes.
M. L. Lhérault, qui s'est acquis plus que de la réputation par
sa culture intelligente de TAsperge, méthode en vigueur à
Ai^enteuil, Sannois et autres localités environnantes, vient de
nouveau devant la Société centrale d'horticulture de France,
d'appeler l'attention sur l'utilité du buttage de TAsperge et
partant de la plantation peu profonde. Il démontre que TAsperge
grossit le plus sur le trajet qu'elle fait dans la terre amoncelée
aa-dessus du niveau du sol et cela le plus tard possible.
En effet les asperges cultivées d'après la méthode rationnelle
et à la portée de tous, que nous avons exposée dans un petit
traité spécial sur cette matière (1), ont leur plus faible diamètre
au bas, c'est à dire là où elles traversent la mince couche de
terre dont elles restent toujours chargées et qui est moins
sèche, meuble, aérée et chaude, que celle dont on la recouvre
pendant la période de rendement.
Puisque nous sommes en pleine saison d'asperges, ce serait le
moment de chercher à nous convaincre, nous autres flamands,
que nous tenons trop exclusivement aux asperges entièrement
blanches ; celles à bout légèrement coloré sont classées chez
(l) Aspersiin overàl en voor iedereen. Prix 80 c. Chez l'auteur, à Gend-
brogge-lez-Oand.
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nous dans la 2* catégorie et laissées au commun des martyrs.
Est-ce question de goût ou question de couleur ?.... c'est le cas
de dire :
Les goûts et les couleurs ne se discutent pas.
Qu'il nous soit permis de profiter de cette chronique pour for-
muler an vœu. Les poiriers, les pommiers et les autres arbres
fruitiers promettent de belles récoltes. On fera beaucoup d'ex-
positions ; on n*en organise jamais trop. Mais nous demandons
dans toutes une petite place au programme pour la culture
maraîchère. C'est un excellent moyen de pousser au progrès de
cette intéressante branche à la fois horticole et agricole.
Dans quelques cercles d'agriculteurs, notamment dans la
Flandre occidentale, on a soulevé une question qui regarde de
bien près la culture maraîchère. Elle a même fait Tobjet d'un
concours :
Quelles sont les causes qui provoquent chez les plantes
racines et principalement chez la Chicorée à café et la Bette-
rave, la montée engraine prématurée et quels sont les moyens de
combattre V annualisation de ces plantes ?
Inutile de dire, qu'à côté des choses sensées qui ont été
exposées sur ce sujet, un grand nombre d'idées erronnées ont
été émises, comme rinfluence de la lune, la direction du vent
au moment des semailles, la fraîcheur de la graine. Il y a tant
de préjugés et de théories hérétiques en culture maraîchère !
Plusieurs causes sont bien connues, mais on ne peut pas
encore se prononcer catégoriquement sur toutes celles qui
amènent la fructification anticipée chez les plantes racines et
autres.
Nos conférences publiques sur la culture maraîchère sont
partout suivies avec un zèle qui dépasse notre attente. Auic
écoles de réforme de Ruisselede, où nous trouvons dans un
potager de plusieurs hectares tous les éléments de démonstra-
tion et depuis les cultures raffinées de primeurs jusqu'aux
grosses cultures pour Tapprovisionnement des communautés,
des casernes, des prisons, renseignement trouve un accueil
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aussi flatteur pour nous, que favorable à cette localité où le
travail intelligent a plus que partout ailleurs besoin de venir
en aide au bras, vu la médiocre qualité du terrain. Pour
donner une idée de l'étendue des cultures, il nous suffira de
dire qu'on vient de planter au potager de Ruisselede près de
4,000 perches pour Haricots Princesse, Sabre, Beurré hlanc et de
Soissons,
Ce n'est pas tant Texplication didactique du traitement de
chaque plante en particulier, mais bien certaines questions
générales qui doivent faire le succès de l'enseignement de la
culture maraîchère, tels sont par exemple : le semis en rayons,
»
la plantation en sillons, le choix des graines, la fumure superfi-
cielle, le paillage et les arrosements, des cultures compara-
tives, etc., etc.
Ce sont ces questions là, mises au niveau de Tintelligence,
traitées avec autorité, d'une façon pratique, sans trop de
science, qui captivent l'attention et feront faire des progrès
rapides à la culture potagère.
D'ailleurs, c'est déjà un fait admis, on peut apprendre à
bien planter ses choux, autrement qu'en pratiquant pendant
20 années d'une façon routinière et machinale. — Tant mieux.
Si nous n'étions pas trop de la maison : nous dirions, honneur
à renseignement et à ceux qui s'y dévouent !
Fr. Burvenich.
LES POMPES-BROUETTES.
Parmi les appareils d'arrosement il en est peu qui soient à
même de rendre de plus grands services dans les jardins de
quelque étendue que les pompes-brouettes. Il existe déjà assez
bien de systèmes de pompes ; mais l'on comprend que les recher-
ches et les efforts des constructeurs tendent à simplifier de
plus en plus le mécanisme de ceux de ces appareils destinés
spécialement à l'horticulture et à l'agriculture.
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C'est à ce dernier point de vue que nous signalons les pompes
Fig. 27. — Pompe d*arrosage aspirante et foulante, système NuÔl.
d'arrosage à eau et à purin,
de M. Noël, à Paris (i).
Ces pompes sont à la fois
aspirantes et foulantes.
Nous croyons inutile de
décrire ici le jeu des diver-
ses pièces.
On peut voir par la fi-
gure 28, qui donne une
coupe de la pompe, sys-
tème Noël, la simplicité du
mécanisme des soupapes.
Le modèle représenté
Fig. 28. -Conpeda corps de pompe, système N. ai. par la figUrC 29 pOSSède
(
(1) Rue d'Angoulême-du-Temple, 56 et 60.
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lui
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— 192 —
ques plantes disparaissent de la scène et il n^est pas encore
permis de laisser des vides dans les carrés. Les mauvaises
herbes et la sécheresse, les deux grands âéaux du potager,
exercent leurs principaux ravages.
On fait encore à lombre des semis de cerfeuil, d'épinards et
surtout d'arroche verte. On sème aussi la laitue pommée
d'automne, le pourpier, le brocoli (P" quinzaine), chou fleur
tardif, radis noir et gris, concombre, navets blancs hâtifs, le
deuxième semis de haricots à rames, Sabre, Princesse^ le dernier
semis de haricot flageolet et noir de Belgique, le dernier semis
de pois (biflore) pour Tautomne.
On sème et on repique des endives. C'est à cette saison que
se plantent une quantité de produits d'hiver en succession. Tous
les carrés où les premiers produits, pois, carottes, épinards, etc.,
disparaissent, reçoivent un labour superficiel avec ou sans
fumier, à la houe, au trident ou à la bêche, pour la plantation des
choux, des poireaux, des céleris, des endives, des laitues.
On récolte déjà les graines mûres de cerfeuil, de clajtone, de
mâches, de navets, d'épinards et de cresson alénois.
On marque les porte-graines de toutes les plantes qui ont leur
complet développement : choux fleurs, choux verts d^Ulm,
laitues pommées, etc.
On pince les extrémités des fèves de marais et on coupe
assidûment les coulants des fraisiers. La récolte de toutes les
variétés de cette plante est en pleine marche.
On cesse vers la fin du mois la coupe des asperges et on
rabat les buttes, quel que soit le mode de culture suivi.
Tous les moments libres sont utilisés au serfouissage, au
binage, au buttage, éclaircissage, au sarclage, à Tarrosement, au
paillage, en un mot « on ne laisse pas dormir » la terre.
La veille de chaque semis ou plantation à faire, on mouille, on
« détrempe i le sol de remplacement avec de Teau ou mieux
avec de Fengrais liquide. Cette précaution assure la réussite
et dispense de bien des arrosements ultérieurs.
Fr, Burvenich.
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CERCLE D'ARBORICULTURE DE BELGIQUE.
ADMISSIONS
proitoiicéos on juin.
3"" SÉRIE. — Membres protecteurs.
MM.
CaviéP (Pierre), jardinier, Gilly prèa de Charleroi ; présenté
par M. Ëm. Rodigas.
Debosschere (Henri), propriétaire, rue de l'Étoile, 10, Anvers ;
présenté par M. Is. Desmedt.
de Heusch (baron Edg.), propriétaire, Maestrieht (Néerlande);
présenté par M. Ém. Rodigas.
Destanberg (Joseph), élève à TÉcole d'horticulture de TÉtat,
Gand ; présenté par M. Fr. Burvenich.
De Wolf (P. J.), rentier, Avenue des Arts, 177, Anvers; pré-
senté par M. Em. Rodigas.
Liamarche de Rossius (Oscar), président de la Société rojale
d'horticulture, Liège ; présenté par M. Ém. Rodigas.
VanderCruj8sen(Éd.), horticulteur, Gendbrugge; présenté par
M. H. J. Van Huile.
Tander Meulen (GUist.), horticulteur, rue des Nonnes Anglaises,
38, Gand ; présenté par M. N. Gaujard.
Yander Straeten (Jean), propriétaire, Synghem ; présenté par
M. H. J. Van HuUe.
Vau Houtte (Amédée), clerc de notaire, OUignies par Lessines
(Hainaut) ; présenté par M. Vanderperre.
Van Looy (Henri), propriétaire, rue des Fossés, Tournai;
présenté par M. Éd. Pynaert.
Vervaene (Fr.) père, horticulteur pépiniériste, chaussée de
Meirelbeke» Ledeberg; présenté par M. H. J. Van Huile.
15
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CERCLE DTOORICULTURE DE BELGIQUE.
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
tenue à l'Hdtel de YiUe de Bruges, le 26 aynl 1874.
S^" Opérations de la taille d'été considérées an point de Yue
des diverses opérations de la taille d'iiiver.
[Suite, voir p&ge ÏCS.)
M. BuRYBNiCH. — On aurait, par exemple, affaire à an
rameau de Poirier garni de dards, mais ayant par ci par là
des bourgeons vigoureux ; on pourrait les transformer en produc-
tions fruitières en opérant la torsion sur quelques bourgeons;
mais en les traitant tous ainsi, les dards resteraient en arrière*
n ne s'agit pas seulement de faire en sorte de maintenir Téqui-
libre dans toutes les ramifications d'un arbre, d'un espalier
par exemple, mais il importe tout autant, sinon plus, de veiller
à ce que les productions d'une même ramification ne différent
pas trop entre elles.
Pendant Thiver il faudra tailler les prolongements jusqu'au
bois aoûté et éborgner dès lors autant que possible les jeux
superflus et ceux qui seraient trop bien placés. Les opérations
de Tété coûteront ensuite peu de peines; il sufira le plus
souvent d'un seul pincement ou rognage. La longue taille ^
réborgnage pratiqués en hiver diminueront les opérations sor
les bourgeons.
De même que la taille d'hiver ne peut rien laisser à faire à
la taille d'été, de même celle-ci ne peut rien laisser à la taille
d'hiver, et Ton ne doit jamais perdre de vue que les opérations
de Tune sont comme la conséquence de celles de l'autre.
Un arbre soumis aux soins d'un jardinier permanent ne peut
présenter en été beaucoup de rameaux gourmands, ni trop de
bois à la taille d'hiver. Lorsque ce cas se produit, il est lé fût
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— 195 —
de la négligence du jardinier, et nous ne sommes plus au temps
où le propriétaire pouvait dire : mon jardinier enlève beaucoup
de bois, donc c'est un bon jardinier. L'amateur doit savoir
aujourd'hui, aussi bien que le jardinier, que les opérations peu-
vent être réparties avec avantage aux deux époques, que les
travaux de Tété dépendent de la taille d'hiver ; c'est comme une
pièce en deux actes .
M. DÉSIRÉ Debeir désire savoir si, lors de la taille d'été,
en ce qui concerne le Pêcher, il faut ébourgeonner les deux
bou]i^eons stipulaires qui se produisent à la suite de l'éborgnage.
M. BuRVENiCH répond qu'il suffit d'enlever un seul, le plus
fort.
M. LE Président fait ressortir l'importance de la question
traitée par M. Burvenich. Autrefois, dit-il, nous taillions trop
court et par suite le pincement n'aidait à rien, il fallait le
répéter sans cesse durant tout l'été. Aujourd'hui que nous
taillons plus long en hiver, que nous enlevons moins de bois et
que nous éborgnons plus soigneusement, il faut pincer beaucoup
moins. Je ne me borne pas dans Téborgnage à enlever l'œil ;
je vais plus loin : j'enlève même les jeux stipulaires. Nous
n'avons nullement besoin de les conserver.
M. Burvenich. — Je désire ajouter un mot à ce que M. le
Président vient de dire. J'approuverais l'éborgnage de l'œil avec
son empâtement et les jeux stipulaires, s'il s'agissait d'un œil
unique ou superflu. Mais si l'on opérait sur toute une branche,
pn provoquerait évidemment des places vides. Qu'on en fasse
l'essai sur un Beurré Diel, e t l'on en verra les mauvais résul-
tats : on aura toujours l'œil terminal précédé et suivi d'une
partie dépourvue d'jeux et par conséquent dénudée.
J'ai assez bien expérimenté les choses ; jamais jusqu'à ce jour
je n'ai vu les jeux stipulaires donner des productions trop
fortes; tout au plus produisent-ils des dards ou brindelles. En
enlevant ces jeux stipulaires, on arrivera forcément à former
des vides.
C'jpst de l'exagération.
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4<' Abris pour les arbres fruitiers.
M. Van Hullb. — La floraison des arbres fruitiers se pro-
duit cette année dans des conditions extrêmement favorables.
Déjà les fruits sont en train de bien nouer. Les pêchers eux-
mêmes ne sont pas infestés par les pucerons comme à Tordi-
paire. Depuis vingt ans nos arbres fruitiers n'ont plus donné
d'aussi belles espéranceis. La rareté de ce fait doit stimuler
la prudence du jardinier et celui-ci doit redoubler d'attention
pour prémunir les arbres contre les atteintes des gelées du
printemps.
Parmi les nombreux abris que Ton possède, les meilleurs,
sans contredit, sont les serres ou bâches mobiles. La culture
des pêchers est pour ainsi dire devenue impossible sous notre
climat sans l'emploi de ces châssis vitrés. Celui qui veut éviter
les tracasseries et les mécomptes, doit y recourir et ne pas se
laisser aller à upe conflance que rien ne justifie.
Ces châssis vitrés abritent d'abord les pêchers ; quand la
fructification de ceux-ci est assurée, quand les jeunes fruits sont
habitués à l'air, le vitrage est enlevé. Dès lors il est employé
aux vignes et assure la maturation des raisins. Il en résultçque
les frais sont largement compensés.
Cependant il est des jardiniers qui n'ont pas de châssis vitrés
à leur disposition. A quels abris peuvent-ils avoir recours? Les
vieilles chansons sont souvent les meilleures, dit-on ; les vieux
mojens ne sont pas toujours à dédaigner non plus.
En voici un qui a au moins le mérite de la simplicité. Ce sont
des perches placées obliquement contre, le mur, assez près les
unes des autres. Mies permettent facilement l'accès de la
lumière, de Tair et du soleil, tout en arrêtant suflSsamment le
rayonnement nocturne. Elles valent mieux que les branches da
.iSfapin, parfois trop toufiues.
Souvent on emploie des tapis, des nattes d'emballage ou des
toiles. Tout cela est incommode et a le grave inconvénient d'in-
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tepcepter la lumière. 11 vaut beaucoup mieux se servir de
rideaux de paille suspendus au dessus des arbres. De longs brinô
de paille attachés à une ûcelle et quelque peu espacés entre eux
composent ces simples abris.
S"* Ganses d'insuccès dans la plantation des vergers.
M. BuRVENiCH. — Les plantations de vergers prendraient
partout une plus rapide et plus grande extension, si l'exemple
dlnsuccès assez fréquents ne venait enrayer les efforts de
ceux qui cherchent à faire progresser cette branche de l'arbo-
riculture. Nous nous sommes spécialement occupé de cette
question et c'est avec peine que nous avons constaté bien des
fois rinsuffîsance des résultats obtenus.
Les causes de Tinsuccès sont très palpables. Souvent le cul-
tivateur l'attribue à la provenance des arbres d'un sol trop bbû.
Jamais nous n'avons partagé cette manière de voir, les faits
démontrant d'ailleurs l'existence de causes plus que suflSsantes
pour motiver l'insuccès, et qui dépendaient directement du
cifltivatefur lui-même.
Il serait diffldie dé signaler toiites lés ôaîisési Nous' allons
rapidement âigiiaîér M pfiticipàles et indiquer en même tempis'
ce qu'il Convient de Mre pour les éviter.
Une des premières causes est une plantation trop profonde.
Lorsque celle-ci existe, il' ne faut plus eii chercher d'autres.
Aussi n'est-ce pas sans riaisôn qu'on a recommandé lia, planta-
tion superûcielle et même la plantation sur butte.
n est bon de tarte observer, en outi'e, qùè l'arbre provenu
de graine et qui s'est développé sUt place, sans avoir été trans-
planté, reprend moins bi^n q^uô les aigres transplantés en pépi-
nière dont ler t'àcines oiït été taillées. Dans les pkntations peu
profondes, les arbres souffrent bëiaucoUp, et il est indispensable,
quand on plante superâciellement, de garantir les racines en
récouvrant fa surface du sol, àutoui* de^ a;rbreS, au mdyen d'un
p^Ulîs; èd Vté&éà, &e i^^sidti' de j^aiUe ôÛ dô fûib, dé liôUbton, ^tc.
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Ce paillis doit aussi garantir les arbres en hiver contre la gelée
des racines.
Durant Hdrer, les arbres forment de nouvelles racines. S'ils
ne sont pas garantis suffisamment, cette formation n*a pas lieu
et le jeune sujet est privé des nouvelles radicelles dont il a
besoin pour se développer.
Une deuxième cause de non-réussite se trouve dans les mou-
vements qu'éprouve un jeune arbre balancé par le vent. Ce
balancement brise ou meurtrit les radicelles et devient mortel.
n faut donc fixer Tarbre par les moyens ordinaires, de façon
qu'il puisse descendre en même temps que la terre du pied. Les
assemblages qu'il faut placer pour garantir les arbres contre le
bétail, fournissent une bonne occasion pour les fixer. Quand
Tarbre est secoué, les racines jouent dans des vides et prennent
le blanc, comme il arrive aux sujets mis en jauge et grossière-
ment recouverts.
Une troisième cause d'insuccès réside dans le choix des
arbres. Que peut-on attendre d'arbres rabougris ou d'une végéta-
tion naturellement mauvaise? 11 ne s'agit pas de s'inquiéter de
l'orientation, de vouloir donner aux arbres la direction qu'ib
occupaient dans la pépinière, mais de faire choix d'exemplaires
ayant l'écorce parfaitement lisse et unie et de bonnes racines.
On ne doit pas oublier ensuite que l'arbre isolé, exposé aa
vent et au soleil, transpire beaucoup; l'écorce se contracte
aisément; souvent même la tige, au lieu de gagner la première
année, devient plus mince. L'arbre évapore plus que les racines
ne peuvent fournir et perd de sa vigueur. Afin de prévenir ce
résultat, il convient d'envelopper la tige, à partir du sol, d'ane
chemise de paille, disposée suivant la longueur des brins ; il ne
faut pas que la couche soit épaisse, au contraire ; plus elle sera
mince, et mieux cela vaudra, il suffit qu'elle puisse intercepter
le contact direct du soleil et du vent.
Nous déconseillons d'avoir recours aux copieux arrosements ; il
vaut infiniment mieux faire usage de paillis, en cas de sécheresse.
Les mutilations qu'on fait subir aux jeunes couronnes lors
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de la mise à demeure, sont une autre cause dlnsuccès des plan-
tations. Convient-il de tailler les couronnes ? La première année,
on ne peut pas tailler du tout. L*essentiel est que l'arbre s'en-
racine bien; or, lui enlever des branches, le tailler, c'est
diminuer aussi le développement des racines, car on sait que
plus un arbre a de feuilles et plus il a de racines. On songera
donc seulement à la taille, quand il sera bien enraciné.
Souvent on se demande s'il ne vaut pas mieux prendre des
arbres souflFreteux, que de faire choix d'arbres provenant d'un
bon terrain. On n'a pas à se préoccuper de cette provenance. U
faut considérer Tarbre en lui-même, s'assurer que son système
radiculaire soit bien ramifié, le rejeter si les racines forment
comme une perruque, car ceci dénote qu'il a été trop profon-
dément planté.
n est d'autres points encore qu'il importerait d'examiner, tels
que le choix des variétés suivant la nature du sol, et la distri-
bution des arbres dans le verger. Il est connu, par exemple,
que les variétés délicates sont mieux à leur place dans les
parties élevées du verger que dans les parties basses. Mais
les quelques considérations que nous venons d'exposer suffiront
pour faire apprécier l'importance du sujet que le temps ne nous
permet pas de traiter au complet.
M. J. Desmet (de Maldcgem) voudrait également exposer
quelques idées concernant la question que M. Burvenich vient
de traiter. Seulement, l'heure étant avancée, il demande que
cette question soit conservée à l'ordre du jour de la prochaine
assemblée.
— Assentiment unanime.
— La fixation du lieu et du jour de la réunion suivante est
laissée aux soins du Bureau.
M. LB Président adresse quelques paroles de remerciements
à l'assistance et lève la séance à 1 h. 15.
Le Secrétaire général, Le Vice-présidefU,
Ém. RoDiGAS. H. J. Van Hullb.
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LES ARBRES FRUÏÏIERS DANS LES COURS D'ÉCOLE.
Nous trouvons dans l'intéressante publication hebdomadaire
« Stem der vlaamsche landbouwers, » organe de la Société agricole
de Thielt-Roulers, la communication suivante due à l'initiative
de M. l'inspecteur De Vreese, du ressort de Menin.
a Menin, le 27 mai 1874.
Monsieur l'Instituteur,
Veuillez répondre aux questions suivantes :
1® Y a-t-il des arbre» dans la cour de votre école, ou étes-vous
intentionné d'en planter ?
2° A quelle essence d'arbres donnez-vous la préférence et
pour quel motif ?
3* Trouvez-Touff de l'avantage à ce qu'il y ait des artères dan»
la cour de récréation des élèves ? — Pourquoi t
4^ Quelle utilité peut-il résulter de la culture des plantes en^^
pots^sur les tablettes de» fenêtres dans les locaux d'écofe? -^
En peut^il résulter aussi des inconvénients? >
D'accord avec la rédaction du Stem^ nous considérons la
circulaire de M. l'inspecteur De Vreese comme un appel utile
qui conduira à de bons résultat».
Nous nous flattons d'avoir déjà contribué à la propagande
des plantations dont il est question ici et avec des résultats
tels, que les cours d'école où il n'y a pas d'arbres fruitiers for-
ment dans notre Flandre le plus petit nombre. M. l'inspecteur
provincial H. Kervjn a depuis quelques années fait distribuer
aux instituteurs des arbres à haute tige destinés à ces i^anta-
tions. Vers la fln du mois d'août, nous ferons paraître un tra«-
vail qui nous occupe en ce moment, à savoir le relevé de toutes
les plantations de cour d'école qui existent dans la Flandre
Orientale.
En 1865, nous avons, dans notre ouvrage « De Boomgaari, »
indiqué le rôle d'intervention de l'Instituteur dans la réalisation
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de ridée de faire un jour dans notre pays, comme en Allemagne
et en France, des plantations publiques le long des routes, dans
les champs et les prés.
Il n'y a pas longtemps, dans un petit ouvrage, le Jardin de
VInstUuteur, et dans les Bulletins du Cercle d'arboriculture de
Belgique, nous avons examiné sous toutes ses faces Timportante
question des plantations des cours d'école et nous avons traité
ce sujet dans nos conférences aux instituteurs communaux de
notre province.
Nous émettons le vœu que Texemple de M. De Vreese soit
suivi par ses confrères. Nous sommes persuadé que MM. les
Inspecteurs cantonaux seront soutenus dans leurs louables
efforts de propagande arboricole par leur chef dévoué M. Tln-
specteur provincial Germain, qui est toujours prêt quand il s'agit
d'encourager une œuvre utile à l'enseignement.
Fr, Burvenich,
EXPOSITION PRINTANNIÊRE
de i^amtes et de fleurs à Arnhem (Pays-Bas), le 28 ayril 1874.
Pour celui qui jette de temps à autre un coup d'œil chez nos
voisins du nord, il est évident que dans ces dernières années
ils ont beaucoup fait pour favoriser et faire progresser l'horti-
culture. Une raison de cette faveur croissante, c'est que, plus
que nous peut-être, les Néerlandais considèrent l'horticulture
comme une branche de l'industrie, ce qu'elle est en réalité bien
plus qu'on ne le pense généralement. Aussi était-ce la section
d'Arnhem de la Société néerlandaise pour favoriser les progrès
de l'industrie qui ouvrait cette Exposition ; les membres de
la Commission, MM. Rutgers, Nicola, Van Alphen, etc., et
l'infatigable président, le D*" Mulder, qui a déjà tant fait pour
Tagrioulture, avaient voulu cette fois se vouer de cœur et d'âme
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à rhortîculture. Leurs efforts ont pleinement réussi : Tâspect i
du salon de l'Exposition a dû produire un excellent effet sur
tous les visiteurs et les affaires qui j ont été traitées ont dû être
assez considérables.
La spacieuse salle des concerts du « Musis Sacrum > était
convertie en jardin avec des chemins tortueux, contournant des
groupes de toutes sortes de plantes à fleurs ou à feuillage, des
réservoirs d'eau, aquarium, etc. L'ensemble, il est vrai, n'était
pas aussi imposant qu'on le voit parfois ailleurs; certaines
plantes étaient trop petites ou avaient une valeur commerciale
minime; il n'y avait ni nouveautés, ni Orchidées, ni autres
plantes analogues ; néanmoins le tout ne laissait pas d'être très j
satisfaisant.
Une première mention est due aux envois de M. Kraaijen-
brink, chef de culture au domaine « Het Loo, » à S. M. le Roi.
Ses Palmiers, Cjcadées, Fougères, plantes de culture, Ama- ,
ryllis, etc., étaient de toute première qualité. Aussi remporta-t-il
10 premiers et deuxièmes prix, parmi lesquels deux médailles
d'or. Disons-le sans détours, non pour flatter, mais par convic-
tion : sans les plantes de S. M. le Roi, l'Exposition aurait énor-
mément perdu de son importance.
MM. Halverhout et C®, d'Amsterdam, et Kouffeld, de Fauque-
mont, remportèrent ensuite le plus de prix et obtinrent chacun
une médaille d'or. C'était justice, surtout en ce qui concerne les
premiers ; en effet, en dehors de ces magnifiques plantes déco-
ratives, de ces grands Palmiers, Conifères, etc., ils avaient
exposé hors de concours une masse de plantes parmi lesquelles
une collection d'arbres fruitiers assez bien conduits, ainsi qu'une
collection de plantes de marché avec l'indication des prix, chose
insolite mais qui mériterait d'être imitée.
Les grands et petits Conifères de MM. Coppyn et Jurissen
étaient remarquables de santé et de culture. Il est fâcheux que
ce dernier, ne répondant pas aux conditions du programme,
n'ait pu prendre part au concours.
M. Van Zoest, d'Arnhem, avait aussi envoyé de très bonnes
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plantes parmi lesquelles se distinguaient de grands exemplaires
déplantes d'appartement fleuries et non fleuries. M. Kruitbosch,
de Velp, remporta également un prix pour une collection de
jolies plantes panachées.
L'exposant qui avait pris part au plus grand nombre de con-
cours était M. Kleinstarink, d'Utrecht; mais disons-le fran-
chement, en dehors de ses 20 plantes de serre fleuries, de ses
Azalées, de ses plantes panachées et de ses bouquets, tout le
reste (Auricula, Viola, Maranta, Cyclamen, etc.), ne signifiait
pas grand'chose. Ce qui laissait encore beaucoup à désirer et qui
provenait d'autres exposants, c'étaient les roses et certains
lauriers.
Les bouquets étaient très nombreux et, suivant nous, le jury
a été trop sévère à leur égard en n'accordant généralement que
de seconds prix. Ceux de MM. Zalmé de La Haye, Klein-
starink, Van Zoest, M^^« Wilke, Baumann, Wigman, Van der
Bundt et Van Bemmel obtinrent des médailles.
Enfin il y avait une masse de plantes et d'instruments horti-
coles dont un certain nombre exposés hors de concours.
Mentionnons les cerises mûres du comte vanden Bosch : elles
faisaient venir Teau à la bouche ; les pots à fleurs et le tombe-
reau de jardin de MM. Jongkindt-Coninck et Stoeller; l'ap-
pareil de chauffiage de M. Bikkers ; les meubles de jardin de
MM. Npppen, Smit, De Ridder; les fleurs artificielles si admi-
rablement imitées par M"® Rutgers, etc.
En somme, nous estimons que la première exposition prin-
tannière de plantes et de fleurs a amplement réussi. Comme
étranger nous ne sommes pas à même de dire si elle a répondu
à ce qu'on pouvait en attendre.
Il nous faut ajouter un mot de reconnaissance pour l'accueil
amical que nous reçûmes, en qualité de membre belge du jury,
de la part du D' L. Mulder, président, de M. Rutgers et autres
membres de la Commission administrative, ainsi que des mem-
bres néerlandais du jury : MM. Krelage, Dudok-De Wit, Glym
et Pypers. Nous remercions M. le bourgmestre d'Arnhem du
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toast qu'il porta à Thorticulture belge lors du banquet qui
suivit le jugement des concours ; nous remercions enûn le
général Schmit qui voulut bien le lendemain nous faire d'une
façon charmante les honneurs de Thôtel des Invalides, à
Bronbeek, placé sous son commandement.
Nous regrettons que Tespace nous fasse défaut pour rappeler
ce que nous avons vu de beau à Velp, Roosendael et Sonsbeek,
dans les magnifiques campagnes de M. le baron van Pallandt
et de M. le baron van Heckeren. En vérité, à la vue de ces
collines, de ces rochers, de ces fontaines et de ces cascades, on
ne se croirait plus en Néerlande.
Arnhem est d'ailleurs une belle et opulente cité qui mérite
d'être visitée. H, J. Van Hvile.
MDLTIPLICATIOH DES PLANTES PAR LEURS FEUILLES.
Le dernier mot n'est pas dit sur la propagation des plantes.
L'observation démontre tous les jours que ce ne sont pas
seulement les axes qui sont aptes à émettre des racines.
M. Carrière, dans son excellent < Quide du Jardinier multipli-
cateur Y qui devrait être entre les mains de tous les horticulteurs,
préconise pour un grand nombre de végétaux, le bouturage des
feuilles. C'est ainsi que les Bégonia, la plupart des Gesnériacées,
des Crassulacées et des Pipéracées bouturés de cette façon
possèdent la faculté de se reproduire et de donner naissance à
des plantes parfaites.
D'autres végétaux dont on bouture les feuilles, tout en pro-
duisant un système radiculaire très considérable, ne dévelop-
pent pas d'axes. Ce fait a déjà été observé pour le Ficm elastica
et le ffopa camosa ; les expériences que j'ai faites récemment,
à l'Ecole d'Horticulture de Gand, avec les Iresine Verschafelti
et acuminata, prouvent que ces plantes partagent cette sin-
gulière propriété.
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Des feuilles de ces deux espèces ne possédant pas d'œil à la
base, bouturées par moi dans les conditions ordinaires, prirent
racine en quelques jours, ne produisirent pas d'axes, mais en
revanche acquirent un développement extraordinaire.
Plusieurs d'entre elles mesurent aujourd'hui O'^IS de longueur
et leur tissu est devenu très consistant. Les racines sont telle-
ment nombreuses qu'elles ont exigé des rempotages réitérés.
Quoique les résultats obtenus ne semblent pas réellement
utiles au point de vue pratique, cette expérience a au moins le
mérite de la curiosité et c'est à ce titre que je me permets de la
signaler. Je crois cependant que Ton ne devrait pas se lasser de
chercher dans cette voie, persuadé qu'un grand nombre de
plantes doivent être aptes à se propager dans des conditions
analogues. Alphonse Fiîlot,
EXPOSITION INTERNATIONALE D'HORTICULTURE
A MAESTRICHT.
Mieux que beaucoup d'antres villes, Maestrieht possède les
conditions qui peuvent faire réussir une Exposition intemar
tionale. Reliée par son beau fleuve et par des voies ferrées de
premier ordre à ses sœurs de Belgique comme aux autres
villes de Néerismde, elle est située sur les confins de deux
peuples, frères par leurs plus chères a£q[>irations et seule-
ment séparés par les douanes, dont le temps brisera les fra-
giles barrières. La capitale du duché de Limboui^ possède en
outre une Société d'horticulture dont nous avons vu la modeste
naissance et les rapides et grands progrès, qui a le bonheur
d'avoir à sa tête des hommes d'un dévouement éprouvé, un pré-
sident d'une activité rare, un secrétw^e zélé, des administra-
teurs attachés de cœur et d'âme à l'agriculture et à l'horticul-
ture. Citer les noms de MM. C. A. Ludewig, E. Njpels, Kerens
de Wolfrath, Ruijs de Beerenbrouck, baron E. de Heusch,
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N. Gilissen, — nous demandons pardon à ceux que nous oublions
— c'est rappeler de loyaux services rendus au culte de Flore,
c'est signaler en même temps cette joviale et sympathique
hospitalité que Tétranger peut être assuré de rencontrer à
Maestricht et dont le souvenir l'y ramène toujours.
Cette fois la Société d'horticulture avait voulu contribuer par
de brillantes floralies à Téclat des fêtes par lesquelles Maestricht
avec la Néerlande tout entière célébrait, le 12 mai, le 25"*« anni-
versaire du règne de S. M. Guillaume III. Plusieurs concours
ouverts en l'honneur du souverain et de la famille royale indi-
quaient nettement ce caractère. Rien n'avait été négligé pour
faire réussir cette partie du programme. Le soleil seul ne fut
pas de la fête.
Lie 11 , à midi, le jury fut reçu à l'Hôtel de ville par le collège
échevinal qui lui offrit le vin d'honneur et lui souhaita la bien-
venue. C'était l'heure à laquelle s'ouvrait à Florence le Congrès
de botanistes et d'horticulteurs ; aussi, sur la proposition de
M. Éd. Morren, un télégramme partit de Maestricht pour porter
à nos confrères en Italie un salut cordial.
On se rendit ensuite au Temple des Augustins dont la grande
salle était convertie en jardin. Le jury divisé en deux sections
avait pour présidents MM. 0. Lamarche-de Rossius, de Liège,
et F. MuUer, de Bruxelles, et pour secrétaires MM. Ém. Ro-
digas, de Gand, et de Damseaux, de Mons.
La salle de l'Exposition offrait un coup d'œil charmant.
C'était un coquet jardin d'hiver dont le regard embrassait aisé-
ment l'ensemble et où le connaisseur s'étonnait de trouver dans
lé détail, tant de variété et tant de richesse. C'est que nos
principaux horticulteurs et des amateurs distingués avaient
tenu à répondre à l'appel de la Société.
A l'entrée du salon, s'étalait un parterre en mosaïque composé
de lots nombreux et divers : Héliotropes, Cinéraires, Calcéolaires,
Pelargonium fleuris de M. Démet (Liège); Pelarçonium zonaU,
de M. Ludewig, et Pétunia de M. Frissen, horticulteur, à Maes-
tricht. Ce parterre était dominé par une belle collection dô
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Fougères arborescentes exposée par la maison Jacob-Makoy
et C'*, de Liège. Cette collection remporta le 1®' prix, tandis
que le jury n'accorda aucune mention à un lot concurrent, peu
digne de rétablissement renommé dont il émanait.
Un groupe suivant se composait de divers lots de Viola aitaica
d'un mérite douteux et d'un apport nombreux de plantes de
pleine terre à feuillage franchement panaché et qui valurent
une médaille de vermeil à M. F. Rodigas, de St Trond, qui les
collectionne avec persévérance depuis trente ans.
Plus loin de remarquables Nepenthes étaient suspendus ar-
tistement aux branches d'un vieux tronc d'arbre. Ils faisaient
honneur à la maison Jacob-Makoj. C'étaient les N. distilla"
toria, N. Hookeri, N. gracilis, N. Dominiana et N. Sajïesiana
aux ascidies larges et ventrues, espèces des plus curieuses de la
flore des Indes Orientales. Ces formes étranges offusquaient
complètement les vivaces fleuries de M. F. Rodigas, représen-
tants modestes de la flore des Alpes et de celle de la Virginie.
Plus loin encore un splendide groupe de ces Azalées de l'Inde
cultivées en tête arrondie et offrant d'immenses bouquets de
fleurs, attirait l'attention. M. Beaucarne, d'Eename, un habitué
des grandes joutes horticoles, a bien fait d'offrir aux yeux des
Maestrichtois un éblouissant échantillon des cultures dont Gand
a le monopole presque exclusif.
Au fond de la salle se dressait le buste du Roi à l'ombre des
frondes majestueuses des Palmiers de MM. Jacob-Makoy,
dominant des Conifères sur lesquels se détachaient une ligne
d'Amaryllis, une des gloires de M. Beaucarne.
A droite et à gauche se montraient deux riches collections
d'Orchidées ; sans doute on n'en vit jamais d'aussi belles
en Néerlande! L'une très nombreuse, à M. 0. Lamarche-
de Rossius (V" prix par acclamation avec félicitations du
jury), l'autre à M. J. Linden , hordculteur , à Gand, le
vainqueur habituel des grandes expositions. Dans celle-ci
nous avons noté des Cattleya Shinneri, Burli7igto7iia candida,
Masdevallia J^rUchmuUm, Odontoglossvm cri$tatum, Uropeditm
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Zindeni, d'une floraison hors ligne. Dans la collection de
M. Lamarche brillaient entre autres un SaccolMum ampula-
ceum, des Odontogîossum niveum et Reichenkeimi, un Dendrobiwm
ParisU et des Vanda d'une richesse florale remarquable.
A côté des Orchidées de M. Linden se distinguaieiït encore,
malgré ce redoutable voisinage, une série de plantes nou-
velles, dont quelques-unes inédites, appartenant à MM. Jacob-
Makoy. Elles obtinrent quatre prix. Parmi elles nous citons :
Elaeagnm heterofhylla, Dr amena Bapiisti (déjà signalé dans le
Bulletin 1873, p. 375), Nidularium maculalum, Ficus ParcelU,
Fagraea Glaziouiana, un joli petit MararUa du Brésil (1874),
Lipparis elegantissima (Java, 1874) à feuilles panachées et
picotées de brun, Ardisia japonica à feuilles panachées de rose
et de blanc, un chêne d'Amérique à feuillage d'un beau rouge et
le Betula aïba atropurpurea, plantes d'avenir.
Venaient ensuite deux groupes de Rhododendrons richement
fleuris. Celui de M. Beaucarne (1^*" prix) se composait d'exem-
plaires plus touffus. Ceux de M™^ Delbaere, de Liège, étaient plus
petits, mais plus variés.
Ne pouvant tout signaler ici, nous nous bornons à énumérer
simplement un beau lot de Broméliacées, à M. Beaucarne; des
Âçave et genres analogues, à M. MuUer, horticulteur, à Maes-
tricht; de fort beaux rosiers fleuris, à M. V. Lezaack, de Spa,
auteur d'un mémoire manuscrit sur le Rosier et sa culture,
accompagné de jolis dessins, mémoire auquel le Conseil décerna
une médaille d'argent; les roses coupées de M"*® Leroux, de
Visé; un lilas à grandes fleurs blanches, obtenu par Madame
Legraye, de Liège, et dédié à S. M. la Reine Sophie; une
plante panachée nouvelle de semis, Ânchma Barrelierifol. nar.,
due à M. F. Rodigas; les fraises de M. Hennus, deTongres;les
pommes et poires de M. HoUman, de Maestricht ; les asperges
de M. Gielen, de Fauquemont ; les plantes et fleurs artificielles
de M™® H. Lignier, de Bruxelles, réellement admirables ; les
fruits fort bien imités par M. Henrard, de Bruxelles ; les
modèles de serres de M. G. Buss, de Gand ; les poteries de
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DELICES CUVELIER
( 7uO!n!'l.llIt'Pl.h' PiVlUiHiorki'} (iiinj,
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M. De Coninck, à Diest ; un bel aquarium de salon, à M. Ver-
boom, de Maestricht, etc., etc.
Pas de fête complète sans banquet. Celui que la Société de
Maestricht offrit au Jurj fut si franchement cordial que tous les
convives en garderont le souvenir. Divers incidents le charmè-
rent. J-iCS membres du Conseil d'administration offrirent, à cette
occasion, son portrait à M. C. A. Ludewig, président de la
Société dont il est Târae. Nous fûmes heureux de pouvoir
applaudir à cette manifestation touchante et bien méritée.
Indépendamment des toasts officiels auxquels les circonstances
donnèrent une certaine solennité, et des toasts officieux qui
furent salués par les airs nationaux de Néerlande et de Belgique,
nous aimons à signaler la santé portée par M. de Damseaux à
M. le vicomte Goupy de Quabecq, qui venait de recevoir les
insignes de TOrdre de François Joseph d'Autriche, en récom-
pense de ses travaux agricoles. N'oublions pas de citer aussi les
couplets pleins d'entrain chantés par M. H. Kirsch, de Spa.
Rappelons enfin que vers 6 heures, arriva de Florence, « la ville
des fleurs, » un télégramme de M. Parlatore répondant en termes
charmants au nôtre. Ainsi, le culte heureux de Flore unit
dans un même sentiment de fraternisation des hommes appar-
tenant aux nations les plus diverses. Ém, Sodiçoê.
LA POIRE DÉLICES CUVELIER.
Il y a dix ans(l), nous avons signalé aux amateurs de bons
fruits la belle et excellente variété à laquelle nous consacrons
aujourd'hui la planche coloriée de nos Bulletins,
Nous en avons donné alors une courte description avec une
figure au trait que nous reproduisons plus loin (fig. 30).
(i) Jaarboeh voor hqfbauwkunde, vàtgegeyen door Ed. Pynaert, Em.
Rodijfas, F. Crépin en F. Burvenich. Derde jaargang, 1865. — L'article
auquel il est fait allusion et qui porte pour titre : Over eenige nieuwe en
fveiniff çekende Peersoorten a été tiré à part à un petit nombre d'exem-
plaires.
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Nous l'avons publiée à cette époque avec la dénomination sous
laquelle nous avions appris à la connaître. Voici ce que nous en
disions :
« Poire des UrsuUnes. — Nous connaissons ce fruit depuis
plusieurs années; nous avons appris à le connaître aux envi-
rons d'Ath où il est cultivé dans tous les jardins. Nous Tavons
retrouvé cet automne (en 1864) à l'Exposition de Renaix, dans
plusieurs collections, sous le nom de Passe Napoléon. Ni l'un
ni l'autre de ces noms n'étant relatés dans les ouvrages de
pomologie, non plus que dans les catalogues des pépiniéristes,
nous sommes porté à croire qu'en dehors de ces localités le
fruit n'est guère connu. »
Depuis lors nous avons constaté l'identité de la Poire des
UrsutiMS avec la Jargonelle d'automne de M. B. C. Du Mortier,
dont notre ami M. Delrue-Schrevens, de Tournai, nous avait
envoyé quelques spécimens avec d'autres poires destinées à
figurer dans notre Nouvelle Pomologie lélge. Cette dernière déno-
mination, que nous avions déjà acceptée, doit aussi rentrer
dans les synonymies. C'est du moins ce qui résulte d'une étude
récente publiée par MM. Carnoy et Gilbert, dans la Flore des
serres, sous le titre de SpicUége pom^logigue.
Ces auteurs ont découvert à Soignies, par le plus grand des
hasards, l'état civil et l'extrait de baptême bien authentique de
cette variété, qui doit s'appeler dorénavant Délices Cuvelier,
en souvenir de son obtenteur, Vincent Cuvelier, jardinier au
couvent des sœurs Franciscaines à Soignies. Suivant les ren-
seignements fournis par le fils de l'obtenteur, ce fruit aurait
été gagné en 1811 ou 1812. Le pied mère, très malingre et
chétif, est mort depuis longtemps.
MM. Carnoy et Gilbert ont constaté en outre l'identité de
notre variété avec la poire Miel de Waterloo, ainsi qu'avec la
Fondante de ThineSy la Fondante de Tumerelle et le Beurré
Delkounçne. En rétablissant ainsi la synonymie d'un fruit à
coup sûr remarquable et destiné à acquérir une large publi-
cité, ces auteurs ont rendu çi la science pomologique un service
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signalé. Ils n'en ont pas rendu un moins grand aux horticul-
teurs pépiniéristes, à qui la nomenclature si embrouillée des
noms de fruits cause autant de
déboires qu'aux savants. Disons
ici en passant que ceux-ci par-
fois se montrent bien sévères et
que l'accusation lancée à la tête
des horticulteurs de rebaptiser
les fruits et de leur donner des
noms nouveaux pour les vendre
plus facilement, est générale-
ment très injuste.
Ceux qui sont à même d'appré-
cier impartialement les choses ,
penseront avec nous
qu'on doit se gar-
der d'autant plus
soigneusement
d'émettre un ju-
gement en cette
matière si déli-
cate, que d'abord
personne n'a le
droit de se croire
infaillible et
qu'ensuite , dans
la pratique , les
causes d'erreurs,
dans l'étiquetage
notamment, sont
excessivement
nombreuses et dif-
ficiles à préve-
Fig. 80. — Poire Délices CuTelier.
nir. Les savants de cabinet peuvent seuls s'en douter.
Pour en revenir à la poire DéUce$ Çv^velier^ nous croyons que
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ce fruit est loin d'être aussi connu, même en Belgique, qull le
mérite. C'est incontestablement, à notre avis, la meilleure des
poires d'été. Nous n'hésitons pas à la mettre au-dessus du Bon
Chrétien William, du Beurré d'Amanlis et de la Bonne Louise
d'Avranches. Voilà pour la bonté du fruit. Quant à la beauté de
celui-ci, notre planche coloriée en donne une parfaite idée.
Reconnaissons cependant que les modèles étaient d'une belle
venue, au-dessus de la moyenne. Le dessin au trait, fig. 30, a
été fait sur un fruit de grosseur ordinaire.
Pour ce qui est des autres qualités de l'arbre, sa vigueur et sa
fertilité ne laissent rien à désirer. Sa fertilité surtout est exces-
sive, on pourrait dire exagérée, lorsqu'il est greffé sur coignas-
sier. C'est une des meilleures variétés pour la culture en fuseau.
Les autres formes lui conviennent également.
Le caractère distinctif de l'arbre est un bois assez fort, de
couleur rouge brun, et des feuilles étroites, espacées.
Le fruit est quelque peu variable et irrégulier dans sa forme;
souvent il est bosselé ; mais toujours il est aisé de le recon-
naître. La peau est très fine et luisante, d'un vert jaunâtre,
pâle du côté ombragé et vivement coloré de rouge brun, poin-
tillé et marbré de roux du côté frappé par le soleil.
Le pédoncule est long, arqué, ligneux, inséré un peu sur le
côté, parfois charnu à sa base, vert et brun.
L'œil est à fleur, ouvert, irrégulier, à divisions courtes.
La chair est blanche, très fine, très fondante, excessivement
juteuse, sucrée et délicieusement parfumée.
Nous avons indiqué dans le Jaarloel la première quinzaine
de septembre pour l'époque initiale de la maturité. Celle-ci com-
mence le plus souvent un peu plus tard et se prolonge jusqu'en
octobre. Inutile d'ajouter qu'il faut entrecueillir le fruit si l'on
veut en prolonger la jouissance. Éd, Pynaert.
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CHRONIQUE HORTICOLE.
Peut-être n'est-ce qu'une illusion de notre part, mais il nous
semble que dans notre enfance, lors de notre apprentissage en
horticulture, les saisons étaient tout autres. Nous nous rappe-
lons fort bien que pendant Thiver il gelait à pierre fendre et que
la neige couvrait le sol durant des semaines entières. Mais si
l'hiver était rigoureux, par contre l'été était chaud, même très
chaud, depuis le mois de mai jusqu'à la fin de la saison.
Aujourd'hui malheureusement il n'en est plus ainsi : l'hiver
se passe presque sans gelée, mais le temps n'en est pas moins
mauvais, humide, défavorable jusqu'en mars ; viennent ensuite
quelques beaux jours auxquels succèdent, en mai et parfois jus-
qu'en juin, des vents froids du nord et de petites gelées qui
détruisent tout. Il en a été de nouveau ainsi cette année. Nous
voici à la fin de juin et combien la végétation a encore l'aspect
souffreteux dans le légumier et surtout dans le jardin à fleurs !
Les Myosotis sont plutôt fanés que déâeuris ; on en a bien peu
joui. Les Dianthus, Lobelia, etc., en ce moment en fleurs, n'ont
pas l'aspect riant qu'ils doivent avoir : couverts de poussière et
rabougris, ils semblent aspirer après l'heure à laquelle la mort
viendra les arracher à un long martyre. Les roses fleurissent
en abondance ; mais elles aussi sont loin d'être aussi fraîches,
aussi attrayantes que de coutume, tandis que les Iresine, Alier-
nanthera, Coleus, etc., ont été pris par la gelée dans beaucoup de
jardins. Quand donc l'été viendra-t-il? Déjà les jours sont en
train de décroître.
Et que faire pour prévenir ces inconvénients? Il sera bon de
mettre au fond des parterres une couche de feuilles de 30<5enti-
mètres d'épaisseur pour réagir contre le froid du sous sol ; il
sera prudent ensuite de garantir les jeunes plantes au moyen
de branchage ; il faudra en outre arroser tous les jours et sur-
tout asperger le feuillage.
Les plantes de serre froide, portées naturellement depuis long-
temps en plein air, ne sont guère dans une situation plus bril-
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lante ; elles poussent parce que la saison est là, mais elles le font
comme à regret, et leur végétation est maigre et grêle. Entre-
temps les serres, leurs quartiers d'hiver, sont vides. Nous vîmes
récemment un moyen de les utiliser au mieux. Sur les tablettes
de milieu et de côté, on avait déposé du terreau à l'épaisseur
de 12 à 15 centimètres et dans celui-ci on avait planté des
melons à des distances convenables. Ceux-ci étaient déjà en
pleine croissance et le jardinier, qui n'en était pas à son coup
d'essai, nous assura qu'il y récolterait des melons aussi nom-
breux et aussi beaux que sur n'importe quelle couche. C'est ce
que nous croyons sans peine ; aussi rappelons-nous ce procédé
déjà signalé à plusieurs reprises dans le Bulletin,
Dans notre orangerie se trouve entre autres un Chamaerops
humilis var. conduplicata d'une très grande taille. Son tronc
dénudé jusqu a environ 4 mètres de hauteur, nous semblait être
trop long en proportion de la couronne relativement petite et
surtout faible, tellement même qu'il commençait à se courber»
faisant mine de se briser. Pour prévenir l'un et l'autre nous
construisîmes il y a deux ans vers le milieu du tronc une cuvelle
que nous fîmes remplir de mousse et de terre maintenues
humides. La même année encore nous pûmes nous assurer qu'il
s'y était formé des racines; à cette heure elles percent par
dessous la cuvelle qui en est plus ou moins pleine. H s'agit de
savoir comment on pourra opérer le sevrage. Nous nous gar-
derons bien de le faire en une fois ; mais en opérant graduel-
lement et aussi lentement que possible, ne nous exposerons-nous
pas à perdre un Chamaerops précieux que nous ne pourrions
plus remplacer? S'il existait des faits d expérience de cette
nature, nous serions charmé d'être renseigné à cet égard.
Un mot encore sur des travaux de serre. Les Dracaena,
comme d'ailleurs beaucoup de plantes de serre chaude, sont très
jolis durant leur jeune âge mais deviennent le plus souvent
affreux quand ils sont grands et dénudés. Nous avions con-
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— 215 —
damné une telle plante au bûcher; mais un des élèves de
notre École d'horticulture ramassa cet exemplaire et y greffa,
à titre d'essai, un Dracaena terminaîis. Nous disons à titré
d'essai, car on prétend que le greffage des monocotylédonées est
scientifiquement impossible. Or, qu'advient-il de ce greffon?
Depuis plus de deux mois il est inséré et jusqu'à ce jour il
demeure parfaitement vivant, bien qu'il ne se soit pas déve-
loppé. On dirait même qu'il existe un bourrelet à la plaie, par
conséquent commencement de soudure sinon passage de sève.
Nous attendons le résultat avec la plus grande curiosité.
Nous avons dit tout à l'heure qu'on peut utiliser les serres
vides par la culture des melons. Celui qui tient à y avoir des
fleurs peut y mettre des Achim^nes, Gloxinia et Gesfieria. Les
premiers commencent déjà à y fleurir, les autres suivront
bientôt et garniront la serre jusqu'à la fin de l'été. Pourquoi ne
cultive-t-on pas davantage ces petites plantes? Rien n'est plus
facile : les rempoter en avril et les mettre sur couche tiède
jusque fin de mai; jouir ensuite de leurs fleurs dans les serres
vides, les salons, jusqu'en octobre ; les laisser mûrir et hiverner
leurs rhizomes dans du sable humide, à mi-jour, dans une
température de 6 à 7° R. et recommencer ainsi l'année sui-
vante. Quoi de plus élémentaire ?
Nous apprenons de source certaine que l'Exposition interna-
tionale d'horticulture d'Amsterdam aura lieu en 1876 et non
en 1875 comme on l'avait annoncé primitivement.
ff.J. Van Huile,
EXPOSITION INTERNATIONALE A FLORENCE.
Un membre du Cercle d'arboriculture qui a pris part, en
qualité de membre du Jury, à l'Exposition ouverte à Florence
le 11 mai dernier, nous communique un compte rendu assez
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— 216 —
complet. Pour des motifs de convenance personnelle, notre
correspondant désire garder Tanonyme ; en revanche il voudra
bien nous permettre quelques coupures. Red.
Le local de l'Exposition est une immense construction en
fer et en pierre destiné à devenir les Halles centrales de
Florence. Elle est flanquée à droite et à gauche de galeries
à colonnades où les marchands pourront étaler leurs produits.
L'aspect du bâtiment est d'une imposante simplicité. A part
sa grande élévation, qui empêche les gigantesques végétaux
disséminés à l'intérieur de produire tout leur effet, ce local se
prête bien à une Exposition florale.
L'intérieur se compose de trois nefs dont les colonnades sont
masquées à leur base par les plantes groupées alentour. A
l'entrée se trouve un bassin d'où jaillit un jet d'eau puissant
qui maintient dans le local une grande fraîcheur, bien que le
soleil presque toujours absent ne la rende pas indispensable.
Tout au fond, une grotte d'un aspect pittoresque et d'où les
eaux ruissellent en écumante cascade, attire les regards. A
droite et à gauche se dressent des groupes d'Azalées fleuries et
de Fougères arborescentes. L'ensemble de cette partie est d'uB
caractère réellement grandiose.
Les larges groupes qui entourent les colonnes, se composent
de Palmiers entremêlés de Cjcadées, de Dracaena et de Fougères
en arbre. J'y remarque un grand massif d'énormes Protéacées,
plantes que nos pères affectionnaient beaucoup, mais que la
génération actuelle délaisse entièrement. A droite de l'entrée
un immense Ruscus androgynus et à gauche un CasTiarina
suberosa de taille colossale attirent l'attention générale.
De chaque côté de la halle deux issues conduisent aux galeries
latérales, qu'un espace ouvert d'une quarantaine de mètres de
large sépare du bâtiment principal. On y trouve, d'une part,
les produits des arts et industries se rattachant à l'horticul-
ture, ainsi que le restaurant et les bureaux de la Commission ;
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— 217 —
d'autre part, les fruits, plans, gravures et les divers bureaux
des sections du jury. Au mur, près de la sortie de droite, sont
adossées deux serres, trop petites pour qu'on puisse y circuler
à Taise et contenant les végétaux délicats et les noaveautés :
Maruita, Broméliacées, Nepenthes, Palmiers et autres.
L'entrée de gauche est masquée par une vaste serre composée
de trois pavillons octogones; celui du centre est ouvert de
chaque côté ; il forme une espèce de grotte très gracieusement
construite, ayant une fontaine en son milieu. Dans cette serre
se pavaner une collection de Croton en forts exemplaires, d'une
santé et d'une culture irréprochables. Je n'en ai jamais vu
d'aussi beaux en Belgique. Puis vient une coÛection de
Dra^^aefia, comprenant les dernières nouveautés en sujets de
première grandeur. On y voit aussi des Maranta, des Gloxiniai
et quelques Orchidées peu brillantes au point de vue de la
cultare. Ty ai noté un petit groupe de six Cinéraires à fleurs
doubles, race toute nouvelle, appelée sans aucun doute à
produire des merveilles. Le long des parois de la salle se
tMuvent etocore des groupes de Palmiers remarquables, des
Azalées, des Rhododendrons, des massifs de plantes ornemen*
taies à fleurs et à feuillage, des Conifères nouveaux et les
bouquets.
En somme, les groupes sont assez harmonieusement disposés.
Les ordonnateurs italiens ont visé à l'eff'et et, sous ce rapport, on
peut dire qu'ils ont réussi. Mais pour le reste, ils ont été moins
heureux; l'organisation des jugements, par exemple, laisse
énormément à désirer et les opérations du jury marchent avec
une lenteur désespérante. Il est vrai qu'il faut tenir compte de
l'inexpérience de la Commission et de l'absence regrettable du
président, le professeur Parlatore, empêché par* une maladie
de prendre part aux derniers travaux.
Comme partout aux expositions internationales de ces der-
niers temps, les contingents les plus riches sont fournis par
l'horticulture belge et anglaise. Cette dernière est représentée
par kl maison Yeitoh et le Dr Moore, de Glasnevin.
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— 218 —
Parmi les nouveautés de M. Veitch, je remarque le Ficus
Parcelli, plante panachée à qui Tavenir appartient, le Draeaena
Hendersoni et VAràlia eUgantisHma : trois plantes entière-
ment nouvelles pour moi et toutes trois d'un mérite trans-
cendant. Les Nepenthes exposés par la même maison excitent
une admiration que justifient leur beauté et leur fraîcheur. Sont
remarquables aussi trois Orchidées nouvelles : Cppripedium
Argus, C. hybridum Dominianum et Efidendrvm fseudo-Ep-
dendrum.
Le D"" Moore expose une hybride obtenue par le croisement
des Sarracenia fiwoa et S. Drummondi, offrant l'exemple d'un
phénomène botanique de haut intérêt.
La Belgique est représentée par les principaux horticulteurs
gantois.
M. Dallière a amené le plus grand nombre de collec-
tions, toutes réellement remarquables. Son lot de Palmiers
renferme de beaux exemplaires. Un magnifique Prikhar^
dia pacifica figure comme pied isolé. Son Ânùhurium Schert-
zerianumy déjà un vétéran des expositions, devient de plus
en plus. beau. Sa collection de Marantaa beaucoup souffert du
voyage; elle est néanmoins très belle. Il expose également une
intéressante collection de Nepenthes sur lesquels malheureuse-
ment les souffrances du voyage ont laissé plus de traces.
Pour le concours de 50 plantes de serre remarquables par
leur feuillage, M. Dallière présente un lot splendide dans lequel
se distinguent quelques beaux Draeaena et un superbe Panda%us
Veitchi, probablement le plus fort exemplaire connu. Son apport
déplantes nouvelles, au nombre de 15, est fort bien composé,
quoique je les connaisse déjà toutes, sauf le Draeaena Hen-
dersoni et le Ficus Parcelli, Enfin, il compte encore une col-
lection de 25 plantes de serre enfieurs, des Azalées nouvelles,
de nouveaux Conifères assez insignifiants, des Rhododendrons
fleuris et un exemplaire de son ouvrage « les Plantes àfeuiUagt
ornemental. »
M. Linden expose un lot de 6 Aroidées nouvelles, parmi les-
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— 219 ~
quelles le DiefenbacUa Parlatorei est sans cloute le dernier
venu. Dans sa collection de 15 plantes nouvelles, se distinguent
un bel exemplaire de YArauearia Neo-Caledonica, qui me
semble être une robuste variété de r-4. élegans, les Dkfenbachia
afUhioquiensiSy Dracaena grandis, Phoenùb rwpkola, Phyllotae-
nivm Lindeni et le Bapatea pandanoides. Cette dernière plante
a un cachet aussi bizarre que réellement nouveau. Parmi les
sujets exposés par lui pour concourir isolément on remarque un
beau Pritchardia Martiana, un Tillandsia mosaica, un AiM/Ur'
rium cristallinum et un majestueux Araucaria.
Dans la collection de 25 Palmiers nouveaux présentés par
M. Linden, je note tout particulièrement les Calamus lanatus^
Cocos élegantissima, Geonoma gracïlis, Qlaziova elegantissima en
fort joli pied, Wallichia Wagneri, M. Linden expose en outre
une superbe collection à' Acer du Japon en forts exemplaires,
ainsi que son splendide journal VUlustrcUion horticole.
M. Auguste Van Geert expose un lot très intéressant de
4 Palmiers nouveaux, parmi lesquels une espèce non encore
introduite jusqu'alors, VAreca DicAsoni, considéré par M.Wend-
land, présent à TExposition, comme la plus haute nouveauté en
ce genre. M. Van Geert expose encore comme plante de culture
un Qenethyllis tulipifera, puis un superbe exemplaire du
Thuiopsis dolabrata, le plus fort pied que j'aie jamais vu, et
comme plante nouvelle introduite par l'exposant, le Pandanus
Van Geerti, espèce naine d'un caractère très ornemental.
M. Jean Verschaffelt a amené une collection à*Agave en
exemplaires moyens, 4 Palmiers nouveaux dont trois espèces
de Eentia en très jolis sujets.
M. Stelzner expose un beau pied à'Aureopanax dac^ylifo-
lium, 12 Conifères nouveaux fort curieux et 3 nouvelles Gjm-
nogrammes.
M. Éd. Pynaert expose un magnifique plan de jardin.
Il me sera permis de faire observer ici que les conditions de
certains concours sont stipulées de façon à en rendre l'accès
impossible. Ainsi on a demandé 12 Conifères nouveaux intro-
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— 220 —
duits dans le commerce depuis TExposîtion de Hambourg; or ce
nombre n^a pas été atteint depuis cette époque.
Parmi les exposants italiens, je signale en première ligne le
marquis Corsi Salviati, le marquis Torrigiani, le comte délia
Gherardesca, le chevalier Fenzi, ainsi que le prince Demidoff dont
les contingents sont vraiment remarquables. Les Palmiers, les
Dracaena, les Maranta, les Croton du premier n'ont point de
rivaux. Un groupe de plantes d*ornement exposé par le second
renferme des sujets d'une beauté hors ligne. Les Azalées dû
comte Gherardesca produisent par leur ensemble Teifet le plus
saisissant peut être de TExposition, bien que les pieds pris isolé-
ment ne puissent être comparés à ceux que Ton est habitué de
voir à Gand. Les Agave du Chevalier Fenzi sont également
méritants. Enfin les collections du prince Demidoff, ses antiques
Protéacées, les Banksia, Protea, Dryandra, etc., dont la
réputation est faite depuis longtemps, je suis charmé de
les voir à Florence jouissant toujours d'une vigueur remarqua-
ble. Les Caladium, Dracaena, Maranta, Palmiers et Azalées
du même exposant se passent de tout éloge.
Il n'y a guère de produits légumiers à l'Exposition. En fait de
fruits on peut citer quelques belles poires et pommes de la
récolte dernière, de beaux raisins conservés dans de la chaux
par M. Gianelli, de Turin, et surtout des citrons et des oranges,
comme on n'en voit que dans le Midi. X.
LES BOUQUETS DE TABLE.
Ce ne sont pas les masses de fleurs qui constituent les bou-
quets. Ceux-ci, quelle que puisse être leur destination, doivent
être une réunion harmonieuse de fleurs et de feuillage où la grâce
des détails contribue à l'unité de l'ensemble. Quelques boutons
de roses disposées sans recherche parmi des branches' de Myoso-
tis avec des Graminées fleuries auront le don de plaire bien
autrement que ces amas de fleurs aux nuances criardes et étouf-
fées dans leurs cornets, où la nature est sacrifléé à des formés
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de convention et qui sont souvent des corbeilles ou des plats
moiiotpnes plutôt que de jolis bouquets.
Fig. 31. — Hilien de table à cinq branches.
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— 222 —
On ne se figare pas ce que les jardiniers gantois débitent de
bonqnets pendant une année et combien les horticoltears et
même certains amateurs retirent de bénéfices de leurs plantes
en cédant les fleurs coupées. C'est une des branches les plus
lucratives de lliorticulture gantoise. En effet les bouquets
gantois jouissent d'un renom qui les porte jusqu'à l'étran-
ger, témoin le défi porté par un Anglais à un autre et
dans lequel un fleuriste gantois triompha à Londres même ; et
puis il faut des fleurs à toutes
les fêtes, partout et toujours.
Nous connaissons teUe famille
où les fleurs sont un complément
indispensable du service de la
table, même quand il s'agit du
plus modeste repas.
Il j aurait beaucoup à dire sur
Fig. 38. — Conpe Terticale.
Pig. 33. — Section horizontale.
l'esthétique des bouquets en général et en particulier de ceux
qu'on emploie pour orner les tables. En mettant sous les yeux
de nos lecteurs le charmant dessin, fig. 31, que nous devons à
l'obligeante communication du Qardeners* Chronicle, nous avons
le désir de donner une idée du parti que Ton peut tirer des
milieux de table et de l'effet gracieux qulls peuvent produire
quand ils sont composés avec intelligeni^.
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— 223 —
La figure 32 donne la coupe verticale du porte-fleurs, et la
figure 33 en présente la section horizontale.
Le milieu de table dont la ôg. 31 offre Tirnage est formé en
réalité par six petits bouquets disposés alternativement les uns
un peu au dessus des autres et dominés par un septième bouquet
plus grand, placé dans une tulipe en cristal, et dont le feuillage
retombe jusque sur les fleurs au dessous. L'ensemble constitue
comme un seul bouquet sur lequel les regards des convives
peuvent se reposer, mais qui ne les cache point Tun à l'autre.
{Sera condinué.) Ém. Eodiças.
TRAVAUX A EXÉCUTER DANS LA CULTURE NATURELLE DES
PLANTES POTAGÈRES.
Juillet.
Le potager reste encore pendant ce mois un véritable champ
de manœuvre où le jardinier trouve à déployer toute son activité
et ses soins. On récolte en grande partie les produits précé-
demment semés et plantés et on doit songer aux provisions de
Tautomne. Beaucoup de graines mûrissent aussi pendant ce mois,
telles que celles de choux, oignons, poireau, céleri, chicorées,
radis, scorsonères, etc. Ces dernières doivent être cueillies tous
les jours à mesure qu'elles étalent leurs aigrettes plumeuses.
Plusieurs produits disparaissent : pois, choux-fleurs, choux
verts d'Ulm, etc.; on laboure légèrement à la bêche, à la
fourche ou à la houe, on fume si le terrain est épuisé, p. ôx.,
après les choux, et en tous cas on détrempe le sol avec de l'en-
grais liquide. En cet état il peut recevoir des plantations de
poireaux, de céleri court, d'endives frisée et autre, de Brocolis
hâtifs, choux à jets et verts de Milan ou des semis de navets,
de radis d'automne rose et d'hiver noir, de haricots flageolets,
de pois, laitues, endives, cerfeuil, en un mot de tous les
produits qu'on désire rencontrer au potager à Tautomne pour la
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— 224 —
consommatiim immédiate ou pour les pioTisions d^kiyer. On
récolte les pois secs pour graine à semer et pour purée. Si on j
a enti'esemé des carottes, des panais ou des chicorées à racines,
<m arrache les sarments par on temps frais ; ou arrose copieu-
sement si la pluie se fait attendre; on donne da purin et on
sei^ouit.
On lie les endives et les laitues r<Hnaines. On r^mue les com-
posts provenant du fumier qu'on n'a pu utiliser, des mauvaises
herbes, du produit des couches qu'on démonte et des curures des
fossés et des pièces d'eau qu'on nettoie à cette intention.
La récolte des fraisiers remontants commence; celle des
grosses est terminée, aussi s'empresse-t-on d'arracher les stolons,
d'éclaircir, de biner et de répandre une couche de fumi^ court
entre les plantes. Si on a de nouvelles planches de fraisiers à
faire, on prépare le terrain en le bêchant et enfouissant abon-
dance de fumier et en le mouillant d'engrais liquide; c'est à la
fin du mois que ces nouvelles plantations commencent.
C'est le moment pour le jardinier de fournir à la ménagère
les produits à confire, fèves, pois, concombres, etc. n doit faire
aussi la récolte des plantes condimentaires ou qu'il sèche à l'om-
bre: sauge, marjolaine, sarriette, thym, estragon, etc« On sème
encore des haricots princesse grimpants ep leur donnant pour
appui des rames de pois devenues sans emploi. On plante des
choux blancs et verts de Milan entre les melons et les concom-
bres qui donnent leurs derniers fraits. On rabat les feuilles des
oignons qui ont toute leur grosseur, pour les faire mûrir; on
se sert à cet effet d'un balai à longs brins, neuf ou ajani peu
servi. On récolte les oignons mûrs ainsi que les échalotes et
Tail. On butte successivement du céleri à côtes.
Les travaux de culture, sarclage, binage, airosage, but-
tage, etc., n'ont encore guère perdu de leur importance pendant
ce mois. Fr,, Burvemçh.
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- 225 —
CERCLE D'ARBORICULTURE DE BELGIQUE.
ADMISSIONS
prononcées en juin.
3*^ SÉRIE. — Membres 'protecteurs.
Mesdames
de Hennin (la douairière), au château de Corrouil par Assesse
(Namur) ; présentée par M. de Hennin.
Vander Eecken-De Raedt (veuve Clotilde), propriétaire, Leupe-
gem ; présentée par M. C. Thienpont.
MM.
Baesen (Jean), entrepreneur, Wynghene (Bloemendael); pré-
senté par M. le Dr Cardon.
Billot (Jules), chef de culture chez M. le baron Arthur de la
Rousselière, Prayenbois par Jupille (Liège) ; présenté par
M. J. N. Hordebise.
Boulenger (Marins), propriétaire, ancien membre de la Chambre
des représentants(0, Quiévrain ; présenté par M. Éd. Pjnaert.
Deman d*Attenrode (le baron), sénateur et bourgmestre, Hoey-
laert, par Groenendael ; présenté par M. le notaire Van-
de Velde.
Ducrot (Ém.), jardinier chez M. Gillieaux, Bosquetville, près
Charleroi; présenté par M. Fr. Burvenich.
Rogghé (W.), libraire, place de la Calandre, Gand; présenté
par M. Ém . Rodigas .
Slegten (M.), conseiller provincial et pépiniériste, Caulille
(Limbourg); présenté par M. Vanden Wouwer.
Van Hoecke (Florimond) fils, constructeur et mécanicien horti-
cole, faubourg St Liévin, Ledeberg lez Gand ; présenté par
M. Fr. Burvenich.
(l) M. Marias Boulenger, dont nous regrettons la mirt prématurée,
était membre du Cercle depuis quelques mois. C'est par oubli que son
nom n'a pas été publié plus tôt.
Le nom de M. Éd. Vander Cruyssen doit être considéré comme rayé
de la liste précédente : celui-ci ne fait point partie du Cercle.
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— 226 ~
CDLTDRE DE LA VIGNE DANS LES ÉCOLES.
Ceci sera peut-être taxé d'exagération et ne pourra en tous
cas servir d'exemple à suivre que ds^s des circonstances spé-
ciales. Un de mes confrères, au courant de la propagande que
j'ai faite en faveur des plantations d'arbres fruitiers à haute
tige dans les cours d'école, question que j'ai raisonnée en
maintes occasions au point de vue cultural et pédagogique, a
voulu me dépasser et proscrire les armures autour des tiges,
le paillis et le coup de binette au pied de l'arbre : le tout serait
remplacé par des fleurs. Des instituteurs très compétents avec
qui j'en parlai pour avoir leur avis, m'ont demandé : « Où nous
faut-il lier les élèves? i On a voulu faire de plus fort en plus
fort, comme chez Nicolet.
Mais venons à nos vignes.
A l'école communale de Melsen (Flandre Orientale), il y a
trois grandes croisées qui donnent en plein midi ; le pignon est
couvert de ce côté de vignes bien conduites. L'instituteur M. Ch.
De Decker a eu l'heureuse idée d'introduire des ceps à l'intérieur
et de les conduire régulièrement en cordons devant les croisées,
nbaisse les stores sur les vignes, qui se trouvent ainsi emprison-
nées entre une paroi de verre et une de toile, et il récolte chaque
année du beau raisin mûr, tandis que les mêmes vignes au
dehors, ne mûrissent pas leur fruit. A l'heure qu'il est, il y
a des grappes dont les baies sont à moitié de leur grosseur;
on sait qu'à la porte la Vigne vient de défleurir seulement.
En automne, sitôt la chute des feuilles, on taille, de sorte
que la charpente n'y paraît presque pas.
Ce résultat prouve d'abord que dans notre Flandre les insti-
tuteurs s'intéressent à l'arboriculture et savent la pratiquer
avec génie et succès, et cela corrobore ce que nous disons dans
la 4"»* édition de noireSnoei derfruUioomen, au chapitre Farceriô
des ariresfruiHers, page 292.
€ De quelque manière qu'on introduise la "Vigne sous une
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surface vitrée, on obtient toujours des résultats. Des sarments
de vignes introduits dans une chambre et palissés devant les
fenêtres produisent des fruits mûrs, tandis que la partie au
dehors ne mûrit pas. • M. De Decker me dit que son procédé
serait recommandable pour lés instituteurs qui ne peuvent
obtenir des stores de Tadministration de leur commune. Sans
que j'aie à insister sur ce point, je me demande s'il y aurait des
écoles où on laisse encore rôtir les enfants en classé? — Il me
semble en avoir vu une pourtant où le soleil avait entrée libre
de tous les cptés, pendant les jours de température sénéga-
lienne que nous venons de traverser! Fr, Burvenich.
LE MARCHÉ AUX FLEURS DE LA PLACE D'ARMES A GAND.
Nous nous rappelons très bien que, il y a une trentaine d'an-
nées, lo nombre des débitants de plantes qui fréquentaient la
Place d'Armes, à Gand, était fort restreint, et ce qu'ils appor-
taient le dimanche au marché aux fleurs consistait en choses
communes ou de peu de valeur.
Aujourd'hui il n'en est plus ainsi. Tout le pourtour de cette
belle et spacieuse place est occupé le vendredi et surtout le
dimanche, depuis 5 heures du matin jusqu'à midi, par des ven-
deurs nombreux et il s'y traite des aflTaîres pour un chiflfre
assez considérable. En y comprenant les campagnards qui arri-
vent de deux ou trois lieues avec une brouette de plantes, on
peut évaluer à 75 environ le nombre de ceux qui exposent en
vente des produits horticoles.
Et quels sont ces produits ? Certes beaucoup de plantes vul-
gaires, surtout de la part des campagnards. Mais ce sont
précisément ces petites plantes que l'on chercherait vainement
ailleurs, parce qu'elles sont trop communes et qu'elles valent
trop peu pour que les jardiniers de la ville s'en occupeut. Veut-
on se procurer des Primevères, des Auricules, des Pensées, du
Thym, du Buis, de la Sauge, des plants d'Oseille, des herbes
ofiTicinales, de la mousse, du jonc, des tuteurs, des matériaux
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d'emballage, c'eat à la Place d'Armes qu'il faut les chercher.
Aussi est-ce curieux à voir comment les gens du peuple et de
la bourgeoisie s'y rendent de bonne heure et reviennent l'un
avec une giroflée, l'autre avec un bouquet, dont les prix varient
de cinq centimes à un ou deux francs. Celui-ci y achète une
douzaine de ceci, celui-là une couple de cela et plus d'un petit
porteur, le panier sur la tête, y gagnent un joli pour-boire.
Mais voici les fleuristes proprement dits. Quels sont les pro-
duits qu'ils exposent ? Ce ne sont plus des violettes, mais des
plantes plus rares ou du moins exigeant plus de soins et té-
moignant le plus souvent d'une grande habilité dans la culture.
Bien que des plantes communes, telles que les Résédas et les
Héliotropes, fassent le fond de l'étalage, néanmoins et d'après la
saison, l'on y admire des Camellias et des Azalées magnifique-
ment fleuris, des Rosiers en floraison forcée, des Fuchsias et
des Héliotropes bien cultivés, des Résédas conduits en tête sur
de fortes tiges, de jolies Calcéolaires, des Pétunias, des
Pelargonium, etc., ain^i qu'une quantité de plantes à feuillage
panaché de tous genres, des plantes grasses, des bouquets, des
corbeilles, des graines et des bulbes.
Et que l'on ne s'imagine pas que ces fleuristes soient des
gâte-métier, et qu'ils cèdent au besoin leurs plantes à moitié
prix. Loin de là ; nous sommes persuadé qu'au marché même
ils vendent à un prix plus élevé que chez eux. Nous avons vu
plus d'un de ces petits jardiniers commencer modestement
il y a quelques années ; ils avaient à peine une petite serre
et une couple de verges de terre ; tout en travaillant à la
journée chez d'autres, ils consacraient leurs loisirs à cultiver,
avec l'aide de leur femme et de leurs enfants, ces petites plantes
qu'ils apportaient flnalement au marché ; par cette voie ils se
procuraient les moyens d'agrandir leur établissement et d'acqué-
rir une position stable et plus ou moins indépendante. Ce fait
assez général n'est certes pas sans importance et il a dû avoir
son influence sur le développement de l'horticulture gantoise.
Que l'on ne s'attende pas cependant à rencontrer à la Place
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— 229 -
d'Armes des produits de nos grands établissements horticoles^.
Ceux-ci n'en ont pas besoin et cela froisserait leur dignité. Cela
n'empêche aucunement qu'il s'y trouve souvent des plantes peu
communes ou d'un prix relativement très élevé. Ainsi nous
y avons vu en fleurs des Cliantkus Dampieri d'une euHure
difficile, des corbeilles et des jardinières d'un goût exquis, de
gracieux bouquets, des Fougères magnifiques, des Agaves et
des Dragonniers majestueux, des Ficus elastica d'une culture
irréprochable, des plantes ornementales en grands exemplaires,
des Palmiers de toute nature et de toute taille, un splendide
pied d'Aspidùtra elatior que l'on vendait 150 francs et des^
Phùrmium tenax fol, var., qu'on ne voulait pas même céder
à 200 francs la pièce.
Plus d'une fois nous avons entendu critiquer l'apport au
marché de plantes aussi chères. En effet, on les expose à des
accidents ; mais après tout nous pensons qu*il est bon que le
public apprenne à savoir que ce ne sont pas toutes plantules de
cinq centimes qui viennent à la Place d'Armes, et qu'il s'y fait
des affaires importantes qu'il est de notre devoir d'encourager.
H. /. Van Huile.
LES BORDURES DE POTAGER. ,
Il est de règle de border les plates bandes du potager avec des
plantes utiles comestibles. Mais comme la plupart de celles
employées jusqulci à cet usage sont d'un emploi fort restreint
dans la cuisine, on a cherché à former des bordures ayant touit à
fait leur raison d'être.
En effet les rangées de Thym, de Lavande, de Ciboulette,
d'Oseille qui longent les chemins du potî^ej,. dépassent la pro-
portion de la consommation qui pour ces plantes, la dernière
exceptée, est assez restreinte. Le Garden, pub^cation horticole
anglaise, a recommandé dernièrement de semer deux lignes
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— 230 —
de Persil nain frisé à 0^20 de distance et de repiquer entre ces
deux rangées de la Betterave petite rouge foncé à salade.
C'est un procédé à recommander aux jardiniers qui veulent
joindre Tutile à Tagréable en faisant des bordures utiles et
coquettes. Fr. Burvenich.
LES BOUQUETS DE TABLE.
{Suite, voir page 220.)
Or, tel est malheureusement presque toujours le cas, quand
U s'agit de se conformer à c l'usage antique et solennel •
qui veut qu'un surtout de table se compose de trois pièces, un
milieu et deux bouts, du moment que la table est un peu longue.
Dès lors, à moins que les bouquets ne soient parfaitement légers
et dégagés, ces ornements, au lieu de réjouir, deviennent des
écrans gênants derrière lesquels bon nombre de convives cher-
chent en vain à se retrouver.
Nous n'avons pas à nous préoccuper de la forme des tables;
mais quelle que soit celle-ci, le bouquet ou les bouquets doi-
vent être rigoureusement appropriés à leurs proportions.
Le modèle de la ûg. 31, page 221, dont la hauteur totale
peut être évaluée à 1 mètre, conviendra fort bien pour orner
une table ronde ou légèrement elliptique dont le plus grand
diamètre serait de trois mètres. La composition presque monu-
mentale, dont la fig. 34 présente la gracieuse image, d'après
l'intéressante publication précitée, exigera évidemment une
place plus spacieuse. Ce sera le plus ravissant décor d'une salle
de banquet.
Le choix des fleurs et du feuillage varie naturellement d'après
la saison, et le groupement doit dépendre entièrement du bon
goût de celai qui en est chargé. Sans la connaissance poar
ainsi dire innée du Beau idéal, sans des notions précises de
l'harmonie des couleurs, on ne fera que des ébauches grossières,
on ne réalisera rien qui vaille, même en disposant des éléments
les plus précieux.
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Fig. 34. — Porte-fleurs pour banquet.
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232 —
L'appareil dont la fig. 35 donne une idée suffisante sans qu'elle
soit tout à fait exacte, puisqu'elle omet la tulipe inférieure delà
fig. 34, a plus d'un mètre de haut. Il se compose de plusieurs
pièces se vissant les unes aux autres, t Le pied est en zinc; il
a 0"50 de diamètre et est posé sur trois boutons de verre. Le
pourtour est une rainure en gouttière deO«>08 de large; le
reste de la plaque est recouvert d'une glace. Dans son milieu
se visse la tige de verre maintenue vers son pied par deux tiges
d'un métal brillant dont les bouts sont enroulés, p La tige de
verre passe à travers la coupe
inférieure, apparente dans la
fig. 34, mais nullement indis-
pensable, comme le montre du
reste la fig. 35 qui n'en porte
aucune trace. La tige de verre
se termine par deux ajutages
en métal blanc enroulés comme
les précédents et servant de
supports à une demi-tubulure
en verre disposée en anneau
et ajant une trentaine de cen-
timètres de diamètre, depuis
une ^extrémité de Tanneau à
Tautre. Cet anneau est situé à
environ 0"'75 au dessus du
niveau de la table. Une longue
tulipe ou trompette de verre se
visse sur le milieu de la partie
métallique et achève le porte-
fieurs qui acquiert ainsi une
hauteur de plus d'un mètre.
Fig. 35. - Coupe T«#uoaie du ptfpiJ.fleu». Cet appareil ou tout autre de
proportions analogues conviendrait parfaitement pour une table
ayantau moins une vingtaine de convives.
De quelles fleurs convient-il de faire usage ? Nous avons déjà
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— 233 —
répondu en partie à cette question en disant que cela dépend de
la saison et surtout du goût. Cependant, abstraction faite de leur
odeur qui ne peut être trop pénétrante, les fleurs doivent avoir
certaines qualités de forme et de nuance dont il est bon
de se souvenir. Il ne faut pas trop rechercher le contraste des
formes; il vaudra beaucoup mieux grouper des formes analogues,
pourvu que les nuances diffèrent ; en outre, les fleurs peuvent
être grandes sans pouvoir être massives.
Voici, d'après le Qardeners' Ghronicle, la composition du milieu
jde table dont nous reproduisons limage (fîg. 34). A la base, fleurs
à'Emharis amazonica, AUamanda Hendersoni et Kalosanthes
coccinea; feuilles de Pteris tremula, Adiantum cuTieattim et Cissus
discolor. Au milieu, fleurs àe JStepMnotis Jloribunda, Dipladenia
ioliviensis et Vallota purpurea; feuilles de DavalUa tenuifolia,
Adiantum Capïllm Veneris et Lygodiumjaponicum. Au sommet,
fleurs rouges et blanches de Bouvardia', feuillage de Lygodium,
Qymmthrix latifoUa et du léger Myrsiphyllum asparagoides.
Comme l'indique fort bien notre. dessin, les fleurs les plus
grandes sont au bas et vont en s'amoindrissant. De même aussi
le feuillage est le plus foncé à la base et les nuances des feuilles
et des fleurs vont en pâlissant à mesure qu'elles sont placées
plus haut. Il serait difficile d'apprécier toute la valeur d'une
composition de ce genre, sans l'avoir sous les yeux ; celle dont
nous parlons est à coup sûr plus belle au point de vue de la
forme que du coloris et nous sommes d'avis que les fleurs jaunes
de VAllamanda pourraient avec avantage faire place à des
fleurs roses ; tout au plus admettrions-nous la couleur jaune
dans le cœur des Dipladenia. Ém, Bodigas.
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— 234 —
A PROPOS DU BEURRÉ RANGE.
Lettre aux Rédacteurs du Bulletin.
Est-ce que vous voudriez, mes chers confrères, accorder un
petit coin de votre Bulletin à la défense de vos confrères de
France? Voici que je lis, dans le Bulletin de la Société d'horticul-
ture de Tournai (juin 1874), un article, dont les deux auteurs
ont des raisons, paraît-il, pour ne pas signer leur nom en
entier, et dans lequel on nous accuse — moi tout particulière-
ment — de rire volontiers des Belges et de déployer notre verve
aux dépens de la Belgique.
Qu'allez- vous dire de cette assertion, bon Dieu! vous qui,
pendant un an, avez lu chaque mois, ainsi que tous les lecteurs
de votre Bulletin, mes Lettres sur l'horticulture française, dans
lesquelles j'ai répété à satiété que Thorticulture belge est splen-
dide, que nous devrions imiter votre zèle, et que nos adminis-
trateurs devraient prendre modèle sur les vôtres, pour la
manière d'encourager les choses horticoles et de les protéger?
Voici que je suis jaloux de vos semeurs et de vos gains, moi qui
vois encore cette phrase au bout de ma plume : « Plus alertes
et plus appliqués que nous, vous avez obtenu davantage ! >
Et toutcela, pourquoi? Parce que nous ne sommes pas d'accord
au sujet du Beurré rance ou du Bon Chrétien de Rance, Est-ce
un Beurré? Est-ce un Bon Chrétien? J'ai dit Bon Chrétien, mes
deux anonymes veulent Beurré; j'ai dit de Rance, mes deux
contradicteurs veulent rance. Supposons même qu'ils aient
raison, ainsi que vous dont c'est également l'opinion; qu'est-ce
que cela prouve, sinon que chacun pense d'une manière diffé-
rente? J'ai ajouté que la dénomination de notre choix n'est
peut-être pas plus exacte, mais que du moins elle n'est pas
ridicule. Or, les deux messieurs qui ne mettent que les initiales
de leurs noms, auront beau faire, ils n'empêcheront pas que ce
soit ridicule d'appeler rance, un fruit que l'on veut lancer dans
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— 235 —
le monde pomologique, et je répète ce que j'ai dit dans mon
article excommunié, à savoir que je me garderais bien de con-
seiller à nos semeurs modernes de mettre une nouveauté en
vente sous le nom de Bergamotte déçoûtante ou de Doyenné
pourri. Où la jalousie a-t-elle à intervenir là-dedans, et, parce
que Ton n'est pas d'accord, est-on pour cela envieux ? Est-ce que
vous lisez l'envie contre les Belges dans les écrits de nos horti-
culteurs ? Est-ce que le Verger de M. Mas, les Bons fruits de
M. de Mortillet, la Pomologie du congrès^, la Revue horticole de
M. Carrière, sont jaloux de vos ouvrages et de vos journaux?
Est-ce que M. Ch. Baltet n'a pas fait, dans un travail tout
spécial, l'apologie de votre horticulture? Est-ce que nous ne
proclamons pas à tout instant les succès des magnifiques cul-
tures de vos grands praticiens? Et n'avons-nous pas reçu, les
bras ouverts, les délégués de votre gouvernement, qui venaient,
en 1867, examiner nos jardins et nos pépinières ?
Je vois bien encore que mes deux contradicteurs voilés ont
l'intention de donner un coup de serpette au peuple le plus
spirituel de la terre et à sa manière de faire de V esprit à tout
propos, mais je crains bien que ce ne soit un coup de serpette
dans l'eau. Est-ce que la forme enjouée, lorsqu'on lit la bonne
foi à travers les lignes — comme j'espère qu'on la lit toujours
à travers les miennes — est-ce que cette forme enjouée et
badine n'arrive pas bien souvent à point pour éviter lés reven-
dications trop brusques, les désaccords trop accentués, les
polémiques trop ardentes?
i Nous ne songeons pas, noiis, » disent, toujours à propos du
Beurré rance, vos deux compatriotes retranchés derrière les
4 lettres E. D. et V. W., i nous ne songeons pas à changer les
dénominations de nos poires, i Puisqu'ils se sont cotisés à deux
pour trouver cette phrase, je regrette qu'ils n'aient pas eu
l'idée de s'adjoindre un troisième inconnu, qu'ils auraient pu
charger de les mettre au courant des choses de l'arboriculture
en Belgique. Il aurait pu leur apprendre que ç'à été justement
là une des grandes occupations d'un pomologue belge dont ils
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— 236 —
n'ont peut-être pas entendu parler, un nommé Van Mons, dont
la spécialité consistait à démarquer le linge pomologique ; il
aurait pu leur dire encore qu'en 1863, un grand congrès inter-
national de pomologie, provoqué par la Fédération des Sociétés
d'horticulture de Belgique, s'est tenu à Namur, qu'il s'est
livré à de longues discussions dans le but de changer les
dénominations fautives de beaucoup de fruits, et que, le mal-
heureux, il a eu le front d'inscrire dans ses tableaux (page 66)
la poire qui nous occupe, sous le nom de Bon Chrétien de Sanee,
en toutes lettres, absolument comme le premier venu de ces
critiques français jaloux des horticulteurs belges. Depuis, vous
avez adopté Beurré rance, c'est fort bien; mais puisque, vous
qui êtes sur les lieux mêmes, vous avez mis plus de 100 ans à
prendre cette décision, pourquoi nous, gui n'avons pas Thabitude
de réfléchir, n'attendrions-nous pas encore un peu pour nous
décider?
Que si, d'autre part, nous commettons une erreur, à propos
du Beurré Liart, sur la ville qu'habitait un préfet, allons-nous,
en revanche, accuser MM. De Puydt et Du Mortier d'être jaloux
l'un de l'autre, parce que l'un désigne Liart comme marchand
épicier, et l'autre comme jardinier pépiniériste?
Il y a dans Tarticle de MM. E. D. et V. W. un petit passage sur
lequel je n'insiste pas; je l'excuse charitablement, en me disant
que, moins étrangers à nos habitudes et peut-être à notre langue,
ils n'auraient pas écrit que j'ai cité une anecdote en la dénatU"
rant; en français de France cela signifie à peu près avec mauvaise
foi, et ce n'est pas là assurément ce qu'ils ont voulu dire.
Ce qui eût été également bien adroit de leur part, c'est de ne
pas faire imprimer cette petite note au bas de la page 30,
laquelle , rappelant malencontreusement la grammaire latine
qui n'a absolument rien à faire ici, déclare que le mot de doit
précéder, dans les fruits, le nom de la personne, en sorte que,
d'après les deux mystérieux associés, il nous faudrait dire :
Beurré de Clairgeau, Beurré de Diel, Bon Chrétien de William,
Doyenné de Goubault, ou même Beurré de Liart et Bon Chrétien
de Napoléon.
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— 237 —
Je n'insiste pas davantage, mes chers collègues, et je vous
remercie, aussi bien pour les pomologues français que pour
moi, d'avoir voulu nous sacrifier ces trois pages, vous qui
savez combien vous nous êtes sympathiques.
Tk, BucheteL
NOTES DE VOYAGE.
{Suitây voir page 133.)
Ce qui saute aux yeux dans le Tjrol, c'est le goût exquis avec
lequel les jardins et les demeures sont ornés au moyen des
plantes les plus vulgaires : Vigne- vierge , rosiers, lierres,
acacias en boule, etc. Par ci, par là, nous remarquons aussi
quelques conifères exotiques, mais pas ou presque pas de plantes
de serre. Il n'y existe donc guère d'horticulture d'amateur,
comme nous l'entendons.
C'est ici que le Maïs commence à être cultivé sur une grande
échelle; le Topinambour même y semble faire partie de la
grande culture : nous en voyons en effet plusieurs champs sur
les flancs de l'imposant Weihrberg, à Inspruck, entièrement
couvert de végétation et surtout de pins majestueux, ainsi que
la chaîne de montagnes des alentours.
Nous sommes loin d'avoir suffisamment vu le Tyrol, mais
Vienne est le but de notre voyage et il nous faut retourner sur
nos pas. D'abord nous avons encore tout un temps, à droite, la
suite des gigantesques rochers des Alpes, puis, à gauche, le
Chiemsee, long de 4 lieues. Puis presque rien que des forêts de
pins dans lesquelles les Aiies croissent bien mieux que les Pintes.
Après Traunstein seulement commencent les champs cultivés et
apparaissent surtout de grandes prairies ; nous sommes surpris
d y voir si peu de bétail. Ici on a Thabitude de sécher les récoltes
sur place : sur des milliers de tiges de pins alignées dans les
champs, on suspend, comme aux bras d'un porte-manteau, l'her-
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-^ 238 —
bage, Tavoine, le sarrazin, etc. , jusqu'à ce que ces produits soient
suffisamment secs d'eux-mêmes. Nous pensons qu'on agit ainsi
parce que les bras font défaut pour mieux soigner la récolte.
Nous voici à Salzbourg. Quelques nouvelles plantations y
sont établies, la plupart de tilleuls. Nous regrettons vivement
que leur feuillage ne nous donne pas un peu plus d'ombre, car
la chaleur continue d'être accablante ; aussi partons-nous le soir
même par Hallein.
Quelle contrée pittoresque et montueuse ! Quelles riches
forêts sur ces montagnes ! Quels arbres séculaires et gigan-
tesques, chênes, érables, platanes, aux troncs couverts d'une
épaisse couche de mousse ! Les arbres fruitiers, au contraire,
semblent bien chétifs ; les cerisiers sont presque dépourvus de
feuilles et aucun ne porte trace de taille. Les sapins sont majes-
tueux, nous en voyons d'une parfaite vigueur jusque sur les
rochers arides.
Nous ne dirons rien des merveilles qui nous frappent dans les
vastes salines de Hallein ; nous n'oublierons jamais les émotions
que nous éprouvâmes à leur aspect. Cela nous mènerait trop
loin aussi, s'il fallait nous arrêter à tout ce que nous avons vu
de beau et de saisissant durant notre excursion sur le célèbre
Kônigsee. Disons seulement que, au milieu du lac, nous fûmes
surpris par un violent orage. Ces éclairs non interrompus,
accompagnés d'une pluie torrentielle et de coups de tonnerre
assourdissants, cent fois répercutés par les rochers d'alentour,
quel effrayant spectacle ! Et pourtant les aimables Tyroliennes
qui conduisent notre barquette, semblent y être assez indiffé-
rentes, bien qu'elles soient littéralement trempées d'eau.
Nous reprenons la voie ferrée, et Salsbourg est déjà loin de
nous. Les monts s'abaissent graduellement à droite, tandis que,
à gauche, le pays s'aplanit plus brusquement et commence à
ressembler plus ou moins à ces plaines étendues, riantes, ondu-
lées et fertiles que l'on traverse entre Tirlemont et Liège. Seule-
ment ici on aperçoit beaucoup plus de prairies, peuplées de
nombreux troupeaux de bêtes à cornes et surtout de bœufs.
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— 239 —
Quant aux autres cultures, certes, elles ne pourraient servir
d'exemple à nos cultivateurs belges, sauf à leur donner Tidée de
planter plus d'arbres fruitiers dans les champs, comme on fait
ici, à condition cependant de mieux les soigner. D'ailleurs, tout
semble quelque peu négligé ici : on sème et on plante pour
semer et pour planter, et puis on ne s'en préoccupe plus beau-
coup jusqu'à la moisson. Est-ce de la négligence de la part du
cultivateur? Nous ne le croyons pas, mais nous pensons que la
cause s'en trouve dans le manque de population, par suite dans
l'absence de bras.
La nuit tombe et il est tard quand nous arrivons à Linz. De
là nous descendons le Danube en bateau à vapeur jusqu'à Vienne.
Ce voyage qui dure tout un jour, n'est pas à beaucoup près aussi
enchanteur que le voyage du Rhin, bien qu'il ait aussi son
originalité. Tout y est plus grandiose ; ici les champs et les
prairies s'étendent à perte de vue et celles-ci sont peuplées
de milliers de bœufs ; là, on aperçoit des forêts séculaires ;
çà et là des rochers escarpés au sommet desquele se dressent
encore les ruines de forteresses féodales ; ailleurs et à mesure
que l'on approche de Vienne , de nombreux vignobles , des
établissements industriels de toute nature et à bord même du
bateau un mélange de races humaines qui étonne. Mais au point
de vue de la culture, rien d'intéressant, si ce n'est les vigno-
bles, que nous apercevons de loin et sur une assez grande
étendue, le long de la rive droite du Danube, dans les environs
de l'abbaye de Klosterneuburg. On nous dit en passant que là
se trouvent les plus vastes cultures de la Vigne et les plus
grandes provisious de vin de toute l'Autriche.
Nous approchons de la capitale : le fleuve est sillonné d'em-
barcations plus nombreuses ; les deux rives deviennent plus
riantes et plus animées ; encore une couple de coudes et nous
débarquons. Nous nous rendons immédiatement au local de la
Société royale et impériale d'horticulture où les membres de la
Commission, et en particulier le zélé secrétaire M. Bermann,
nous font l'accueil le plus amical et nous fournissent les ren-
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— 240 —
seignements et les pièces pouvant faciliter notre séjour à
Vienne.
Notre première visite, le même soir, est encore pour le local
de la Société dliorticulture où a lieu la première réunion prépa-
ratoire des membres du Congrès et, en outre, un des plus splen-
dides concerts auxquels nous ayons jamais assisté. C'est que
rien ne se passe à Vienne sans musique, et celle-ci y est excel-
lente.
Le jardin de la Société n'est pas très grand, peut-être un
hectare, mais il est charmant, tracé dans le style italien et orné
de masses de fleurs, déplantes à feuillage, de statues, etc., le
tout de bon goût et d'une grande richesse. Sur l'arrière plan se
trouve une serre monumentale, dominant une large terrasse ;
le reste est plat, les pelouses sont fort belles, entourées de très
laides chemins et munies de reposoirs.
Deux kiosques semblables se dressent en face de la grande
salle des concerts et des expositions et de ses dépendances.
La première impression que nous éprouvons, c'est qu'il s'agit
ici bien plus de musique et de divertissements que d'horticul-
ture. En effet, trois corps de musique, dont Tun entièrement
composé de dames n'est certes pas le moins attrayant, se suc-
cèdent sans relâche ; depuis sept heures du soir jusqu'à minuit
et bien que le prix d'entrée soit de 5 francs par tête^ salle et
jardin sont littéralement combles. Et on n'y vient pas seulement
pour écouter et pour voir : non, tout le monde, sans exception,
s'y régale en même temps de wiener Kalbsbraten, de wiener
WUrste, wiener HUhner et surtout de quelques Seitéli wiener
Bier.
Les Viennois en effet savent jouir de la vie, mais ils savent
aussi s'occuper de choses sérieuses, comme nous allons voir.
(Sera continué.) H, J. Van Hutte.
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POMME PETITE EMMA.
Un amateur distingué, bien connu dans le monde pomologique
pour ses belles collections de fruits et vainqueur habituel dans
les grandes expositions fruitières, M. Victor Biebuyck, de
Courtrai, est l'heureux obtenteur de la jolie et bonne petite
pomme de dessert que nous décrivons dans ce fascicule.
La belle planche coloriée qui accompagne notre texte, a un
aspect si séduisant que nous nous croyons obligé cette fois de
prévenir le lecteur que M. De Pannemaeker, notre artiste,
s est strictement tenu dans les termes moyens, aussi bien pour
les proportions du dessin que pour les tons du coloris. Si les
portraits flattent parfois, ce n'est pas qu'on ait usé du même
procédé à l'égard de ce fruit.
Uobtenteur, avec sa modestie habituelle, nous a franchement
déclaré qu'il doit cette variété au hasard; c'est un semis
spontané, qu'il a trouvé dans un coin perdu de son jardin, d'où
il l'a recueilli pour le placer dans de meilleures conditions,
parmi d'autres semis de poiriers et de pommiers. Nous lui
savons gré, dans l'intérêt de la science pomologique, de ne pas
avoir été imaginer un croisement quelconque, dont il eût
pu aussi, comme preuve à l'appui, nous faire voir le père et la
mère.
L'heureux possesseur n'était pourtant pas sans connaître
les mérites et la valeur de son gain éventuel, aussi n'est-ce
qu'après de longues instances que nous avons pu le décider
à nous céder le pied mère et à se séparer ainsi de ce trésor caché
qui, depuis quatre années, s'était révélé par sa première fruc-
tification.
Aujourd'hui des multiplications en sont faites dans nos
pépinières et nous pourrons répandre ce fruit en novembre
prochain.
Varire est de vigueur moyenne ; le pied mère est une belle
haute tige à couronne pyramidale. Les greffes de l'année
sont d'une bonne végétation trapue ; le jeune bois est vert
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mêlé d'une teinte brunâtre, le bout recouvert d'un épais duvet
gris. L'épiderme porte des lenticelles blanches, petites et clair-
Les feuUles sont ovales, se terminent en pointe allongée vers
le sommet et sont arrondies vers le pétiole, qui est court et
mince. Elles sont profondément dentées en scie, à surface lisse,
vert foncé au dessus du limbe et vert pâle en dessous.
Les jeunes pousses sont blanches, très duveteuses.
Lesjleurs sont grandes, blanc nuancé couleur chair, à pétales
un peu chiffonnés.
Stipules longues de 1 1/2 à 2 centimètres, larges de 3 à 4 mil-
limètres.
LefruU est obrond, tronqué au sommet, arrondi vers le pédon-
cule. Epicarpe lisse, vernissé, transparent, rouge cerise flagellé
de petites bariolures cramoisi. Quelques-uns sont simplement
lavés plus ou moins de rose carminé sur un fond jaune nacré.
D'autres sont presque tout jaune pointillé de rouge brun. Le
calice n'est pas caduc ; il est à divisions petites et sèches. 11 est
placé sur une proéminence contractée, souvent très légèrement
côtelée.
Le pédoncule ou queue est mince, semi-ligneux, beaucoup
moins long que dans la pomme Cerise.
La chair est fine, blanche, croquante, très juteuse, relevée d'un
goût particulier très agréable, elle ne laisse pas de marc, ne
cotonne pas dans la bouche. Le fruit se garde longtemps en
maturité et peut paraître sur la table de novembre à février.
Quoique cette variété offre dans son ensemble quelque ana-
logie avec les variétés de Malus laccata, elle en diffère essen-
tiellement dans tous ses détails.
En rapprochant la variété la plus perfectionnée de pomme
Cerise, à savoir le M, laccata fructu maximo, il n j a pas à la
confondre avec notre variété : les deux ne souffrent pas la com-
paraison.
La charmante pomme Petite Emmak laquelle nous avons
donné le nom d'un de nos enfants, de ma fille unique, aura bientôt
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— 243 —
sa place dans tous les jardins; on la cultivera en pots, en cordons
horizontaux, verticaux, obliques et sinueux qui seront de vérita-
bles guirlandes. On l'installera au jardin d'agrément pour Yj cul-
tiver en buisson pyramidal. On la greflfera sur haute et moyenne
tige de pommier franc pour faire à la fois un arbre productif
et ornemental. Dans les corbeilles de table, elle éclipsera les
pommes d'Api, Framboise, Transparente, etc., ou plutôt fera
avec ces jolis fruits un ornement de plus pour les décorations de
table. Fr. Biirvenich,
REVUE DES PUBLICATIONS.
Manuel de la flore de Belgique, par Fr. Crépin (vol. in-12°
de 578 -♦- LU pages ; Bruxelles, 1874, chez G. Mayolez). —
Nous saluons avec un vif plaisir la troisième édition de Tœuvre
importante de notre ancien collègue et excellent ami M, Crépin.
Ceux qui sont à même de comprendre Tintime connexité de la
botanique et de Thorticulture, peuvent seuls apprécier l'influence
notable que cette publication a exercée et exerce encore sur le
développement de Thorticulture : elle a stimulé le goût des
jeunes botanistes en leur permettant de résoudre sans peine les
difficultés qui arrêtent souvent et finissent par rebuter les
commençants. Le Manuel de la flore de Belgique a été, dès
son apparition, un bon livre classique. En tenant compte de
cette destination spéciale. Fauteur a eu soin de perfectionner
successivement son ouvrage qui est devenu l'indispensable Vade
mecum de tous ceux qui herborisent.
La nouvelle édition est dégagée de nombreuses discussions
scientifiques concernant les espèces litigieuses de notre flore.
Lés tableaux dichotomiques ont été contrôlés avec le plus grand
soin. Une bonne petite carte botanique est jointe au livre dont
le format a été rendu plus commode et dont l'impression fait
honneur à M. C. Annoot-Braeckman.
M. Crépin promet de publier bientôt « £e Guide du Botaniste
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— 244 —
en Belçique, i qui 86ra un utile complément de son Manuel,
Nous attendons cette publication avec impatience.
Les Fruits belges, parCn. Gilbert (vol. in-8" de 109 pages ;
Bruxelles. 1874, imp. de F. Callewaert). — La Société royale
Linnéenne a consacré tout un fascicule de son intéressant
Bulletin au mémoire qui obtint la médaille d'or delà Société en
1873. Ce travail comprend : une esquisse de la Pomologie belge
dans laquelle Fauteur examine l'œuvre des semeurs belges et
leurs principales théories ; les listes alphabétiques des semeurs
et de leurs gains, l'indication de l'époque de la première produc-
tion, Texplication de la plupart des noms et les synonymes ;
une liste de gains dont les obtenteurs sont inconnus ; une liste
de variétés sur lesquelles l'auteur n'a pas eu de renseignements
suflSsants, enfin des notes critiques, très impartiales, sur des
fruits nombreux.
Le travail de M. Gilbert n'est pas un dictionnaire pomolo-
gique : il mentionne les fruits sans les décrire. L'auteur a
réuni la plupart des noms des fruits belges en les accom-
pagnant de détails d'origine. * Nous recevrons, dit-il, avec
reconnaissance les renseignements qui seraient de nature à
compléter notre travail. »
Celui-ci, en effet, pourrait être plus complet : il ne men-
tienne pas tous les fruits belges renseignés et décrits dans les
Bulletins du Cercle d'Arboriculture. Il ne cite pas non plus le
Jaarhoek voor hofbomvkunde, A ceux qui pourraient trouver
étrange cette double omission, nous dirons qu« l'ancien prési-
dent de la Section Anversoise du Cercle avait primitivement
destiné son travail à ces Bulletins. En retouchant celui-ci, il a
perdu de vue, sans doute, que le motif de délicatesse qui aurait
pu l'empêcher de citer les Bulletins et le Jaarboeh avait cessé
d'exister. On le voit, nous n'usons pas de représailles, pas plus à
l'égard deM. Gilbert que de M. De Puydt, qui n'a pas cru non plus
devoir mentionner dans la Patrîa lelgica les Bulletins ^arbori-
culture, œuvre persévérante, bien connue et très répandue, des
professeurs de l'École d'horticulture de Gand.
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— 245 —
Cela dit, nous félicîitons la Société royale Linnéenne d*avoir
publié le mémoire de M. Gilbert, que les vrais amateurs de
pomologie consulteront avec plaisir et qui sera un chapitre
intéressant de Thistoire de notre horticulture nationale.
Address at the qoarter-canteimial célébration of the
American Pomological Society, by Marshall P. Wilder
(br. in-8° de 28 pages; Boston, 1873). — Nous avons sous les
yeux le discours prononcé à l'ouverture de la 14™® session de
la Société pomologique américaine par son honorable président
le colonel P. Wilder. Ce discours n'est pas seulement une
œuvre littéraire du meilleur goût, mais il est plein d'enseigne-
ments utiles. Il renferme une esquisse historique de la Société,
l'exposé des progrès qu'elle a réalisés, des conseils pour l'obten-
tion de fruits nouveaux, et un chaleureux et patriotique appel
à la persévérance de ceux qui jusqu'ici ont contribué à donner
à TAmérique des variétés fruitières propres aux différentes
régions de son vaste territoire.
Transactions of the Hassachnsetts Horticnltoral Society
for 1872 (vol. in-8'' de 194 pages; Boston, 1873). — L'examen
de ce volume, qui résume les travaux de la Société d'Horticul-
ture du Massachusetts en 1872, peut donner une idée de Tétat
de l'horticulture aux États-Unis et faire naître la conviction
que cette branche y est dans une haute prospérité. Sans
compter sa grande exposition annuelle et une exposition spéciale
de Roses, la Société a tenu 34 expositions hebdomadaires, de
février en décembre. A chacune d'elles , les commissions ont
décerné des primes, des médailles ou des certificats, non seule*
ment pour des fleurs, mais aussi pour des légumes et des fruits.
Ces divers prix ont dépassé le chiffre de vingt mille francs. La
Société possède d'ailleurs un revenu de plus de 32,000 dollars !
Elle compte plus de 1000 membres, et ses locaux, bibliothèque,
mobilier, etc., valent plus de 266,000 dollars.
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— 246 —
Ce volume i^enferme, en outre, deux mémoires d'un vif
intérêt, Tun émanant d'une commission et relatant les effets
produits sur les plantes par l'hiver de 1871-72 et donnant une
liste de végétaux préservés ; l'autre sur le eroitement H la pro-
duction des vatiAés par voie de semis. Celui-ci est l'œuvre du
colonel P. Wilder, suflSsamment connu de nos lecteurs.
L'auteur examine, dans ce travail, avec autant de clarté que
de concision, la méthode naturelle, le système de Van Mpns, la
méthode artificielle ou système de Knight et la variation par
dimorphisme fixée ensuite par le greffage ; il termine par une
page aussi éloquente que hautement philosophique. Nous regret-
tons que l'espace nous manque pour la reproduire. Habile
praticien lui-même, Thonorable M. Wilder, qui possède entre
autres des milliers de Lis dans ses cultures, a essayé le croise-
ment d'espèces très diverses et il fait connaître quelques résul-
tats remarquables obtenus par lui.
L'Illastration Horticole, dans les livraisons 5 et 6 du
tome XXI, donne des planches admirables d'un grand nombre
de plantes nouvelles ou rares, entre autres du Geonoma gra-
cilis et de l'Azalée Madame Gloner, d'une blancheur immaculée
et d'une forme irréprochable. On y trouve des notes de culture
fort intéressantes : Culture des Boronia, Bouturage des Oreo-
pana(C,\e8 nouveaux Glaïeuls de 1874, etc., sans compter les
miscellanées d'une chronique horticole très variée due à notre
excellent confrère M. Éd. André.
Celui-ci vient de recevoir du Roi des Pays-Bas, Grand-Duc
de Luxembourg, les insignes de l'Ordre de la Couronne de Chêne,
i C'est, dit M. J. Linden, une juste récompense accordée au
talent qui a su trans^rmer les informes démolitions de la
forteresse de Luxembourg en un parc féerique. » Nous ajoutons
de tout cœur nos sincères félicitations à toutes celles que
M. Éd. André a dû recevoir en cette circonstance.
Visite àl'Sxposition de Vienne, par M. Bernardin (br. in-8"
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— 247 —
de 32 pages ; Gand, C. Annoot-Braeckman, 1874). — Dans ces
quelques pages, Fauteur, professeur à Tlnstitut de Melle, passe
en revue les plus importants produits naturels d'application
récente, dont Tindustrie européenne s'emparera sans aucun
doute. Les matières textiles, tinctoriales, médicinales, grasses,
tannantes, les fécules, gommes, etc., sont signalées successi-
vement à Tattention du commerce. Les produits végétaux y
occupent le premier rang et sont l'objet d'observations fort judi-
cieuses concernant leur importance. Ce sont les tissus en pur
Phormium,ié[8 que toile à voile, toile blanchie, nappes damassées
en fil de Phormium; papier de Broussonetia, rideaux, imitation
perse de la même matière ; soie végétale de Fafétone d'Ascle-
pias gigantea; papier de jute ou Corchorus textilis; teinture
noire de Mma Fehi, teinture rouge de Morinda; huile de Ber-
tholletia exceUa, de Carapa çuyanensiSj d'Aleurites triloba, etc.
Nous n'en finirions pas, s'il fallait tout citer; nous aimons
mieux renvoyer à l'intéressant travail de M. Bernardin.
Revue Horticole, rédigée par E. A. Carrière (Paris,
Librairie de la Maison rustique). — t Outre les nouveautés
qu'elle s'efforce de faire connaître et de recommander, la Renue
Horticole ne néglige pas les espèces que le temps, ou plutôt la
mode, tend à mettre hors d'usage, surtout lorsque ignorées ou
mal connues, ces plantes ont un mérite réel, b Ainsi M. E. A.
Carrière, dont le monde horticole et botanique connaît et
apprécie le rare esprit d'observation, et dont les travaux utiles
et nombreux — Traité des Conifères, Guide du Jardinier muU
tiplicateur et tant d'autres écrits — ont établi depuis longtemps
le profond savoir et le dévouement sans bornes à la cause de
l'horticulture, M. Carrière rappelle, dans le n<* du 16 juillet,
le Syringa oblata de Fortune qui, au point de vue du forçage,
a la précieuse qualité de fleurir quinze jours plus tôt que le
Lilas ordinaire. Dans le même fascicule, il consacre un inté-
ressant article au Baphiolepis salic\foliaLind\, qu'il recommande
avec raison aux amateurs de jolies plantes peu délicates et à
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— 248 —
ceux qui voudraient, par le forçage, jouir plus tôt de ses belles
fleurs blanches au calice rougeâtre.
Handelingen en Mededeelingen der Nederlandsehe MûM-
schappij ter bevorderinç van Nijverheîd (Actes et communicatms
de la Société Néerlandaise pour favoriser V Industrie; vol. in-8°
de 86 pages ; Haarlem, 1874). — Il suflSt de parcourir ce volume
qui renferme les adresses et rapports de la direction delà
Société, pour se convaincre de l'activité de celle-ci et de son
importance. L'enseignement agricole, la plantation des dunes,
le travail des enfants dans les fabriques, Témigration vers les
colonies, lîemploi de la tourbe, le forage des puits artésiens et
une série d'autres questions y sont traités et ont occupé succes-
sivement la Société, présidée par M. Vrolik. Celui-ci est
assisté dans sa tâche par M. P. W. van Eeden, secrétaire,
dont la talent égale le zèle infatigable.
La Société publie, en outre, un Bulletin qui renferme des
travaux sur des sujets se rattachant à toutes les branches de
rindustrie et ayant le plus souvent une sérieuse importance.
Ainsi, le dernier cahier contient des notices sur les engrais des
villes, sur le revenu et l'impôt à Java, les charrues à vapeur,
le système monétaire, etc.
Magazijn van Landbouw en Eraîdkonde, door Dr J. C.
Ballot (in-8'*; Utrecht, chez Greven). — Bon nombre de nos
lecteurs nous sauront gré de leur signaler cette publication
périodique dont la composition est toujours utilement variée.
Le fascicule que nous avons sous les yeux, contient entre autres
une esquisse saisissante de la vie du colon américain, une étude
sur l'assèchement du Zuiderzee, une notice sur la plantation des
dunes, etc. Dans lés « Mélanges, » nous trouvons une note sur
le parti à tirer des fruits du Marronnier d'Inde qui peuvent
donner une farine excellente. Ém, Rodigas.
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~ 249 —
CONSERVES D'OSEILLE.
Nous lisons dans les Annales de la Sodtté Horticole, Vigneronne
et Forestière de TAube, une simple recette publiée par la Société
d'horticulture de Tarrondissement de Senlis, qui a trait à l'éco-
nomie domestique et que nous nous empressons de reproduire :
€ Lorsque les feuilles d'Oseille sont assez belles ^ on doit les
couper, puis éplucher, comme si Ton devait les faire cuire tout de
suite, puis on les répand à l'ombre sur un drap, dans une cham-
bre ou un grenier ; on les laisse ainsi un peu se flétrir, environ
vingt quatre heures, puis on les met en pots ou en tonnes en
mettant un lit de feuilles, puis un lit de sel alternativement,
comme pour une choucroute ordinaire. Lorsqu'on veut en man-
ger, on sort de la tonne la quantité nécessaire, on lave à Feau
froide, on blanchit, puis on accommode comme les épinards
ordinaires ; l'Oseille ayant perdu toute son acidité, offre un plat
aussi agréable que les meilleurs épinards. b
Voilà le procédé dans toute sa simplicité. Reste à voir si l'on
ne pourrait en user aussi pour les conserves d'épinards et d'ar-
roche verte ; c'est à essayer. Fr. B.
LES ARROSEMENTS D'ETE.
L'eaA est après l'engrais le plus puissant levier en horticul-
tttre. Nout disoas « après l'engrais ; » en effet, l'engrais doit se
trouver naturellement dans le sol ou bien y être introduit
artiflciellement sous forme d'engrais végétal, animal ou miné-
ral, attendu que dans du sable pur, il n'est guère possible
d'avoir une végétation de quelque importance.
Mais quelle que soit la fertilité naturelle du sol, quels que
soient les engrais que Ton y ait inl3>oduits, sans une quantité
d'eau suflisaate, il n'y a pas de dissolution, par conséquent pas
d'absorption ni de nutrition possibles, et la plante périt d'inani<-
tion au oiilieu de l'abondaaee qui l'entoure. L'eau est donc
indispensable en horticulture; mais non seulement l'eau est
nécessaire dans le sol, elle l'est aussi dans l'atmosphère : l'air
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— 250 —
qui entoure les plantes, doit contenir assez dliumidité, sinon les
plantes ne croissent plus avec la même vigneor, les insectes
apparaissent sur leor feuillage, elles souffrent si elles ne péris-
sent pas entièrement. L'eau joue donc ici encore un rôle
important, de sorte que le seringage des feuilles est parfois
utile et même nécessaire.
L'essentiel cependant est de tenir le sol suffisamment humide,
car aussi longtemps que tel est le cas, il y a dégagement de
vapeur d'eau que les plantes absorbent avidement par leurs
feuilles et c'est précisément à cause de Tincessante évaporaticm
que le sol finit par être aride. De là cette question : comment
faut-il y porter remède? On répond tout simplement : par
i'arrosement, et c'est en effet la seule chose que l'on puisse
et doive faire en été, surtout par ces chaudes journées; car
plus il fait chaud et plus les jours sont longs, plus la croissance
est rapide et plus l'évaporation est grande, plus aussi la
sécheresse augmente et plus il est urgent de rendre au sol
l'humidité qu'il perd.
Un point important est de savoir comment il convient
d'arroser les plantes communes en pleine terre. D'abord il s'agit
de trouver un moyen d'arroser à bon marché ; en effet si l'eau
ne coûte ordinairement rien, le temps de la chercher et de la
répandre coûte parfois d'autant plus cher et bien qu'il soit vrai
que, malgré la sécheresse, on obtient toujours de beaux pro-
duits, pourvu que l'on arrose convenablement, il n'en est pas
moins vrai, selon nous, que si les frais d'arrosement coûtent
plus ou à peu près autant que la valeur du produit cultivé,
l'arrosement lui-même constitue plutôt une perte qu'un béné-
fice. Or, dans la culture des plantes, il s'agit d'en retirer plus
qu'elles ne coûtent. Et puis, il faut encore ajouter cette obser-
vation : une fois qu'on a commencé d'arroser, il faut persévérer
tant que dure la sécheresse, tant qu'il ne survient pas de pluie,
sans cela il aurait mieux valu ne pas arroser du tout. D'ailleurs,
beaucoup de plantes peuvent supporter plus de sécheresse qu'on
ne pense, surtout quand elles se trouvent en pleine terre;
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— 251 —
et si entpetemps elles annoncent quelque souffrance, elles
reprennent largement ce qu'elles ont perdu auparavant, dès
que les pluies surviennent.
Il en est tout autrement si Ton cultive des plantes d'une
certaine valeur, soit en pots, soit en pleine terre ; en ce cas, on
est récompensé de Tarrosement et on ne peut négliger ce soin.
Ici encore il s'agit de le rendre aussi facile et peu coûteux que
possible. Si les plantes sont en pots, on fera bien — en été,
mais pas en automne — de les enterrer partiellement, surtout
si le sol est sablonneux.
Si les plantes se trouvent en pleine terre et si Ton prévoit une
sécberesse de longue durée, il sera bon d'y pratiquer de petits
puits ou des fosses que Ton remplit d'eau une couple de fois le
soir, de sorte que la terre soit bien imprégnée ; on les referme
le lendemain matin. Il suffira d'arroser la surface du sol et le
feuillage, si l'on a eu soin de pailler, c'est à dire de couvrir la
terre d'une couche de 2 centimètres de balles de céréales, de
feuilles à demi décomposées, de résidu de lin ou autre paillage,
lequel empêche le sol de durcir. Par contre, il servira de peu de
chose d'arroser même copieusement à la surface, si plus bas la
terre n'est pas assez humide.
Il est très recommandable aussi de placer auprès des plantes,
des pots contenant de la terre à un quart de leur profondeur et
de remplir ceux-ci de temps en temps avec de l'eau ; celle-ci
pénètre alors lentement, goutte à goutte, et est absorbée par les
plantes. Pour les plantes isolées, ce procédé est d'ordinaire meil-
leur que tout autre mode d'arrosement. H, J. Van Huile.
EXPOSITION DE FLORENCE.
Voici d'après la liste officielle des récompenses, les résultats
des concours de l'Exposition internationale d'horticulture de
Florence.
Les grands prix d'honneur ont été décernés de la manière
suivante :
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— 252 —
Grande médaille de Sa Majesté le Roi dltalie : M. J. Linden,
borticultear, à Gand.
Grande médaille de la Chambre des Dépatés : MM. James
Veitch et fils, horticulteurs, à Londres.
Grande médaille de TAssociation protectrice : M. A. Dallière,
horticulteur, à Gand.
Grande médaille du Ministère de Tagriculture : le prinee
Paul Demidoff, à Florence.
Grande médaille du Conseil provincial de Florence : le mar-
quis Corsi Salviati, à Florence.
Grande médaille du Conseil communal de Florence : le Musée
royal d'histoire naturelle de Florence.
Dans les autres récompenses, la Belgique a eu la plus large
part et, quand nous disons la Belgique, nous voulons désigner le
centre horticole de Gand qui seul a soutenu sa réputation. Voici
par ordre alphabétique des noms, Tindication des prix remportés :
M. Capeinick, pépiniériste, à G^and. — 3"® prix, médaille de
bronze, pour fruits de table.
M. A. Dallibrb, horticulteur, à Gand. — P' prix, grande
médaille d'or, pour 40 espèces de Palmiers. — 1*' prix^médaille
d'or, pour Maranta, — 1*' prix, médaille d'or, pour la plante de
serre la plus remarquable par sa culture et sa floraison. —
l** prix, médaille d'or, pour Azalées nouvelles. — 1«' prix,
médaille d'argent, pour le plus beau StrdUaùt. — 1*^ prix,
médaille d'argent, pour le plus bel AfUhurium Scherizmanum.
— l^"" prix, médaille d'argent, pour 6 Marantacées nouvelles.
— 1" prix, médaille d'argent, pour le plus beau Nepenikes. ^
1" prix, médaille d'argent, pour le plus beau Rhododendron. —
2°*® prix, médaille d'argent, pour 50 plantes de serre remar-
quables par leur feuillage. — 2"« prix, médaille d'argent, pour
25 plantes de serre en fleurs. — 2°»* prix, médaille d'ai^nt,
pour planches chromolithographiées. — 2"*"^ prix, médaille de
bronze, pour un Araiicaria exceUa.
M. Devenster, chef de culture chez M. Dallière. — Prix de
coopérateur, prime de 200 francs.
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— 253 —
M. J. LiNDEN, hortioalteur, à Gand. — l**' prix, médaille
d'or, pour 12 Dracaenas nouveaux. — 1«' prix, médaille d'or
pour 6 Aroïdées nouvelles. — V prix, médaille d'or, pour
15 plantes dé serre d'introduction récente. — !•' prix, médaille
d'or, pour plantes industrielles. — 1*' prix, médaille d'or, pour
25 nouveaux Palmiers. — l** prix, médaille d'or, pour 6 Acer du
Japon. — 1*'^ prix, médaille d'argent, pour la plus belle Bromé-
liacée. — 1«' prix, médaille d'argent, pour le plus hel Araucaria,
— 2"« prix, médaille d'argent, pour plantes médicinales. —
2'"« prix, médaille d'argent, pour planches chroraolithographi-
ques.
M. Éd. Pynabrt, architecte de jardins, à Oand. — 1«' prix,
médaille d'argent, pour plans de jardins.
M. Steels-Lammbns, fabricant, à Gand. — 3"*® prix, médaille
dé bronze, pour matières fertilisantes.
M. A. Stelznbr, horticulteur, à Gand. — 2™* prix, médaille
d'argent, pour un Grymnoçramma, — 3™* prix, médaille de
bronze, pour nouveaux Conifères.
M. L. Stroobant, lithographe, à Gand. — 1«' prix, médaille
d'or, pour planches chromolithographiques.
M. Tavernier, chef de culture chez M. Linden. — Prix de
coopérateur, prime 200 francs.
M. J. Van Driessche-Leys, fleuriste, à Gand. — 3"*® prix,
médaille de bronze, pour fleurs sèches.
M. AuG. VanGeert, horticulteur, à Gand. —l^"^ prix, médaille
d'or, pour 4 Palmiers nouveaux. — 2">« prix, médaille d'argent,
pour plante de serre, remarquable par sa culture et sa floraison.
— 2"»* prix, médaille d'argent, pour Thuiopsis dolabrata.
M. L. Van Houtte, horticulteur, à Gand. — 1" prix, mé-
daille d'or, pour planches coloriées.
M. J. Vbrschapfelt, horticulteur, à Gand. — 2™* prix,
médaille d'argent, pour 4 Palmiers nouveaux. — 2™« prix,
médaille de bronze, pour 30 Cactées.
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— 254 —
ÉCOLE THÉORIQUE ET PRATIQUE D'HORTICULTURE DE L'ÉTAT
annexée an Jardin botaniqne de l'Université de Gand*
L*Ecole dliorticulture dé GtB,nà est en pleine voie de prospé-
rité. Depuis l'organisation noavelle qui permet l'admission
d élèves externes réguliers, de pensionnaires et d'élèves libres,
la population de rétablissement a atteint un chiffre auquel
Tancienne école n'était plus parvenue depuis longtemps.
Les examens de sortie auront lieu vers le milieu du mois
d'août. Lès examens d'admission pour les nouveaux élèves
réguliers auront lieu à la fin de septembre.
Nous rappelons aux intéressés que les inscriptions doivent
être faites chez le Directeur de l'École, au Jardin Botanique de
l'Université de Gand, avant le 15 septembre.
Pour être admis à l'école, il faut être âge de 15 ans accomplis
et satisfaire à un examen sur la langue française, la géographie
et le calcul. Il est tenu compte aux récipiendiaires flamands de
l'instruction qu'ils possèdent dans leur langue maternelle.
Les jeunes gens qui désirent se présenter à Texamen, doivent
fournir :
1* Leur acte de naissance ;
2^ Un certificat de bonne conduite délivré par l'administra-
tion communale du lieu de leur domicile ;
S'' Un certificat de santé délivré par un docteur en médeciqe.
Cette dernière pièce doit être légalisée.
Les élèves libres peuvent être admis sans examen préalable
par le Directeur de l'École. Ceux-ci payent au moment de leur
inscription un minerval de 20 francs par chaque cours qu'ils sont
autorisés à suivre, sans cependant que ce minerval puisse dépas-
ser la somme de 50 francs pour Tensemble de ces cours.
Les élèves réguliers externes ne payent aucune rétribution.
Des bourses peuvent leur être accordées s'ils sont peu favorisés
de la fortune et s'ils se distinguent à l'examen.
Le prix de la pension des élèves internes est conforme au
règlement du pensionnat de l'Athénée royal de Gand.
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- 255 —
La direction se charge volontiers du soin d'indiquer aux
jeunes gens des logements convenables en ville.
Pour les autres renseignements, on est prié de s'adresser à
M. J. J. Kickx, directeur de l'École d'horticulture de l'État, au
Jardin botanique, Gand. Ém. R.
EXPOSITIONS ANNONCEES.
Nous avons reçu les avis et programmes des expositions
suivantes.
Le 6 septembre 1874 et 3 jours suivants, exposition de
plantes arbustes, fleurs, fruits et légumes, ouverte par la
Société royale d'agriculture et de botanique de Louvain.
Le 6 et le 7 septembre, à Deinze, exposition agricole et
horticole, ouverte par la Section agricole de Deinze, Nevele
et Somergem.
Du 6 au 30 septembre, dans l'Orangerie des Tuileries, à
Paris, exposition des insectes utiles et de leurs produits, des
insectes nuisibles et de leurs dégâts, organisée par la Société
centrale d'apiculture.
Le 13 septembre, exposition de plantes, fleurs .coupées et
fruits de saison, ouverte par la Société royale d'agriculture et
d'horticulture de Tournai.
Le 23 septembre et 4 jours suivants, au Palais de justice
à Bruxelles, exposition extraordinaire de produits agricoles et
horticoles, légumes, fruits, plantes, fleurs, ouverte par la
Société royale Linnéenne de Bruxelles. Le programme de cette
exposition comprend 291 concours, dont 38 réservés à l'arbo-
riculture et à la pomologie. Parmi ceux-ci, nous signalons
les \W^^ et 163"** concours qui appellent des collections bien
dénommées de 15 variétés de poires ou de 10 variétés de pom-
mes, récoltées dans un jardin d'école primaire et présentées par
un instituteur. L'administration de la Société Linnéenne a
droit à des éloges pour cette bonne innovation.
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— 256 —
Le 27 septembre, Oongr^è» pomologiques à Angers, ffnne
part, et à Trêves, d'autre part.
Le 4 avril 1875, exposition de produits horticoles ouverte
par la Société royale d'horticaltur» et d'agriculture d'Anvers,
à Foccasion de sa fête jubilaire.
MM.
TRAYAnX A EXÊCnTER DANS U CULTURE NATURELLE DES
PLANTES POTAGERES.
Août.
Ce mois est, pour quelques auteurs, Iç commencement de
l'année du jardinier. Nous trouvons cette distinction inutile,
car n'importe par où Ton commence l'année du maraîcher, on
revient toujours au point de départ, les travaux du potager
formant une rotation non interrompue.
Il n'en est pas moins vrai que, vers cette époque, une grande
quantité de semis et de plantations faits antérieurement dis-
paraissent, et qu'on commence toute une série de cultures
nouvelles.
On sème tous les choux à repiquer, avant, pendant et après
l'hiver : Chou cabus rouge, blanc d'York, chou de Milan d'Ulm,
chou de Fumel, choufleur hâtif, laitue pommée h&tive, ognon
blanc à repiquer, mâche, chicorée, endive toujours blanche à
couper, cerfeuil, arroche, épinards, persil, navets tardifs,
radis rouges et noirs, carotte hâtive de Hollande à hiverner
sous litière.
Ce mois offre le moment le plus favorable pour monter des
meules à champignons. On plante les nouveaux carrés de
fraisiers et on fait les dernières plantations de céleri court
et d'endives scaroles. On plante les brocolis tardifs. Pendant
tout ce mois on poursuit les opérations de culture indiquées
pour le mois précédent, et on se conforme aux mêmes renseigne-
ments à l'égard des semis et des plantations qui n'ont pu être
faits jusqu'alors. Fr. Burvenich.
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257 —
CERCLE DIRBORICULTURE DE BELGIQUE.
ADMISSIONS
proBAiicées en août.
2"^^ SÉîiiE, — Membre associé.
M. b'Hooghe (Fyanç.), jardinier diplômé, chef de culture chez
M. le baron de Bétbufie, Alost ; présenté par M. J. Schel^
Hnckx.
S*"* SÉRIE. — Membres protecteurs.
MM.
Àppi^fn^ans (ArijoW), jardinier chez M; Barbe- Juprelle, Oupeye
parHerstal (Liège); présenté par M. L. Espagne.
Baa^bust (F.), négociant, rue Vanden Bogaerde, 11, Molenbeek-
StrJ^n ; pr^enté par M. Éd. Pynaert.
Ml^-T^-wmt, f^l^mier, Ciptet (Liège) ; présenté paf M. Éd.
I4$spmu^.
Boogae (Ja^Qg..), indu?twl, Aloèt; présenté par M, Fr. Bur-
veniQh.
Borré, notaire, Puttet lez Malines ; présenté par M. Jacq.
SamQoe^.
Ym^Qonéf^iUoàe^Hi prpp?fét^re, ^lost;. présenté par M. Fr.
Burvenich.
Verhage (J. B.), pépiniériste, Swevezeele lez Lichtervelde ;
présenté par M. Vandemeulebroucke.
Verhart, jardinier, rue de la Consolation, 78, Scbaérbèek ;
présenté par M. L. Espagne.
SO
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— 258 —
HOTES SUR QUELQUES POMMES RUSSES.
Ayant vu avec un vif intérêt Tattention que le Bulletin d'ar-
honculture accorde à notre pomme Borowinia ou Boromnsloë,
je m'empresse de communiquer aux lecteurs de ce recueil quel-
ques détails concernant la pomme Charlamomskoë,
M. Burvenich a parfaitement raison de ne faire aucune
diflFérence entre ces deux pommes : en effet, la CharlamowsM
a tous les caractères de la Borowinla et ne se distingue de cette
dernière que par sa moindre rusticité, c'est à dire que la Char-
lamoTvskoë exige un climat plus doux, tandis que la Borotvinia
réussit parfaitement jusqu'aux limites extrêmes du Pommier,
par exemple dans Tile de Walaam (par 61° 23' Lat. Sept.),
sur le lac Ladoga. La saveur du fruit de Charlamomskoë est
aussi un peu plus douce que celle de Borowinka, Quoique ce
soit une variété d'été, les pommes Charlamoroskia (1) se con-
servent très bien jusqu'aux mois d'octobre et de novembre ;
elles résistent parfaitement au transport, puisqu'elles sont
envoyées à St Pétersbourg des gouvernements méridionaux,
et plus particulièrement de Saratow et de Koursk (2). Bien que
les variétés Borowinka et Charlamowskoë aient des qualités
incontestables, elles ne peuvent être considérées cependant
comme étant au nombre des meilleures pommes ; nous en avons
beaucoup d'autres qui les surpassent sous tous les rapports.
Il est à espérer qu'avec le temps nos variétés de Pommier
seront mieux connues des pomologues étrangers ; à cause de
leur rusticité surtout, elles seront certainement mieux ap-
préciées.
(1) Charlamowskia est le pluriel russe de CharîamowsKoë.
(2) Afin de donner une idée exacte de la conformation de la pomme
Charlarnowskoè', l'auteur de cette note, extraite d'une lettre adressée
à M. H. J. Van Huile, a joint un croquis très bien dessiné par lui,
d'après nature, représentant le fruit entier ainsi que la coupe.
Réd.
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— 259 —
La pomme Empereur Alexandre II, que Ton cultive mainte-
nant en Allemagne, en Angleterre, en Belgique et en France,
n'est autre que notre Avorte, variété très estimée et très répan-
due en Russie, mais qui comme Charlamowskoë ne supporte
presque pas le climat du nord ; elle n'est réellement cultivée
avec succès que dans les gouvernements plus méridionaux,
Koursk, Tchernigow, etc.
Pierre Wolkenstein,
Secrétaire de la Société impériale d'horticulture
de Russie, à St Pétersbourg.
LES PLANTES ALPINES.
(Suitây voir page 74.)
Nous avons vu ce qu'il faut entendre par plantes alpines et
quelle est leur station naturelle ; en même temps nous avons
émis le vœu d'en voir la culture se répandre davantage. Pour
aider à ce résultat, nous allons indiquer ce qu'il convient de
faire, suivant nous et d'après ce que nous avons vu pratiquer
par d'autres.
En premier lieu, il s'agit de se procurer les plantes. Si l'on
est amateur seulement et non marchand, la chose n'est pas
bien difScile. On s'adresse directement aux horticulteurs qui
s'occupent plus spécialement de la culture des plantes alpines et
qui cèdent d'ordinaire à des prix modérés les jeunes plantes
dont Ils sont approvisionnés. Sous ce rapport, nous croyons
pouvoir recommander particulièrement la maison Backhouse,
à York (Angleterre), qui possède la collection peut-être la plus
riche de plantes alpines que l'on connaisse.
Cet établissement s'approvisionne probablement dans les
montagnes de l'Ecosse, afin d'obtenir par la culture de forts
exemplaires. Sur le continent, beaucoup d'horticulteurs annon-
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— 260 —
cent des plantes alpines dans leurs catalogues ; mais lorsqu'on
leur en demande, ils peuvent bien diâcilement fournir une
collection uû peu sérieuse. Nous en connaissons un cependant
à qui l'on peut s'adresser en toute confiance, c^est M. Éd. Ortgies,
à Zurich. Le voisinage des Alpes lui fournit d'ailleurs plus de
moyens qu'à d'autres de se procurer de bonnes plantes mères
et par conséquent d'offrir de meilleures jeunes plantes.
Il va sans dire que si Ton est horticulteur marchand, on fera
bien de ne pas acquérir de petites plantes dans le but de les
multiplier ; en effet, on ne réussira pas du tout oa bien, si Ton
réussit, ce sera avec une telle lenteur que bientôt les déceptions
feront comprendre qu'avec de telles cultures il y a peu à gagner
et beaucoup à perdre.
Ce que l'horticulteur peut faire, c'est de se mettre en relation
avec un berger ou un guide des Alpes connaissant suffisamment
les plantes ainsi que les stations où se trouvent les meilleures et
les plus riches approvisionnements ; il le chargera, à des condi-
tions stipulées d'avance, de récolter le nombre voulu des plantes
indiquées et surtout les graines qu'il pourra cueillir et de les
expédier sans retard et convenablement emballées. La meilleure
époque pour la récolte et l'expédition est la fin d'août et le
commencement de septembre.
Mais comment faire croître les plantes quand on les a re-
çues ? Nous avons déjà vu que les plantes alpines croissent dans
des terres et des situations si différentes qu'il est pçesque
impossible de les faire prospérer toutes artificiellement et dans
les mêmes conditions, tandis que, d'autre part, il est impossible
aussi de donner à chacune d'elles, dans la culture, ce qu'elles
trouvent elles-mêmes dans la nature. N'en est-il pas ainsi
de nos mauvaises herbes ? Plusieurs d'entre ejles, cultivées et
entourées de soins, ne croîtraient pas aussi bien que dans k
délaissement de l'état sauvage où elles se trouvent.
La première condition toutefois est un boîi emplacement, un
lieu abrité par des arbres contre le soleil du midi ou mieux
encore par des hauteurs où des bâtiments ; si l'on peut éviter
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— 261 —
eu même tetnps les vents arides de Test et du nçrd, au moyen (Je
haies basses et toufifliss, ce ne ^eraque mieux. Quan^ à la nature
dû sol, pour les espèces marécaçeuses, il doit être humide
et sablonneux, parfois marécageux et tourbeux, tandis que
pour d'autres, espèces que nous appelons rocheuses j Targile, le
humus et parfois la cbauf doivent en être la base; en même temps
la perméabilité et la fraîcheur du sous sol sont indispensables.
Pour les premières, si Ton n'a pas une situation naturelle-
ment ,humide, il faudra commencer par enlever la çouchej
superficielle à une profondeur de Q'"40 en la remplaçant d'abord
par une couche de 0""15 d'argile, puis , une couche de 0™05
de mousse sèche et enfin une couche de 0'"10 à 0"i5 de terre
qu'on peut mêler au besoin à une quantité convenable de ter-
reau (1),. Pianjkez-j les plantes, arrosez-les bien, abritez-les
contre le soleil et le vent au moyen de quelques branchages, et
bientôt la plupart développeront de nouvelles racines. Alors on
peut les découvrir et les arroser légèrement chaque soir jus-
qu'en octobre.
I^e premier Juyer qui va suivre est certainement le plus per-
nicieux, ca?» n'oublions pas que nos pl?^ntes ne çont pas encore
bien enracinées, quelles ne sont pas bien assises. ^Ce, qiui Jeç
&it souffrir^ le plus, est le vent et non le froid. Si lanejgfe
tombait de bonne heure et demeurait sur le sol, il y aurait bien
peu à craindre ; la neige est ce qui les protège le mie.ux ; mais
si celle-ci ne topabe pas assez tôt, il est prudent^ parfois même
nécessaire, de le^ garantir au mqy^n de branches touffu0s. de
conifères dont on les recouvre. Cette précaution est bpnneen
tous temps; toutefois ^ elle est moins indispensable dans la suite.,
Alors il suflSt d'employer des .feuilles^ bien qu'il ne sôit pas
aussi aisé d'ôter et de remettre celles-ci aussi souvent que
Texigent les variations de notre climat.
. (l) Dans, la plupart des cas il sera même bon d^empoter d'abord le^
plantes reçues et de les laisser en pots durant quelques semaines
p<Jtu»léÉ mettre en place lorsque leurs racines tapissant le pot annon-
cent la pleine prospérité des plantes.
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— 262 —
La deuxième année, les plantes qui survivent sont pour ainsi
dire assurées et hors de danger. Comme il est très nécessaire de
pouvoir les tenir humides pendant Tété, il faut commencer par
pailler la terre entre les plantes au moyen de mousse ou de
paille hachée. Ce paillis prévient en grande partie la sécheresse
ainsi que réchauffement du sol. Dans tous les cas, on donne un
arrosement chaque soir, sauf quand il pleut.
Tant que les plantes végètent passablement, on se gardera de
les transplanter, car plusieurs souffrent les premières années
mais s'améliorent à la longue. Parfois on est tenté, quand
elles souffrent et afin d'obtenir une végétation meilleure, de
relever les plantes et de renouveler le sol pour les y remettre.
Mais trop souvent il arrive qu'on en perd un grand nombre qui
eussentprospéréde mieux en mieux, si Ton n'yavaitpas touché.
Nous parlerons tantôt de la multiplication ; disons d'abord
comment il faut traiter les plantes alpines des roches, celles
qui ne croissent pas dans les stations marécageuses, toujours
dans l'hypothèse que nous nous adressions à Thorticulteur
marchand.
Bien qu'il s'agisse ici de plantes originaires de très hautes
montagnes, il ne faut pas perdre de vue que, même à ces
hauteurs, elles sont garanties contre les vents violents par les
végétaux qui les entourent ou par des rochers, et que de plus
leurs racines sont tenues humides et fraîches par l'eau qui
suinte constamment entre les assures des rochers. D'une part
donc les garantir contre le vent et le soleil du midi, d'autre
part leur donner un sol particulier, une couche de terre peu
épaisse, un emplacement humide et frais, telles sont les condi-
tions fondamentales. Le meilleur emplacement est le côte
nord d'une rangée ou d'un groupe d'arbres élevés.
Les racines de ces derniers seraient redoutables dans toutes
autres circonstances ; ici elles le sont moins ou pas du tout,
puisqu'il s'agit d'une culture spéciale, superficielle, établie sur
un sol dur, à travers lequel les racines des arbres ne passeront
pas facilement. En effet, sur le sol ou à peine sous sa surface.
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on établit un dallage en pierres non maçonnées au dessus
duquel on étend une couche de pierres de roche concassées avec
un peu d'argile, de chaux et de mousse blanche ou sphagnum,
et au dessus de tout cela des roches plus grandes très près les
unes des autres, mais nullement maçonnées ensemble. Ces der-
nières ne doivent pas être trop dures ; elles diflfèreront de gran-
deur et seront mises à une épaisseur très variable, afin de
donner au tout un cachet naturel, même pittoresque.
On comprend que ces pief res brutes ne peuvent être parfaite-
ment juxtaposées et qu'il reste entre elles des crevasses plus
ou moins larges ; au besoin même on dispose ces roches de ma-
nière à obtenir dans la rocaille autant de crevasses, de cavités
et de trous que possible. Tous ces creux sont remplis au moyen
de la terre convenant particulièrement à chaque espèce de plan7
tes alpines. Ici on enfonce du bois, là des morceaux de tourbe,
ici de la mousse, là du charbon de bois ou Tune ou l'autre de ces
substances, en mélange avec de Targile, du sable, de la terre
de feuilles et de la chaux. Parfois on recouvre des espaces
entiers avec de la mousse ou de la tourbe, tandis que ailleurs on
laisse la roche entièrement à nu.
Le printemps et les mois d'août et septembre sont les meil-
leurs moments pour établir ces cultures. Quand tout est prêt, on
peut procéder à la plantation. On mettra les plus petites plantes
dans les crevasses les plus étroites, les moyennes dans les creux
plus grands et les plus grandes dans les ouvertures ménagées
entre les pierres. Si Ton a les plantes en pots, on n*enlève
aucune terre de leur motte, afin de ne pas nuire à leurs nou-
velles radicelles ; on les tasse bien pour qu'elles soient parfai-
tement fixées dans leurs nouvelles positions. Enfin, on recouvre
tous les espaces entre les plantes au moyen d'un léger paillis
et mieux d'une couche de mousse vive qu'on arrose abondam-
ment.
Parmi les plantes alpines, il en est quelques unes qui, comme
l'apprend rexpérience, réussissent mieux en pots qu'autre part,
ou qui, un peu plus sensibles à nos hivers, se trouvent mieux
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— 264 —
cPStre tehae» en i>ûiê, afin de poatoir êiSré HÛ6es à Vhltiiî dds
fortes geléeô.
Ces plantes seront placées en été parmi lès anlares, maiâ dins
lenrs pots que Ton enfonce tout on partî<e àtâÈ le sol et qiie Toà
recouvre aussi de mousse.
Afin d'assurer la réprise des UD<es et^ dé^ »ati«s, il est bon à
parfèî^S néeessâifré de îes contrit de branchages les premiers
jours et de le» tenir bien hun^ides en les^ arrosaiitr au besoin
plnsïeuwg fois parjowr. particulièretnent le soir. Borénavàlit
lègr Si>iïw die culture pour rétô et poui^ l'hiVer swont tds que
nous venons' de les indiquer. Les plantefe peuvent demeurer
dani^ cet état des années entières et Ton fera biéil< de lés
laisser ainsi aussi longtemps qu'elle croissent d'une maniéré
s«.tîsfàisante. Néanmoins il arrive que Tune ou Tautre die^vienni»^
trop grande oU s'élève trop au dessus du sol; en ce cas, on lôs
d^lante comme à Tordinaire, on les divise et on les replante
partiellement. On met à profit cette circonstance pour les multi-
plîer par voie d^ séparation. Disons quelques mots màintïMiailt
de la multiplication.
Nous avons déjà dit qu'il faut faire récolter des graiiies en
même temps que des plantes vivantes (1); en eflBet, c'est par le
semiè qu'on peut multiplier les plantes les plus difficiles, e4;la
graine récoltée sur les plantes à Tétat sauvage est^ toujours de
beaucoup préférable à celle cueillie (fcms le jardin. Quelle que soit
l'époque de la maturité des graines, on les sème inàmédiatiâniôtit
dans des pots ou terrines aux troi« quarts remplie de tessons avëe
une couche de terreau légerque l'on recouvre de sphagnum haôhé.
Quand la semaille est faite, on enfonce ces pots dans du Isable
(1) Qn fera bien de ndcomibanderd'emballçt* les planâtes daus: de U
mousse très sèche. Nous recevons à Tinstant (10 août 1874) une cfdsse,
de plantes alpines de notre confrère M. Beuseler, de Vienne. Probable-
ment Pe/mballage n'était pas àsâez tàeù ou bien il est devei^^ huuiide
duraOft 00 long voyage ; toujours est-il que beaucoup de plantes sont
moisies ou entièrement pourries; tel n'aui*ait pas été le cas. sans
Phumidit'é.
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à un endroit abrité et on les tient humides. Les graines semées
tardivement ne lèvent qu'après Thiver ; celles semées plus tôt
lèvent en automne ; mais même ces dernières ne seront relevées
qu'au printemps, lorsqu'elles cotnmencent à pousser, pour être
plantées isolement ou être livrées directement à la culture à
demeure.
La multiplication par division des souches n'est pasapplicaUe
aux plantes alpines à souche ligneuse ou à système radiculaire
peu divisé, et il y en a beaucoup de ce genre ; ne recourez donc
pas à ce mode chaque fois qu'il est possible de vous procurer de
bonnes semences, car les plantes provenant de graines ee déve-
lopperont toujours mieux. Mais s'il s'agit de plantes qui tallent
beaucoup ou dont les pousses ou rameaux s'enracinent facile-
ment quand on les aide quelque peu, il est plus avantageux de
procéder à la multiplication par éclats.
Enfin il y en a, et peut-être plus qu'on ne pense, qui ppur-
raientétre multipliées de boutures. Le meilleur moment pour le
bouturage serait le mois d'août. On ne peut employer des
rameaux gourmands ou munis de boutons ou de ûeurs ; ceux-ci
ne prendraient guère racine; on fera mieux d'employer les
rameaux latéraux maigres. On les prendra autant que possible
^vec talon et on les place à l'exposition du nord dans une bâche
en pleine terre, couverte d'un châssis vitré qu'on enlève la nuit^
et même le jour par les temps pluvieux. D'autres réussiront
mieux encore sans aucune couverture, comme il y en a aussi
qui exigent une cloche au dessus de chaque bouture.
Quel que soit le mode de multiplication suivi, on tâchera de
faire pousser les jeunes pieds dans de petits pots que l'on fera
bien d'enfoncer en terre, afin de ne pas devoir les arroser trop
souvent. Dès que les plantules sont bien enracinées, on les
plante à demeure, «'il s'agit de faire une collection d'amateur,
ou ^ien on les garde en pots, s'il s'agit de les vendre, afin de
pouvoir en disposer en tout temps. H. J, Van Sulh.
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LES NOIX DE KASJOE.
L*expédition contre Atchin, dans laquelle les armes de Néer-
lande se sont couvertes de gloire, ont mis en relief une sorte
de noisette qui a été répandue à profusion en Europe sous le
nom de noix d' Atchin et de noix de singe.
Cette noix n'est autre que le fruit d'un arbre exotique, origi-
naire de l'Amérique méridionale, connu en Europe depuis le
commencement du XVIP siècle, à savoir YAnacardiwn occiden-
tale de Linné ou Cassuvium pomiferum de Lamarck. Il s'est
fait tant de bruit autour de ce produit des Indes, tant de détails
étranges ont été formulés à son égard, tant d'erreurs ont été
accréditées, qu'il ne sera pas inutile de donner ici quelques indi-
cations précises à ce sujet.
VAnacardium occidenùale ou Pommier de Kasjoe (et non
d'acajou (1)) est un arbre dont le tronc noueux ne dépasse
guère, dans son pays natal, une hauteur de 5 mètres. Son bois est
blanchâtre et assez dur pour être employé dans l'ébénisterie.
Les feuilles sont ovales, entières, quelque peu échancrées et
raides. Les fleurs, fig. 37, E, sont disposées en panicules termi-
nales ; elles ont cinq pétales étroits, réfléchis, entourés du
calice qui est lui-même à cinq divisions ou sépales ; elles
renferment dix étamines dont une allongée et stérile ; style et
ovaire uniques. Bractées lancéolées à la base des fleurs, comme
on le voit dans la figure 37 qui accompagne ces lignes. La cou-
leur des fleurs varie du jaune au rouge.
La noix est généralement réniforme, quelquefois cordiforme,
d'où le nom générique d'Anacardium qui rappelle cette der-
nière forme. A Tétat de nature, cette noix ressemble assez
bien au faciès d'un petit singe ; on a eu l'idée de la perforer
pour rendre cette ressemblance plus frappante encore. Nous
donnons, ûg. 36, le dessin. A, de la noix artiflciellement per-
(l) L'Acajou est un arbre du genre Switenia,
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forée et, B, du même fruit à l'état naturel. Les dépressions
ombilicales qu'on y remarque, font voir assez qu'il n'a pas
fallu de bien grands efforts d'imagination pour parfaire la
ressemMuMe.
On dit que ces ntm sont vénéneuses. Cette assertion n'est
pas admissible, puisque l'espèce d'amande qu'elle renferme est
mangée dans les Colonies néerlandaises, rôtie comme nos
châtaignes, ou bien à l'état naturel quand elle a macéré quelque
B
Fig. 36. — Noix de Kasjoe.
temps dans de l'eau froide. Chez- les Indiens, les amandes
constituent un mets dont les princes font un fréquent usage.
L'écorce de la noix, tant que celle-ci n'est pas bien sèche,
contient une huile très caustique, plus ou moins vénéneuse et
assez volatile pour s'enflammer au contact d'une lampe.
La noix est portée sur un pédicelle charnu, tellement renflé
qu'il a tout à fait l'aspect d'une poire. Notre artiste M. De
Pannemaeker a reproduit par le dessin, ûg, 37, A, l'image
d'une poire de ce genre conservée dans l'alcool parmi les col-
lections du Jardin botanique de l'Université de Gand. Cette
même figure montre, en B, la position de la noix avec ses
dépressions naturelles.
Cette poire ou pomme n'est donc pas un fruit proprement
dit, bien qu'elle en ait l'aspect, la forme, la couleur et la saveur.
Fréquemment on a fait de ce produit ce que l'on pratique
parfois dans nos jardins pour exciter la surprise du vulgaire.
On a introduit le fruit avec son pédicelle dans une bouteille
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à goalot étroit Bt on les a détachés de Tarbre lorsqi^e le reiiâch-
ment était assez prononcé. De nombreuses boateilles contenant
des pommes de Kasjoe oût été ainsi importées en Europe comine
E
Flg. 37. — Pomme de Kasjoe.
objets de ctiriôsité. La couleur de cette pomme varie du jaune
à l'orange vif. Elle renferme une substance pulpeuse assez
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Caisse dont la saveur paraît être excellente et dont le jus
donne une liqueur vineuse des plus agréables.
Ne possédant qu'un seul exemplaire au Jardin botanique,
nous n'avons pu le découper ; mais nous reproduisons, fig. 37,
d'après M. Houttujn (l), une coupe transversale, C, de la noix et,
D, de la pomme. Cette partie de la figure rend parfaitement la
différence notable qull y a entre le fruit proprement dit ou
graine, C, et le podosperme basilaire ou pomme, D. La graine C
renferme uu embrjon dépourvu d'endosperme, tandis que la
pomme D ne renferme qu'une pulpe blanchâtre, spongieuse,
uniforme avec quelques faibles granulations, sans contenir la
moindre trace de pépin. L'épisperme ou enveloppe de Tamande,
qui est lisse et brunâtre extérieurement, est subéreux dans son
intérieur, à peu près comme dans le fruit de TAmandier.
Le suc de la pomme est acidulé et vineux ; ordinairement
on se borne à le sucer, comme on ferait d'une orange ; on en
prépare des compotes qu'on dit excellentes. Ém, Bodigas,
NOTE SDR UARBRE AUX QUARANTE ECUS.
(GINEGOBILOBAL.)
Il y a quelque temps, j'eus l'occasion, pendant les travaux de
tf[unsfbrmation que je faisais exéicuter à la cari^pagn^ de fe^u le
sénateur M. H. Vande Woestyne, à Wondelghem près de. Gand,
de faire abattre 1^ plus fort pied d'Arbre aux çuaratUe ^çut$, qui
prq))8^blement existait dans le pays. Il mesurait, à 1"" environ de
terre, Si^OO de cirponfé^'ence (presque 3 mètres), ce qui équivaut
à un d^mètre de O'^Qp environ. Depuis quelques années, l'arbre
périclitait, ses brancbes se couronnaient et son feuillage deve-
nait de plus en plus rare. Après qu'on eut scié le tronc, j^
(l) M. HouTTUYN, Natuurlijke Historié, Deuxième partie, tom. II,
p, 404. — Amsterdam, 1774.
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'
— 270 —
comptai les couches concentriques du bois pour déterminer Vâge
de l'arbre. Il y en avait 57. L'arbre devait donc avoir été planté
vers 1810, c*est à dire tout au plus il y a soixante et quelques
années. D'après cela, on peut juger si cette espèce est loin
de justifier, au moins dans sa période adulte, le reproche
qu'on lui fait d'avoir une croissance lente en comparaison des
autres Conifères. On peut dire, au contraire, qu'il en existe peu
dont le développement soit aussi rapide. La hauteur, du pied
abattu égalait celle des arbres de première grandeur. Peuplier,
Orme, etc.
A l'examen des couches concentriques, j'ai remarqué que
celles-ci variaient notablement d'épaisseur ; j'en ai mesuré qui
avaient jusqu'à 9 et 10 millimètres, de sorte que l'accroissement
annuel du diamètre avait été alors de 18 millimètres à 2 centi-
mètres. Les couches du centre et celles de la périphérie étaient
les plus minces. Quant à ces dernières, cela s'explique par l'état
de dépérissement de Tarbre. On comprend aussi pourquoi les
couches environnant la moelle étaient beaucoup plus rappro-
chées, par ce fait que durant la première jeunesse de l'arbre,
son accroissement est très lent, ce qui est le cas pour beaucoup
de Conifères.
Le Ginkgo est un arbre remarquable par la singularité de ses
feuilles, qui semblent constituer le passage des Corylacées aux
Conifères. Ces feuilles, comme on sait, sont caduques, simples,
alternes, portées par de longs pétioles ; elles sont profondément
lobées et semblables sur les deux faces.
L'arbre prend naturellement la forme conique. Dans son pays
natal, au Japon, où il porte le nom de Gingko, il atteint une
hauteur du 80 pieds. Il se montre très rustique dans nos cli-
mats, mais on ne peut pas dire qu'il y soit naturalisé, attendu
qu'il ne fructifie pas, tout au moins ne produit-il de graines fer-
tiles que dans le midi de l'Europe.
Le fruit est une drupe ovale, charnue, jaunâtre, de la grosseur
d'une prune de Damas, renfermant une amande blanche, comes-
tible. A.U Japon et en Chine, on la fait rôtir comme des marrons.
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Autrefois le Ginkgo était relativement rare dans les cultures
et d'un prix élevé : de là sans doute son nom d* Arbre aux
quarante écus. On le multipliait alors de boutures et de marcot-
tes. Aujourd'hui on le reproduit exclusivement de semis, au
moyen de graines récoltées en Europe. Éi. Pynaert,
LA LAVANDE.
La lavande {Lavandula spica Lin.) est encore une de ces
plantes qui doivent à l'horticulture d'être naturalisées dans cer-
tains pays et d*j être devenues l'objet d'un commerce important
et la source de bénéfices agricoles considérables. Cette plante
forme un buisson de O^ôO à 1 mètre de haut, et mérite une
place par son port élégant et l'aspect agréable que lui donnent
ses feuilles d'un vert glauque ou cendré, généralement étroites,
et ses fleurs bleuâtres. Surtout après une pluie d'orage, les
fleurs prennent un éclat des plus vifs et répandent un parfum
des plus délicats. La lavande ofire encore un agrément : les épis
conservés servent à préserver dans les garde-robes le linge des
attaques des insectes : l'odeur que la plante répand, les chasse
par l'essence qu'elle exhale et les petites quantités de camphre
qu'elle renferme.
C'est principalement en vue de distiller cette essence que
la lavande est cultivée sur une très grande échelle en Angle-
terre. Dans deux districts, celui de Beddington et le comté de
Cambridge, les cultivateurs consacrent à sa culture près de
200 hectares, et rien n'égale l'effet aussi splendide qu'étrange
produit par les bleus tapis de la lavande, cootrastant avec
l'éclat d'or des blés et la verdure sombre des arbres. Ce n'est
guère que depuis quinze ans que la culture de la lavande a com-
mencé à se développer. Mitcham en a été le berceau, et aujour-
d'hui, dans toutes les communes avoisinantes,cette culture a pris
une grande extension.
La lavande demande un terrain sec, argilo-siliceux. Elle
aime à avoir un sous sol crayeux. La graine se sème très clair
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au commencement dn printemps sar couche exposée au soleil
levant. On couvre peu la graine; celle-ci lève 20 à 30 jours
après. Lorsque la plante a acquis une certaine force, on la
transplante à 0™30 de distance, en lignes éloignées d'environ
1 mètre. Les plantes produisent pendant trx)is ans, quatre ans
au maximum. On fume légèrement lorsqu'on fait la plantation.
Après la coupe de la première année, on éclaircit les rangées.
Les récoltes de la troisième année sont les premières à mûrir ;
viennent ensuite les récoltes de seconde année, puis de première.
Elles ont lieu en août et septembre. La coupe se fait à la faa-^
cille. Les moissonneurs sont suivis de femmes et d'enfants
qui mettent immédiatement la lavande en paquets et les lient*
dans des nattes pour les protéger contre les rayons du so-
leil. On envoie ces paquets ainsi liés à la distillerie qui a
acheté la récolte et où l'essence est extraite. On compte généra-
lement qu'une tonne de lavande récoltée produit, année moyenne,
6 kilos 750 grammes. Le résultat maximum semble être de 9
kilos 4^ grammes pour 1015 kilogrammes de plantes. La dis-
tillation de ces plantes dure environ deux mois, de la première,
semaine du mois d'août à la seconde semaine d'octobre. L'essence
est mise alors dans des flacons de verre noir, à courts goulots,
contenant de 2 à 4 kilos d'essence et est ainsi livrée soit aux
pharmaciens (1), soit aux parfumeurs qui la purifient pour la
mettre dans le commerce sous le nom d'eau de lavande.
0. Zlipp.
L'ARROCHE A GRANDES FEUILLES.
Dans certaines parties de notre pays, on connaît assez bien les
qualités culinaires de VArroehe blonde ou Belle dame. Mais je suis
sûr qu'on apprécierait bien autrement la variété à grandes feuilles
(Lee'sgiani, littéralement gigantesque de Lee), si elle était répan-
(1) La médecine fait usage de la lavande comme d'un moyen exci-
tant, sternutatoire et tonique.
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due autant qu'elle le mérite. Au milieu de la saison caniculaire,
lorsque tous les épinards sont montés en graines jusqu'au
derhier, Tarroche peut fournir lin légume non moins délicat et
non moins sain. On les prépare de la même façon que les épi-
nards et $i l'on y associe quelque peu d'oseille, je défie le plus fin
gastronome d'établir entre, eux une distinction défavorable à
l'arpocbe.
Cette pl^mte réussit dans tous 1^ terrains, mais naturelle*
ment et surtout pour le$ récoltes de plein été elle préfère les
sols gras, sablonneux et humides. Les graines lèvent rapide-
Hient. Les semis doivent se succéder de trois semaines en trois
semaines pour fournir un produit non interrompu.
Éd, P.
BEURRE DEGALLAIT.
Bien que cette poire ait un quart de siècle d'existence, elle est
encore — au delà des limites du Tournaisis — inconnue de noa
amateurs d'arboriculture fruitière. Et cependant, peu de varié-
tés réunissent les qualités qu'elle possède pour la culture en
plein vent dans les vergers, ainsi que nous le démontrerons
après en avoir donné l'historique, suivant les renseignements
que nous avons recueillis .
M. Charles Degallait, pépiniériste et bourgmestre, à Wez-
Velvain, près de Tournai, fit en 1836, un semis assez considé-
rable de pépins à Veiïei d'obtenir des sujets propres à être
greffés. Mais le caractère particulier de certains égrains lui
paraissant de natui^ à produire de bons fruits, il les retira
soigneusement de son semis et en fit un massif au milieu de sa
pépipière, avec l'intention de les laisser fructifier. La plupart ne
produisirent que des fruits médiocres, mais en 1846, le succès
couronna ses efforts : il récolta un fruit qui lui donna toute satis-^
faction. Ce pied fructifia de nouveau les années suivantes, et en
1849t M. Degallait soumit son gain à l'appréciation de la
SociéU éThertioulture êe Tournai.
Le jury permanent de Pomologie chargé de la dégustation de
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ce nouveau fruit, lui accorda la médaille éTarçent^ après avoir
décidé, conformément à ses statuts, qu*une commission spé-
ciale se rendrait à Wez-Velvain, afin de s'assurer de lldentité
du pied mère.
Suivant le désir manifesté par Tobtenteur, cette poire fut
dénommée Beurré Degallait.
Etouffé dès sa jeunesse au milieu d*un massif trop compacte,
le pied mère que nous avons vu occupant encore la place où il
fructifia la première fois, n'a pu acquérir qu'un très faible
développement. Ce pied contraste étrangement avec les nom-
breux exemplaires de cette variété que M. Degallait nous
montra, tant dans son verger, que dans plusieurs jardins de
cette localité.
Partout nous avons trouvé cet arbre vigoureux, prenant
naturellement un port régulier, pyramidal, les branches bien
agencées et ne formant pas diffusion, ainsi que les amateurs
peuvent le constater par les magnifiques exemplaires de cette
variété, qui se trouvent dans le jardin de l'École d'arboriculture
de Tournai, et dont la fertilité excessive attire chaque année
les regards de tous les visiteurs.
Le Beurré Degallait présente une particularité qui en fait un
fruit de plein vent par excellence : c'est que, aussi violentes que
soient les tempêtes de Téquinoxe d'automne, les fruits résistent
et ne tombent jamais, ce qui est d'un mérite incalculable pour les
régions exposées aux coups de vent : le littoral, les gorges de
montagnes, etc. Le jardinier marchand ne cultive pas des arbres
à haute tige pour lui-même et pour sa propre jouissance, il les
élève pour la vente afin d'en retirer un bénéfice rémunérateur;
il a beau cultiver une excellente poire, si elle tombe aux pre-
miers coups de vent, il n'a rien à vendre et le produit est
perdu. Au contraire, l'adhérence du fruit dans le Beurré
Degallait est telle que les vents ne parviennent pas à le déta-
cher, et le cultivateur est certain d'avoir une récolte à vendre.
Nous citerons pour exemple l'ouragan qui a exercé ses aflfreux
ravages lors de l'Exposition jubilaire de Tournai en
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— 275 —
Plusieurs membres du jury ayant témoigné le désir de con-
naître la culture des vergers à Tournai, nous les conduisîmes
chez M. Delacenserie dont rétablissement arboricole comprend
près de trois hectares. Les ravages occasionnés par la tempête
étaient désastreux, la terre était littéralement jonchée de fruits,
rien ne restait sur les arbres. Mais quel ne fut pas leur étonne-
ment de voir qu'une seule variété, le Beurré Beçallait, Si\2iii
résisté à la bourrasque, qu'aucune poire n'était tombée par le
typhon ! Pareil fait a eu lieu Tan dernier à l'École d'arboricul-
ture ; tandis que la tempête avait emporté tous les fruits des
arbres de plein vent, les deux pieds de Beurré Deg allait conser-
vaient toute leur récolte. Ces résultats sont merveilleux, et ils
prouvent combien il est à désirer que cette variété se propage
dans les pays exposés aux coups de vent.
Le Beurré Degallait est une des bonnes poires d'octobre.
Sans être un de ces fruits transcendants qui priment tous les
autres, c'est certainement une bonne poire de cette époque.
« Sa chair, dit l'honorable auteur de la Pomone Tournaisienne,
est fine, beurrée, très juteuse, sucrée, très bonne. »
« l,e fruit est moyen, turbiné, atténué supérieurement, tron-
qué et ombiliqué au sommet et à la base. »
« Le pédoncule est moyen, fort, ombiliqué. »
« Le calice caduc, ouvert, rentrant. La peau jaune verdâtre,
jaune à la queue. »
Ajoutons que la peau est extrêmement ferme et que le fruit
résiste au choc, ce qui est précieux et presque indispensable
pour les poires destinées à l'exportation.
Le Beurré Degallait fait, depuis plusieurs années, l'objet de
notre étude et de nos observations spéciales ; c'est donc avec
certitude absolue que nous le recommandons à toutes les per-
sonnes qui cultivent des vergers, et spécialement à celles qui
habitent notre littoral si exposé aux tem pêtes del'équinoxe. Par
là elles s'assureront une abondante récolte, qui leur échappe trop
souvent par les tempêtes régnant dans ces contrées, avant la
cueillette des fruits. Delrue-Schrevens.
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— 276 —
LA POIRE VAN DE WEYER-BATES.
À propos des Fruits belçes, mémoire coaronné en 1873 par la
Société royale Linnéenne de Bruxelles et dont noas avons déjà
rendu compte, nn de nos lecteurs nous fait remarquer la regret-
table erreur commise parM. Qilbert, à la page 53 de son ouvrage.
Parlant de la poire Fan de Weyer-Bates V. M. cat., M. Gilbert
la représente comme ayant été dédiée à M. Van de Wejer-Bates,
• officier de police, à Lowvain • . Ce ne peut être qu'une erreur
matérielle qui aura échappé à Fauteur des Fruits Mçes, ainsi
qu'aux juges du concours ; car ils n ont pu ignorer qu'il n existe
d'autre M. Van de Weyer-Bates que l'illustre homme d'Etat
qui, durant de longues années, représenta la Belgique près de la
Cour d'Angleterre, qui fut à diverses reprisses ministre de
l'Intérieur en Belgique, et qui en 1830 fut un des principaux
fondateurs de notre nationalité.
Le nom même de la poire prouve suffisamment qu'elle fut
dédiée à l'éminent ministre de Belgique à Londres et non à
un obscur officier de police de Louvain : M. Van de Weyer était
déjà ministre à Londres, lorsqu'il épousa Miss Bâtes, l'héritière
d'une des plus opulentes familles anglaises. Béd.
PLANTES INSECTIFDGES.
Il est incontestable que les insectes causent tous les ans des
dégâts plus ou moins considérables. Nous ne nous occuperons
pas pour le moment de rechercher pourquoi les insectes sontplus
abondants cette année et dans telle région, pourquoi ils sont
moins nombreux ou absents dans telle autre et si la destruction
ou la protection des oiseaux insectivores, la destruction des nids
et l'emploi d'une série, d'autres moyens ont une bien grande
influence sur leur apparition ou leur absence. Seulement nous
croyons devoir appeler l'attention sur tout ce qui peut contri-
buer à d^a:iiire ou à écarter les insectes.
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— 277 —
Que àé moyens n*a-t-on pas essayés et présents dans de but?
Bien peu cependant ont produit jusqu'ici les effets désirés et sllti
ont eu du succès, ils sont bien souvent lents, coûteux, et par
conséquent peu pratiques. Dans la nécessité toutefois, on recourt
à tout et on a bien raison de le faire. Nous pensons aussi que
^beaucoup de moyens seraient plus efficaces s'ils étaient pluà
persistants et, pour cette raison, lious pensons qu*il est possible
de tirer ^arti du procédé suivant.
Il consiste notamment dans la culture de plantes que nouis
appelons îfiêèctifuges autour ou à côté des Iplantés qui ont d'ordi-
■naire à souffrir de tel ou de tel inseète. Toutes les plantes
'dégagent des principes gazeux, parfois très odorants, et il est
connu que plusieurs de ces émanations ont un attrait particu-
lier pour certains animaux. Le Nepeta Cataria L. et le Teu-
trîwn Marum L. sont tellement chéris des chats que ceux-ci
les déti^uisent complètement par leurs caresses ; de même une
séi'ie d autres plàûtes ont la propriété d'être repoussantes,
insupportables pour certains insectes.
Notre attention fut éveillée sur ce sujet lorsque nous visitâmes
cet été, avec les autres membres du jury, les fermes inscrites
pour le concours ouvert par la Société agricole de la Flandre
orientale. Dans le verger d'une de ces fermes, nous vîmes entre
autres de très beaux pommiers et parmi ceux-ci un arbre très
infesté par le puceron lanigère. C'était pour nous d'abord une
nouvelle preuve que l'une variété résiste mieux que l'autre à
ces attaques. Ensuite, à propos de cet arbre, M. le président
Jaequemyns relata qu'un curé de la Carapine lui avait très
sérieusement déclaré que le puceron lanigère disparaît dès
qu'on sème du Tropoeoltm majus au pied de l'arbre pour con-
duire cette tplaiite le long de la tige. Il est aisé de faire l'essai
de Cie moyen et la chose en vaut la peine.
M. Jaequemyns nous raconta encore à cette occasion que, dans
la Ct^pine, on a l'habitude de planter ça et là un pied de
chanîvre entre les choux et plantes analogues, afin de préserver
ceux-ci des dienilles. Les chenilles craindraient-elles réelle-
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— 278 —
ment le chanvre? S'il en est ainsi, rien de plus facile que de les
écarter.
Quelque temps après, nous nous trouvâmes à la campagne de
M. Hulin, à Lootenhulle. En dehors de sa ferme, nous visitâmes
naturellement aussi son jardin et ses serres. Dans sa serre à
vignes où, soit dit en passant, les grappes de raisins étaient
nombreuses et belles, nous fîmes peu attention aux plantes de
tomates conduites par-ci par-là contre le mur d'appui et entre
les ceps. Mais M. Hulin tint à nous faire observer que ces
tomates avaient été plantées à dessein, moins pour leurs fruits
que pour servir par leur odeur à écarter les guêpes qui endom-
magent parfois d'une manière désastreuse les grappes qui
mûrissent. Nous convenons que l'odeur de ces plantes ne plaît
pas non plus à l'homme.
Nous nous rappelons enfin que lors d'une excursion dans le
Westland, il y a quelques années, nous avons remarqué qu'on y
a l'habitude de semer et surtout de planter comme porte graines
des oignons, du poireau et de l'ail près des murs ou des espa-
liers. On prétendait que la présence de ces plantes sufSsait
pour prévenir le puceron ou la cloque qui endommage parfois si
cruellement les pêchers, ou tout au moins pour en atténuer
considérablement les effets.
Nous pensons qu'il vaudrait bien la peine d'en faire l'essai.
H. J. Van HiMe.
LE LIVISTONA SINENSIS.
La culture des plantes pouvant servir à orner les apparte-
ments d'une manière permanente passe en général pour être
hérissée de difficultés. Ces difficultés sont pourtant souvent
exagérées, parfois même tout à fait imaginaires, et si un grand
nombre de plantes ne résistent pas au traitement de l'inté-
rieur de nos habitations, c'est qu'on leur refuse les soins les plus
vulgaires ou qu'on néglige de leur accorder le peu qu'elles
demandent en retour des jouissances dentelles nous gratifient.
Enlever deux fois par semaine la poussière des feuilles au
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— 279 —
moyen d'un drap ou d'une éponge, arroser ta terre quand celle-
ci commence à se sécher, seringuer le feuillage tous les huit
ou dix jours, est-ce donc si difficile ? Est-ce trop de peines pour
être assuré de la prospérité de la plupart des végétaux qui
peuvent peupler une jardinière ?
Parmi les plantes dont la culture exige le moins de soins et
qui contribuent en même temps pour la plus large part à orner
un salon, on peut citer en première ligne certains Palmiers, tels
que le Phoenix daciylifera,\e Jubaea $pectabUis,^\\iS\e\ivB Zivis-
tona et CAamaedoria, quoique ces derniers soient considérés
comme étant de serre chaude. Il y a trois ans nous reçûmes de
Fig. 38. — Liyistona sineosis.
M. A. Dallière un gracieux exemplaire du Chamaedoria gracilis.
Tenu depuis lors à la fenêtre d'un appartement exposé au nord,
très aéré et modérément chauffé en hiver, cet exemplaire s'est
admirablement développé et n'a cesséde jouir d'une santé excel-
lente; il est même fleuri en ce moment. Pour cela il a suffi de
ne pas le laisser au soleil, d'enlever la poussière dont les
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— 280 —
frondes ne manquent pas de se couvrir, de Tarroser modéré-
ment en ayant soin do ne jamais employer d'eau froide» mais de
Teau un peu plus tiède que Tair de Tappartement.
Nous insistons sur ce dernier point et nous recommandoitô
d'éviter l'emploi de Teau froide. Pour presque toutes les plantes
tenues dans les appartements, on fera bien de se servir d'daa de
pluie dans laquelle on aura versé un peu d*eau chaude.
Parmi les espèces de Palmiers qui se prêtent le mieux à un
séjour prolongé dans les appartement», la première place revient
au Livistona siMnsis Rob, Br. ou Latama horbwdcaVfiLLù.
(fig. 38). Son tronc de hauteur médiocre, ses larges feuilles en
éventail aux lobes profondéme nt incisées et souvent pourvues
de fils intermédiaires, leur pétiole chargé d'aiguillons jusqu'au
milieu de leur hauteur, donnent à ce Palmier un aspect très
remarquable.
A pareil usage peut servir une espèce du même genre le
Livistona ausiralis Martius ou Corypha australis Rob. Br.
dont rintroduction en Europe fut le fait du hasard. On sait que
des graines de ce beau Palmier servirent à drainer le fond des
caisses dans lesquelles Cunningham expédia des plantes de Port-
Jackson vers TAûgléterre. Ces graines avaient germé pendant
la traversée et produisirent les premiers exemplaires de Palmiers
obtenus de seilnis en Europe.
Ce qui nuit généralement le plus à la culture des plantes dans
les appartements, c'est l'extrême aridité de l'atmosphère à
laquelle il est bien difficile, sinon impossible, de suppléer. Pour
éviter que les bouts tronqués des lobes du feuillage se dessèchent,
ce qui ôterait à la plante tout caractère ornemental, il est bon, si
Ton ne peut seringuer, d'humecter les feuilles au moyen d'une
éponge mouillée et de répéter ce soin au moins chaque jour. On
en est récompensé par une verdure plus franche et plus riante.
Ém. Jiodiffas.
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— g81 —
EXPOSITION DE FRUITS A GAND.
L'administration du Cercle d'arboriculture de Belgique a ré-
solu d'ouvrir une Exposition de fruits à Gand au mois d'octobre
prochain. Cette Exposition a pour but tout spécial de profiter de
la richesse exceptionnelle des récoltes de cette année, afin de
permettre Tétude et Texamen comparatif des variétés nouvelles,
peu connues, locales ou entièrement inédites.
L'administration invite à prendl^è part aux concours tous
ceux qui s'intéressent à Tavancement dé la potàdlogie dans
notre pays.
Elle met à la disposition d'un jurj spécial des médaillés de
vermeil, d'argent et de bronze, ainsi que des dîplôiùes, qui pour-
ront être décernés aux collections les plus nàétitantes.
Afin de faciliter la participation du plus grand nombre de
concurrents, et tout en laissant au jury le pouvoir de récom-
pènéer to^t' apport digne d'une distinction, la commission a
arrêté le pi^o^m&e stiivant :
I^fiÔàËAMME DES COKCOtJItS.
Première Section. — Fruits anciens,
POIRES.
1 . — Collection de variétés anciennes la plus nombreuse et
la plus* méritante à tous les titres.
2. — Collection de cinquante variétés anciennes les plus
méritantes.
3. — Collection de vingt-cinq variétés méritantes.
4. — Cdlection de dou^e v$;riétés méritantes.
POMMES.
5. — Collection de pommes anciennes la p\\xB noôibreuse et
la plus méritante à tous les titres.
6. — Collection de cinquante variétés.
7. — Collection de viiigt-cinq variétés.
8. — Collection de douze variétés^.
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— 282 —
Deuxième Section. — Fruits nouveaux ou peu connus .
POIRES.
9. — Collection la plus nombreuse de variétés de poires
nouvelles ou peu connues.
10. — Collection de douze variétés.
11. — Collection de six variétés.
12. — La variété la plus méritante, nouvelle ou peu connue.
POMMES.
13. — Collection la plus nombreuse de variétés de pommes
nouvelles ou peu connues.
14. — Collection de douze variétés.
15. — Collection de six variétés.
16. — La variété la plus méritante, nouvelle ou peu connue.
Troisième Section. — Fruits de vergers,
17. — La plus belle collection de variétés de poires et de
pommes propres à la grande culture et à l'exportation.
Quatrième Section. — Fruits locaux.
18. — Collection la plus nombreuse de variétés locales
(pommes et poires).
19. — Collection de douze variétés locales.
20. — Collection de six variétés.
N. B. — Une commission spéciale s'occupera durant TExpo-
sition de l'étude et de la dénomination des variétés locales.
Cinquième Section. — Fruits de semis, variétés inédites»
21. — Le plus bel apport de fruits inédits, poires, pommes,
raisins, etc.
22. — Lot de six fruits en variétés inédites.
23. — La variété inédite la plus méritante.
Sixième Section. — Fruits divers.
2A. — La collection la plus belle et la plus variée de fruits
autres que poires et pommes.
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— 383 —
25. — La plus belle collection de six variétés de raisins de
plein air.
26. — La plus belle collection de six variétés de raisins
de serre.
27. — La plus belle collection de fruits récoltés dans un
jardin d'instituteur ou dans une cour d'école.
Le local de TExposition sera désigné ultérieurement.
L'Exposition sera ouverte les dimanche 11, lundi 12 et
mardi 13 octobre.
Les personnes qui désirent prendre part à l'Exposition sont
priées d'en donner connaissance, avant le 1®' octobre, à M. H. J.
Van Huile, vice-président du Cercle d'arboriculture de Belgique,
au Jardin botanique, à Gand.
Gand, le 17 août 1874.
Le Secrétaire général. Le Président,
Ém, Roàigas, Edm, de Ghellinck de Waïle.
VARIETES.
Bois. — Un journal américain établissait dernièrement
qu'on abat par semaine aux États-Unis 7,000 arbres de
haute futaie. Sur la valeur annuelle que rend le bois abattu,
75 millions de dollars de bois passent en combustible, soit plus
de 400 millions de francs, et deux fois autant en barrières et
palissades. Les locomotives américaines, toutes chauffées au
bois, ne consomment pas moins de 700,000 cordes américaines,
représentant le produit annuel de 500 acres ou 200 hectares de
terre. Les forêts d'Amérique, quelque grandes qu'elles soient,
auraient peine à résister à une pareille consommation. Pénétré
du danger que présente pour l'avenir la destruction des forêts,
le gouvernement de l'Union étudie actuellement, dit-on, les
moyens qui lui permettront de réglementer la coupe des bois.
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— 284 —
Un arbre utile. — Un ouvrage récemment publie à Éio-janeiro,
sous le titre de L'Empire du Brésil à T Exposition de Vienne;
donne des renseignements curieux sur le Carnauba (Coperntcia
cer\fera). De tous les arbres du monde, c'est, semble-t-il, un
des plus précieux. Sa culture est très aisée. Ce Palmier pousse
à l'état sauvage d'une façon très abondante dans plusieurs pro-
vinces du Brésil. Il résiste aux sécheresses les plus prolongées
tout en gardant sa verdure. Les racines ont les mêmes propriétés
médicinales que la Salsepareille. Le tronc fournit une ûbre forte
et légère, qui acquiert le plus beau poli ; on en fait des poteaux,
des solives, des pieux excellents. Le bois sert à faire des
instruments de musique, des tuyaux et des pompes.
Sa moelle est un aliment apprécié, très nourrissant; on en
extrait du vin, du vinaigre, une substance saccharine et une
grande quantité de fécule analogue au sagou. Cette fécule est,
dans les longues sécheresses, une grande ressource alimentaire
pour les habitants des provinces en question. La pulpe du fruit
est agréable au goût ; l'amande, assez oléagineuse et émulsive,
est employée, torréfiée et pulvérisée en guise de café par
quelques personnes de l'intérieur. La substance tendre et
fibreuse remplace aisément le liéige. Avec les feuilles séchées,
on fait des nattes, des chapeaux, des paniers, des balais, etc.,
et il s*en exporte déjà une assez grande quantité en Europe, où
Ton éh fabrique des chapeaux fins . Enfin", ces feuilles produisent
une cire qui sert a la fabrication des bougies, ti'éxportation de
cette cire est évaluée annuellement à plils de 880,000 kilo-
^r'atames et la consommation annuelle d^asse 734,000 kilo-
gammes. Oii évalue en francs la production annuelle à plus de
4,200,000 friancs.
Ces renseignements officiels ne doiveit-ils pas nous fsarè
rëgrôttéf 'de ne pouvoir cultiver eii Èèlgique le Coper'mcîd
céHfera?., Quelle source immence de richesse pour le ftays qtiî
le' produit et l'exploite ! 0. Klipp.
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- 285 —
lia Boinologie e^ Séerlaude. — Noi\s apprenons âyec plaisir
qp'il s'ei?t constitué à -^mçterdam une Commission préparatoire
dans le ]t)ut d'étudier les njojens pour ouvrir en 187^, à Amster-
dam, une Exposition internationa,le ^e fruits en coïncidence
ayep un Coi^grès ppmplogique.
Un appel est fait à tous les hommes compétents de Néer-
l^pde ei^ ceux-ci ont répondu à Tinvitation. Le projet a été-
d^^ttu et accueilli çivec une telle faveur qu'on a nommé une
comnji^sipn pour élaborer le programme. Elle est composée de
MM. A. Van Lennep, président; J. P. R. Galesloot, secré-
taire; D. Visser, C. A. A. Dudok de Wit, K. J. W.
Ottolander, J. A. Alberts, W. Boomkamp, J. Coppijn, J. Ju-
rissen, C. J. Vander Ouderineulen et C. G. Overeijnder,
mepabres. Ce sont tous spécialistes et hommes zélés ; avec leur
concours, la tâche entreprise réussira sans doute. En tous
cas, ils peuvent compter aur Tactive coopération du Cercle, et
notre Bulletin s'empressera de faire connaître le programme,
aussitôt qu'il aura été définitivement arrêté.
H. /. VB.
Examens de sortie à l'École 4'borticultnre de l'État, à
Gand. — Le Jury combiné, composé des directeurs et de pro-
fesseurs des Écoles d'horticulture de Gand et de Vilvorde,
sous la présidence de M. de Ghellinck de Walle, a terminé ses
travaux à Gand, le 22 août.
Les épreuves théoriques et pratiques n'ont pas di^ré moins de
quatre jours ; elles ont été brillantes. Cinq candidats sur sept
ont obtenu le diplôme de capacité ; ce sont :
MM. Jules Burvenich, de Qendbrugge ;
Alphonse Fillot, de Montzen (Liège) ;
Jules Salentiny , de Diekirch (Luxembourg) ;
Louis Legrand, d'Ombret (Liège) ;
Charles Schepens, de- Wetteren,
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- 286 —
Les deux premiers ont mérité en théorie au moins les 7/8 des
points attribués à un travail parfait, condition voulue pour
donner droit à la plus grande distinction . Les trois autres ont
réuni assez de points en théorie pour mériter la grande distinc-
tion. Mais, dans l'épreuve pratique, les exigences du règlement
sont telles que le candidat ne peut obtenir de grade s'il
n'emporte au moins les 6/8 des points dans chaque branche
de la pratique. M. Jules Burvenich s'est trouvé dans ces con-
ditions et a reçu le diplôme avec la mention de la grande
distinction.
Fruits admis en 1873 par le Congrès pomologique de France.
— Dans sa session de Tannée dernière, la Société pomologique
de France, présidée par le savant écrivain M. P. de Mortillet,
n'a admis que sept variétés fruitières, savoir :
Guigne pourprée hâtive. Très gros fruit, précoce, pédoncule
mince et long. Fertile.
Framboise Surpasse Falstaf, Remontante.
Poire Beurré de Nivelles, Bonne variété tardive. Gain belge,
dû à Parme ntier.
Poire Jules â/Airolles de M. Léon Leclerc, de Laval. Fruit
fin, juteux, fondant, mûr en décembre.
Pomme Bouque preuve. Variété de grande culture à Marseille.
Pomme Rose de Provence. Variété méridionale, comme Tindi-
queson nom.
Raisin Tschaouch Saj'ra Uzum, Originaire de Turquie. Gros
grain doré. Belle grappe. Ém, R,
EXPOSITIONS ANNONCÉES.
Nous avons reçu les avis ou programmes des expositions
suivantes.
Les 13, 14 et 15 septembre, à l'École centrale, à Lodelinsart
(Hainaut), exposition de fruits, légumes, plantes, fleurs et in-
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— 287 —
struments horticoles. S'adresser à M. A. Morel, président de la
commission organisatrice.
Du 20 au 24 septembre, à TAthénée royal, à Hasselt, expo-
sition florale, fruitière et maraîchère, ouverte par la Société
horticole de Hasselt. Secrétaire : M. Sandbrinck.
Le 4 et le 5 octobre, au Ry-de-Wappe, à Marchin (Prov.
de Liège), exposition agricole et horticole, organisée par la
Société d'agriculture du Condroz, laquelle ouvre également des
concours pour la meilleure tenue des jardins. S'adresser à
M. J. J. Biaise, secrétaire de la Société.
Les 4, 5 et 6 octobre, au Casino, à Saint Nicolas, exposition
pomologique, ouverte par la Société d'agriculture et de botanique
du Pays de Waes. M. A. Leconte, secrétaire de la Société.
Les 11, 12 et 13 octobre, au local de Kattenhof, à Borger-
hout, exposition de fruits et de fleurs, ouverte par la Société
Van Mons. S'adresser au secrétaire M. G. J. Willems.
Du 10 au 14 octobre, à Paris, exposition de fruits, légumes,
plantes et fleurs, ouverte par la Société centrale d'horticulture.
S'adresser au président, M. Brongniart, rue de Grenelle St. Ger-
main, 84, a Paris.
Du 11 au 13 octobre, à Lierre, exposition de plantes, fleurs,
légumes, fruits et instruments de jardinage, ouverte par la
Société d'horticulture. Président : M. J. L. Van Thielen.
TRAVAUX A EXÉCUTER DANS LA CULTURE NATURELLE DES
PLANTES POTAGÈRES.
Septembre.
Après avoir exécuté en temps opportun les semis et plan-
tations indiqués pour le mois d'août, il en reste peu à faire
pendant ce mois. Le travail principal consiste à rentrer les
graines mûres et à préparer les terrains vacants pour des
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— 288 —
récoltes futures, o'eet à dire qu'on lee met en bîlloiM avec
fumier. On peut encore planter des endives k blan^^ sar
place sous terre ; on repique lias plantes prodi^ites par lés semis
d'août, à Fendroit où elles devront être hivernées. On sème uie
dernière fois la mâche, le cerfeuil et les épinards. On empaUle
les derniers cardons oq Ton se contente de les fermer simple-
ment par quelques liens pour les blanciiir plus t^rd encore. On
arrache les tiges et le& raiiies des haricots et des pois tarifs.
Dans les nouvelles aspei^eries, on marque d'un bâton le» plaees
où les plantes ont manqué, afin de pouvoir combler ces^ vides aa
prîntenips. On récolte et on sèche les derniers oisons. On
ooi^pe les extrémités défit tiges et on effeqille les tontat^ pour
faciliter la maturation du fruit.
Ce mois est Vépoque la plus favorable pour la pkutatiien du
Fraisier, lorsque le mois d'août nous a amené des sécheresses.
On peut séparer déjà les plantes condimentaires vivaces : sauge,
absinthe, marjolaine, thym, lavande, ciboulette, etc. etc. Ce
mois nous donne encore quantité dq mauvaises herbes qui se
développent, grâce à rhumidité et au relâchement partiel des
travaux du potager. Il faut sarcler activement, car les séne-
çons, les mourons, la pâturin. annuel, etc., donnent encore
graine et infestent le terrain pour l'an prochain. On butte. les
derniers céleris blancs à côtes et on lia les dernières endives.
On amène au potager tout le fumier disponible pour en faire des
composts avec les nombreux déchets que la culture potagère
fournit à cette époque. On repique à bonne exposition des plants
de Zaitm QoUe et à^l^iPasmn pour pommer à rentra. de
l'hiver. On récolte les pon?mes de terre da provision et on ser-
fouit et on arrose d'engrais liquide les choux qui y sont entre-
plantés. Si l'on a emploi de ce produit, on sème sur les terrains
qui ont porté des pommes de terre, une partie de céréale à
fourrsage (seigle ou orge), avec abondante fumure. Cette culture
prépare bien le terrain à la récolte des haricots pour l'an
prochain. Fr. Burtemch,
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SU^âtt^ .V^OTSJCS0ûj3B2t';i.t^\>tt\ .
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289 —
CERCLE ^ARBORICULTURE DE BELGIQUE.
EDOUARD JAEQUEMYNS.
Edouard Jaequemjns, président de la Société provinciale
d'Agriculture de la Flandre Orientale, membre du Cercle d'Ar-
boriculture de Belgique, mourut le 31 août 1874, à Minderhout.
La mort ne pouvait frapper un coup plus sensible; Tagri-
culture belge a été profondément atteinte par cette perte
aussi douloureuse qu'inattendue. L'affection qu'il portait à notre
Cercle, l'intérêt qu'il prenait à nos travaux, les encourage-
ments qu'il prodiguait à tous ceux qui voulaient augmenter
la richesse agricole de notre pays, nous imposent le devoir de
retracer ici ce qu'il a fait pour l'agriculture et pour l'arbori-
culture en Belgique. Mais comment parler de cet homme de
bien sans se sentir entraîné à retracer sa vie tout entière !
Plus qu'aucune autre elle mérite d'être racontée : elle a été toute
de probité, d'honneur, d'efforts soutenus, d'études laborieuses
et fécondes !
Edouard Jaequemyns était né le 10 juillet 1806, à Verre-
broeck, petit village de la Flandre Orientale. Sa famille était
d'origine flamande et depuis longtemps établie au Pays de
Waes. Son père , ancien élève de l'Université de Paris et
excellent médecin, jouissait d'une grande réputation comme
praticien et comme agronome. Dans la maison paternelle
même, Edouard Jaequemyns vit autour de lui, dès son enfance,
les exemples de cet ordre et de cette activité patiente et labo-
rieuse qui ont fait naître la fertilité et la richesse des terres
sablonneuses de la Flandre ; et dans son esprit, tout se tourna
naturellement vers ces études spéciales auxquelles rappelaient
cet exemple et sa vocation.
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Après de brillantes et rapides études à TUniversité de Liège,
Jaequemyns remporta la médaille d'or offerte à l'étudiant auteur
du meilleur mémoire sur une question de chimie et ce brillant
succès présenta une intéressante particularité : le même jour
qu'Edouard Jaequemyns obtenaitcette distinction, un de ses frères
remportait la médaille d'or attribuée au meilleur mémoire de
médecine. Ils offraient ainsi, au dire d'un journal de l'époque (1),
pour la première fois depuis l'établissement des Universités
belges, le beau et touchant spectacle de deux frères recevant
chacun le même jour une médaille d'or. Quelques mois plus tard,
Edouard Jaequemyns était proclamé docteur en sciences, en phar-
macie et en médecine, après avoir brillamment soutenu devant
la faculté liégeoise une thèse qui révélait les caractères parti-
culiers de son esprit : l'amour des sciences exactes, uni à une
grande clarté d'exposition et à une sévère logique de déduction.
Elle prouvait de plus que le jeune étudiant avait, chose peu com-
mune à cette époque, une connaissance approfondie des ouvrages
des savants français et allemands. Cette thèse, traitant de l'acide
hydro-cyanique (2), lui valut de nombreuses félicitations et lui
donna l'entrée du laboratoire du célèbre professeur Rose de
Berlin qui, charmé par les qualités brillantes de son élève,
devint rapidement et resta jusqu'à sa mort son ami fidèle et
dévoué. Jaequemyns revint en Belgique en 1829, désireux
d'agrandir le cercle de ses connaissances, car, ainsi qu'il le
déclarait en 1861 au sein de la Chambre des Représentants, il
ne croyait pas, à cette époque, avoir acquis en aucune branche
des connaissances assez approfondies pour être satisfait de ses
études (?).
La crise politique que la Belgique traversait en ce mo-
ment, ne prédisposait guère les esprits à se livrer à des études
(1) Courrier des Paps-BaSy année 1828, n® 228.
(2) Dissertatio inauguralis medica de Acido Hydro-cyanico. Leodii
apud Collardin, MDCCXXIX.
(3) Annales Parlementaires y 1861, p. 362, Ch. des R.
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sérieuses. La révolution de 1830 venait d'éclater et passion-
nait tous les esprits. Au milieu de la nation troublée et
profondément divisée, Edouard Jaequemyns voyait avec regret
le renversement de la famille des Nassau dont il avait appris,
dès son enfance, à admirer les grandes qualités; il croyait que,
grâce à la réunion des provinces septentrionales et méridionales
des Pays-Bas, notre pays avait devant lui un avenir splendide,
plein de prospérité et de richesse. Son dévouement à ses opi-
nions orangistes ne lui permit pas de rester inactif au milieu
des événements ; dans une de ces effervescences comme toutes
les révolutions naissantes en présentent, Edouard Jaequemyns
entraîné se trouva même compromis. Acquitté par la Cour
d'assises du Brabant, le jeune savant renonça momentanément
à la politique et se livra tout entier aux recherches scientifiques.
Il s'adonna plus particulièrement aux études de chimie qui
étaient depuis longtemps l'objet de sa vive prédilection. L'at-
tention des magistrats de la ville de Gand s'était déjà
.arrêtée sur lui, et, lorsque l'administration communale gan-
toise ouvrit la première école industrielle créée en Belgique,
ce fut à Edouard Jaequemyns qu'elle s'adressa pour y donner
le cours de chimie et d'économie industrielle.
Peu de temps après, il fut appelé aux chaires de chimie,
de physique et d'astronomie à l'Athénée de Gand, qu'on venait
d'organiser, grâce au concours et au dévouement du professeur
Warnkœnig. Le jeune professeur voulut justifier la confiance
dont on l'honorait. Il présenta successivement à l'Académie
royale des sciences et belles lettres de Bruxelles des Mélanges
de physique et de chimie et un Mémoire sur Veau de couleur
des bijoutiers, qui furent très favorablement appréciés (1). En
1832, il publiait la Chimie populaire des corps non métalliques
et les Éléments de chimie çénérale(^), ouvrage qui eut deux
éditions à quelques années de distance.
(1) Bulletin de V Académie des sciences et belles lettres de Bruxelles,
t.3,p. ll;pp. 113et300.
(2) Bruxelles, H. Dumont, 1832.
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Une autre carrière s'ouvrit bientôt devant le jeune pro-
fesseur. Le succès éclatant de ses cours attira sur lui
l'attention des principaux industriels de la ville de Gand ;
il quitta renseignement pour Tindustrie. En 1843, il abandonna
la chaire de l'Athénée et celle de TÉcole industrielle. Cette
séparation ne se fit pas sans lui causer de profonds regrets : il
pouvait en effet revendiquer une large part dans la faveur qui
entourait le nouvel établissement : il avait été le principal
auteur du règlement organique de cette école, il avait été Tun de
ses professeurs les plus aimés et les plus écoutés et, pendant de
longues années, il avait contribuée maintenir la prospérité de
cet établissement par Tactivité qu'il déployait comme secrétaire
du collège des professeurs. Aussi, en quittant renseignement,
Éd. Jaequemyns tint à honneur de prendre congé, dans une
séance solennelle, de ceux dont il avait si longtemps partagé
les travaux. Lors de la distribution des prix, en 1844, il
prononça un discours remarquable dans lequel, passant en
revue les succès remportés par TÉcole industrielle pendant
les onze années de son existence, il exprima, d'une façon pleine
de cœur, les regrets qu'il éprouvait de se séparer de ses collè-
gues et de ses élèves. Mais il ne put se résoudre à les aban-
donner d'une façon définitive. En 1851, il fut nommé, par le
Conseil communal de la ville de Gand, membre du bureau
administratif de l'École industrielle et il tinta conserver cette
fonction jusqu'à sa mort. En 1861, dans une discussion soule-
vée au sein de la Chambre des Représentants, il défendit avec
une conviction profonde l'enseignement de l'École à laquelle
le rattachaient ses meilleurs souvenirs de jeunesse.
Les sympathies publiques qui avaient suivi le jeune profes-
seur dans sa retraite, ne tardèrent pas à se manifester. Ses
concitoyens le portèrent au Conseil communal de la ville de
Gand lors de la dissolution des Conseils communaux décrétée
par la loi du 13 avril 1848. La même année, il fut élu membre
du Conseil provincial de la Flandre Orientale. Le caractère de
notre publication, la réserve que nous devons nous imposer ici
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— 293 —
quant aux choses du domaine politique, ne nous permettent
pas d'analyser les services rendus par Éd. Jaequemjns au parti
libéral, ni de montrer la fidélité constante de ses convictions.
Nous devons nous borner à constater qu'il fut membre du
Conseil provincial jusqu'en 1854, du Conseil communal jus-
qu'en 1857 ; que, depuis 1857 jusqu'en 1870, les électeurs de
l'arrondissement de Gand comptèrent Ed. Jaequemynsau nombre
de leurs représentants et que le dernier acte de sa carrière
parlementaire fut la présentation du rapport à la suite duquel la
démolition de la citadelle de Gand fut décidée. Les suffrages de
ses concitoyens ne furent pas les seuls témoignages de l'estime
qu'on lui portait. Des distinctions honorifiques bien méritées
lui furent décernées par le roi des Belges et par d'autres souve-
rains (1). Ces honneurs auxquels sa modestie se fût volontiers
dérobée, il n'en tirait aucune vanité ; il leur préférait peut-être
ceux qu'il recevait du suffrage de ses concitoyens et surtout
les paisibles jouissances que lui donnait la Société provinciale
d'Agriculture.
Dès 1864, la Société provinciale d'Agriculture de la Flandre
Orientale l'élut président à l'unanimité, et jusqu'à sa mort, il
occupa cette fonction. Il y rendait de grands services au pays;
car, on peut le dire sans crainte d'être démenti, peu d'hommes
ont fait autant que lui pour l'amélioration du sort des ouvriers
agricoles et pour le développement de l'agriculture.
La question ouvrière s'était de tous temps imposée à son
esprit. En 1852, le Conseil communal de Gand avait été saisi
d'une proposition tendant à établir une cité ouvrière avec le
concours de la ville. Éd. Jaequemyns combattit le projet au
nom du Comité de salubrité publique, de toute l'autorité de son
expérience et de sa haute raison.
« Nous avons entendu trop souvent répéter, disait-il (2), que
(1) Éd. Jaequemyns était officier de l'Ordre de Léopold, chevalier de
la Légion d'honneur, commandeur de l'Ordre du Christ, etc.
(2) Mémorial administratif , p. 324. Année 1852.
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l'ouvrier se trouve isolé au milieu de la société comme un
paria.
i Prêter un concours oflSciel à un plan de quartier vaste et
complet, exclusivement composé de maisons d'ouvriers, ce
serait confirmer cette allégation, se serait la consacrer par
un monument.
€ Il ne faut pas que l'ouvrier ne soit en contact qu'avec des
ouvriers. Ce contact exclusif n'est propre qu'à le décourager,
à réprimer l'ambition qui, chez lui, engendre les idées
d'ordre et d'économie.
« Le contact habituel avec l'artisan doit au contraire exercer
une influence salutaire sur lui. L'artisan a été ouvrier, et il
est devenu maître à force de prévoyance et d'économie.
L'ouvrier le voit améliorant progressivement son sort et fon-
dant des espérances pleines d'ambition sur ses enfants ; il
ne saurait dès lors se tromper sur les moyens d'améliorer
son propre sort. Les artisans forment d'ailleurs la classe la
plus morale de la société : ils n'ont pas les vices qui sont
fatalement liés à la misère, ni ceux que Topulence entraîne
si fréquemment. Leur contact, celui de leurs familles est
bienfaisant pour l'ouvrier.
« Ces motifs ont porté le comité à désirer que des maisons
d'artisans soient intercalées entre les maisons d'ouvriers, i
Les opinions, qu'il émettait en 1852, sont celles de sa vie
entière. Relever l'ouvrier à ses propres yeux, lui donner le goût
de l'ordre et de l'économie, l'appeler à améliorer son sort par
une assiduité croissante au travail, tel était le vœu qu'il forma
toujours et qu'il s'appliqua à réaliser dans sa propriété de
Minderhoût. Au sein de ce vaste domaine, il avait bâti un
grand nombre de maisons ouvrières. Construites en bri-
quettes rouges, couvertes en tuiles, ces maisons ne contien-
nent jamais plus de deux habitations destinées chacune à
un ménage. Elles se composent d'une cuisine, de deux cham-
bres à coucher bien aérées, d'une laverie, d'une cave et d'un
grenier qui, lorsque la famille devient trop nombreuse, sert
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de dortoir aux enfants. Chaque habitation a comme dépen-
dances une petite étable ainsi qu'un terrain cultivé d'une
quarantaine d'ares; Ed. Jaequemyns voulait que chaque ouvrier
eût une culture à laquelle il fût obligé d'appliquer ses soins : rien
n'inspirant plus à l'homme le respect de la propriété d'autrui
que la jouissance des fruits de son travail. Le type des maisons
ouvrières établies par Ed. Jaequemyns fut fort remarqué lors
de l'Exposition universelle de Paris et lui valut une distinc-
tion des plus flatteuses.
La question de la salubrité des habitations ouvrières ne préoc-
cupait pas uniquement Ed. Jaequemyns. Tout ce qui, à un degré
quelconque, directement ou indirectement, intéressait le bien-
être de l'ouvrier, était l'objet de sa vive et constante solli-
citude. Economiste, il proclamait hautement que le premier
principe en fait de douanes, était de ne point laisser la loi
fiscale peser sur l'alimentation du peuple. Membre de la Cham-
bre des Représentants, il combattit pendant longtemps l'impôt
prélevé sur le sel, impôt qui avait le grave défaut à ses yeux
de frapper également tous les habitants du pays jusqu'aux plus
nécessiteux. « C'est le seul, disait-il, qui réclame une part du
salaire de certaine catégorie de travailleurs agricoles qui
forment l'une des classes les plus nombreuses de la population.
Bien des ouvriers agricoles doivent consacrer une part notable
du produit de leur travail en acquit du droit d'accises pour eux
et pour leur famille. » Il avait depuis longtemps indiqué le
moyen de dégrever le pays de cet impôt et il eut le bonheur
de contribuer en 1870 à la complète abolition de ce droit
odieux au consommateur et nuisible aux intérêts agricoles du
pays. Industriel, propriétaire d'une immense briquetterie à
Minderhout, administrateur et président d'un des plus vastes
établissements industriels du pays dont il avait été le fonda-
teur, la Linière Gantoise, Ed. Jaequemyns traitait les ouvriers
avec une justice pleine de bonté. Président ou membre d'hon-
neur de diverses Sociétés ouvrières, il aimait à se rendre au
milieu des ouvriers et, dans ce langage simple et persuasif
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— 296 —
dont il semblait avoir le secret, il leur donnait des conseils
basés sur sa longue expérience, ou les prémunissait contre
certaines idées dangereuses que des esprits imprudents ou
coupables tentaient de faire prévaloir au sein de la classe
ouvrière gantoise (1).
Éd. Jaequemjns eut encore Toccasion de montrer le vif
intérêt qu'il portait aux industries nationales ainsi qu'aux
classes ouvrières, lors des Expositions internationales et uni-
verselles qui eurent lieu à Londres et à Paris. Nommé, par
arrêté royal du 23 avril 1861 , membre de la commission royale
chargée d'organiser et de diriger le concours des producteurs
et des artistes belges lors de TExposition de Londres, ses
collègues le nommèrent vice-président de la section indus-
trielle. Membre du jury belge (2), il fut appelé à examiner
les substances alimentaires, tant celles que l'agriculture fournit
directement à nos besoins, comme les céréales, que celles que
rindustrie obtient par la transformation des produits naturels.
Les rapports qu'il adressa au Gouvernement belge sur les objets
soumis à Texamen de la section du jury dont il faisait partie,
ainsi que ceux qu'il fit sur les spécimens de procédés d'impres-
sion et de teinture pour les étoffes (Classe XXIII) et sur la pelle-
terie indigène (Classe XXV) (3) sont fort intéressants et
témoignent de la vive sollicitude que Jaequemyns portait à
toutes les branches du travail national.
Le dévouement dont il avait fait preuve lors de l'Expo-
sition universelle de Londres, le désignait naturellement
au choix du Gouvernement pour faire partie de la Commis-
sion chargée de diriger la participation des artistes et des
(1) Jaequemyns était membre fondateur de la Société Van Crom-
bruççhé*s Genootschap, de la Société jfan toise des Ouvriers décorés,
président d*honneur de la Société toi bevordering van Nijverheid en
Wetenschappen, des Sociétés à^Harmonie van Minderhout et BtUerpia
de Verrebroek, etc. etc.
(2) Arrêté royal du 2 mars 1862.
(3) Bruxelles, Bols-Wittouck, 1863.
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producteurs belges à l'Exposition universelle de Paris (1).
Éd. Jaequemjns fut élu de nouveau vice-président de la
section industrielle du jury. Un arrêté royal (2) l'appela à
faire partie de la section belge du jury. Chargé , en cette
qualité, de juger les produits exposés dans la classe XCI
(objets à bon marché) , il y rencontrait comme collègues
MM. Cochin, membre de l'Institut de France, Bonjean, séna-
teur et président à la Cour de cassation de France, Ducuing,
célèbre économiste, le commandeur Maestri, directeur de la sta-
tistique et du commerce du royaume d'Italie, lord Canter-
bury, etc. etc. Son esprit encyclopédique, prompt et sagace,
doué d'un bon sens exquis, fit dès l'abord une vive impression
sur ses collègues et ceux-ci le choisirent à l'unanimité pour
diriger leurs travaux et le nommèrent vice-président de la sec-
tion. Son caractère ferme et droit, son jugement clairet précis,
sa bonté affable et charmante lui acquirent à cette occasion
encore de hautes et précieuses amitiés qu'il tint à conserver
jusqu'à sa mort. Comme juré, Jaequemyns déploya toute son
activité et se fit rendre compte des moindres détails. Rien ne
lassait sa grande bienveillance ; il écoutait attentivement toutes
les explications que les exposants lui donnaient, lors même
qu'elles semblaient être oiseuses et inutiles. Le rapport qu'il
présenta au Gouvernement belge à la suite de l'Exposition de
1867(3), suffit à prouver avec quel soin Jaequemyns s'acquitta
de sa tâche. Il y examinait successivement les meubles, les
vêtements et les aliments de toute espèce qui se distinguaient
par les qualités utiles unies au bon marché, et, rentrant dans
ce qui était le but le plus élevé de ses études, il s'efforçait
de montrer de quel intérêt doit être pour nos classes ouvrières,
l'introduction dans la vie journalière d'aliments, de vêtements
et de meubles jusqu'aujourd'hui dédaignés ou inconnus.
(1) Arrêté royal du 9 août 1665.
(2) Arrêté royal du 8 février 1867.
(3) Rapport sur les produits exposés dans la classe XCI. Bruxelles,
Guyot, 1870. «5
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— 298 —
Une autre préoccupation constante de Jaequemyns, sur-
tout dans les dernières années de sa vie, fut le développement
de l'agriculture en Belgique, t L'agriculture, disait-il un jour,
occupe à elle seule les deux tiers de la population belge : il est à
remarquer que non seulement elle pourvoit à notre alimentation,
mais qu^elle est Tune des premières sources, je dirai même la
toute première source de la richesse publique (1). » Aussi ne per-
dait-il aucune occasion de défendre les intérêts de l'agriculture
partout où il les croyait attaqués ou seulement menacés. Il savait
avec beaucoup de sens pratique distinguer les choses qui avaient
besoin de la protection du Gouvernement de celles où cette protec-
tion était dangereuse ou nuisible. Défenseur des crédits accor-
dés à Tagriculture lorsqu'ils s'appliquent soit à l'enseignement
agricole, soit à la propagation de nouvelles graines, soit aux
subsides destinés à venir en aide aux efforts individuels, il les
repoussait quand il les voyait solliciter pour des choses coû-
teuses, peu pratiques ou inutiles : c'est ainsi qu'il combattait
la formation de collections d'instruments agricoles, ou l'entre-
prise de stations expérimentales par le Gouvernement : t La
station de Gand, disait-il en 1866, a fait des essais de toute
nature : tantôt des essais de graines , tantôt des essais
d'engrais et ces essais sont suivis avec intérêt par de nombreux
propriétaires et agriculteurs de la province. Cette ferme expé-
rimentale, cette station ne coûte que 1,000 francs par an au
plus. Je défie, ajoutait-il, le Gouvernement d'en établir une seule
avec un capital décuple. C'est là un service que la Chambre doit
demander aux Sociétés agricoles. » Ed. Jaequemyns était par-
tisan convaincu de la nécessité de l'intervention de l'État en
matière d'enseignement agricole : c c'est là, disait-il, un devoir de
l'État, par la raison bien simple que cet enseignement n'est pas
rémunérateur (2). » Aussi prit-il une part fort active aux discus-
(1) Annales Parlementaires, Chambre des Représentants, 1866, p. 106.
(2) Annales Parlementaires, Chambre des Représentants, 1864, p. 236.
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sions de la loi sur renseignement agricole (1). Nommé rappor-
teur de la Commission parlementaire chargée d'examiner le
projet présenté par le Gouvernement, il sut, tant dans son rap-
port que dans ses discours, réfuter les objections et dissiper les
craintes de ses collègues. Grâce à ses efforts, rétablissement
d'une école supérieure d'agriculture fut décidé. Par arrêté royal
du 30 octobre 1860, Ed. Jaequemyns fut nommé membre et
président de la Commission administrative de llnstitut agricole
deGembloux; il exerça ces fonctions jusqu'en 1870. Il portait à
l'enseignement agricole supérieur le plus sympathique intérêt.
Son esprit prévoyant lui faisait pressentir le rôle éminemment
utile que cet enseignement est appelé à jouer dans le dévelop-
pement de l'agriculture nationale, et Jaequemyns, pendant
toute la durée de sa carrière parlementaire, ne négligea aucune
occasion de défendre le principe de cet enseignement et de
démontrer les droits qu'avait l'agriculture a été traitée par
rÉtat aussi favorablement que les autres sciences. Bien souvent,
malheureusement, il eut à exprimer pour l'Institut agricole les
regrets que nous avons souvent émis déjà pour l'École d'horti-
culture de Gand : comment, en effet, peut-on voir sans tristesse
que, tandis que l'étranger comprend l'utilité de nos écoles et
vient y puiser les conseils de la science et les exemples de la
pratique, nos nationaux semblent ou les dédaigner ou les fuir !
Son initiative éclairée et intelligente lui permit de réclamer en
faveur de l'agriculture certaines réformes des plus importantes.
Il attira à plusieurs reprises l'attention du Gouvernement sur
le mauvais état de la voirie vicinale. «Je voudrais voir (2),
disait-il, développer la voirie vicinale parce que je la considère
comme d'un intérêt immense pour l'agriculture. Je voudrais
non seulement voir multiplier nos routes vicinales qui sont les
(\) Annales Parlementaires, Chambre des Représentant», 1860, pp. 1374
et 1659.
(2) Annales Parlementaires, Chambre des Représentants, 1866, p. 107.
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— 300 —
dernières ramifications de ces grandes artères par lesquelles se
distribuent les richesses publiques; mais je voudrais encore
voir établir des chemins de fer vicinaux ; je voudrais même
voir établir des canaux de vicinalîté comme en Hollande. Une
grande partie de la prospérité agricole des Pays-Bas est due à
la petite navigation. Un jeune garçon suffit pour traîner 4, 5 et
jusque 10 tonnes sur l'eau, tandis que pour la même charge, sur
nos routes, il faut plusieurs chevaux. •
Nous avons à signaler encore un éminent service qu'Edouard
Jaequemyns rendit à l'agriculture de nos Flandres : dans le
discours qu'il prononça en 1865(0, il engagea le Gouvernement à
garantir les cultivateurs flamands des atteintes des pernicieuses
fièvres paludéennes. Il indiquait avec grande connaissance de
cause les travaux à effectuer pour mettre nos laborieuses popu-
lations à l'abri de la terrible maladie qui les mine encore dans
certains districts, et, si ces conseils, dictés par l'expérieace, ne
furent pas suivis en tous points, il eut du moins la consolation
de voir exécuter une partie des travaux qu'il recommandait.
Si, comme membre de la Chambre des Représentants, du Con-
seil supérieurd'Agriculture(2) et de la Commission administrative
deTInstitut agricole de Gembloux^Jaequemjns a rendu de grands
services, ceux qu'il a rendus en sa qualité de Président de la
Société provinciale d'Agriculture de la Flandre Orientale sont
encore plus considérables. Nommé en 1864, il sut, et ce sera le
perpétuel honneur de sa carrière, tenir cette Société à l'abri des
influences politiques, et lui conserver le caractère inhérent à
toute Société agricole ou horticole, celui d'un terrain neutre que
les passions politiques respectent et où tous les hommes de bonne
volonté se réunissent en vue d'un but commun et élevé : le
progrès de la culture du sol et de la richesse agricole nationale.
Sous sa direction aussi prudente que ferme, la Société prit un
(1) Annales Parlementaires, ann. 1864-1865, p. 1115.
(2) Jaequemyns fit partie du Conseil supérieur d'Agriculture pour
la session de 1867.
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essor inespéré : de nouvelles sections s'organisèrent et plus de
deux mille sociétaires, au moment de sa mort, entouraient leur
président d'un juste tribut de respect et d'affection.
Quelle activité et quel dévouement ne montrait-il pas dans
toutes les occasions ! En 1865, une grande Exposition réunit à
Gand une merveilleuse collection d'animaux reproducteurs venus
de toutes les parties de la Flandre, ainsi que des instruments
agricoles exposés par les constructeurs les plus habiles et
les plus renommés du monde entier. Cet heureux résultat
était en grande partie dû à l'actif et intelligent dévouement
du nouveau président. En 1867, il prit l'initiative du premier
concours de fermes qui fût institué en Belgique : bel et
fécond exemple donné par la Société provinciale de la Flandre
Orientale et qui fut bientôt imité par plusieurs autres sociétés
agricoles.
Ce concours produisit des résultats fort remarquables, grâce
au rapport de Jaequemjns, qui mérite de devenir le guide
pratique du cultivateur flamand. Examinant soit les conditions
de salubrité et d'hygiène que doivent présenter les habitations
de ferme et les étables, soit les règles que le climat et le sol
imposent aux diverses cultures, il mêle à l'étude de ces
questions, de nombreux et précieux conseils.
C'est ainsi que dans son rapport, il attira l'attention des cul-
tivateurs sur l'importance du jardin légumier comme accessoire
de la ferme :
€ La culture du jardin légumier, dit-il dans ce rapport,
n'appartient pas à proprement parler à l'agriculture, mais
nous verrons avec plaisir que l'attention du conseil soit éveillée
à ce sujet afin que cette culture paisse faire un jour l'objet
d'un concours particulier.
• Le jardin potager de la ferme ne doit pas être établi comme
celui d'un jardinier légumier qui est obligé de déployer un
zèle si digne d'admiration : il ne doit produire ni des fruits
forcés, ni les légumes fins ou rares. On lui demande de four-
nir pendant toute la saison une série de légumes qui soient
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nourrissants et agréables sans que la production en soit difficile
ou coûteuse, et qui soient de nature à rendre plus agréables
les mets ordinaires, base de la nourriture journalière. Compris
ainsi, le jardin légumier devient une source notable d'économie
et est un auxiliaire indispensable de la ferme en améliorant
la nourriture des ouvriers agricoles... »
Jaequem jns constatait en terminant que si la culture des
vergers s'est heureusement modifiée, il n'en est pas ainsi
de celle du jardin légumier qui attend encore aujourd'hui
des améliorations indispensables. L'appel fait à cette époque
par Éd. Jaequemyns fut entendu. Plusieurs comices, parmi
lesquels nous citerons ceux de Deynze, Sleydinge et Saffelare,
ont compris dans le programme de leurs concours les pro-
duits du jardin potager; des conférences publiques sur
la culture maraîchère ont été données par notre collègue
M. Burvenich et elles ont été suivies avec le plus vif intérêt
par un grand nombre de cultivateurs; des distributions de
graines potagères améliorées ont été faites à Saffelare. Ces
efforts, entrepris sous les yeux et avec les conseils de Jaeque-
myns, permettent d'espérer que bientôt de notables progrès
pourront être constatés.
Un point sur lequel Éd. Jaequemyns aimait à attirer égale-
ment l'attention des agriculteurs flamands, était la nécessité de
se rendre un compte aussi exact que possible de toutes les
dépenses faites dans l'exploitation. La tenue des^ livres était,
il y a quelques années, très négligée, pour ainsi dire inconnue :
aujourd'hui, elle entre insensiblement dans les usages agricoles.
Le cultivateur commence à comprendre la sérieuse importance
d'une comptabilité qui lui permette de reconnaître facilement la
nature de toutes'les dépenses qu'il a faites et d'apprécier sa situa-
tion financière réelle, car seule, elle lui offre un moyen rapide
de dresser un inventaire exact non seulement de l'argent qui
se trouve en caisse, mais de tout ce qull possède tant dans
ses granges que dans ses étables ou sur ses champs. En
sliabituant à rechercher, dans ses livres, les dépenses sérieuse-
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— 303 —
ment productives, Tâgriculteur sera amené à se rendre compte
de la valeur relative des diverses machines, des semences ou
des engrais différents, et appréciant d'une façon plus réfléchie
les causes de ses gains ou de ses pertes, il verra une prospérité
plus grande et mieux assurée venir récompenser son zèle et
ses efforts.
Les conclusions du rapport, nous tenons à les reproduire ici,
résumaient fidèlement Tétat de l'agriculture en Flandre à
cette époque.
Il constatait : 1** qu'un grand progrès s'était accompli dans
l'état général des fermes flamandes depuis les dix dernières
années. Les dispositions générales sont améliorées et complé-
tées. Les bâtiments sont mieux entretenus et les habitations
tenues plus proprement.
2" Que toutefois, il y a des raisons majeures d'appeler l'attention
des cultivateurs sur le choix et l'entretien des animaux domes-
tiques, les écuries, les étables et les porcheries pouvant encore
être beaucoup perfectionnées.
3^ Que les soins donnés à la fumure étaient plus judicieux ;
si le développement des récoltes ne semble pas correspondre
directement à cette plus value d'engrais, c'est que le cultiva-
teur oublie de tenir compte de l'amélioration apportée au sol
par l'emploi de fumiers riches.
4? Que les instruments de ferme et la tenue des livres
laissaient considérablement à désirer.
5° Il constatait enfin que bien des améliorations élevaient
encore être réalisées, et il espérait que la Société les indique-
rait aux cultivateurs.
Au nombre de celles-ci et au premier rang. Éd. Jaequemjns
plaçait la culture du verger. Le premier depuis le célèbre
agronome Van Aelbroeck, il appela, dans une réunion offi-
cielle d'agriculteurs, l'attention des fermiers fiamands, sur
les revenus que procure un verger bien planté et bien tenu.
— « Le verger, disait-il dans son rapport de 1869, présente le
plus grand intérêt aux cultivateurs. Situé dans le voisinage
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— 304 —
immédiat des étables, il reçoit sans frais de transport les
diverses sortes d'engrais tant solides que liquides : entre les
haies qui Tenvironnent, le cultivateur laisse, pendant l'hiver,
une partie de ses récoltes soit en silos soit en meules.
€ Au commencement du printemps, on voit pousser avec
vigueur le gazon fortement fumé et le bétail est abrité du
vent par les arbres. Quelques semaines plus tard, quand la
chaleur étouffante du soleil fatiguera le bétail, il trouvera sous
ces mêmes arbres un air rafraîchi, une ombre bienfaisante et
une herbe verte et abondante.
« Les résultats ne sont complets que pour autant que Von
fume beaucoup les vergers. Les pâtures ne peuvent rapporter
que si le sol renferme une grande quantité de fumier. Sinon
les petites radicelles des arbres fruitiers enlèvent les der-
nières parcelles d'engrais aux racines des plantes herbacées.
Ce qu'on enfouira donc dans la terre ne sera pas perdu, mais
rien ne sera de trop.
€ En revanche, lorsqu'on fume beaucoup, Therbe vous paye
trois, quatre fois et même plus le fumier enfoui. Lorsque la
pâture est arrivée à son maximum de fertilité, elle rapporte
généralement un kilo de foin pour chaque kilo de fumier enfoui.
Quant aux arbres fruitiers, nous n'avons encore aujourd'hui
aucune donnée précise quant au rapport existant entre le fumier
et les fruits, mais nous avons des données suffisantes pour
pouvoir décider sans crainte que l'arbre fruitier choisi avec
discernement est de toutes les plantes celle qui rend à l'agri-
culteur flamand le plus fort intérêt de son argent. »
Ces paroles du président de la Société provinciale d'Agricul-
ture étaient suivies de l'annonce qu'un concours de vergers
serait ouvert sous les auspices de la Société pendant l'année
1871. Le Conseil d'Administration mit bientôt à exécution la
promesse de son président et, dans sa séance du 29 mars 1870,
arrêta les dispositions principales de ce concours, chargeant
une commission, sous la présidence de Jaequemjns, d'en
rédiger le programme.
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— 305 —
C'était la première fois qu'un concours de pareille importance
était ouvert en Belgique ; c'était la première fois même qu'une
Société agricole appelait à elle l'arboriculture et encourageait
cette partie si féconde, si riche et si puissante de l'agriculture
nationale. La statistique officielle constatait, les chiffres ont
déjà été publiés dans ce Bulletin (1), que l'exportation des
fruits belges avait atteint en 1867 un poids de 24,517,577
kilogrammes représentant une valeur de 7,355,273 francs et
sans nul doute, cette exportation s'est aujourd'hui considérable-
ment accrue. En présence d'un pareil résultat, ne devait-on pas
regretter profondément de voir en Flandre la culture du verger
presque abandonnée malgré les efforts que Van Aelbroeck
avait faits dans la première moitié de ce siècle pour la relever ?
• Tandis que, comme le disait Jaequemyns{2), notre agricul-
ture peut être fière des riches moissons qui couvrent le sol,
elle semble avoir trop longtemps perdu de vue que ce n'est
pas la superficie du sol qui seule est une source de richesse.
Elle a trop longtemps oublié que sous cette superficie, se trouve
une mine bien plus riche pour tous ceux qui ont le courage de
faire les premiers travaux de plantation.
« Et cependant , ajoutait-il , les vergers n'occupaient le
31 décembre 1866 que la cinquantième partie du territoire de
la Flandre Orientale. La province de Liège comptait une
superficie relative de trois fois plus de terres consacrées à la
production fruitière et la province de Limbourg, dont la
richesse agricole ne peut être comparée à celle de la Flandre
renfermait deux fois plus de vergers. »
Éd. Jaequemyns put constater toutefois que de grands progrès
avaient été réalisés depuis 1866 ; et avec sa bienveillance habi-
tuelle, il daignait attribuer une large part de ces succès aux
conférences arboricoles et à l'influence du Cercle d'Arboricul-
ture qui avait prêté un appui sérieux au concours organisé par la
(1) V. année 1870, p. 76.
(2) Ahlerbotm, 31 décembre 1871.
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— 306 —
Société provinciale. Ces progrès, nous en avons aujourd'hui la
conviction, s'accentuent davantage d'année en année. L'exemple
donné par la Société a été des plus heureux ; les résultats obtenus
sont éclatants etTimportance du verger semble aujourd'hui être
comprise du plus grand nombre des cultivateurs. Notre regretté
Jaequemyns a eu la joie et le bonheur de voir presque atteint
le but qu'il s était efforcé de tracer à la Société dans son remar-
quable discours du 27 décembre 1871. «Le but auquel doit
tendre la Société d'Agriculture est de rendre la culture fruitière
économique, en lui offrant autant de certitude que notre climat
peut en présenter et en l'empêchant de se surcharger de dépenses
trop considérables. Il faut en un mot, arriver à produire les
fruits au plus bas prix possible : ce but atteint, leur expor-
tation s'accroîtra considérablement; elle atteint aujourd'hui
une valeur de près de trois millions et chacun sait qu'elle est
loin de répondre aux besoins de nos voisins.
f Nous pouvons quintupler aisément notre exportation et
alors encore notre production n'atteindra qu'une faible partie
de ce qu'elle devrait être : elle s'élèverait à 45 mille tonnes.
Le Wurtemberg, royaume qui n'a que le tiers de la population
de la Belgique et dont le sol n'est pas généralement favorable
à la culture des arbres fruitiers, produit près de 100 mille
tonnes de fruits, de même espèce que les nôtres. Le Wurtem-
berg n'exporte pas ses fruits parce qu'ils servent à la consom-
mation nationale , les habitants étant persuadés que l'arbre
fruitier est la base de la vie à bon marché (1). Et en effet, on
comprend facilement l'importance que le bon marché des fruits
doit avoir dans la vie des ouvriers indigents, il ne faut pas
beaucoup de réflexions pour saisir rapidement les avantages
que le fruit présente sur certaines substances alimentaires que
leur prix élevé semble devoir faire rejeter de la consommation
journalière (2). »
(1) Wurtembergs Obtsbau von D"" E. Lucas, IV. « Dos nohlfeUe
Leben kommt ans dem Eolz, »
(2) Akkerbouw, 31 décembre 1871.
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— 307 —
Comme on le voit, Edouard Jaequemyns fut un des princi-
paux promoteurs de cette réforme si utile à Tagriculture
flamande ; il fut le premier agronome belge qui se mit sérieu-
sement à Tœuvre pour faire comprendre aux cultivateurs
Timportance pratique de la question des vergers et qui sût
les encourager non seulement de son exemple, mais de tous les
moyens dont il disposait. Nous aimons à rappeler que ce fut à
plusieurs de nos rédacteurs habituels qu'il s'adressa, lors du
concours, pour la formation du jury et que, grâce à lui, le
rapport de MM. Burvenich, Pynaert et Van Huile fut
publié sous les auspices de la Société provinciale d'Agriculture
de la Flandre Orientale. Ce rapport était digne de figurer à
la suite de celui publié par Jaequemyns sur le concours des
fermes : il en était comme le complément naturel : tous deux
semblent destinés à devenir les manuels indispensables du cul-
tivateur, l'un pour la création et l'entretien du verger, l'autre,
celui de 1866, pour l'entretien et la bonne direction de la ferme.
A l'organisation de ces concours importants, ne se borna pas
toutefois le rôle du Président de la Société agricole. Il s'attacha
à organiser et à encourager les conférences données dans les
divers comices non seulement sur la culture des arbres frui-
tiers, mais encore sur la chimie agricole, sur les engrais
chimiques, surl'élève et l'entretien des animauxdomestiques, sur
l'application de la loi concernant les vices redhibitoires, etc., etc.
Toutes ces questions offrent un intérêt considérable aux
agriculteurs et sont malheureusement peu connues dans nos
campagnes. C'est aussi dans le but d'éclairer les cultiva-
teurs sur la valeur relative des engrais chimiques qu'il aida
puissamment au développement du jardin agronomique établi
par la Société provinciale d'Agriculture. Se basant sur les expé-
riences dontil avait été témoin, il put consigner, dans le rapport
du 25 mai 1873, son opinion sur la valeur des engrais chimi-
ques : « Ils peuvent (0, sagement combinés, entretenir la fertilité
(1) Page 4. Rapport du conseil administratif de la Société agricole de
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— 308 —
du sol pendant une série d'années sans remploi d'aucune autre
fumure; mais nous préférons les employer comme supplé-
ment aux engrais pailleux. Nos expériences démontrent qu'il
est possible de faire produire à Taide des engrais chimiques
à une même terre, pendant plusieurs années consécutives,
une même récolte , sans diminution dans le rendement ,
ni dégénérescence dans la qualité du produit. La pomme de
terre, la betterave à sucre, le lin surtout nous ont fourni des
exemples qui doivent lever tout doute à cet égard. » C'est éga-
lement en vue de venir en aide aux cultivateurs de la Flandre
Orientale qu'il insista, au nom de la Société provinciale d'Agri-
culture sur la haute utilité d'une station agricole, pour l'essai
des divers engrais, station qu'il eut à la fin de sa vie le bonheur
de voir créer à Gand et à laquelle semble dès aujourd'hui promis
un rapide et brillant avenir.
La grande popularité qui entourait Éd. Jaequemyns avait sa
source surtout dans cette bonté exquise, dans cette expérience
si sagement acquise qui lui permettait de joindre aux conseils
de la théorie les exemples de la pratique. Il aimait à recevoir ses
confrères de la Société d'agriculture en son magnifique domaine
de Minderhout, dans la Campine anversoise. C'était sa création
et il en était fier à bon droit. Lorsqu'il vint en Campine, au
milieu des bruyères arides, il ne trouva qu'un terrain stérile. On
avait peur de cette contrée et les terres s'y vendaient, avant
1830, à un prix dérisoire. Leur valeur augmenta lentement,
nous disait un jour Éd. Jaequemyns; en 1846, époque où
il acheta ses premières terres, l'hectare valait trente-cinq
francs, mais les campagnards de la Campine traitèrent
l'achat de folie et prédirent la ruine de l'acheteur. Une
simple visite au domaine de Minderhout montre suffisam-
ment combien leurs prédictions étaient peu fondées et lorsque
la Flandre Orientale, fait à rassemblée générale de tous les menabres
tenue le 25 mars 1873, à l'Hôtel du Gouvernement provincial à Gand.
Gand, Gyselinck.
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le visiteur voit cette magnifique habitation de campagne, cette
admirable briquetterie, ces fermes nombreuses et bien établies,
ces maisons d'ouvriers aérées et coquettes, entourées de terres
arables couvertes de belles moissons ou de bois verts et touffus,
il ne peut concevoir que ces terrains où la nature sourit aujour-
d'hui aux efforts de Thomme, aient pu être, il y a quelques
années encore, réputés rebelles à toute culture et devant être
atout jamais abandonnés. Trois choses ont permis à Jaeque-
mjns de réaliser cette merveille : sa profonde science, son
sens éminemment pratique et son incroyable persévérance. Il
avait recherché quelles étaient les causes de la stérilité du sol
et, les ayant reconnues, il s'était appliqué avec ardeur et persis-
tance à les combattre. Nous avons, dans un autre travail(l), eu
Thonneur de rendre compte, en nous aidant de ses conseils, des
études constantes, des efforts soutenus qui lui permirent de
surmonter les obstacles que la nature semblait semer sous ses
pas. Nous n'y reviendrons point ici. Nous nous bornerons à con-
stater les brillants résultats obtenus.
Les succès remportés par Ed. Jaequemyns attirèrent rapide-
ment l'attention des agronomes sur la Campine, et lui-même, il
faisait tous ses efforts pour la faire mieux apprécier par le pays.
Chaque fois qu'il en parlait, il se plaisait à relever les théories
erronées qu'on propageait, comme à plaisir, en vue de dis-
créditer toute tentative de défrichement. Les malheureux
essais faits par le Gouvernement avaient augmenté encore le
discrédit dans lequel ces terres étaient tombées; aussi ne man-
quait-il aucune occasion de montrer les causes qui paralysèrent
les efforts du Gouvernement et qui causèrent de si amères
déceptions à ceux qui y tentèrent alors des défrichements. « Le
Gouvernement belge, dit-il, avait essayé d'établir en Campine
un village flamand : on donnait à chaque flamand une petite
ferme de huit hectares ; on voulait introduire en Campine la
culture flamande, mais on oubliait une chose, c'est que les
(1) Ben uitstap in de Kempen^ door Oswald de Kerchove en H. Carne-
wal. Gent, Gyselinck, 1873.
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— 310 —
flamands qui venaient là n*étaient pas riches, qu'ils man-
quaient de capital ; aussi le Gouvernement, après avoir vaine-
ment essayé ce système, fut obligé de vendre à un prix très
modique tout ce qui avait été acquis.
« Le capital roulant engagé dans la propriété en bestiaux,
en récolte, en fumier, en ustensiles, s'élève à plus de
1500 francs Thectare. Et Ton va mettre un mendiant sur une
bruyère et lui dire, vous pouvez défricher cela pour votre
compte, vous pouvez cultiver et tout ce que vous récolterez
sera pour vous. Et Ton ne songe pas que ces pauvres gens
doivent d*abord défricher, ce qui coûte cher, et se procurer
ensuite tout le matériel nécessaire pouf cultiver cet hectare.
Il y a là erreur palpable. Aussi non seulement la combinaison
de ces colonies de bienfaisance de Wortel et de Merxplas
a échoué avec éclat, mais il en a été de même de rétablisse-
ment de Fredericksoord (1). »
Lors de rétablissement des colonies pénitentiaires de Wortel
et de Merxplas, Éd. Jaequemyns prit de nouveau la défense
de la Campine. Il réussit à vaincre les préjugés d'un grand
nombre de ses collègues et à faire adopter le projet de loi
présenté par le Gouvernement.
La reconnaissance des services rendus, qui était un des traits
caractéristiques de son caractère, avait, quelques années aupara-
vant , poussé Jaequemyns à défendre, devant la Chambre
des Représentants, les mesures hardies et éminemment pro-
tectrices prescrites en 1866, par le Ministre de l'Intérieur,
M. Alphonse Vanden Peereboom. Le typhus contagieux des
bêtes à cornes menaçait de ruiner Tagriculture belge. Des dispo-
sitions énergiques furent prises par le Gouvernement, en vue
d'écarter le danger et le fléau fut arrêté dans sa marche ter-
rible (2). On attaqua néanmoins les arrêtés pris par le ministre
(1) Annales Parlementaires^ 1870. Séance du 20 janvier.
(2) Un agronome hollandais disait : « En Angleterre où le Gouverne-
ment n'a rien fait, il périt 1000 animaux par jour; en Hollande où le
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— 311 —
belge, on les qualifia d'arbitraires au sein même de la Cbanibre ;
c est alors qu'Edouard Jacquerayns se leva et avec Tautorité de sa
parole et de son nom, fit prompte et sévère justice des attaques
dont son ami était l'objet. Bien plus, il ne voulut pas borner au
vote des Chambres Télan de la gratitude nationale ; il tint à
faire participer tout le pays à l'acte de reconnaissance qui
devait, selon lui, être posé. Président de la Société provin-
ciale d'Agriculture de la Flandre Orientale, il prit l'initiative
d'une souscription publique à la suite de laquelle lagriculture
belge reconnaissante offrit un trophée magnifique à son pro-
tecteur, au ministre Alphonse Vanden Peereboom, et Jaeque-
myns eut, à l'occasion de la remise de ce cadeau, l'honneur de
réunir autour de lui, sans distinction d'opinion politique, tous
ceux qui s'intéressent à la prospérité de l'agriculture en
Belgique.
Soutenir et protéger le mouvement agricole belge dans toutes
ses manifestations, était l'objet de ses constantes préocupations;
c'est la tâche qu'il nous lègue à tous, comme ce fut celle de
son existence, car, nous pouvons le dire, il y consacra les
derniers jours de la vie la mieux remplie et la plus utile.
Quinze jours avant sa mort, il parcourait les dernières fermes
inscrites au nouveau concours provincial ouvert en 1874 par la
Société provinciale d'Agriculture, donnant des conseils aux uns,
discutant avec les autres telle ou telle question agricole inté-
ressante. Il réunissait ses documents pour la rédaction d'un
rapport qui aurait fait suite à l'œuvre importante publiée en
1867, lorsque la maladie vint le frapper au milieu du vaste
domaine qu'il avait créé.
Il avait appelé près de lui ses collègues du jury et les
avait invités à venir le voir dans cette Campine qu'il savait
Gouvernement a fait trop peu, il périt 100 animaux par jour ; en Bel-
gique où le Gouvernement a fait son devoir, il ne meurt qu'un seul
animal par jour, n (Annales Parlementaires , année 1866.)
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— 312 —
rendre si hospitalière et si aimable, lorsqu'il fut atteint d'une
bronchite qui l'obligea à se renfermer dans le repos.
Du 14 au 30 août 1874, le mal ne parut pas grave. Jaeque-
myns continuait à s'occuper des affaires qui étaient le
rêve de sa vie. Il avait auprès de lui sa fille. M™® Rolin et ses
petits-enfants. Lui-même ne se plaignait d'aucune souffrance et
s'attendait à un prompt rétablissement. Le seul symptôme
inquiétant était une faiblesse insensiblement croissante. Mais,
vers le soir du 30 août, les forces diminuèrent avec une rapidité
telle que M. Rolin- Jaequemyns, rappelé en hâte de Genève où
le retenaient les importantes discussions de llnstitut de droit
international ne put arriver à temps pour recueillir le dernier
soupir de son beau-père. Dès la nuit du 31 août, toute espé-
rance était perdue, et, après avoir reçu les consolations suprêmes
de la Religion, notre ami s'éteignit sans agonie, laissant dans
la douleur tous ceux qui l'avaient connu.
Sa mort eut un grand retentissement dans le pays et à
l'étranger, car Jaequemyns était de ces hommes dont l'intel-
ligente et bienveillante activité se répand partout et de qui Tâme
généreuse fait naître une universelle et profonde sympathie.
Jamais on ne vit de douleur plus réelle, plus profonde que celle
qui éclata parmi la population de tout rang, de tout âge réunie
le 3 septembre autour de son cercueil dans le modeste cime-
tière de Minderhout.
Professeur , économiste , homme politique , agriculteur ,
industriel, financier, on ne saurait dire, tant il était supé-
rieur en tout, en quoi il Tétait le plus. Partout on recourait
à ses lumières. Son dévouement ne s'est jamais lassé, et c'est
à bon droit que l'on a pu dire de lui : « Rien n'était au dessus
de son mérite, si ce n'est son cœur qui était au dessus de tout! t
Oswald de Kerchove,
Gand, l octobre 1874.
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— 313 —
POMME BELLE DE LIPPE.
A plusieurs reprises, dans les séances du Cercle d'arboricul-
ture de Belgique et dans nos Bulletins, il a été question de la
jolie pomme à laquelle nous consacrons la planche ci-jointe
exécutée par notre artiste d'une façon si brillante. Quelques
exemplaires de ce beau fruit firent partie du lot que le Cercle
envoya naguère à l'Exposition de Bordeaux. Nous en présen-
tâmes des échantillons à l'assemblée générale tenue le 11 dé-
cembre 1870 au Casino de Gand.
Déjà en 1867 mon père le D'' Rodigas en fit l'objet d'une
communication insérée dans le Bulletin de 1867, page 65,
L'article du Vice-président de notre Cercle était accompagné
d'une figure représentant la coupe d'un fruit de grandeur
moyenne.
Cette variété était signalée aux arboriculteurs pour sa ferti-
lité et la longue conservation du fruit.
La pomme Belle de Lippe est cultivée dans les jardins et dans
plusieurs vergers de Saint Trond et des environs de cette ville,
qui est un des centres les plus importants du commerce des
fruits en Belgique. D'après l'article précité, cette variété a dû
être importée à Saint Trond il y a un demi-siècle avec plusieurs
autres, aujourd'hui répandues dans cette localité. A cette
époque, M. Vanden Berck, alors juge de paix à Saint Trond,
fit venir de Normandie une pacotille de greffes, et parmi celles-ci
se trouvait la variété qui nous occupe. Si telle est réellement
l'origine de ce fruit, nous pouvons affirmer aujourd'hui qu'il
n'existe plus en Normandie aucune variété de ce nom. Un de
nos anciens élèves, M. Jules Bleuset, aujourd'hui jardinier en
chef au Jardin zoologique et botanique à La Haye (Pays-Bas),
a séjourné plusieurs années en Normandie et, à notre demande,
il a bien voulu se livrer aux plus actives recherches.
Dans les pépinières de MM. Jouvin et Oudin ce fruit est
totalement inconnu; il en est de même dans celles de M. Leroy.
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Nulle part dans les catalogues ce fruit n'est mentionné.
En outre, il résulte d'une lettre émanant de Thonorable prési-
dent de la Société d'Horticulture et de Botanique du centre de
la Normandie, lettre datée de Lisieux, le 29 mars 1874, que la
question d'origine de la pomme Belle de Lippe a été soumise
aux membres de la Société réunis en assemblée générale le
11 janvier dernier. Ceux-ci, dit M. Loutreuil, ne connaissent
nullement la pomme Belle de Lippe.
Ce fruit n'est cité dans aucun ouvrage pomologique
que nous ayons pu consulter, ni dans De la Quintinie(l), ni
dans Knoop(2), ni dans le Nederlandschen Boomgaard&.ui
dans André Leroy (4), ni dans Léon Ferray(5).
L'honorable président dit encore qu'il s'est adressé à plusieurs
personnes très compétentes et s'occupant beaucoup de pomo-
logie, pour réunir quelques documents pouvant nous être utiles ;
mais il n'a obtenu aucun résultat.
Nous devons donc nous borner à rapporter la dénomination
qui est donnée dans le Limbourg à notre variété et attendre qu'il
surgisse d'autre part une synonymie ayant droit de priorité, si
toutefois elle est connue sous un autre nom. Cette réserve
faite, nous n'hésitons pas à recommander instamment la Belle
de Lippe à tous ceux qui ont un jardin ou un verger, tellement
ce fruit se distingue par de précieuses qualités.
L'arbre est d'une fertilité constante et régulière. Dans aucun
cas nous ne l'avons vu ni très grand, ni très vigoureux.
La couronne prend un développement moyen.
Les branches sont pendantes et nullement dressées, ce qui est
peut-être un défaut pour les vergers destinés en même temps
à servir de pâturages ; mais ce défaut est largement racheté par
(1) Instrîtctions pour les Jardins fruitier et potager,
(2) Beschrijving en afbeeldingen van de bestesoorten van Appelen en
Peeren.
(3) Publié par la Société de Boskoop.
(4) Dictionnaire de pomologie,
(5) Histoire du Pommier et du Cidre,
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— 315 ^
la grande fécondité de Tarbre. Cette année les pommes sont
abondantes à Saint Trond, aucun arbre pourtant n'a été
chargé de fruits comme la Belle de Lippe et les arbres de cette
variété offraient le plus ravissant coup d'œil.
Les rameaux sont gros, assez courts et bien garnis; les
lenticelles sont brun grisâtre.
Les feuilles généralement disposées en bouquet sont acumi-
nées, très légèrement dentées, elliptiques, vert foncé à la face
supérieure, vert blanchâtre au dessous.
Le fruit est de grosseur moyenne, parfois petit à cause de
la grande fertilité de Tarbre. Sa forme est très régulière,
arrondie, souvent aplatie et presque toujours moins haute que
large. Les fruits sont disposés en chapelet et généralement
géminés.
Le pédoncule est court, ligneux, brunâtre, implanté dans
une cavité profonde.
Le calice est presque superficiel, fermé, à divisions grisâtres.
luB. chair est blanche, parcourue de quelques veines jaunâtres,
un peu croquante au commencement de la maturité, plus tard
quelque peu fondante et jamais farineuse. Sa saveur est
franche et agréablement acidulée et demeure fort longtemps.
La peau est fine, lisse et très luisante. La couleur est dans le
principe vert pâle pour toutes les parties ombragées et rouge vif
sur toutes les faces exposées au soleil. Lors de la maturité, le
vert passe au plus beau jaune et le rouge prend des teintes telle-
ment prononcées que la pomme mérite réellement la qualification
de belle qu'on lui a donnée. Tout l'épiderme est parsemé de
petits points légèrement blanchâtres.
La maturité commence en novembre et les fruits se conser-
vent sans aucune peine d'une année à l'autre, pourvu qu'on ait
soin de ne pas choisir les plus gros.
A Saint Trond les marchands estiment beaucoup la Belle de
Lippe et la rangent au niveau des meilleures pommes de Court
pendu. Ém, Rodigas.
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316 —
CHRONIQUE maraîchère.
La culture maraîchère a passé un rude été, aussi les
jardiniers qui se sont bornés à se lamenter et à pleurer
les yeux de la tête, n'ont récolté que des laitues, des épinards,
du cerfeuil, des endives, etc., montés en graines, des choux
tuberculeux ou rongés de pucerons, des haricots ayant à
peine des feuilles, boudant leurs rames qu'ils refusaient
d'embrasser.
La nécessité est une bonne école, et les expériences tentées
pendant la sécheresse qui a régné auront fait faire un grand
pas à la plantation en sillons pour tous les choux, et au paillage
du sol; le préjugé contre les arrosements dans le potager
en sera de même fort ébranlé. Pourvu que ces belles leçons
ne subissent pas le sort que semble leur réserver le vieux
dicton : t rien ne s'oublie plus vite que le temps qu'il a fait. »
L'Arroche verte à larges feuilles a montré ses mérites au
plus haut degré en fournissant tout l'été, jusqu'à cette heure,
des feuilles abondantes, succulentes et tendres, pour remplacer
les épinards absents. Parmi les laitues, les variétés dites
croquantes ou Z. Batavia et en première ligne la belle et
grosse laitue Bossin, ont bien résisté à la sécheresse. Certes,
cette catégorie ne vaut pas les laitues grasses pommées
ordinaires, mais à défaut de grives on mange des merles,
et ces laitues n'en restent pas moins un produit précieux pour
le potager de la ferme. La saison sèche a fait mieux apprécier
les variétés rustiques. Le siège de Paris a fait connaître
quantité de plantes sauvages qui ne sont pas à dédaigner et
qui, en s'araéliorant dans nos cultures, créent des ressources
nouvelles. D'ailleurs, ne foulons-nous pas aux pieds un grand
nombre de types de nos meilleures plantes potagères : pissenlit,
chicorée et carotte sauvages ?
A propos de cette dernière plante, on a ri plaisamment de
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la théorie de Vilmorin sur ramélioration des plantes par le semis
successif et de la création des variétés par M. Carrière au moyen
des semis successifs du Radis. Nous avons repris ces expériences
et sans rien décider sur cette importante question, nous devons
déclarer que notre premier semis de graines de carottes
récoltées à Fétat sauvage nous a donné des racines blanches
et jaunes passablement charnues et d'une grosseur de la carotte
hâtive de Hollande. Nous poursuivrons nos expériences et nous
tiendrons nos lecteurs au courant des résultats.
Dans notre dernière chronique, nous avons fait appel
aux organisateurs d'expositions, en faveur de la culture
maraîchère.
Cet appel a été entendu et il nous a été donné d'avoir à
juger dans les expositions beaucoup de très intéressants lots
de plantes potagères. A l'Exposition organisée par le Comice
agricole de Saffelare, tenue à Loochristy, où nous avions
à décerner une médaille d'or au plus bel apport de légumes,
le jury s'est trouvé fort embarrassé pour décerner la récom-
pense, tellement les concurrents avaient réussi à réunir tout
ce que le jardin potager produit de bon et de beau. La médaille
d'or est échue à un courageux jardinier, excellent maraîcher
et arboriculteur diplômé, M. Pierre De Schoenmaker, de
Zeveneecken.
L'Exposition tenue à Lodelinsart était riche également en
produits potagers.
Pour l'avenir, nous demanderons à ces mêmes hommes
dévoués qui s'intéressent à toutes les branches de la culture,
de vouloir décerner des récompenses à des collections déter-
minées et dont les graines seraient distribuées en petite
quantité dans les sociétés et les comices. Nous donnerons un
exen^ple :
Prix au plus bel apport de plantes potagères composé des
variétés dont les graines ont été distribuées par les soins des
comices, savoir :
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318 —
Arroche verte à larges feuilles.
Betterave à salade rouge plate
d'Egypte.
Cardon d'Espagne inerme.
Carotte rouge demi longue
nantaise.
Céleri rouge à côtes pleines.
» blanc à côtes pleines.
> rave d'Erfurt.
Chicorée sauvage améliorée.
> endive toujours blanche.
» scarole à cœur plein.
Choux de Milan hâtif d'Ulm.
> » gros des Vertus,
i > de Norwége.
Chou cabus pointu de Winnig-
stadt.
» » hâtif d'York.
• • Bacalan.
» gros plat de Brunswick .
» rave blanc hatif.
Choufleur hâtif d'Erfurt.
Clajtone de Cuba.
Concombre long vert.
Haricot nain flageolet à feuilles
Laitue pommée Bossin.
» romaine blonde maraîchère .
Navet blanc plat à feuille
entière, etc. etc.
Il faut bien le reconnaître, ce serait là un puissant moyen
d'introduire dans les cultures les variétés peu connues et
pourtant bien méritantes.
Ft. Burvenich,
NOTES DE VOYAGE.
(Suite, voir page 237.)
Le but principal de notre excursion est donc atteint : nous
sommes à Vienne et brûlons du désir de voir de près l'Exposi-
tion universelle, le Congrès horticole, les plantations de la ville
et des environs.
Nous ne dirons rien de l'Exposition universelle, l'espace et
les connaissances spéciales nous feraient défaut; d'ailleurs, tous
les journaux ont fait ressortir dans le temps ce que cette
incomparable exhibition a eu de grandiose et d'instructif. Quant
aux expositions temporaires et spéciales de plantes, qui eurent
lieu dans le même local, nous avons assisté à celle du mois
Digiti
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- 319 —
d'août et donné un court aperçu dans ce Bulletin, année 1873,
page 338. Nous pouvons donc quitter ce terrain et jeter un
coup d'œil sur le voisinage.
Vienne est une ville unique en son genre ; abstraction faite de
son étendue et de sa nombreuse population, elle n'a rien de
commun ni avec la fumeuse et noire capitale de TAngleterre, ni
avec le luxueux et coquet Paris. Laissant de côté la vieille
ville, tout témoigne à Vienne d'un goût exquis, d'un grand
esprit d'entreprise, d'une architecture et d'une distribution
territoriale parvenues aux dernières limites d'une excellente
harmonie. L'étranger doit être frappé de ne rencontrer dans la
nouvelle ville que des constructions majestueuses, grandioses,
ou plutôt des palais très élevés et tous conçus dans un style
très orné et le plus souvent très original ; il doit remarquer
également la largeur extraordinaire des rues, le mouvement
qui y règne, la politesse et l'obligeance des Viennois et leur
tendance, même dans la classe inférieure du peuple, à se montrer
gens bien élevés.
Ce qui nous frappe en particulier, c'est l'extrême étendue
donnée, jusqu'au cœur de la ville et par conséquent sur un
terrain fort cher, aux jardins publics et aux promenades. Disons
quelques mots de ces plantations.
Un des boulevards conduisant à un de ces jardins n'a pas
moins de cinquante mètres de largeur et il est divisé comme suit :
B
o
o
o o
o
E
o o
o
B
Fig. 39. — Un boulevard à Vienne.
AA Maisons ;
BB Trottoirs ayant chacun 6 mètres de large, pour piétons ;
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— 320 —
ce Chemins pavés ayant chacun 6 i/i mètres de large, pour
voitures ;
DD Chemins de terre de 9 mètres chacun, pour cavaliers ;
E Macadam de 16 mètres de large, pour voitures quel-
conques, tramways, etc.
La quadruple rangée d'arbres DD se compose de Platanus
occidentalis et AilatUhtis glandulosa ; ailleurs ce sont des Âescu-
lus hippocastanum et des RoUnia pseudo-acacia. Ces arbres n'y
sont pas soignés avec autant de luxe qu'à Paris ; néanmoins ils
viennent très bien, sans doute parce que le sol est meilleur.
Notons ensuite que tous les jardins de la ville, bien que
entourés de clôtures, sont ouverts et publics pour tout le monde
et quils ont tous de magnifiques buffets et restaurants. Le
grand nombre et l'étendue de ces jardins proviennent de ce que
l'administration communale, ayant à sa disposition des centaines
d'hectares à la fois, eut l'heureuse idée d'établir sur différents
points de somptueuses plantations, "afin de donner une plus value
aux terrains intermédiaires. Parmi ces plantations, la palme
appartient sans contredit au Stadtpark, Il compte environ
150 hectares d'étendue et il est digne du renom dont jouit depuis
longtemps l'architecte paysagiste, M. Siebeck. Presque tous les
arbres et arbustes connus ont leur place dans ce parc; la végé-
tation en est superbe et tout y est d'une extrême propreté. Dans
le groupement on a banni le sauvage, le naturel proprement dit,
mais en même temps on a su éviter la trop grande coquetterie
qui ne caractérise que trop souvent les créations nouvelles. Dans
les environs immédiats des restaurants seulement où, soit dit
en passant, des centaines et parfois des milliers de personnes
prennent leurs repas, dès 7 heures du matin et toute la journée,
où elles lisent les journaux ou fument le cigare, on a étalé une
telle richesse de parterres floraux que jamais nulle part nous ne
les avons vus aussi brillants.
La disposition des chemins est bien celle d'un véritable
jardin public ; ils sont nombreux , larges et parfois sans har-
monie ; à certains endroits aussi, les groupes en sont trop rap-
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— 321 —
proches et il est temps qu'on en éclaircisse le bois superflu. Nous
sommes assuré que ce point ne sera pas négligé, et nous rendons
un légitime hommage aux jardins publics de Vienne et surtout au
peuple viennois qui respecte plus que n'importe quel autre, les
travaux exécutés plus spécialement dans son propre intérêt. En
effet, il existe des jardins publics jusque dans les quartiers les
plus populeux ; les enfants s j livrent à leurs jeux, mais ils se
gardent bien d'j commettre le moindre dégât.
Nous visitons naturellement le Jardin botanique. M. le
D** Fenzl était absent, mais nous y trouvons notre confrère
M. Benseler. Quel riche jardin il a à soigner ! Il comprend
plus de seize mille plantes de toute espèce, depuis Tarbre
forestier le plus élevé jusqua la plus modeste plante alpine.
Nous remarquons ici une très belle collection de ces dernières
plantes et parmi elles nous voyons en fleurs le rare Gnapha-
lium leontopodium (Edelweiss). Comme autre particularité nous
notons parmi les arbres un Ginkgo Uloha portant des fleurs
mâles et des fleurs femelles, ainsi que des fruits. La plupart des
serres sont vieilles et caduques, mais elles renferment de magni-
fiques spécimens de Palmiers, de Fougères, etc., et surtout une
très riche collection de plantes oflScinales exotiques. Tout y est
complet et exactement étiqueté; les familles sont disposées par
groupes et la promenade est très étendue. Malheureusement
lors de notre visite, le jardin avait cruellement souffert de la
sécheresse.
Nous y visitons aussi le musé© botanique, la bibliothèque et
Therbier; nous ne pensons pas qu'il existe quelque part des
collections plus riches en ce genre.
L'espace ne nous permet pas de parler des autres jardins
publics également beaux ; cela nous conduirait d'ailleurs à des
redites. Quittons donc l'intérieur de la ville et passons aux
environs.
Schônbrunn, la splendide et célèbre résidence impériale, se
trouve dans le voisinage immédiat de Vienne ; c'est là que nous
nous rendons en premier lieu. Nous y demeurons une journée
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— 322 —
entière ; mais une semaine ne suflSrait pas. Nous ne visitons
pas le magnifique château : les jardins nous intéressent plus
que toutes, les autres merveilles. C'est ici que feu le Dr Schott
acquit sa légitime réputation comme directeur, comme bota-
niste et comme jardinier. Nous voyons devant le château cette
immense pelouse, modestement mais suflBsamment ornée de
très grands parterres dont la composition est d'une excessive
simplicité ; puis au loin, à Thorizon, ce gigantesque bassin
maçonné avec la statue colossale de Neptune qui le domine, et
plus loin encore, sur une colline assez élevée, ce joli temple
avec sa tour, du haut de laquelle la ville de Vienne et ses envi-
rons semblent se trouver à vos pieds.
Le jardin est créé dans le style français, c'est à dire régu-
lier ; on y voit en grande partie des chemins larges et droits,
avec des allées aux arbres séculaires et des haies vives bien
entretenues, élevées, tondues, comme le sont d'ailleurs toutes les
créations de cette nature. Ce qui cependant saute aux yeux ici,
c'est cette masse de statues de marbre appartenant toutes aux
meilleurs maîtres, italiens et autres.
A cette résidence appartiennent et touchent : 1° un jardin
botanique de premier ordre, 2** un jardin zoologique devant
lequel beaucoup d'autres seraient bien pâles, et 3** un parc de
chasse ou bois naturel de plusieurs milles d'étendue. Tout cela
est journellement accessible au public, même lorsque la famille
impériale réside au château ; tout y est richement entretenu
et d'une façon irréprochable, et, nous le constatons avec plaisir,
tout y est parfaitement respecté par les milliers de visiteurs
qui y circulent.
De retour à Vienne et dès le lendemain nous nous empres-
sons d'assister aux séances du Congrès d'horticulture, auquel
nous devons prendre part en qualité de délégué de notre Cercle.
Ce Congrès fut convoqué par la Société impériale et royale
d'Horticulture de Vienne, à la tête de laquelle se trouvent
comme président, l'honorable baron Cari Gundacar von
Suttner, et comme vice-présidents : le savant prof. Dr Edouard
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— 323 —
Fenzl et M. le baron de Geringer. Ils s'étalent adjoint pour la
Commission du Congrès MM. Fr. Gérold, membre du Conseil
municipal, Daniel Hooibrenck et A. C. Rosenthal, horticulteurs,
et quelques autres personnes, y compris l'infatigable secrétaire
M. Jos. Bermann, dont nous eûmes la satisfaction de faire la
connaissance personnelle.
Avec des hommes aussi méritants, Tentreprise devait réussir
et il en a été ainsi. Il nous est impossible d'entrer dans des
détails sur les diverses questions discutées au Congrès ; nous
dirons seulement que ces questions avaient pour la plupart,
suivant nous, une très haute importance pour l'horticulture.
{Sera contintf^.) H, J, Van Eulle.
LES VERGERS EN MINIATURE.
11 ne s'agit pas d'un article de Nuremberg, tant s'en faut ;
c'est une question sérieuse que nous entendons traiter ici et
qui intéresse tous ceux qui ont à créer des jardins de modestes
dimensions.
Les lecteurs des Bulletins savent que nous ne craignons pas
de nous occuper des petites choses, précisément parce que
nous croyons qu'en matière de culture il n'y en a pas.
Il est assez dans le naturel des hommes de vouloir sur un
petit terrain tout ce qu'on rencontre dans les grands parcs.
C'est pour cela qu'un philosophe a dit que tous nous sommes
de grands enfants. En effet, dans les petits jardins, comme dans
les grands, on veut la pièce d'eau, le rocher, la grotte, un pont,
fût-il sans eau, des montagnes, une glacière ; on ne dédaignerait
bien souvent pas un petit volcan, si ce n'était trop exiger du
talent de l'architecte.
Ce qu'on veut presque toujours, c'est un verger ou au moins
des arbres fruitiers à haute tige, dispersés dans les massifs et
isolés sur les pelouses, sous prétexte de joindre l'utile à
l'agréable. On n'a certainement pas tort de viser à ce résultat.
Digiti
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— 324 —
mais on s'j prend mal pour Tatteindre en plantant des arbres
fruitiers de haute futaie.
Les arbres greffés sur sujets de croissance contenue offrent
une ressource qu'on ne met pas assez à profit. Le Poirier greffé
rez terre sur coignassier de Portugal et conduit à tige de
O^SO a 1"60 de hauteur, forme de petits arbres très fertiles
et pas encombrants du tout. On peut les planter en lignes à
la distance de 2™ à 2^50, en faire de cette manière de petits
vergers et en border de petites allées droites ; on peut agir de
même avec le Pommier greffé sur doucin et le Cerisier greffé
sur Ste Lucie ou Mahaleb. Nous avons planté des poiriers demi-
tiges sur coignassier dans les massifs d'arbustes, nous en avons
formé de petits alignements et de petits vergers dans les
pelouses destinées au blanchissage du linge et aux débats des
enfants. La production ne s'est pas fait attendre et les couron-
nes ne dépassent pas l'envergure d'un laurier ordinaire.
Il est aisé de voir qu'on peut créer des vergers en miniature
et remplacer les arbres fruitiers de grande futaie par ces demi-
nains, partout où la place est restreinte.
Les variétés trop faibles de végétation pour former leurs
tiges peuvent être greffées en tête sur un sujet vigoureux
entregreffé.
Ft. Burvenich.
VARIETES.
Les arbres pleareors offrent à l'architecte de jardins de
grandes ressources s'il sait les utiliser à point et sans en faire
un usage immodéré. Ces sortes d'arbres sont assez nombreux
et variés. Le premier fascicule du Bulletin horticole, organe
de huit Sociétés agricoles et horticoles de l'Est de la Bel-
gique , auquel nous souhaitons bonne chance et longévité ,
renferme une liste raisonnée de quelques arbres pleureurs ; les
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— 325 —
amateurs de jardinage paysagiste ne les connaissent peut-être
pas tous : nous allons les passer en revue d'après le Bulletin
précité.
Le Bouleau UancpUureur, une des variétés les plus gracieuses,
obtenue par M. Bonamy.
Le Bouleau pleureur de Yowng, originaire du Hampshire
(Angleterre) et recommandé par The Florist and Pomologist
comme un arbre d'un type distinct et d'une incomparable
légèreté.
Le Chêne chevelu pleureur , aux feuilles luisantes, profondé-
ment découpées.
Le Chêne écarlate pleureur. Le type est originaire du Massa-
chusetts. Beau feuillage rouge en automne.
he Chêne Rouvre pleureur, gagné par M. Dauvesse, à Orléans.
Le Frêne pleureur avec deux belles sous- variétés, Tune à
feuilles panachées, l'autre à écorce jaune.
Nous tenons à indiquer ici Torigine du Frêne pleureur. Il
a été trouvé par hasard, au commencement de ce siècle, dans
le parc du Comte de Mérode, à Westerloo (Anvers).
Le Hêtre pleureur et sa splendide sous-variété à feuilles
pourpres. Notre Bulletin en a donné une gravure magnifique.
Le Noyer pleureur, originaire de Waterloo.
Le Saule pleureur y répandu partout. Un exemplaire du Jar-
din botanique de Gand fut planté par le célèbre von Siebold qui
le rapporta en rameau du tombeau de Napoléon à Ste Hélène.
Le Saule de Salomon caractérisé par sa robusticité autant que
par son extrême élégance.
Le Saule Marceau pleureur.
Le Sophora pleureur.
Le Tilleul argenté pleureur et sa gracieuse sous-variété à
feuillage panaché.
h" Orme champêtre pleureur à feuilles marginées.
VOrme montagnard pleureur à très larges feuilles et à bran-
ches bien retombantes, est un des plus beaux arbres pleureurs
que Ton puisse introduire dans Tomementation des parcs et
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— 326 —
des jardins paysagers. KOrme à branches horizontales paraît
n'être qu'une forme abâtardie du précédent.
Le Tarro on Ghon caraïbe. — Sous ce nom on connaît un
des légumes les plus économiques et les plus abondants dont se
nourrissent les peuplades habitant les îles de l'Océan Pacifique,
n ne peut donc s'agir de le recommander dans nos Flandres où
tout au moins les essais tentés jusqu'aujourd'hui n'ont pas
permis d'espérer le succès. On désigne sous le nom de Tarro
ou Chou caraïbe, VArum esculentum Lin., plante à l'aspect
noirâtre et fort peu séduisant au point de vue artistique.
M. Majne Reid, dans le Food journal du 2 septembre 1872,
décrit la culture de cette plante qui, on le verra sans peine, est
des plus faciles et des plus primitives. Il lui faut, hélas ! la
richesse du sol et la température si propice des îles baignées par
la mer du Sud ! On cultive, dit M. Majne Reid, ïArum esculen-
tum dans des fosses de 60 centimètres de profondeur, dont le
fond est semé de trous ; dans ces trous on place les racines de la
plante et on inonde la fosse. Quand l'évaporation s'est faite, la
récolte est prête. D'ordinaire on n'enlève de racines que ce dont
on a besoin pour la consommation de la journée ; le bout de la
plante est soigneusement repiqué dans le trou. Quand le pro-
priétaire est arrivé à la fin de sa première récolte, les rangées
de tarros enlevées les premières ont redonné des racines
nouvelles.
Le tarro est vénéneux jusqu'à ce qu'il soit bouilli ; on peut le
manger comme la pomme de terre ou l'écraser en farine et en
faire des gâteaux. C'est un aliment agréable et nourrissant.
0. Elipp.
Coloration artificielle des fleurs naturelles. — Quand on
expose des fleurs colorées naturellement en violet à la fumée
que dégage un cigare en brûlant, on voit ces fleurs changer de
couleur et prendre une teinte verte d'autant plus prononcée que
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— 327 —
leur propre coloris était plus vif auparavant. C'est ce qu'on voit
très bien, par exemple, s'opérer sur les fleurs du Thlaspi violet
ou Iberis umhellata et de la Julienne ou ffesperis matronalis. Ce
changement de couleur est dû à l'ammoniaque du tabac. Partant
de cette notion, le professeur italien L. Gabba a fait une série
d'expériences en vue de reconnaître les changements que l'am-
raoniaque détermine dans le coloris de différentes fleurs. Son
appareil est des plus simples : il consiste en une assiette dans
laquelle il verse une certaine quantité de la solution d'ammo-
niaque connue vulgairement sous le nom d'alcali volatil.
Il pose ensuite sur cette assiette un entonnoir renservé dans
le tube duquel il place les fleurs qu'il veut soumettre à l'expé-
rience. En opérant de cette manière, il a vu, sous l'action de
l'ammoniaque, les fleurs bleues, violettes et purpurines
devenir d'un beau vert ; les fleurs rouge-carmin intense
(Œillets) devenir noires; les blanches jaunir, etc. Les chan-
gements de couleur les plus singuliers lui ont été offerts
par les fleurs qui réunissent plusieurs teintes différentes et dont
les lignes rouges ont verdi, les blanches ont jauni, etc. Un
autre exemple remarquable est celui des Fuchsia à fleurs
blanches et rouges, qui, par l'action des vapeurs ammoniacales,
sont devenues jaunes, bleues et vertes.
Lorsque les fleurs ont subi ces changements de couleur, si on
les plonge dans de l'eau pure, elles conservent leur nouvelle
coloration pendant plusieurs heures ; après quoi elles retour-
nent peu à peu à leur coloris primitif. '
Journal de la Société centrale d'Hort, de France.
Congrès pomologpiqae de France. — Deux de nos confrères,
MM. Pjnaert et Burvenich, se sont rendus au Congrès pomo-
logique de France, se tenant à Angers. M. Pynaert a été l'un
des vice-présidents, M. Burvenich un des secrétaires du Congrès.
Sur leur passage, ils ont visité les jardins de Lille, quelques
cultures à Cambrai, les pépinières de MM. Baltet frères, à
Troyes; les jardins publics d'arboriculture de Paris, créés par
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— 328 —
M. Dubreuil; le jardin fruitier modèle et le potager moderne
de M. Gressent, à Sannois; les cultures d'asperges d'Argenleuil,
les pépinières d'Orléans et d'Angers.
Nous attendons avec intérêt le compte rendu détaillé de
l'excursion de nos confrères. Héd.
TRAVAUX A EXÉCUTER DANS LA CULTURE NATURELLE DES
PLANTES POTAGÈRES.
Octobre.
La grande préoccupation du jardinier maraîcher pendant
ce mois doit être raménageraent du quartier où il conservera
les produits d'hiver. Il fera à cet effet des tranchées où il
mettra en jauge, vers la fin du mois, non seulement les plantes
qui craignent la gelée, mais aussi celles dont il veut avoir sous
la main des provisions même en temps de gelée. On continue
à mettre en billons les terrains libres de culture. On effeuille
peu à peu les choux pommés destinés aux provisions d'hiver.
On achève la récolte des graines. On blanchit les endives et
les cardons. Il est temps aussi de recueillir les feuilles mortes
pour couvrir en hiver les plantes délicates. Vers la fin du
mois, on coupe les tiges des asperges si elles ont déjà jauni.
On prépare le terrain pour la plantation des choux pommés
rouges, d'Ulm et de Fumel qu'on peut planter avec avantage
avant Thiver en sillon, rempli à moitié de feuilles mortes. On
nettoie les planches de fraisiers et on y répand une couche
de fumier court ou terreau.
Le mois d'octobre se trouve, en ce qui concerne les travaux,
être le complément du mois de septembre ; on peut donc encore
sans rien perdre du résultat, faire tous les travaux indiqués
pour le mois précédent, à Texception des semis, qui, faits à cette
époque, ne se développeront bien qu'à la condition que l'hiver
ne soit pas précoce. Fr, Burvenich.
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— 32Ô —
CERCLE D'ARBORICULTURE DE BELGIQUE.
ADMISSIONS
Prononcées en septembre et octobre.
3"»« SÉRIE. — Membres protecùeurs.
MM.
Bastin (J. B.), maître de verreries, Lodelinsart; présenté par
M. Fr. Burvenich.
Bécu (Louis), jardinier chez M. le chevalier de Knjff, Gontroeul
près Quévy; présenté par M. Ant. Baudet.
Camewal (Honoré), instituteur en chef, Moerbeke (Waes) ; pré-
senté par M. Oswald de Kerchove de Denterghem.
Collette, pépiniériste, Rouen ; présenté par MM. Burvenich et
Pynaert.
Danhieux (Philippe), négociant, Isque (Brabant); présenté par
M. Ant. Baudet.
Delattre (Louis), docteur en médecine, Houdeng-Aimeries ; pré-
senté par M. F. Monojer.
De Ridder (le chanoine), quai St Antoine, Gand ; présenté par
M. Ém. Rodigas.
De Smet-De Smet, propriétaire, rue Neuve St Jacques, Gand;
présenté par M. Ch. de Buck.
Lapeer (J.), brasseur, Lokeren ; présenté par M. Van Huile.
Le jardinier de M. Alp. Morel, maître de verreries, Lodelin-
sart ; présenté par M. Burvenich.
Leroj (Louis) , horticulteur-pépiniériste , Angers (Maine et
Loire) ; présenté par MM. Burvenich et Pynaert.
Luizet père et fils, horticulteurs-paysagistes, ÉcuUy près Lyon
(Rhône) ; présentés par MM. Burvenich et Pynaert.
Mariën (Emile), jardinier chez M. le baron de Vrière, Lophem
lez Bruges ; présenté par M. Alp. De Koker.
Maroy (Vict.), avocat, Audenarde ; présenté par M. C. Thienpont.
25
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— 330 —
Reverchon, trésorier de la Société pomologiqae de France, Lyon
(Rhône) ; présenté par MM. Borvenich et Pjnaert.
Rodberg, chef de culture au château de Ste Fontaine par Have-
lange ; présenté par M. Hordebise.
Rubbens, brasseur, Lokeren; présenté par M. Van Huile.
Saunier, pépiniériste, Rouen ; présenté par MM. Burvenich et
Pjnaert.
Trejve, horticulteur, Trévoux (Ain) ; présenté par MM. Burve-
nich et Pjnaert.
Vanden Houten, notaire, boulevard de Waterloo, Bruxelles;
présenté par MM. Broquet et Pjnaert.
Van Hooff (J. B.), propriétaire, Lokeren ; présenté par M. Van
HuUe.
Van Landeghem, notaire, Lokeren ; présenté par M. Van Holle.
Verbrugghe (Charles), jardinier, Gendbrugge; présenté par
M. Ém. Rodigas.
Verlot (J. B.) , directeur du Jardin des plantes, Grenoble
(Isère); présenté par MM. Burvenich et Pjnaert.
EXPOSITION DE FRUITS A GAHD.
La salle des concerts du Casino ajant été cette année affectée
à l'Exposition triennale des beaux-arts, il a faUu fixer la date
de TExposition de fruits du Cercle d'Arboriculture au 11 octobre
d'abord, puis la remettre encore de huit jours. La désignation
d'une époque aussi tardive pour une exposition fruitière pouvait
faire craindre que le succès atteint l'an dernier par le Cercle
d'Arboriculture n'eût pas été égalé en 1874. Et cependant,
malgré l'absence des fruits d'été déjà oubliés et d'un grand
nombre de fruits d'automne frappés d'une maturité précoce,
l'Exposition du 18 octobre , de l'aveu de tous les visiteurs, a
dépassé de beaucoup celle de 1873 ; elle a été réellement
brillante , non seulement par le nombre et la beauté des
apports, mais surtout par le cjhioix des variétés et, ce qui
en a constitué le principal caractère, par la présence d'une
quantité considérable de variétés nouvelles encore inédites.
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— 331 —
C'était la première fois que le Cercle d'Arboriculture de
Belgique conviait ses membres à des concours déterminés. Le
Comité avait ouvert 27 concours, et la plupart de ceux-ci
étaient dignement remplis, quelques-uns mêmes par de nom-
breux concurrents. Aussi la vaste salle du Casino était litté-
ralement comble et le Jury réuni la veille eut une rude
besogne à décerner toutes les palmes.
A l'entrée de la salle, on ne savait guère de quel côté
se diriger d'abord, tellement ces longues tables chargées de
fruits avaient l'air agréable et séduisant. Fallait-il commencer
par les poires de parade de M. Vanden Houten, d'Ath, ou par
les ravissantes pommes de M. Hage, de Courtrai, tous les deux
victorieux déjà dans d'autres expositions ? Fallait-il prendre à
gauche pour admirer le choix de poires exposées par MM. Hor-
debise efc Monville, les habiles chefs de culture du Val Benoît
(Liège), ou bien se dirigera droite pour s'arrêter longuement
auprès des fruits recommandés pour l'exportation par M. Capei-
nick, ou des variétés nouvelles étalées par ce vétéran des
expositions gantoises ?
On aurait dit que, à de rares exceptions près, les principaux
centres de l'arboriculture fruitière de Belgique avaient tenu à
honneur d'être représentés à cette Exposition. Courtrai surtout
avait apporté ses plus riches produits. En effet, après les pommes
de M. Hage, venaient les poires choisies de M. Léonard Pycke,
sans contredit une des collections les plus instructives du salon.
L'exposant s'était donné la peine d'accompagner la plupart des
fruits de son lot de notes très intéressantes sur l'origine, la
date d'introduction et les qualités de la variété.
Plus loin, sur la même table, était étalé le contingent aussi
brillant que nombreux, exposé par M. Verhille, instituteur, à
Neuve Église (FI. occ). Cet arboriculteur qui avait, dans une
lutte récente, à Liège, remporté la médaille d'or au concours
ouvert pour les instituteurs, obtint ici encore le premier prix
sur ses nombreux compétiteurs. Son apport était riche, varié et
bien dénommé.
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— 332 —
En face des collections de MM. Pjcke et Yerhille, sur la
table voisine, on remarquait les snperbes contingents de poires
exposées par M. Panier, d'Ath, à qui ses saccès de Tan dernier
joints à ses longs et loyaux services valurent, comme à M. Hor-
debise, une récompense nationale.
Puis venait une très riche collection faisant honneur à
M. Vande Poêle, de Schelderode.
Au delà de la rotonde, le visiteur se trouvait en présence de
plusieurs lots des plus méritants : à droite, la riche collection de
M. Biebuyck, de Courtrai, véritable collection d'amateur et de
parfait connaisseur. A gauche, un lot de cinquante variétés de
poires toutes d'élite, variétés de table et variétés de parade,
provenant des cultures de M. . le comte de Kerchove de Denter-
ghem, bourgmestre deGand. Nous aimons à signaler ici une inno-
vation que nous considérons comme très heureuse et dont M. le
Bourgmestre de Gand a donné l'exemple. Beaucoup d'exposants
se contentent de numéroter leurs fruits et d'y ajouter une liste
avec les noms correspondants, liste que les visiteurs ne peuvent
guère consulter. M. le comte de Kerchove avait fait beaucoup
mieux ; non seulement tous ses fruits étaient soigneusement
étiquetés, mais encore des listes imprimées étaient placées
à côté d'eux et mis gracieusement à la disposition du public.
A ce lot confinait la remarquable collection de M. de Ghellinck
de Walle. Comme M. le Bourgmestre de Gand, l'honorable
Président de notre Cercle tient à honneur de patroner le culte
de Pomone autant que celui de Flore. Si les apports de l'un comme
de l'autre ont remporté chacun un premier prix, ce n'a pas été
cependant sans une lutte des plus vives et nous pouvons dire,
sans trop d'indiscrétion, que le Jury a employé plus d'une heure
à adjuger les prix du premier concours. C'est qu'en effet la col-
lection amenée par M. Victor Biebuyck était digne de l'exposant
et ce n'est pas peu dire. Aussi ce contingent a servi de point de
mire et de comparaison aux vrais connaisseurs. Plusieurs fruits
de ce lot auront même , paraît-il , la bonne fortune d'être
utilisés pour la composition de planches d'une publication hor-
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— 333 —
ticole, honneur auquel notre exposant ne devait pas s'attendre.
A côté des fruits de M. Biebuyck trônait, on peut le dire, une
superbe collection de poires et de pommes, réunies par les soins
d'une jeune et active phalange, la Société d'Arboriculture de
Steenhuyze-Wjnhuyze. Le Jury a décerné à ce contingent un
prix spécial, et c'était justice. Les variétés de ce lot, les pommes
surtout, attiraient une attention méritée ; il comptait, en outre,
bon nombre d'intéressantes variétés locales.
De l'autre côté, à la suite des collections de M. de Ghellinck
de Walle, on remarquait un lot nombreux et varié compre-
nant de belles pommes locales et faisant honneur à M. Schietse,
instituteur, à Middelbourg. Sur la même table, se distinguait
un riche assortiment de variétés locales exposé par M. L. Bod-
daert, de Dejnze, qui a dignement soutenu le renom qu'il s'est
acquis en pomologie.
Revenant sur nos pas, nous rencontrons, à côté des fruits de
Liège, parmi lesquels une belle corbeille de Beurré â^Harden'pont^
cueillis d'un arbre greffé sur épine par M. H. Monville, la col-
lection de cinquante variétés anciennes de poires exposées par
M. Abbeloos, de Gand, ainsi que les fruits nouveaux ou peu
connus appartenant au même amateur.
Les collections de deux instituteurs venaient ensuite. La
première, à M. D'Hondt, de Lembeke, se composait de
fruits fort bien venus et parfaitement choisis ; la seconde
nous venait des bords de la Meuse et était envoyée par
M. Marcin, de Sclayn, le même qui, il y a quatre ans, obtint
les premiers prix dans le concours de jardins institué par la
Province de Namur. Ce dernier lot avait le tort de ne compter
qu'un seul fruit par variété. Le contingent de M. Scheirlinck,
instituteur, à Ophasselt, était mieux fourni et plus complet.
Dans la rotonde même, Courtrai était de nouveau en lice :
il y avait là deux collections de poires se composant seulement
de vingt-cinq variétés, mais toutes variétés exquises, dans
lesquelles on pouvait choisir les yeux fermés avec la certitude
d'avoir du très bon. Le lot de M. D'Haene était réellement
irréprochable.
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— 334 —
Le souvenir des beaux raisins de l'année précédente nous
a fait regretter l'absence des principaux concurrents d'alors ;
MM. DugnioUe, de Ghellinck de Walle et Herman. Les
apports actuels ne rachetaient pas le défaut du nombre par la
qualité. Un seul assortiment était réellement remarquable et
faisait honneur à M. F. D'Hooghe, jardinier chez M. de
Béthune, à Alost.
A côté de ces raisins, se trouvait une jolie collection de poires
et de pommes que M. le D' De Muelenaere, d'Ardoye, avait
exposée hors de concours et qui aurait pu fort bien prendre
part à la lutte.
Une large place était occupée ensuite par les apports nom-
breux et variés d'un zélé promoteur de la pomologie belge,
M. de Biseau d'Hauteville, le père de la Joséphine de Binche
et dont le nom est favorablement connu de tous ceux qui
s'occupent d'arboriculture fruitière. Ses divers lots de fruits
nouveaux ou peu connus ont vivement excité l'attention des
connaisseurs, autant que ses semis de poires et de pommes
que le Jury a dû renvoyer, avec les autres apports de cette
catégorie, à l'appréciation d*une commission spéciale. Un des
semis primait plus particulièrement par son volume et son
riche coloris. Pour plusieurs visiteurs ce fruit aura eu, comme
pour nous, un charme de plus : il portait en effet le nom de
l'heureux semeur belge M. Xavier Grégoire, et M. de Biseau
a le droit de se glorifier d'avoir payé de la sorte, au nom de la
Pomologie belge tout entière, une dette sacrée et déjà trop
ancienne !
Le public non initié passait indifférent auprès d'une assez
grande quantité de petits lots qui faisaient les délices des
connaisseurs : c'étaient des semis envoyés par MM. Biebuyck,
Verhille, le comte L. de Beauffort, la direction de l'hospice
de Grammont, M. Capeinick, M. Van Liefferinghe et d'autres
exposants.
N'oublions pas de signaler une collection de variétés de poires
du Tournaisis très remarquables envoyée par M. Delrue-
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— 335 —
Schrevens. Mentionnons également les collections de poires et
de pommes de M. Van Liefferinghe, les variétés locales expo-
sées par MM. Delaey d'Hooglede, Van Ruyskensvelde d'Ophas-
selt, et Hermans d'Hérenthals.
Plusieurs objets étaient exposés hors de concours. Nous
aimons à citer un plan de serre à vignes très bien combiné par
M. Buss, ainsi qu'un bocal de gelée de Kasjoe, envoyé par
M. Bicaise, résidant à Sierra-Leone (Afrique), et auquel le Jury,
après dégustation, s'est empressé de décerner une médaille
d'argent.
En somme l'Exposition de fruits de 1874 a été la plus belle
que nous ayons eue à Gand jusqu'à ce jour; elle a pu être carac-
térisée par la présence de nombreuses nouveautés, et Tune de
ses gloires sera d'avoir encouragé les instituteurs dans leurs
efforts en vue des progrès de l'arboriculture : c'est d'un heureux
présage pour l'avenir. Ém. Rodigas*
Procès verbal des opérations du Jury.
Le Jury est composé comme suit :
Président : M. le Colonel Grégoire, pomologue, à St Nicolas.
Secrétaire : M. Éd. Vandenberghe, propriétaire, à Courtrai.
Membres ; M. L. Jadoul, directeur des plantations de la ville
de Lille;
Ch. De Vis, directeur du Jardin botanique de
Malines;
Amb. Verschaffelt, vice-président de la Société
royale d'Agriculture et de Botanique de Gand.
PREMIÈRE SECTION. — Fruits anciens.
POIRES.
1 . — A la collection de variétés anciennes la plus nombreuse
et la plus méritante à tous les titres.
1*' Prix, Médaille de vermeil, M.Edm. de Ghellinck de Walle,
président du Cercle d'Arboriculture de Belgique,
à Gand.
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2* Pria. Médaille de vermeil, M. Vict. Biebajck, de Courtrai.
3* • Médaille d'arçent, M. Léonard Pycke,. de Courtrai.
4« • • I M. Jos. Panier, d'Ath.
5* • Médaille de bronze, M. Yande Poêle, de Schelderode.
6* I I M. Van Liefferinghe, d'Overboe-
laere.
2. — A la collection de cinquante variétés anciennes les plus
méritantes.
l«f Prùx;. Médaille de vermeil, M. le comte de Kercbove de
Denterghem, bourgmestre de Gand.
2® • Médaille d'argent, M. J. N. Hordebise, de Liège.
3® • Médaille de bronze, M. Abbeloos, de Oand.
3. — A la collection de vingt-cinq variétés méritantes.
1er Prix. Médaille d'argent, M. D'Haene, de Courtrai.
2« • » » M. Croquisson, de Co urtrai.
4. — A la collection de douze variétés méritantes.
Mention très honorable, M. Monville, de Liège.
POMMES.
5. — A la plus belle collection de pommes anciennes la plus
nombreuse et la plus méritante à tous les titres.
1" Prix. Mé laille de vermeil, M. de Ghellinck de Walle.
2« » » d'argent, M. Vict. Hage, de Courtrai.
6. — A la collection de cinquante variétés anciennes les plus
méritantes.
Prix non décernés.
7. — A la collection de vingt-cinq variétés méritantes.
1«' Prix. Médaille d'argent, M. Jos. Panier.
2*» • • de bronze, M. Vande Poêle.
8. — A la collection de douze variétés méritantes.
1*' Prix. Non décerné.
2* • Médaille de bronze, M. Van Liefferinghe.
Prix spécial. Médaille de vermeil, la Société d'Arboriculture
de Steenhuyze-Wynhuyze, pour sa nombreuse
collection de poires et de pommes.
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DEUXIÈME SECTION. — Fruits nouveaux ou peu cornus.
POIRBS.
9. — A la collection la plas nombreuse de variétés de poires
nouvelles ou peu connues.
1er Prix, Médaille d'argent, M. Delrue-Schrevens, de Tournai.
10. — A la collection de douze variétés de poires.
1er Prix. Médaille d'argent, M. de Biseau d'Hauteville, de
Binche.
2^ t • de bronze, idem.
11. — A la collection de six variétés de poires.
1er Prix. Médaille d'argent, M. de Biseau d'Hauteville.
Meniion honorable, M. Kort, de Crujshautem.
12. — A la variété la plus méritante, nouvelle ou peu connue.
1er Prix. Médaille de bronze, M. Hordebise.
POMMES.
13. — A la collection la plus nombreuse de variétés de pommes
nouvelles ou peu connues.
1er Prix, Médaille d'argent, M. Capeinick, de Oand.
14. — A la collection de douze variétés.
1er Prix. Médaille de bronze, M. Abbeloos.
15. — A la collection de six variétés.
Prix non décernés.
16. — A la variété la plus méritante, nouvelle ou peu connue.
1" Pria. Médaille d'argent, M. Rodigas, de Oand.
TROISIÈME SECTION. — FruUs de Verger.
17. — A la plus belle collection de variétés de poires et de
pommes propres à la grande culture et à l'exportation.
1er Prix. Médaille d'argent, M. Capeinick, de Gand.
QUATRIÈME SECTION. — Fruits locaux.
POMMES ET POIRES.
18. — A la collection la plus nombreuse de variétés locales.
1er Prix. Médaille d'argent, M. L. Boddaert, de Deynze.
2® t • • M. Désiré Délaye, de Hooglede.
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3^ Pria. Médaille de bronze, M. Van Ruyskensvelde, d'Op-
hasselt.
4* I • • M. De Béer van Durme, de Leeu wergem ;
19. — A la collection de douze variétés locales.
Prix non décernés.
20. — A la collection de six variétés.
1« Prix. Médaille de bronze, M. Hermans, d'Hérenthals.
CINQUIÈME SECTION. — Fruits de semis, variétés inédites.
POIRES, POMMES, RAISINS, ETC.
21. — Au plus bel apport de fruits inédits.
Les divers apports n'ayant pu être jugés séance tenante, ils
sont renvoyés à la Commission du Cercle d* Arboriculture.
22. — Au lot de six fruits.
Le Jury, vu Timportance des lots exposés, a renvoyé ces fruits
à la Commission.
23. — A la variété inédite la plus méritante.
Même observation.
SIXIÈME SECTION. — Fruits divers.
24. — A la collection la plus belle et la plus variée de fruits
autres que poires et pommes.
Prix non décernés.
25. — A la plus belle collection de six variétés de raisins de
plein air.
1«' Pn^r. Médaille de vermeil, M. D'Hooghe, jardinier chef
du baron de Béthune, d'Alost.
2" Prix. Médaille de vermeil, M. Kort, de Cruyshautem.
26. — A la plus belle collection de six variétés de raisins de
serre.
Prix. Médaille de bronze, M. Eug. Pynaert, de Mont S* Amand.
27. — A la plus belle collection de fruits récoltés dans un jar-
din d'instituteur ou dans une cour d'école.
1er Prix. Médaille de vermeil, M. Verhille, de Neuve Église.
2« • f d'argent, M. p'Hondt, de Lembeke.
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— 339 —
3« Prix. Médaille d'argent, M. Seheirlinck, d'Ophasselt.
4* 1 1 id. M. Schietse, de Middelbourg.
5® » • bronze, M. Marcin, de Sclayn.
Hors de oonoours.
Médaille de Ironze, M. Panier, pour ses poires d'apparat.
Médaille d'argent, M. De Muelenaere, d'Ardoye, pour sa
collection de poires et de pommes.
Mention honorable, M. Ad. Pieters, de Roucourt, pour ses
potirons.
Diplôme de mérite, M. Buss, pour son plan de serre à vignes.
Médaille ^argent, M. Bicaise, résidant à Sierra-Leone
(Afrique), pour gelée de Kasjoe.
Gand, le 17 octobre 3874.
Le Président du Cerde,
Le Secrétaire général, de Ghellinck de Walle.
Ém. Rodioas.
POIRE SAINTE DOROTHÉE.
C'est avec bonheur que nous voyons le C&rcle d'Arboriculture
de Belgique ouvrir ses bulletins à un fruit digne d'éloges à
tous les égards, et qui, jusqu'à présent, semble ne pas avoir été
apprécié à son juste mérite. Ce n'est, en effet, pas une conquête
nouvelle que la Poire Sainte Dorothée; elle a plus d'un demi
siècle d'existence, et bien peu d'amateurs la possèdent, disons
plus, bien peu la connaissent. On ne la rencontre que rarement,
même dans les collections les plus nombreuses. Elle tiendrait
cependant sa place avec honneur, au milieu de toutes les
variétés connues, au milieu surtout de bon nombre de variétés
nouvelles dont on fait un éloge pompeux et qui sont bien loin
d'atteindre toute sa perfection.
La Poire Sainte Dorothée a été gagnée en 1818, par M. Joseph
de Gaest de Braffe, dans le jardin de son hôtel, rue Roc
S* Nicaise, à Tournai, où il obtint également la, délicieuse
pomme trop peu répandue, la Dorée de Tournai.
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— 340 —
M. de €^st de Brs^e donna à son gain le nom de Sainte
Dorothée, en mémoire de la patronne de la Société royale d'Hor-
ticulture de Tournai dont il était le président.
Quelques années après la première fructification, M. deGaest
fut forcé, par le développement que prit le pied-mère et par
Texiguité de son jardin de ville, de le transplanter en son
château de Braffe, où on le cultiva en espalier à la muraille, an
midi. Il poussa avec une vigueur telle, nous écrit M. D'Anstaing,
actuellement propriétaire de ce domaine, qu'il couvrit entière-
ment une muraille mesurant huit mètres de hauteur sur six de
largeur.
Dans l'origine, cet arbre était éminemment épineux; il
conserva ses épines pendant de nombreuses années et ce n'est
que depuis huit à dix ans qu'elles ont disparu.
M. de Gaest qui appréciait la valeur de son gain, ne fil
cependant rien pour le propager ; il se contentait d'en remettre
des greffes aux amis qui avaient la bonne fortune de pouvoir le
déguster, et tout se bornait là. Quant aux jardiniers de Tournai,
c'était toujours avec appréhension, toujours timidement qu'ils se
décidaient à introduire une variété nouvelle dans leur jardin, et
ils refusaient presque obstinément de cultiver autre chose que
les variétés anciennes et quelques-uns des gains de l'abbé Har-
denpont.
Il n'en fut pas tout à fait de même à Gand. La Poire SainU
Dorothée introduite dans cette ville par M. de Maelcamp , beau-
frère de l'obtenteur, se propagea plus facilement que dans sa
ville natale, et nous connaissons plusieurs amateurs gantois
qui la cultivent depuis près d'un demi siècle et qui vantent
hautement ses qualités.
Greflfé sur franc et planté dans un terrain bien amendé, ce
poirier est très vigoureux et se développe rapidement. Notons
aussi que lé fruit est infiniment meilleur et plus parfumé sur
franc que sur coignassier.
L' arbre, dit le savant auteur de la Pomone Tournaisienne, est
vigoureux, pyramidal, fertile, à rameaux dressés et ouverts.
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— 341 —
Scions épineux, allongés, roux clair. Bourgeons sans console,
petits, obtus, ouverts. Boutons à fruits allongés, pointus.
Les feuilles sont très longuement pétiolées, ovales, allongées,
acuminées, applaties, finement dentées en scie, stipules étalées.
Le fruit est fusiforme, allongé, gros, un peu de la forme des
calebasses. Le pédoncule allongé, terminal, très peu ombiliqué.
La peau est fine, jaune citron parfois lavé de roux ; la chair est
fine, beurrée, sucrée, eau abondante.
Le fruit se présente sous deux aspects différents, suivant la
nature du sujet et le sol dans lequel il est cultivé ; mais les
fruits d'une teinte verdâtre à la cueillette deviennent également
d'un jaune brillant à l'époque de leur complète maturité (1).
Traité en arbre de plein vent, le poirier Sainte Dorothée cou-
vert de fruits est réellement ravissant. Ses magnifiques poires
dorées pendent de tous côtés et produisent un effet splendide.
Delrue-Schrevens.
LE JARDIN FRUITIER DE LA VILLE DE PARIS' ET LE JARDIN
DE M. GRESSENT.
En nous rendant au Congrès pomologique de France, qui se
réunissait à Angers, à Toccasion de TExposition pomologique
organisée dans la capitale de l'Anjou, nous avons visité sur
notre passage quelques établissements intéressants à divers
titres. Nous ne voulons pas donner à ces notes de voyage une
trop grande étendue ; nous nous bornerons à communiquer à nos
lecteurs ce que nous jugeons digne d'être mentionné au point
de vue arboricole et pomologique.
Commençons par le Jardin fruitier de la ville de Paris. Cet
(l)La planche représente deux fruits offrant les colorip différents
de deux fruits venus sur le sol de Tournai et sur celui de Gand.
Jl est à peine besoin de le dire, la poire S^ Dorothée si chaudement
colorée nous a été envoyée de Tournai par notre estimé collaborateur
M. Delrue-Schrevens à qui nos lecteurs doivent déjà de connaître une
jsérie des meilleiirs gains dif Journaisis. Béd,
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— 342 —
établissement, situé à St Mandé, à proximité du bois de Vin-
cennes dont il est une dépendance créée par M. Dubreuil, n'est
pas très accessible aux visiteurs. On n'y entre absolument pas
sans une permission spéciale du Préfet; cependant, à force
d'instances et en allant frapper à la porte de tout le personnel
du bois, nous avons trouvé un conducteur obligeant, qui nous a
délivré de la meilleure grâce du monde un laisser-passer.
Le Jardin de St Mandé est établi sur un très bel emplace-
ment, bon terrain, un peu élevé au dessus du niveau général de
la localité. Nous évaluons sa superficie à 2 hectares au moins.
En l'absence de tout jardinier, nous n'avons pu recueillir
que les renseignements de notre propre observation.
Toutes les spécialités de l'arboriculture y sont représentées,
depuis la culture du Mûrier blanc pour la magnanerie, jusqu*à
la culture d'amateur des arbres fruitiers les plus recherchés ;
depuis la culture de la Vigne en treille pour raisin de table, la
culture en cep des différents cépages et les divers modes
d'échalassenient, jusqu'à la culture des arbres de verger et de
spéculation.
Toutes ces spécialités ont été aménagées d'après un plan
bien combiné dont l'ensemble a un aspect artistique et en tout
digne du grand maître qui l'a conçu et exécuté.
Les murs sont bien régulièrement garnis et les carrés qu'ils
encadrent sont subdivisés par des lignes de contr'espaliers, la
plupart doubles. La culture des cordons verticaux simples y est
abondamment représentée. Tous ces cordons sont plantés à
0"30 de distance seulement; ils ont déjà atteint le sommet du
treillage. Malgré ce résultat, nous n'hésitons pas à dire que la
distance de O'^SO est insuffisante; tôt ou tard ces arbres s'affa-
meront mutuellement et dès maintenant la base commence à
se dégarnir par suite de leur rapprochement exagéré.
La culture du Poirier Doyenné â^hiver y est établie sur une
grande échelle ; on a déjà obtenu un commencement de beaux
résultats et tous les cordons de Doyenné promettent pour
l'avenir. L'exemple donné à St Mandé a trouvé maint imitateur
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— 343 —
en France ; nous connaissons des amateurs qui ont établi des
espaliers pour la vente du fruit, rien qu'en Doyenné d/hiver.
Le temps nous a fait défaut pour remarquer le tout en
détail, mais en somme nous nous louons fort de notre visite,
et la création du professeur Dubreuil, notre maître à tous, est
à la hauteur de la réputation dont il jouît à juste titre.
Certes l'établissement de St Mandé doit avoir occasionné
une forte dépense, mais la ville de Paris ne pouvait faire les
choses à demi. Quel que soit le prix de revient, nous avons
constaté que murs, contr'espaliers, auvents, arbres, tout y est
installé dans les meilleures conditions et conduit et entretenu
avec soin et avec connaissance de cause.
Nous engageons vivement nos lecteurs à ne pas négliger cette
visite, quand ils en auront Toccasion; ils en reviendront bien
satisfaits, quoi qu'en dise l'almanach Gressent, dont lauteur n'a
pas plus ménagé l'œuvre de M. Dubreuil, que tout ce qui ne
s'appelle pas de son nom à lui. M. Gressent, en effet, est le
parrain et l'inventeur de beaucoup de choses : de contr'espaliers,
de palmettes, de cordons, de vergers, de couteaux, de toiles, etc.
Il est bon de savoir qu'il a aussi établi des jardins-écoles-modèles-
productifs-Gressent , et surtout de spéculation , ainsi qu'un
potager moderne ; on peut donc faire la part de la petite jalousie
de métier.
Nous avons visité ces jardins, à Sannois, et, hâtons-nous de
le dire, M. Gressent n'a pas disposé du budget de la ville de
Paris, pas même de celui de Sannois, dont le conseil municipal
n'a pas prévu, sans doute, l'aflfluence de curieux que ces jardins
auraient amenés dans ses murs, et l'inôuence qu'ils auraient eu
sur la culture d'asperges d'Argenteuil et Sannois, qui est assez
bien imitée dans le potager moderne Gressent.
MM. Thomas, de Metz, et Buchetet, de Paris, ont apprécié
ailleurs en termes assez durs les systèmes Gressent. Jusqu'ici
nous avions fait nos réserves, mais en sortant des jardins de
Sannois, mon collègue M. Pynaert et moi, nous n'avons pu nous
empêcher de dire en chœur : c ce qu'on en a dit, est pain bénit. »
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Jamais les rédacteurs des Bulletins n'ont pris plaisir à faire
de la critique malveillante. Il n'entre ni dans la pensée de
ces rédacteurs, ni dans la nature de cette publication de criti-
quer pour le plaisir de nuire.
Toutefois, on ne peut pousser le désir de vivre en paix avec
chacun jusqu'à ne pas critiquer des jardins fruitiers modèles,
destinés à renseignement et ouverts au public (moyennant 2 fr.
d'entrée), lorsqu'à la fin de septembre on ne voit pas un seul
fruit sur les quelques arbres qui y vivent, aucune étiquette
indiquant le choix judicieux des variétés dont M. Gressent se
glorifie si haut dans ses écrits, des murs dégarnis sur une
grande longueur ou portant en eflSgie une palmette Gressent à
branches alternes, mais en effigie seulement; des cordons de
pommiers à étages — Tâme de la culture spéculative Gressent
— ne portant d'autres appendices que des nodosités tellement
nombreuses qu'ils ressemblent à des arbres artificiels faits en
virgin-cork. Réellement nous pourrions craindre de voir nos
assertions considérées comme outrées, si nous prolongions cette
revue qui est loin d'être trop sévère.
En passant au potager moderne, nous ne constatons pas non
plus la renaissance de la culture maraîchère. A part la culture
de l'asperge, méthode Lhérault ou Gressent, comme on voudra,
et le repiquage des radis noirs, nous n'y trouvons rien de mo-
derne. M. Gressent a bien raison de frapper à coups redoublés
sur les jardins-fouillis ; nous avons pu nous convaincre que plus
que tout autre il est à même d'en apprécier les inconvénients.
En communiquant à nos lecteurs combien notre visite à
Sannois nous a désillusionnés, nous qui ne connaissionsM. Gres-
sent que par ses livres, nous remplissons un triste mais urgent
devoir. M. Gressent ne peut se prévaloir d'être le seul qui, t en
sa qualité de professeur, doive la vérité à tous, au propriétaire
d'abord, qui la plupart du temps n'a récolté en fait de fruits
que des paroles et des promesses, ensuite au jardinier studieux
qui veut apprendre et bien faire, i {Leçons d^arloricuU%refr%U
tière, pages 251 et 252.)
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— 345 —
Nous sommes professeur aussi depuis une quinzaine d'années
et nous nous sommes quelquefois révolté intérieurement de la
façon cavalière dont M. Gressent veut saper tous ses collègues
au milieu desquels il a fait son apparition aussi soudaine qulm-
prévue. Nous allons encore citer M. Gressent :
t Lorsque nous aurons retiré quatre ou cinq hommes qui
savent et enseignent Tarboriculture en France, le reste de ce
qui s'intitule professeur est composé de jardiniers, qui n'ont pu
rester nulle part et qui à l'aide d'un certain verliage et d'une
grande quantité de vin bleu se font une popularité parmi les
jardiniers et leur enseignent ce qu'ils ignorent eux-mêmes. » On
voit bien que l'auteur des Leçons d'ardoriculture fruitière n'y va
pas de mainmorte.
A quoi devons nous nous attendre, mon ami et moi, qui avons
trouvé les jardins-écoles de Sannois très médiocres sous tous les
rapports? Il pourra nous appliquer, si bon lui semble, ce qu'il dit
à la page 209 de son traité. « La colère des princes de la routine
était grande lorsqu'ils ont vu mes jardins fruitiers. Cette colère
s'est convertie en rage devant mes restaurations d'arbres ; lors-
qu'ils m'ont vu en une seule année couvrir de fruits des arbres
qui n'en avaient jamais produit ou qui n'en donnaient plus
depuis longtemps('). La restauration des vieux arbres a écrit
sur leur front en caractères indélibiles les mots impuissance et
Après cela n'aurait-on pas le droit d'être désappointé, même
en faisant une large part soit d'une gelée tardive, soit de la grêle,
soit même de l'inondation ou des désastres des Prussiens ? Et
surtout dans le jardin modèle de quelqu'un qui déclare, dans Son
livre, t qu'il taille plus d'arbres à lui seul que tous les jardiniers
de France, i ... Puis, page 130, « mes arbres exempts d'amputa-
tions, par conséquent d'ulcères, de chancres et de caries, ont
une santé et une vigueur qui paraît défier le temps, tandis que
(U Fabrication de lambourdes à la vapeur, système Holloway.
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ceux delà routine, tortus, faibles et stériles, semblent implorer
le secours de tous les médicaments connus, pour prolonger
leur chétive existence. » Franchement nous n'avons pas ren-
contré au jardin de Sannois des spécimens de nature à devenir
des Mathuzalems de Tespèce.
Nous tenons à déclarer en terminant que nous ne mettons pas
le moindre parti pris à communiquer les impressions de notre
visite à Sannois. Il nous eût été facile depuis longtemps de
nous attaquer aux nombreuses publications de M. Gressent
qui offrent largement prise à bien des critiques.
Connaissant le procédé de M. Gressent relativement à ceux
qui nient à la légère reflScacité de son enseignement, nous avons
préféré nous convaincre tout d'abord de visu, et constater sur
place la sincérité de ses déclarations, lorsqu'il dit : « Je réponds
aux gens de mauvaise foi, comme à ceux qui doutent, en leur
montrant les résultats que j'ai obtenus, non seulement dans
mon jardin, mais dans tous ceux que j'ai créés » (page 102,
Leçons â^arl. fruitière).
Nous avons vu les résultats, nous les avons fait connaître,
nous ne doutons plus. Que ceux qui doutent encore, y aillent !
Fr. Burvenich.
^ NOTE SUR LA CULTURE RETARDÉE DE LA VIGNE.
Maintes fois déjà nous avons appelé l'attention sur la culture
tardive ou retardée des fruits, comme corollaire de la culture
forcée, et nous j avons consacré un chapitre spécial dans notre
traité des « Serres-vergers i^). » En Angleterre, la culture des
raisins de table tardifs prend de jour en jour une plus grande
extension. On n'y trouverait plus un seul jardin d'amateur
(1) Les Serres -vergers, traité complet de la culture forcée et artifl-
cielle des arbres fruitiers. Gand, chez A. Hoste. Prix 4 francs.
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Digiti
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Vue intérieure d'une serre consacri
(D'après une i
Digiti
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=: A LA CyLTURE TARDIVE DE LA ViGNE,
lotographie.)
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sans un t Vineyard under glass » et Ton s'y attache presque
autant à la culture des variétés tardives qu'à celle des variétés
de haute primeur, c'est à dire de première saison.
Nous sommes heureux aujourd'hui de pouvoir mettre sous les
jeux de nos lecteurs la superbe figure d'une serre à vignes
gravée d'après une photographie et montrant ainsi sur le vif les
résultats de ce mode de culture. Cette gravure, qui a été donnée
dans le Gardeners' Chronicle et mise gracieusement à notre
disposition par Téminent directeur de ce journal, fera plus d'effet
qu'une description alléchante.
La serre en question fait partie de l'Etablissement spécial
créé à Clovenford près Galashills et dirigé par M. Thomson,
un des primeuristes viticoles les plus célèbres de TAngleterre.
La photographie en a été prise au mois de janvier dernier,
après la chute des feuilles. La serre qui a 200 pieds de long
sur 24 de large et 16 de haut (soit en mètres QQ de long sur
8 de large et 5 de hauteur environ), est plantée exclusivement
de la variété Lady Downe's seedling et les grappes ont été
conservées sur pied jusqu'en février et mars, jusqu'au moment
de la cueillette, pour être envoyées directement au marché.
La récolte a été de plus de 2500 grappes, avec un poids
moyen d'un demi kilogr. par grappe. -
On peut voir, par l'examen de la gravure, qu'une partie des
ceps de vigne sont plantés le long de la paroi de la serre entre
le mur et les tuyaux de chauffage, et qu'une rangée d'autres
ceps occupe le côté intérieur de ceux-ci. Ces dernières vignes
ne sont placées là que temporairement et en vue de hâter la
mise en rapport. Elles sont destinées à disparaître aussitôt que
les premières entreront en possession complète de la serre, ce
qui arrivera l'an prochain, vu leur vigueur.
A ces détails, que nous venons de reproduire d'après le
journal anglais cité plus haut, nous croyons utile d'ajouter
quelques mots sur la marche à suivre dans ce mode spécial
de culture. Nous les extrayons de notre livre t Les Serres-
vergers, •
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Les panneaux de la serre sont placés sur les vignes seulement
au mois de mai et on ne les y maintient que jusqu'après la for-
mation du raisin. Pendant cette période, la serre n'est pas
chauffée ; il siiflSt d'j concentrer la chaleur solaire en tenant les
châssis constamment fermés.
La température peut atteindre jusqu'à 30°, sans qu'il soit
nécessaire de donner de l'air. Dès que la fécondation a eu lieu,
on ouvre peu à peu les ventilateurs ou bien les châssis, pour
habituer prof ressivement les vignes à l'air, et quelque temps
après, par une journée couverte, on enlève le vitrage. Celui-ci
est replacé en octobre. On choisit, à cet effet, de préférence,
une journée claire. A dater de ce moment, la température doit
être maintenue à un degré modéré. Au besoin il faudra chauffer.
Ainsi traités, les raisins atteignent leur maturité vers la fin
de décembre ou le nouvel an. Le Gfros Maroc et les variétés à
grains noirs doivent avoir pris leur couleur avant que le soleil
ait perdu toute sa force, sans cela leur coloration reste im-
parfaite. Le Iruit, une fois bien mûr, se conserve parfaitement
sur pied jusqu'en mars.
Les seules précautions à prendre consistent à empêcher la
gelée de pénétrer dans la serre, à aérer autant qu'il sera possible
et à enlever les grains qui commencent à se gâter.
En prenant ces quelques précautions, il est facile de récolter
ainsi en plein hiver, jusqu'à l'époque où les vignes forcées don-
nent leurs premiers produits, des grappes de toute beauté et qui
possèdent en même temps une grande fraîcheur, la saveur
sucrée et le bouquet du raisin ayant mûri au soleil de septembre.
Éd, Pymaert,
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CHRONIQUE HORTICOLE.
L'été a fui et l'hiver est à nos portes, s'il n'a déjà pas fait
son entrée chez nous. Adieu les splendides parterres ! Adieu la
douce jouissance du jardin de plein air ! Voici venir, au con-
traire, une période de sollicitude et de soins, et bien (lu'en hiver
les serres nous fassent d'autant plus de plaisir qu'il fait plus
mauvais et plus froid au dehors, on n'en jouit réellement que
si les plantes sont bien saines, si elles sont bien soignées. Or,
il n'est pas aussi facile d'atteindre ce résultat qu'on le pense.
Et voyez comme on pèche d'ordinaire lors du remi>otage des
plantes qui ont passé Tété en pleine terre : on fait de ^on mieux
pour conserver beaucoup de terre aux racines, tandis qu'il est
préférable d'enlever toute la terre usée et le plus souvent
trop humide, et de la remplacer par de la terre nouvelle et
surtout bien sèche. Il n'y a d'exception à cette règle que si l'on
a aflfaire à des plantes à racines très chevelues s'étant trouvées
en bonne terre de bruyère.
Que de plantes périssent en hiver ou tout au moins deviennent
malades à cause d'un arrosement immodéré ! Les végétaux
à feuilles caduques d'abord ne demandent pas l'emplacement
le plus clair et bien souvent ne doivent pas être arrc^sés une
seule fois avant le mois de mars. Parmi ceux à feuilles per-
sistantes, il en est dont la végétation est visiblement active;
ceux-ci doivent être arrosés de temps en temps mais avec modé-
ration. D'autres, .bien que toujours verts, sont en repos : ils
ne peuvent être arrosés que peu ou pas du tout. Il nous firrive
parfois que de tout un hiver nous ne laissons donner aucun
arrosement à quelques-uns de nos grands orangers. S'il gelait
beaucoup et s'il fallait chauffer en conséquence, naturellement
les plantes sécheraient davantage et exigeraient plus d'eau. Nous
voulons parler des plantes de serre froide et d'orangerie.
A propos de chauffage, nous voudrions connaître le ré-
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sultat des essais du système dont on a tant écrit, dans ces
derniers temps en Angleterre, et qui consiste à chauffer les
serres au moyeir de fours à chaux. Si ces essais pouvaient
réussir, quelle économie dans les frais d'un établissement horti-
cole! Tous les horticulteurs deviendraient en même temps
fabricants de chaux, et puisque le chauffage ne leur coûterait
plus rien, tous s'appliqueraient à la culture des plantes des
tropiques. Mais le temps ne semble pas encore venu de rempla-
cer avec profit le chauffage à eau chaude, pas même au moyen
des fours à chaux, idée qui dans le principe a souri à plusieurs.
Heureusement cette année le charbon est un peu moins cher ;
pour cela, il ne faut pas chauffer inutilement; car, bien que la
chaleur soit indispensable à beaucoup de plantes, elle ne leur
en est pas moins nuisible parce qu'elle rend Tair trop sec. Et
comme les plantes malades ont besoin de chaleur à leurs racines
bien plus qu'à leurs rameaux, le temps n'est pas venu non plus
de remplacer avec avantage, au moyen de n'importe quel
système, la chaleur des couches de tannée ou d'autres matières
fermentescibles. Disons en passant que pour améliorer la tannée
trop humide et éloigner les vers de terre, nous nous trouvons
fort bien d'y mêler des étoupes sèches au lieu de sciure de
bois.
S'il est bon d'employer la tannée dans les serres, pour les
couches à primeurs on se sert généralement de fumier. Celles-ci
sont à cette heure vides pour la plupart ; on fait bien d'en con-
sacrer une partie à des plantes bulbeuses. Si l'on a des jacinthes,
tulipes, crocus, etc., en pots, on les place les uns à côté des
autres dans la bâche en les recouvrant d'environ 0™15 de terre
sèche et légère, en les abritant contre la pluie. Vers le milieu
de décembre, on les porte sur couche tiède, recouverte cette
fois de châssis vitrés que Ton tient fermés en temps de soleil et
qu'on enlève ou soulève par un temps couvert. La chaleur natu-
relle du soleil peut seule produire une floraison précoce, tandis
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qu'une chaleur artificielle par un temps plus ou moins couvert
ne fait développer que les feuilles et fait avorter les fleurs.
On sait que nulle part les plantes bulbeuses ne sont cultivées
aussi bien, ni sur une échelle plus étendue qu'en Néerlande. Qui
ne se rappelle ces splendides collections étalées à TExposition
internationale de 1865 à Amsterdam? Or il nous sera donné une
fois de plus de pouvoir admirer les produits de Thorticulture
hollandaise. En effet, M. le président Krelage nous écrit qu'une
commission spéciale dont il fait partie, s'occupe activement de
régler les conditions d'une deuxième Exposition internationale
d'horticulture, qui aura lieu définitivement à Amsterdam en 1876.
Nous recevons une autre importante nouvelle. M. Durieu de
Maisonneuve, Téminent professeur de botanique de Bordeaux,
nous envoie quelques graines d'une Nymphéacée non encore
déterminée que lui a expédiées M. Balansa, voyageant actuelle-
ment dans le Paraguay, et il nous écrit, en rapportant les paroles
de ce voyageur : « Je vous envoie, par la poste, un petit paquet
renfermant quelques graines de la plus splendide Nymphéacée
qui existe peut-être dans le monde! Le Victoria regia pâlit
d^ant elle ! C'est la plante qui, dans tous mes voyages, m'a le
- 'plus impressionné. » Une plante aquatique qui met dans l'ombre
la plus remarquable, la plus splendide des Nymphéacées, doit
être quelque chose d'admirable ! Nous sommes bien curieux de
voir ce prodige.
Les graines avaient été emballées à l'état sec ; aussi nous les
avons vues flotter sur l'eau, ce qui était de mauvais augure.
Après quelques jours cependant, elles sont allées au fond, ce
qui nous fait espérer une bonne germination. Nous pensons
quïl serait imprudent de les semer en hiver ; nous aimons
mieux le faire au printemps et nous comptons pouvoir suivre
alors avec intérêt le développement de cette nouvelle reine des
eaux qui n'aurait point de rivale.
H. J, Van Huile.
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TRAVAUX A EXÉCUTER DANS LA CULTURE NATURELLE DES
PUNTES POTAGÈRES.
Novembre.
Les travaux de culture diminuent sensiblement pendant ce
mois au point de laisser quelque répit au jardinier. On continue
à mettre en billons les terrains libres. On récolte les plantes
racines ; on les met en jauge ou en fosse, et on se procure la
litière nécessaire pour les couvrir aux premières gelées. On
raccourcit les feuilles des artichauts et on les butte. On lie en
faisceaux les feuilles des chouxfleurs qui marquent leur pomme,
pour les abriter des petites gelées. On rentre à la cave à
légumes, toutes les plantes sensibles qui sont encore au jardin :
endives, laitues, choux-fleurs formés, etc. On choisit et on plante
en place toutes les portegraines bisannuelles : carottes, navets,
radis,, salsifis, choux, etc., et on paille le sol de litière ou de
feuilles.
Le céleri court est mis en jauge pour blanchir et en même
temps pour le préserver de la gelée.
On fume et on arrose d'engrais liquide les planches d'asper-
ges. Vers la fin du mois, on sème des pois Michaux de 2® saison
(Pois de S^^ Catherine) et on rentre encore des chicorées sauvages
améliorées ou à grosses racines pour salade. On butte le brocoli
et on prépare la couverture nécessaire pour le préserver des
vents du nord (tiges d'asperges).
On s'occupe activement de la préparation des fumiers et des
composts en y introduisant tous les déchets du jardin.
On termine tous les travaux restés inachevés du mois précé-
dent : on nettoie, on sarcle et arrose d'engrais liquide les petits
légumes qui en ont besoin : persil, cerfeuil, épinard, mâche,
claytone, poirée blonde.
Fr, Burvenich.
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CERCLE D'ARBORICULTURE DE BELGIQUE.
ADMISSIONS
prononcées en noTembre.
3"® SÉRIE. — Membres protedeurs.
MM.
Baertsoen, avocat, rue Savaen, 61, Gand ; présenté par M. Ém.
Rodigas.
Bols (Edmond), instituteur communal, Ëlewyt (Brabant); pré-
senté par M. Ch. de Vis.
Clinckspoor (Alphonse), rentier, Cour du Prince, 20, Gand;
présenté par M. Ém. Rodigas.
De Cuyper (Séraphin), pépiniériste, Wetteren ; présenté par
M. E. De Schampheleer.
Eeckhout (J. B.), particulier, rue de Tronchiennes, Gand;
présenté par M. Oswald de Kerchove de Denterghem.
Piévé (le chanoine), rue des Prêtres, 75, Gand ; présenté par
M. Em. Rodigas.
Jooris-Van Wassenhove (Edouard), propriétaire, chaussée de
Bruges, 154, Gand; présenté par M. Ém. Rodigas.
Pycke (Octave), propriétaire, Bloemendael; présenté par
M. Ém. Rodigas.
Rémi (Henri), plombier, Uccle; présenté par M. P. Liekendael.
Strebelle (Hector), jardinier chez M. Roland, Hornu; présenté
par M. Éd. Pjnaert.
Van Lieflferinghe (Prosper), pépiniériste, Grammont ; présenté
par M. Ém. Rodigas.
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— 354 —
SESSION DE U SOCIÉTÉ POMOIOGIQIIE DE FRANCE ET EXPOSITION
DE FRUITS A ANGERS.
La Société pomologique de France, qui s^est reconstituée dans
ces dernières années sous la haute direction d'hommes émi-
nents, tels que M. Mas, le savant auteur du Verger, M. Wil-
lermoz, Tinfatigable promoteur de la nouvelle Pomologie
française, et M. de Mortillet, Técrivain consciencieux des
Meilleurs fruits et le fondateur désintéressé de la pépinière
modèle de Mejlan, autour desquels se sont groupés des tra-
vailleurs comme M. Reverchon, le sympathique trésorier de la
Société, M. Luizet, d'ÉcuUy, M. Cusin, fondateur de VHortir
cuUeur lyonnais, M. Trejve, Tobtenteur de Texcellente poire qui
a immortalisé son nom ; la Société pomologique de France,
disons-nous, avait choisi cette année la ville d* Angers pour j
tenir sa session annuelle.
A cette occasion, la Société d'horticulture du département de
Maine et Loire avait organisé une exposition de fruits à laquelle
elle avait convié les pépiniéristes, les amateurs et les sociétés
horticoles de la France en général et des départements du centre
et de Touest en particulier.
Notre Cercle d'arboriculture, désireux de nouer avec la
Société pomologique de France des rapports dont la science que
nous cultivons tous avec ardeur et émulation, est appelée à tirer
d'utiles enseignements, avait bien voulu nous déléguer poar
suivre les travaux du Congrès et faire un rapport sur la marche
suivie par la Société angevine pour l'organisation de son
exposition fruitière.
Nous allons résumer brièvement Texposé de nos observations ;
on nous excusera sans peine si nous n'entrons pas dans des
détails trop circonstanciés. Nous avons récolté dans notre course
à travers une partie de la France et pendant notre séjour à
Angers, connu pour un des centres horticoles les plus impor-
tants du monde, des notes trop précieuses pour que nous ne les
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soumettions pas, elles aussi, aux nombreux lecteurs de nos
Bulletins. Nous serons donc bref pour pouvoir dire le plus
possible, sans aligner trop de phrases .
La Société pomologique de France a pour but d'étudier et
d'adopter une série des meilleurs fruits à recommander pour
la culture générale ; le comité des études de la Société a publié
récemment un travail très utile, que nous avons déjà recom-
mandé dans ces Bulletins. Nous voulons parler du Catalogue
pescriptif des fruits adoptés par le Congrès pomologique de France.
C'est ce travail — travail d'épuration ou de sélection — que
la Société continue tous les ans, dans la session qu'elle tient
{successivement au sein des principales sociétés de France. Ce
travail se fait consciencieusement et avec grand soin. Toute
variété, avant d'être adoptée, est préalablement mise à l'étude,
et s'il s'agit d'un fruit nouveau, la culture en est suivie attenti-
vement pendant un certain nombre d'années par des commis-
saires désignés en assemblée générale.
Dans la séance où il a été procédé à la dégustation des fruits
obtenus de semis, nous devons déclarer que Ton a été très
sévère dans les appréciations. Et c'était justice. Il est indispen-
sable d'opposer une digue au flot envahissant des nouveautés,
qui sont pour le domaine pomologique un écueil bien plus dange-
reux que pour l'horticulture. Ici du moins les produits se jugent
de visu s'il s'agit de plantes à feuillage, ou à la première
floraison, et celle-ci ne se fait jamais trop longtemps attendre.
Mais la déception que cause un fruit dont la réputation a été
surfaite, se multiplie du nombre d'années qu'il a fallu attendre
pour l'éprouver.
Une réunion tout entière a été consacrée au jugement des
fruits nouveaux. Les poires seules étaient au nombre de plus
de cent. Aucune n'a paru assez méritante pour être récom-
pensée. Il est du reste extrêmement diflScile de juger les fruits
de semis dans de pareilles conditions. C'est ce que nous
avons déjà eu souvent l'occasion de constater. Le fruit veut être
dégusté à son jour, quand il est arrivé à point et non pas à un
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jour fixé d*ayanoe. C'est ce que Ton ne devrait pas perdre de
vue dans les concours pomologiques.
Quelques nouveautés ont cependant fixé Tattention du jurj.
Ce sont :
1*» Une poire gagnée par M"« Parage-Farron ; le fruit était
assez gros, à chair ône,fondante, agréablement acidulée ;
2" L&i^oive Souvenir deSannierpère,^vésentéeT^s,T M. Saunier
de Rouen ; fruit moyen, à chair fine, fondante, sucrée, parfumée ;
3" La poire Madame Letavernier; fruit de grosseur ordinaire,
à chair fine, sucrée, parfumée. Ce fruit a été obtenu par
M. Collette, professeur d'arboriculture et pépiniériste, à Rouen.
Tout autant que M. Saunier, dont nous avons eu également
l'honneur de faire la connaissance à Angers, M. Collette nous
paraît marcher sur les traces de l'obtenteur bien connu de la
Passe Crassane, M. Boisbunel, qui habite aussi Rouen;
4° La poire Belle de Beavfortj obtenue par M. Cucillerier, de
Beaufort, et qui n'étant pas arrivée à maturité, a été ren-
voyée à la Commission des études. Ce fort joli fruit, qui
promet beaucoup, sera mis dans le commerce Tan prochain
par l'établissement Louis Leroy, à Angers, ainsi que la variété
suivante :
5^ La poire Président Drouard, gain de M. Olivier Perroquet ;
fruit assez gros, juteux, fondant, sucré, acidulé.
Enfin, ô»* un beau raisin noir, comparable au Frankenthaler,
mais mûrissant plus facilement. Cette variété avait été présentée
par M. Maurice Desportes, d'Angers.
Nous n'avons pu suivre les travaux du Congrès comme nous
Teussions désiré et comme d'ailleurs nos obligations envers
le Congrès l'eussent exigé. Celui-ci avait bien voulu, en effet,
désigner les deux délégués du Cercle d'Arboriculture pour
faire partie de son bureau (1), et c'était là un honneur auquel il
(1) Le bureau était composé de M. Mas, président; MM. Ch. Baltet, de
Mortillet, Pynaert et Willermoz, vice-présidents; M. Cusin, secrétaire
général; MM. Audusson fils, F. Burvenlch, Michelin et 0. Thomas,
secrétaires.
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était de notre devoir de répondre. Mais notre séjour à Angers
était limité et notre position, à M. Burvenich et à moi, nous
commandait de ne pas quitter cette ville sans visiter ses pépi-
nières, célèbres dans le monde entier.
Nous devons avouer en outre que, sauf pour les poires belges
(au nombre de 14, parmi lesquelles 10 gains de M. Grégoire),
nos lumières personnelles auraient été peu utiles au Congrès,
les 88 autres variétés nous étant pour la plupart inconnues
ou ayant été trop récemment répandues dans les cultures.
En somme, fort peu de variétés ont été adoptées par le Con-
grès, parce que pour plusieurs Tétude n'était pas complète, et
que pour beaucoup d'autres les membres n avaient pas eu, depuis
Tannée dernière, l'occasion d'en obtenir des fruits. C'est là un
travail de longue haleine et où la précipitation serait loin d'être
de mise. Évidemment rien ne peut être parfait en ce monde et
tel fruit adopté aujourd'hui, sera rejeté avec raison dans quel-
ques années. Notre Cercle en a fait l'expérience lorsqu'il a
arrêté le choix des douze poires de verger. Nous sommes
convaincu que ce choix pourrait déjà aujourdhui être avanta-
geusement modifié.
Voici en résumé le tableau des fruits admis :
Cerises. — Bigarreau Marjolet, Gardne, Walpurçis.
Framboises. — Jaune de Hollande, Sucrée de Metz.
PÊCHES. — Précoce Béatrice, Précoce de Raie, Précoce Hivers.
Poires. — André Desportes, Madame Bonntfond.
Pommes. — Adan/Cs Pearmain.
Raisins. — Chasselas des Bouches du Rhône, Madeleine Ange-
vine, Musqué de Marseille, Souvenir du Congrès, Surin jaune,
Surin rose.
Un certain nombre de fruits ont été rayés, c'est à dire défi-
nitivement rejetés. Citons, parmi nos connaissances, les poires
Beurré Bretonneau, Colorée de juillet, Louis Grégoire, Marie-
Louise dHJcde, Vice-Président Delehaye, et les pommes Calville
de DantzicK, de Cantorbéry, d'Eve.
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Ont été, en outre, admises ou maintenues à l'étude :
7 variétés d'abricots.
16 » de cerises.
5 » de figues.
2 » de framboises.
15 » de pèches.
28 » de poires.
8 » de pommes.
6 > de prunes.
6 » de raisins de table.
3 » de raisins de cuve.
Dans les 28 variétés de poires proposées, nous comptons
9 poires d'origine belge. Ce sont Aglaé Grégoire, Beurré de
Qhélin, Beurré S foe, Léon Grégoire^ Madame Grégoire, Profes^
seur Herman, Sœur Grégoire^ Souvenir de la Reine des Belges
et Suprême Coloma,
Dans sa dernière réunion, le Congrès a décerné à l'unanimité
à M. André Leroy, d'Angers, la médaille d'honneur pour les
services qu'il a rendus à la pomologie.
Une deuxième médaille d'or ayant été mise à la disposition du
Congrès par la Société d'horticulture d'Angers, celle-ci a été
votée par acclamation à M. Reverchon, de Lyon, qui depuis la
création du Congrès pomologique, n'a cessé de lui donner de
nombreuses preuves de dévouement.
Prochainement nous ferons une revue rapide de l'exposition.
{Sera continué,) Éd. Pynaert.
DE LA PRODUCTIOM FRUITIÈRE ET MARAÎCHÈRE DE LA BELGIQUE.
On ne saurait contester l'importance de plus en plus grande
prise dans l'économie rurale de notre pays par le commerce des
fruits et celui des légumes. Grâce à la position de la Belgique,
grâce aux facilités de transport que de nombreuses voies de
communication rapide offrent au commerce d'exportation, les
fruits verts et les légumes frais peuvent être aisément et écono-
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iniquement expédiés même à de très grandes distances. Mieux
qu'aucun autre pays, la Belgique peut aspirer à occuper une
place prépondérante parmi les pays producteurs ; malheureuse-
ment elle semble ne pas avoir suffisamment compris jusqu'au-
jourd'hui ces avantages immenses, ni les résultats inespérés que
le développement des cultures fruitière et maraîchère est appelé
à lui procurer dans un avenir peu éloigné. Un exemple le prouve
suffisamment. L'importation des légumes néerlandais en Belgique
atteignit en J872, 109 millions de kilogrammes et en 1873,
105 millions, tandis que l'exportation totale de notre pays se
montait à peine pendant les mêmes années à 24 millions de
kilogrammes. Quoique se présentant sous un jour moins défa-
vorable, la production fruitière de la Belgique est encore bien
loin d'avoir atteint le but naturellement offert aux efforts de tous
ceux qui s'intéressent à l'arboriculture belge, à cette branche de
l'industrie nationale qui a pour objet la grande culture des
fruits, à peu de frais et à gros produit. La Belgique a exporté en
1873 des fruits verts (1) pour une valeur de deux millions trois
cent dix mille trois cent cinquante six francs. Notre principal
marché a été l'Angleterre qui, à elle seule, absorbe plus de sept
millions de kilog. de fruits représentant une valeur de près de
deux millions de francs ('2), et cependant, au dire des négociants
anglais eux-mêmes, cette somme est loin d'être en rapport
avec les immenses besoins de ce pays! Le marché anglais est
illimité. Si notre production fruitière était décuplée, elle trou-
verait encore dans l'approvisionnement de l'Angleterre un
débouché permanent et régulier. Cette contrée avec ses besoins
(1) On SLppeWe fruits verfSf par opposition k fruits secs, ]ea fruits que
le commerce débite tels qu'ils sont cueillis de J'arbre.
(2) Nous croyons devoir toutefois fairv^ remaïquer que la valeur
moyenne des fruits verts à l'exportation est renseignée à raison de
30 fr. les lOU kilogrammes! Cette valeur, restée la même depuis la publi-
cation de la statistique officielle, nous semble évidemment exagérée. Une
moyenne de 20 fr. les 100 kilog., si tant est qu'il soit impossible
d'établir une moyenne annuelle, serait encore très élevée.
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immenses n'est pas néanmoins la seule qui sollicite le développe-
ment de notre arboriculture. Du jour où nous pourrons produire
de grandes quantités de bons et beaux fruits, un marché nouveau
nous sera ouvert. Les pays du nord, privés par Tâpreté du cli-
mat de la plus grande partie de nos fruits, viendront s'approvi-
sionner en Belgique, tout comme ils vont aujourd'hui en Hollande
et en France. La Suède, la Norwége, le Danemark et la Russie
nous offriront des débouchés nombreux et importants. Il suffit
pour se rendre compte de la valeur de ceux-ci, de se rappeler
que la Russie achète dans les départements de l'Eure et de la
Seine inférieure des cargaisons entières de pommes de dessert.
Rouen semble aujourd'hui avoir le monopole de ce commerce :
la plus grande partie des fruits de table j est achetée par la
Russie. Il j a quelques années, dans le département de l'Eure, la
commune de Leraj se livrait spécialement à la production des
poires de Bon Chrétien qui toutes étaient achetées par la Russie
au prix de 20 à 30 francs le cent pour celles qui ne pouvaient
pas passer dans un anneau de 0""07 de diamètre ! Quelle nouvelle
et féconde source de richesses ne pourraient-ils pas offrir
à notre exportation, ces pays du nord, si maltraités de la
nature, mais payant si généreusement les produits qu'une
température rigoureuse leur refuse! Il suffirait en effet, de
cultiver davantage certaines variétés d'arbres fruitiers d'une
nature robuste, vigoureuse, féconde, et produisant un fruit
tardif, de belle apparence et résistant aux fatigues du voyage,
f Avec la rusticité de l'arbre, disait dernièrement notre éminent
confrère M. Baltet, dans un de ses opuscules si utiles et si
pratiques (1), il faut la rusticité du fruit, c'est à dire un fruit
qui se prête au maniement, au va et vient, au transport en
voiture, en bateau, en chemin de fer. S'il est d'une maturité
lente, il facilitera lui-même son écoulement dans la consom-
mation et sur les marchés. >
(1) Culture des arbres fruitiers au point de nue de la grande production^
par Charles Baltet. Troyes ; 1874.
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Les fruits étant fournis en abondance et se vendant aisément
pour l'exportation, les soins si nécessaires à leur bonne expé-
dition seront rapidement observés. Le cultivateur apprendra vite
à soigner l'emballage des fruits de choix et de tous ceux qui
doivent voyager. Les conseils ne manqueront pas ; les auteurs
qui se sont occupés de la culture des fruits en vue d*en augmen-
ter la production, ont indiqué un grand nombre de moyens à
prendre pour assurer la conservation des fruits pendant le
voyage. C'est ainsi que tout récemment, dans le travail que nops
citions tantôt et que nous aimons à recommander comme l'un
des meilleurs publiés sur cette matière pendant ces dernières
années, notre ami M. Baltet les résume sous une forme aussi
concise que complète.
t L'emballage, dit-il(l), se pratique généralement au moyen
de caisses en bois blanc, de paniers, de billots, de bannettes en
osier ou en fibres végétales, de paniers à vin de Champagne, de
corbeilles ovales à couvercle bombé , tels qu'on puisse les
manier sans danger et que le fruit y soit logé sans être exposé
aux meurtrissures. Aussi les avaries étant à craindre, il sera
toujours prudent de choisir des fruits sains, bien constitués,
plutôt d'une maturité en retard, exempts de toute mouillure sur
Vépderme. On ne les cueillera point par la pluie, le brouillard ou
la rosée, ni par la grande chaleur, afin d'éviter la pourriture
ou l'échaufiement ; sinon on les laisserait reposer à la fruiterie.
t Plus le trajet sera long, plus ces conditions deviendront
rigoureuses. On ne doit pas oublier que la concentration des
fruits dans un espace restreint, étroitement fermé, avance leur
degré de maturité; par conséquent, il serait imprudent d'y
introduire des échantillons en état de décomposition ou suscep-
tibles de se gâter pendant le voyage, et de les garnir de substan-
ces fermehtescibles, le foin humide, la mousse fraîche, des
feuilles vertes. Tout fruit humide devra se ressuyer à l'ombre
avant d'être emballé. »
(1) Op. cit. p. 40.
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— 362 —
Certains fruits ne réclament pas ces soins : ce sont les fruits
communs, expédiés, au moins de Belgique, dans des tonneaux
ou des paniers d'osier(l) ; quant aux poires et aux pommes
fines(-), on les emballe en France dans des caisses et chaque fruit
est enveloppé dans du papier brouillard. Grâce à ces précau-
tions, le commerce des fruits français est arrivé à un immense
degré de prospérité. Dans le Lot et Garonne, au village de
Nicole, on rencontre des vergers d'abricotiers qui produisent
annuellement pour 100,000 francs d'abricots destinés au marché
de Bordeaux. Dans ITonne, à Saint-Bris, 100 hectares plantés
de cerisiers anglaise hâtive, l'apportent 120,000 francs par an ;
Mareuil, dans la Marne, expédie chaque jour de la récolte,
cinq ou six wagons de cerises Montmorency à Paris. Plusieurs
villages des Ardennes chargent pour 100,000 francs de cerises,
chacun, à la gare de Vouziers en destination de Londres. Les
encouragements de toute nature n'ont point fait défaut à ce
commerce, et le Gouvernement tout le premier a eu à se
féliciter des résultats obtenus. Le long des chemins vicinaux de
l'Alsace, les cerisiers, depuis la cerise anglaise jusqu^au meri-
sier à kirsch, ont pu, dès leur première production, faire rentrer
l'administration dans ses frais de plantation. En Champagne,
l'administration des ponts et chaussées essaye également la
culture spéculative des cerisiers le long des routes royales,
départementales et vicinales (3). Comme ces faits le prouvent,
nos voisins du sud ont compris Timmense intérêt que présente
le développement de l'arboriculture fruitière ; la Belgique a tout
intérêt à les suivre dans cette voie et elle pourra aisément, en
(1) Rappelons à ce sujet que l'exportation de la poire Koolstok a fait
naître aux environs de St Trond, l'industrie de la vannerie et donne
lieu à un chiffre annuel d'affaires qu'on a estimé à plus de 120,000 fr.
(Bulletin du Cercle, année 1872, page 156).
(2) Les pommes : la Reinette grùe^ la Reinette ponctuée^ dite Reinette
de Rouen et enfin la Reinette de Portugal sont les espèces que l'on
semble préférer en France parce qu'elles voyagent plus facilement que
les autres pommes de dessert.
(3) Baltet. Op. cit. passira.
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augmentant son exportation, développer une des sources les
plus riches de sa prospérité, une industrie qui demande rela-
tivement peu de travail au cultivateur.
Si Ton est aujourd'hui dans notre pays unanime à recon-
naître Futilité incontestable et l'extrême importance des ver-
gers, la culture maraîchère, développée et perfectionnée, n'est
malheureusement pas jusqu'ici considérée comme elle devrait
rétre. Quel immense intérêt notre pays n'aura-t-il pas à tenter
de la faire sortir de Toubli où Ton semble vouloir la laisser
tomber? Ne doit-elle pas être encouragée et stimulée au grand
profit de la richesse publique ?
Nul n'ignore, disait M. Rendu, inspecteur général de l'agricul-
ture de France, que le terrain consacré à la production des
légumes rapporte infiniment plus que toute autre partie du sol
aftectée aux récoltes, même les plus riches, ce dernier fût-il
trois fois plus étendu ; c'est que dans la culture potagère, il n'y a
pour ainsi dire point de chômage, le travail y est incessant,
les récoltes s'y succèdent sans interruption, et le même carré
du jardin donne souvent jusqu'à trois récoltes dans la même
année ; c'est réellement la chaîne d'or sans fin, toutes les fois
qu'un homme laborieux, intelligent et instruit dirige le potager :
sa bêche enfante des merveilles et fait naître des richesses
incroyables !
Toutefois l'importance capitale de la culture maraîchère
est loin d'être comprise de nos populations agricoles. Si nous
recherchons dans les tableaux statistiques, à quelle valeur
se sont élevées en Belgique l'exportation et l'importation des
légumes pendant l'année 1873, nous trouvons que la valeur des
légumes importes dépasse 5,044,487 francs, tandis que l'expor-
tation n'a atteint qu'un chiffre de 733,050 francs. Ce résultat est
profondément regrettable. Il prouve que la Belgique ne parvient
même pas à suffire à sa consommation intérieure, et ne justifie
que trop ce que nous disions plus haut de la négligence avec
laquelle on entretient les jardins maraîchers et du peu de soins
que nos cultivateurs apportent à la production, pourtant si lucra-
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— 364 —
tive, des plantes potagères. Les chiffres publiés par le Tableau
général du Commerce de la Belgique constatent de plus que Tim-
portation des légumes en Belgique a été de 168,149,569 kilog.
tandis que l'exportation atteint à peine 24,434,999 kilog.
L'emploi de cultures plus raisonnées et mieux dirigées, la
vulgarisation des espèces et des variétés de légumes dont la pro-
duction est le plus profitable, Tinitiation de tous les cultivateurs
à l'art d'obtenir économiquement de bons et beaux légumes,
tels sont, croyons-nous, les remèdes à apporter à l'état actuel
des choses. Le pays tout entier a le plus grand intérêt à voir
la culture maraîchère se développer rapidement, nous avons
devant nous un marché assez vaste pour écouler tous les
produits maraîchers que l'activité si appréciée de nos cultivateurs
pourrait produire, car, remarquons-le, l'exportation des légu-
mes belges en Angleterre atteint à peine 5 millions de kilog.
par an (1)! O.Klipp.
(1) Le Tableau général du commerce avec les pays étrangers pendant
l'année 1873 comprend, nous ne savons pourquoi, la chicorée et les
pommes de terre au nombre des légumes. Sans approuver cette classi-
fication, il nous a semblé intéressant de donner ici les divers chiffres
auxquels se montent l'importation et l'exportation de ces substances :
l'importation des racines de chicorée n'atteignait en 1873 que le chifif^
de 155,730 kilog. représentant une valeur de 38,902 fr., tandis que
l'exportation atteignait le chiffre de 17,572,047 kilog. représentant une
valeur de 12,307,569 francs. Les principaux pays con.<ommateurs étaient
la France (6,0l5,'30()i, l'Angleterre (4,007,224) et la Prusse (5,571,700
kiîog.).
Les pommes de terre importées s'élevaient à 23,467,534 kilog. valant
1,877,403 francs : les Pays- lias figurent dans cette importation pour
14,ô51,632kilog. Quant à l'exportation des pommes ^e terre, elle s'est
élevée à 100,048,841 kilog. représentant une valeur de 8,(X)3,899 finança.
C'est surtout en Angleterre que ces produits trouvent leur débouché :
l'Angleterre ayant absorbé en 1873, 88,091,960 kilog., soit pour une
somme de 7,047,357 fr.
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ON DERNIER MOT A PROPOS DO BEORRÉ RANGE.
Nous trouvons dans le numéro 3, 2"»® année, octobre 1874,
du Bulletin de la Société royale d'horticulture et d^arioriculture
de ToumaifUne réponse de MM. Éd. Dureulx et V. Wibaut à la
lettre de M. Buchetet publiée page 234 du Bulletin d'artoricul-
ture de cette année. Nous n'attendons pas les instances de
M. Buchetet pour reproduire cette réponse. En publiant la
lettre de M. Buchetet» nous pouvions nous attendre à une
réponse qui eût été accueillie plus tôt si elle nous avait été
adressée directement.
. Réd.
Le numéro 8, vol. III, 2« série, du Bulletin du Cercle d'arto-
ricuUure de Gand contient une lettre de M. Buchetet en réponse
à Tarticle que nous avons publié dans le dernier bulletin
de notre Société. M. Buchetet s'y défend d'avoir voulu se
gausser des Belges, et proteste vivement de son admiration
pour 1 horticulture et la pomologie de notre pays. Nous aurions
dès lors mauvaise grâce à ne pas nous trouver heureux et
satisfaits de cette déclaration, et à ne pas reconnaître que nous
nous étions trompés en nous imaginant que M. Buchetet avait
voulu rire à nos dépens.
M. Buchetet, dans sa réponse, parait croire que nous avons
eu des raisons pour ne pas signer notre article ; il se trompe ;
les raisons qui nous ont porté à signer notre article de nos
initiales seulement, ne sont pas multiples ; il n'y en a qu'une et
elle est bien simple :
En dehors du petit cercle des amateurs tournaisiens, nos
noms sont parfaitement inconnus dans le monde pomologique,
et nous avons pensé qu'ils n'en apprendraient pas davantage à
M. Buchetet que nos initiales. S'il peut lui être agréable de les
connaître, il les trouvera à la fin de cet article où nous les
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— 366 —
mettrons dans ce but, et aussi pour que Ton ne puisse pas
croire que nous fuyons la responsabilité de nos écrits.
Dans cette lettre, M. Bucbetet nous reproche d'ignorer
Texistence de Van Mons et la malheureuse manie qu'il avait
de débaptiser les poires, manie qui n'a pas peu contribué à
jeter la confusion dans la nomenclature pomologique.
En disant dans notre article c nous ne songeons pas à chan-
ger la dénomination de nos poires, • nous n'avons pas entendu
employer le mot nous dans le sens universel, mais dans le sens
général. Quelque ignorants que nous soyons, Van Mons et ses
travaux ne nous sont pas totalement inconnus. Aussi nous
reconnaissons que, vu la place importante qu'il occupe dans les
annales de la pomologie Belge, il constitue une exception qui
méritait d'être citée ; c'est une omission dont nous donnons
acte bien volontiers à M. Buchetet.
Mais revenons au Beurré rance. M. Buchetet affirme que
c'est depuis le Congrès international de pomologie tenu à Namur
en 1863 que nous avons adopté la dénomination de Beurré
rance, et dit que nous avons mis plus de cent ans à réfléchir
pour prendre cette décision. Nous sommes personnellement des
nouveaux venus en pomologie, et nous ne connaissons pas
suffisamment ce qui a pu être dit et fait au Congrès pomologique
de Namur, auquel la Société d'horticulture de Tournai n'a pris
aucune part ; mais, quant à nous, nous n'avons qu'une seule
chose à répondre : que M. Buchetet nous fasse l'honneur de
venir nous faire visite ; nous lui ferons parcourir le Tour-
naisis et les environs de Mons ; nous interrogerons en sa
présence les plus vieux amateurs et jardiniers que nous pour-
rons découvrir, et il s'assurera ainsi par lui-même que jamais
la dénomination de la poire n'a changé depuis sa diffusion, et
qu'avant comme après le Congrès pomologique de Namur, elle
n'a jamais porté, au moins dans son pays d'origine, un autre
nom que Beurré rance. Quant au ridicule qu'il peut y avoir,
selon M. Buchetet, à donner un tel nom à un fruit qu'on veut
lancer dans le monde pomologique, ce ridicule, si tant est
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qu'il existe, doit être mis au compte d'Hardenpont et non à
celui des pomologues actuels. I)u reste, nous croyons qu'à
l'époque où vivait Hardenpont, la race des lanceurs.,, de poires
n'existait pas encore. Le progrès social n'avait pas encore été
jusque-là. Quand on gagnait un bon fruit, on le communiquait
à ses amis et aux amis de ses amis, et l'on ne songeait pas à
faire du mercantilisme. Quoi qu'il en soit, le Beurré rance n'a
plus à être lancé; il a fait assez bien son chemin dans le monde,
et un savant comme M. Buchetet ne peut l'ignorer.
Nous terminerons cet article en disant, à propos de notre
manière de dénommer le Beurré cT Hardenpont et le Délices
d'Hardenfont, qui a été l'objet des critiques de M. Buchetet,
que nous n'avons pas à la changer. Ces poires ont été depuis
leur origine, et sont encore, dans nos environs, nommées
Beurré d^HardenpoiiU^ Délices d^ Hardenpont, et non pas Beurré
Hardenpont et Délices Hardenpont. A l'époque où ces fruits ont
été gagnés, la langue latine avait encore le haut du pavé dans
l'enseignement et notamment dans l'enseignement de la bota-
nique. Il n'est donc pas étonnant que l'abbé Hardenpont et ses
amis aient, par analogie avec ce qui se fait en botanique,
employé la particule de (traduction du génitif latin) dans la
dénomination de ses poires.
Au demeurant, s'il était permis à des ignorants comme nous
de hasarder une opinion à cet égard, nous dirions que pour les
poires portant le nom de l'obtenteur, la particule de devrait
précéder le nom propre; ainsi Bergamotte ffEsperen signifierait
Berçamotte qui est un gain d'Esperen ; et quant aux poires
qui portent le nom de la personne à laquelle on les a dédiées, on
pourrait supprimer la particule ; ainsi Colmar Du Mortier signi-
fierait Colmar nommé Du Mortier en l'honneur de ce pomologue
distingué. C'est un vœu que nous émettrions et nous ne le ferions
toutefois qu'avec la plus grande réserve, car la confusion n'est
déjà que trop grande dans la nomenclature et nous ne vou-
drions pas que l'on nous fît un reproche de chercher à l'aug-
menter encore. Mais, en tout cas, s'il nous fallait opter entre
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Tapplication générale de la particule de et sa suppression
complète, nous voterions, sans hésiter, pour l'emploi général,
car cela nous paraît plus logique et plus conforme à l'usage
admis pour les dénominations botaniques.
Edouard Dur eulx. — Victor Wibaut.
POIRE CLAPP'S FAVOURITE. ^
Les rédacteurs des Bulleftins du Cercle d'ArtoricuUure de Bel-
gique s'estiment vraiment heureux de pouvoir communiquer à
leurs lecteurs le portrait et la description de ce précieux fruit.
Il y a quelques années seulement cette variété, d'origine amé-
ricaine, a été introduite dans les cultures en France et en Bel-
gique et est venue y occuper une certaine place sans faire
sensation et sans qu'il fût fait grand bruit autour d'elle. C'est à
peine si elle a eu l'honneur d'une cote particulière dans les
catalogues des pépiniéristes.
Il serait désirable que toutes les nouvelles introductions do
fruits pussent se faire de la sorte, c'est à dire que toute variété
nouvelle fût multipliée et répandue et qu'elle fît sa propre
réputation, car il ne résulte que trop de désappointements des
éloges anticipés.
Comme c'est un fruit d'été, on n'a guère fait attention à la
poire Clapp's Favourite; mais de ce qu'il est utile d'encourager
surtout l'obtention et la propagation des bons fruits de garde,
faut-il entièrement frapper d'anathème les nouvelles variétés
précoces ? On n'a pas abondance de bonnes poires mûrissant en
août-septembre et parmi celles qui sont généralement cultivées,
la Clapp's Favourite n'est pas du tout déclassée. Non seulement
c'est une variété excellente en tous points, mais elle remplit une
lacune dans cette série. Lorsque nous en avons reçu les premiers
pieds, nous lui avons immédiatement accordé une attention
toute spéciale à cause de sa belle et vigoureuse végétation.
La question de la croissance et du port nlntéresse pas exclu-
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sivement le pépiniériste, comme on semble souvent vouloir le
dire. Certes, un beau bois donne dans Tœil de celui qui élève les
arbres pour le commerce, mais n'est-ce pas un immense avan-
tage quand une variété produit un bon fruit, qu'on peut la
cultiver en fuseau, en pyramide, en haut-vent, en cordons, sous
toutes les formes ? Il y a plusieurs bonnes variétés qui seraient
autrement répandues qu'elles ne le sont, si leur bois ne faisait
charmille.
Cette année, la poire Clapp's Favoîirite a fructifié abondam-
mei t dans nos cultures, ce qui nous a permis de l'étudier avec
soin et d'en communiquer des spécimens à nos amis qui ont
été unanimes pour déclarer que c'est un fruit de tout premier
mérite, unique dans sa saison.
Le fruit est gros, souvent supérieur en volume' aux spécimens
figurés ci-contre, d'une belle forme obovale pyriforme dans le
genre de la poire Bon chrétien William. Peau fine, jaune citron
lavé de rouge vif et accidenté de taches fauves, régulièrement
marquée d'une zone brune autour de l'ombilic ; c'est une de ces
poires dont on peut dire « qu'elle pape de mine, » Chair blanche,
fine, fondante, beurrée, très juteuse et richement parfumée ; de
toute l'« qualité. Maturité fin août et commencement de septem-
bre. Bois droit, pourpre foncé ; feuilles larges, corsées, vernis-
sées, présentant la même dentelure et la même nervation que
celles du William dont elles ne diffèrent que par une couleur
plus foncée.
L'arbre a un beau port pyramidal, est très vigoureux, sur
franc et sur coignassier,et jointà sa belle végétation une fertilité
remarquable. C'est une acquisition précieuse pour le verger.
Le catalogue descriptif raisonné et synonymique, un travail
très méritant publié par la maison Simon-Louis, de Metz,
dit entr'autres de ce fruit qu'il est surtout « à recommander aux
personnes auxquelles déplaît la saveur musquée de la Poire
William. »
Nous ajouterons que, mise sur la même ligne que cette variété
si généralement appréciée, nous trouvons à la Clapp's Favourite
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1 avantage de mûrir plus tôt son fruit, de ne pas se dégarnir si
vite et de ne pas avoir le bois cassant, ce qui rend le William
impropre pour le verger. La Poire William est une variété qui
s'use très vite et dont le fruit tombe facilement. Nous recomman-
dons vivement aux amateurs de ces poires qui viennent avant
octobre, saison de la masse et de Tencombrement, la culture du
Beurré Gfifart, Brandywine, autre acquisition du nouveau con-
tinent, Clap^s Favourite, William, Madame Treyve, Beurré
d^Amanlis. Pas une n'est de trop et il n'en faut pas davantage
pour avoir au complet la première saison des bonnes poires.
Nous prenons pour ce qu elles valent et sans les condamner
absolument, la peiite Poire de la St Jean, la Sept en gueule,
VAurate, le Doyenné de Juillet, le Muscat Robert et autres,
qui font les délices des petits enfants.
Fr, Burvenich.
L'ENSEIGNEMENT AGRICOLE ET HORTICOLE EN AUTRICHE.
Pendant notre séjour à Vienne, Tan dernier, et à la suite de la
communication que nous fîmes au Congrès, nous fûmes à plusieurs
reprises en contact avec des hommes ayant à cœur le progrès
de l'agriculture et de l'horticulture. C'est avec bonheur que
nous leur expliquâmes au long ce que la Belgique a fait sous ce
rapport et nous éprouvâmes un sentiment de, fierté en constatant
la haute idée qu*on a à l'étranger de notre enseignement agri-
cole. Nous apprîmes que TAutriche aussi se donne beaucoup de
peine à cet égard, et nous pûmes nous en convaincre en jetant un
coup d'œil dans les livres que M. le baron Arthur de Hohen-
bruck, secrétaire du Ministre de l'Agriculture, eut lobligeance
de nous envoyer.
Nous voyons maintenant dans le Gartenfreund, n"» 8 et 9
1874(1), qu'au mois de mars de cette année, Tempire d'Au-
(l) Bulletin mensuel de la Société impériale et royale d* horticulture
de Vienne,
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triche comptait les écoles d'agriculture et d'horticulture sui-
vantes :
I. Écoles d'agriculture : 27, ayant 586 élèves (dont 4 pour la
Basse- Autriche avec 94 élèves).
II. Écoles moyennes d'agriculture : 9, ayant 412 élèves (dont
2 pour la Basse- Autriche avec 93 élèves).
III. Écoles supérieures d'agriculture : 2, ayant 98 élèves
(dont 1 pour la Basse- Autriche avec 88 élèves).
IV. Écoles spéciales d'agriculture : 33, parmi lesquelles
6 pour la sylviculture ayant 152 élèves (la Basse-Autriche une
école moyenne avec 8 élèves et une école supérieure avec 33) ;
18 pour Farboriculture fruitière, la viticulture et la culture
maraîchère, avec 216 élèves (pour la Basse- Autriche 4 écoles
primaires ayant 67 élèves et une école moyenne nouvellement
créée) ; 5 de médecine vétérinaire comptant 328 élèves (une école
primaire avec 98 élèves et une école supérieure avec 193 élèves
pour la Basse-Autriche) ; 4 écoles diverses ayant 76 élèves pour
renseignement de la brasserie, la magnanerie, la culture
du lin, etc.
Certes, rénumération qui précède ne manque pas d'impor-
tance. L'Autriche, si étendue et si peuplée» n'est, toutes propor-
tions gardées, pas encore à la hauteur de la Belgique; mais,
suivant nous, l'enseignement agricole y jouit d'une plus haute
considération : il y est donné en eflfët jusque dans les univer-
sités. Des propositions en ce sens ont été faites également chez
nous; mais seront-elles jamais agréées? Ne trou vera-t-on pas
toujours des hommes, ayant voix au chapitre, assez mal inspirés
pour prétendre que cela nuirait à la dignité du haut enseigne-
ment?
Nous voyons, dans le même recueil, que la Société impériale
et royale d'horticulture de Vienne a son école d'horticulture à
elle, sous l'administration de MM. Cari Gundacar baron
von Suttner, Dr Prof. Fenzl et Dr Jos. Mitscha. Six profes-
seurs y donnent l'enseignement dans les diverses branches
théoriques et pratiques de l'horticulture. Une modification
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étrange, mais motivée par Texpérience, dit le Gartenfreund,
vient d'être faite au programme des études : jusqu'ici les cours
se donnaient en deux années; dorénavant il n'y aura plus qu'une
année d'études; le nombre des leçons sera augmenté au besoin.
H.J, VanHulh.
EXPOSITIONS FLORALES.
Exposition de la Société horticole de Hasselt. — Les fêtes
florales sont si rares dans le Limbourg, où cependant le goût
de l'horticulture est très prononcé, que nous sommes heureux
de pouvoir signaler la petite et très gracieuse exposition
organisée cette année par la Société horticole de Hasselt, en
coïncidence avec une exposition agricole à laquelle on avait
donné une très grande étendue.
A l'entrée de l'un des boulevards, un jardin avait été improvisé
par les soins de M. Sandbrinck, secrétaire de la Société. Des
hangars enguirlandés de verdure et munis de tablettes j atte-
naient des deux côtés. Sur ces tables se trouvaient de fort beaux
fruits. Ceux provenant des cultures de M. De Venster, jardinier
chez M. de Woelmont ; les poires de M. Vreven, président de la
Société; les pommes de M. Vanden Hoven, de Diest, et les
raisins de M. J. Geers, pépiniériste, à Hasselt, étaient réelle-
ment remarquables.
Nous aimons à citer ensuite un bel envoi de plantes de serre
de M. Jacques Smits, horticulteur, à Hasselt, ainsi que les Géra-
nium, les jolies Reines Marguerites et les très élégants bouquets
de graminées ornementales du même exposant.
Nous ne dirons rien des Col eus, tous trop dégarnis à la base.
Les roses de M. Geers, les Zinnia de M. Smits et surtout les
Dahlias, semis aux coloris nouveaux, obtenus par M. Hermans,
cantonnier, à Hasselt, méritent une mention spéciale.
A l'agréable on avait joint l'utile et, malgré la sécheresse
de la saison, les lots de légumes étaient généralement remar-
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quables. N'oublions pas de citer des ruches à cadres mobiles et
une ruchette vitrée contenant des abeilles italiennes, exposées
par M. Edm. Briers, de Hasselt, ainsi que les meubles et
instruments horticoles de M. Troupin-Morren, de Liège.
Nous applaudissons aux efforts de l'administration de la
Société de Hasselt qui aide de la sorte à développer le goût des
fleurs. Trop souvent dans les petites villes les hommes de bonne
volonté sont livrés à leurs propres ressources.
Expositioii de la Société royale Lmnéenne* — La Société
royale Linnéenne, qui est administrée par des hommes d'une
activité et d'un désintéressement éprouvés, organise tous les ans
des floralies qui marqueront dans l'histoire de ^rhorticulture.
L'exposition dernière a eu le privilège de faire remonter sur la
scène des hommes qui s'éclipsent et même des académies qui
n'existent pas !
L'espace nous manquerait s'il nous fallait citer rien que les
choses saillantes de tous les concours au nombre de 291 .
La vaste cour du Palais de justice était convertie en jardin
avec le talent que nous connaissons à M. Fuchs. Les galeries
étaient occupées par les produits maraîchers et les collections
fruitières, sans compter une partie des produits des arts et des
industries horticoles. Une vaste serre abritait les végétaux
habitués à la chaleur; d'autres, qu'on voulait entourer de plus
d'attention encore, s'étaient réfugiés dans une salle, avec les
insectes nuisibles ou utiles, les herbiers, etc. Une autre salle
cachait, c'est le mot, les produits agricoles, trop beaux pour
un réduit aussi obscur. Le vestibule de la Cour de cassation
était lui-même garni de fougères, de cactées et de jolies cages;
en face de l'entrée se dressait un magnifique trophée agricole
dû à M. de Damseaux, de Ghlin (Hainaut). Les allées au fond de
la cour étaient occupées par les animaux de volière et de basse
cour et une partie des objets des arts et industries horticoles.
Les fruits étaient la plupart magnifiques. Les lots de
MM. Mambour, de Tournai ; Pycke, de Courtrai; De Poorter,
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d'Evergem; Hage, de Courtrai; Vanden Houten, de Bruxelles;
Bols, d'Elewyt; Hermans, d'Hérenthals ; Jacobs, de St Josse
ten Noode; Charozé, d'Angers (France), et surtout les nom-
breux semis de M. Grégoire, de Jodoigne, excitaient une
admiration méritée.
On remarquait les superbes raisins de M"* la baronne van
Loo-Malfait, de Gand, et les riches apports envoyés de Liver-
pool par M. Meredith. Quelles splendides grappes que celles
de Barbarossa, de Gfromier du CarUal (marqué par erreur
du Bautol), de Muscat d'Alexandrie aux gros grains jaunes et
de Blacii Muscat aux grains noirs allongés !
Signalons encore les deux corbeilles de pèches tardives
exposées par M. Lepère fils et par M. Sornin jeune et se com-
posant de Belle Bamse, Chevreuse, Bon Ouvrier et Têton de
Véntùs. Dans le lot de M. Lepère, la Chevreuse était remplacée
par ï Admirable jaune.
Passons à la culture maraîchère. Trois exposants se sont
particulièrement distingués dans cette section : la Société
maraîchère d'Ixelles, M. Marchand, à Auderghem, et M. le
chevalier Huyttens, à Lovendegem. La Société dlxelles avait
un contingent complet de très beaux produits de toute espèce, y
compris une série de variétés méritantes nouvelles dont les
graines avaient été distribuées par la Société : exemple excellent
dont on ne saurait assez recommander Timitation. M. Paul
Marchand était triomphant dans un très grand nombre de con-
cours. Les produits de M. Huyttens semblaient se ressentir du
voyage bien plus que du sol sablonneux où ils sont cultivés.
Ils étaient d'ailleurs fort beaux.
Quant aux fieurs et aux plantes ornementales, nous n'en
finirions pas s'il fallait tout relater. Citons au hasard les pal-
miers de M. Dallière, les 25 plantes ornementales de M. Le-
monnier, de Bruxelles, sans compter ses autres apports ; les
plantes à feuillage de M. C. De Craen, de St Gilles ; les plantes
nouvelles de M. Dallière et de M. L. de Smet, de Gand ; VJEurya
latifolia fol, var, de M. De Groot, de Steenbrugge; le Dracaena
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Douceti de M. De Craen-Longhé ; un Bertholonia obtenu de semis
à rétablissement Van Houtte et aussi joli qu'un Anaectochilus
mais peut-être aussi capricieux; les Dahlias de M. Wouters,
d'Anvers ; les roses de M. Hermans d'Hérenthals et de M. De
Kerck, à St Josse ten Noode ; les Phormium de M. Vincke, de
Bruges ; les très gracieux bouquets de graminées non colorées
de M"»« J. Gillon, de St Josse ten Noode, et la corbeille de fleurs
naturelles do M™« de Damseaux.
Mentionnons encore le parterre de M. Gillekens, de Vil-
vorde, et applaudissons à la distinction flatteuse votée à
M. Ad, D'Haene et M. De Kneef, chefs de culture chez
MM. Lemonnier et Beaucarne et qui ont bien mérité la mé-
daille de coopérateurs.
Exposition de la Société Dorothée à Malines. — La cour
des anciennes Halles était convertie en jardin et il eût été
difficile de reconnaître la spacieuse salle de FÉcole de dessin
dont les tables étaient cachées sous les fleurs et les fruits.
Nous ne dirons rien de la partie agricole qui n'est pas du
domaine de ce Bulletin.
Les produits maraîchers de Malines sont renommés à juste
titre. L'exposition en renfermait de superbes échantillons
exposés par MM. H. Varenberg, Mommaerts, Louis De Co-
ninck, Victor Van Hoorebeke, de Malines, et Jean Boone, de
Duffel.
Les fruits étaient plus riches encore et on se rappelait à leur
vue les Esperen et les Coloma qui ont illustré Malines. Dans
plusieurs concours, les apports étaient si beaux et les concur-
rents si nombreux que le Jury a accordé un nombre de récom-
penses supérieur à celui du programme. Citons avec honneur
les lots de MM. A. Jacobs, Jos. Louis, Pierre Louis, L. Van
Hoorenbeke, Edm. Ryckman, de Malines, Ch. Van Raems-
donck, d*Edeghem, Bols, d'Elewyt, et Hermans, d'Hérenthals.
Dans la section des plantes, nous mentionnons la belle collec-
tion de M. D'Avoine, les Reines Marguerites de M. J. Van
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— 376 —
Loock, les Fuchsias de M. P. Louis, les Conifères de M. De
Vis, les Dahlias de M. Wouters, de Borgerhout, les jolies Roses
de M. Hermans, d'Hérenthals.
Un des concours les plus importants pour la localité était
celui des plants pour haies et pour boisements. Les concurrents
avaient mis une grande ardeur à la lutte. Le premier prix a
été décerné à M. Louis De Coninck, le second à M. Fr. Mariën
et le troisième à M. Martin Jacobs, tous pépiniéristes.
Une mention est due aux jolis parterres composés par M. Fr.
De Pauw, jardinier au Jardin botanique. En terminant nous
félicitons la Société Dorothée de ses succès et nous lui souhai-
tons de conserver longtemps un président aussi actif et aussi
dévoué que M. Charles De Vis.
Exposition de la Société horticole de Lierre. — Cette
année la Société de Lierre s'est réellement surpassée. Jamais
nous n'avons vu une exposition florale, agricole, fruitière et
maraîchère y avoir un aussi franc succès. La vaste cour, les
galeries et trois grandes salles de l'ancien Hôpital suffisaient à
peine à placer tous les produits.
Dans la section agricole, M. Robillard, de Henzies, a victo-
rieusement lutté dans la plupart des concours avec les agricul-
teurs de Lierre et des environs, MM. C. Simons, C. Strujf,
E. Peersman et J. B. Pauwels.
En culture maraîchère, M. C. Simons a eu le triomphe assez
facile; ses produits étaient d'une beauté remarquable. Pour les
légumineuses et les plantes bulbeuses, il a cependant été battu
par M. J. H. Boon, de Duffel.
En fait de fruits, l'exposition était extrêmement riche. Nous
y retrouvons les beaux fruits de M. Hage, de Courtrai, vain-
queur dans quatre concours principaux, ainsi que ceux de
M. Mambour, de Tournai. Les apports de MM. Simons, de
Lierre, Govaerts, de Malines, Peersman, de Lierre, De Haes,
de Heyst-op-den-Berg, étaient fort remarquables.
La floriculture est incontestablement en progrès à Lierre.
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— 377 —
Nous citerons les contingents de MM. J. De Haen, J. Janssens,
F. Driessens, sans oublier les Bégonia de M. Van Thielen, le
zélé président de la Société.
L'espace nous manque pour entrer dans des détails, mais
nous regretterions de ne pouvoir rendre hommage aux efForts
de M. Van Thielen secondé dans son œuvre difficile par M. Ad.
de Strjcker et d'autres membres du bureau, ainsi que par
Tadministration communale qui comprend Timmense intérêt
qu'il y a pour la ville de Lierre à y développer et perfectionner
les cultures. Ém. Roiigas.
EXPOSITION POMOLOGIQUE DE LOKEREN.
Jusqu'ici Tespace a fait défaut pour rendre compte comme
nous aurions voulu le faire de cette exposition qui eut lieu
à la fin de septembre. Il s'agissait de tenter un essai, mais nous
avons été surpris de voir le nombre et la qualité des contingents
envoyés. Cette année nous avons, en qualité de membre du
Jury, visité un certain nombre d'expositions et nous le disons
sans la moindre exagération, bien peu ont surpassé celle de
Lokeren et plusieurs ne l'ont pas seulement égalée.
Que ce premier et éclatant succès soit pour le zélé président,
M. J. B. Van Hooff, et pour ses confrères de bureau un encou-
ragement à persévérer dans leurs efforts. Ils peuvent être
assurés d'avance d'une réussite complète. H.J. Van Huile.
FRUCTIFICATION DU NOYER.
Dans son numéro du 14 novembre dernier, notre excellent
confrère the Qarden demandait un moyen pour amener à fruc-
tification un noyer resté stérile jusqu'aujourd'hui. Il est très
difficile de répondre d'une manière complète à cette question.
Bien des causes peuvent produire la stérilité du Noyer; la
situation par exemple dans laquelle l'arbre est planté, peut
exposer celui-ci chaque année à des gelées tardives, survenant
pendant la floraison. Une cause de stérilité du Noyer, à laquelle
on accorde généralement trop peu d'attention, est l'absence de
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— 378 —
principes calcaires dans le sol. Lorsque le Noyer est planté
dans un terrain d'alluvion ou argilo-siliceux, il importe de lui
donner des engrais calcaires. Le même fait avait été remarqué
par feu Edouard Jaequemyns dans son domaine de Minderhout.
Tandis que ses voisins voyaient dépérir leurs plantations de
noyers et châtaigners, les siennes prospéraient et donnaient
des résultats remarquables tant en fruits qu'en croissance. Il
attribuait les résultats obtenus à remploi considérable qu'il
faisait de chaux, lors de la préparation du terrain pour ses
arbres(l). Réi.
TRAVAUX A EXÉCUTER DANS LA CULTURE NATURELLE DES
PLANTES POTAGÈRES.
Décembre.
SU ne gèle pas, on continue la mise en billons ; on fait les
défoncements ; on met en jauge au rez du sol ou en tranchées
les choux pommés et à jets ; on butt.e le dernier céleri. A l'ap-
proche de la gelée, on couvre les plantes délicates et on fait
provision de plantes qui restent en pleine terre : scorsonères,
poireaux, chicorées, navets, etc., qu'on met en jauge et sous
couverture.
Au dégel on met une activité égale à découvrer et aérer les
plantes abritées. Pendant les jours de mauvais temps, on s'oc-
cupe du raccommodage des outils, du nettoyage et du triage
des graines. C'est le moment de se procurer celles qui manquent.
On prépare les rames de pois et de haricots. On transporte
les fumiers sur le terrain. On couvre de ramilles le cerfeuil,
le persil, la mâche, la poirée, la claytonie, les épinards, qui
grâce à cet abri, continuent à produire de jeunes feuilles.
On sème du persil qui lèvera au premier printemps.
On vérifie régulièrement les légumes remisés pour leur con-
servation, afin d'arrêter la pourriture et de livrer à la consom-
mation ceux dont la garde ne peut plus se prolonger.
Fr, Burvenich,
{\)Een uitstap in de Kempen^ door G. de Kerchove en H. Carnewal,
Gent, 1872.
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TABLE DES MATIERES.
Pages.
Composition du Conseil d^administration pour 187i et Comité central . 5
Admissions de membres.
Admissions prononcées en décembre 1873 • ii
» » janvier 187^ ^ , . 33
» » février » 6*^
» » mars et avril »^ 129
m m mai » , , , i&i
» » juin » . 193
n » juillet » • 225
» » août » 257
» w septembre et octobre » 329
» » novembre » 353
Assemblées générales.
Distribution des récompenses aux lauréats de TËxposition de fruits
de 1873 3i
Assemblée générale tenue à Bruges, le 26 avril 187i .... 163, \9i
Bapport.
Rapport sur la situation et les travaux du Cercle en 1873, par
£m. Rodigas 5
Pomologie.
Poire Crassane Du Mortier^ par Delrue-Schrevcns 17
Pêche Grosse Mignonne, par de Mortillet 28
Pomme Borawinskji, par Fr. Burvenich 53
P^c/ic il/earawdra /Vo6/e««, par Fr. Burvenich 80
Poire Ananas de Courlrai y ^vœÈA.VyndiQVi 112
Prune Columbia, par Fr. fiurvenich 1^5
PécAc /)a^»/iar, par Fr. Burvcnicb 177
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-380 —
Poire Délices Cuvelier, par Éd. Pynaert ÎOi*
Pomme Petite Emma, pwFr, Rarvemch 241
Poire Beurré Degallaif^ par Dclpue-Schrevens 273
Pomme Belle de Lippe, psLT Èm, hodigiàs 3f5
Poire Sainte Dorothée^ par Delrue-Schrevens 540
Poire Clapp't Favourite, par Fr. Burvenich 568
Arboricnltnre fruitière.
Le greffage des arbres fruitiers, par H. J. Van Huile 29
La vigne en cordon vertical, par Eug. Wéry 46
Le rognage des feuilles, par Th. Buchetet 150
Viticulture. Une petite invention, par Oliveira Junior 140
Des arbres fruitiers dans les cours d'école, par Fr. Burvenich . . . 20O
Les vergers en miniature, par Fr. Burvenich 323
Culture de la vîgne dans les écoles, par Fr. Burvenich 226
Note sur la culture retardée de la vigne, par Ed. Pynaert .... 346
Fructification du Noyer 377
BeTne pomologiqae.
Revue de l'arboriculture et de la pomologie par Éd. Pynaert :
he Beurré Dubuisson 168
Les poiriers à fleurs doubles 169
L'arboriculture fruitière au Japon 170
De l'évaluation ou de l'estimation des arbres fruitiers dans les jardins,
les champs et les routes publiques, du D' Lucas 17t
La Pomme Bartfiélémy Du Mortier 172
Congrès pomologique de France .172
Les fruits adoptés par le Congrès pomologique de France .... 173
La tangue ou sablon calcaire marin 173
Un nouvel arbre géant 174
A propos du Beurré rance, par Th. Buchetet 234
Note sur quelques pommes russes, par P. Wolkenstein 238
La Poire Vande TFeyer-Bates 276
Fruits admis en 1874 3H1
Session de la Société pomologique de France, par Éd. Pynaert . . . 334
Un dernier mot sur le Beurré rance, par Dureulx et Wibaut . . . 363
Arboricnltare ornementale.
Les massifs d'arbustes à feuillage coloré, par Fr. Burvenich. . 22, 41, 124
Le TVixKxAtôemtca (If d'Irlande), par Éd. Pynaert 82
Taille du Lilas, par Fr. Burvenich 148
Le TViom» At&emtca, par C. De Vos 176
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— 381 —
Hortionltnre florale et maraîolière.
Pages.
Quelques mots k propos des légumes hâtifs, par Eug. Wéry ... 12
Préparation du plant de pommes de terre, par Fr. Burvenich . . lU, 79
Les plantes alpines, par H. J. Van Huile ....... S$9, 7^, 259
Culture des glaïeuls, par Eug. Wéry 83
Liste des rosiers les plus rccommandables JOi
Les printannières vivaces« par £m. Rodigas 119
Le buis en bordure, par Eu^. Wéry 121
Nouveaux Helleborus, par Em. Rodigas ......... 141
Le chou remontant, par Fr. Burvenich 174
Les bordures du potager, par Fr. Burvenich . 229
La Lavande, par 0. Rlipp . 271
L*arroche à larges feuilles, par Éd. Pynaert . 272
Le Livistona sineîisis, par £m. Rodigas 278
Chronique horticole et maraîchère.
Chronique maraîchère, par Fr. Burvenich .55, 185
Chronique horticole, par H. i. Van Huile :
Exposition au Casino de Gand 91
Catalogues 92
Le Fuchsia . . . 93
Graminées immortelles . 9i
Parterres 94
Chronique horticole 213,349
De la production fruitière et maraîchère de h Belgique, parO. Rlipp. 358
Mélanges.
M. P. Wilder, par Ém, Rodigas 19
Le plus gros pied de vigne, par Em. Rodigas 19
Les Ormes gras, par £m. Rodigas 30
Un poirier phénoménal, par £d. Pynaert 61
Le Thé de Cassis, par H. J. Van Huile 61
Exposition à Arnhem, par H. J. Van Huile 62
Exposition horticole à Brème, par H. J. Van Huile 62
Congrès international d*œnologie à Vienne, par Éd. Pynaert ... 66
A nos confrères 97
Création et entretien des pelouses, par Éd. Pynaert .... 86, 107, 159
Décorations industrielles et agricoles, par Ém. Rodigas 94
Un jardin fruitier modèle, par H. J. Van Huile 98
Notes de voyage, par H. J. Van Huile 86,107,150,318
De la nécessité de simplifier la nomenclature pomologlque, par Éd. Py-
naert 138
Conservation du raisin, par Fr. Burvenich. 143
Les scies perfectionnées, par A. M. G. Jongklndt-Gonlnck . , . . 147
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— 382 —
Pages.
L^enseignement horticole à Tétranger, par Em. Rpdigas i56
Conférences sur Tarboriculture, par Ëm.Rodigas 157
Conservation des fraises, par Fr. Burvenich 175
État actuel de Tliorticulture belge. Discours prononcé au Congrès de
Vienne, en août 1873, par H. J. Van Huile 179
Les pompes brouettes, par Éd. Pynaert 189
Multiplication des plantes par leur feuillage, par A. Fillot .... 204
Les bouquets de table, par Ém. Rodigas . . 220, 230
Le marché aux fleurs de la place d*Armcs à Gand, par H. J. Van Huile. 227
Conserve d*oseille, par Fr. Burvenich 234
Les arrosements d*été, par H. J. Van Huile 249
École d'horticulture de rÉtatj à Gand, par Ém. Rodigas 233
Les noix de Kasjoe, par £m. Rodigas 266
Note sur Tarbre aux quarante écus, par Éd. Pynaert 269
Plantes insectifugcs, par H. J. Van Huile 270
Bois, par 0. Klipp 283
Un arbre utile, par 0. Klipp 284
La pomologie en Néerlande, par H. J. Van Huile 285
Examens de sortie à TÉcole d'horticulture de TÉtat, à Gand, par
Ém. Rodigas 286
Les arbres pleureurs, par Ém. Rodigas 325
Le Tarro ou chou caraïbe, par 0. Klipp 326
Coloration artificielle des fleurs naturelles, par 0. Klipp 526
Congrès pomologique de France 527
Le jardin fruitier de St Mandé et celui de M. Gresscnt 342
L'enseignement agricole et horticole en Autriche, par H. J. Van Huile. 370
Calendrier maraîcher.
Calendrier maraîcher, par Fr. Burvenich :
Travaux du mois de janvier 51
« » février 63
» » mars 98
» » avril 127
» » mai. 160
» » juin 191
» » juillet 223
» août 256
» » septembre 287
» » octobre 528
» n novembre 352
» » décembre 578
nécrologie.
Edouard Jaequemyns, par Oswald de Kerchove de Dentergbem . . 289
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— 383 —
Bibliographie.
Pages.
Revue des publications, par Ém. Rodigas :
D"" Karl Koch. — Dendrologie : Baume, Strâucher und Halbstraucher . 113
J. Linden et Éd. André. — L'Illustration horticole 1U, 2^6
H. J. Van Huile. — Coup d'œil sur les promenades et les jardins publics 1 U
L. G. Gillekens. — Le Moniteur horticole belge HS^
Der Gartenfrcund 115
Fr. Burvenich. — Snoei der fruitboomen 116
D' W. Ulrich. — Internationales Wôrterbuch der Pflansennamen . . 117
Ed. >|orren. — Liste des jardins botaniques du monde, des chaires de
botanique et de quelques établissements de botanique 118
Ed. Pynaert. — Die Frucht Hauzer 118
Fr. Crépin. — Manuel de la flore de Belgique 243
Ch. Gilbert. —Les fruits belges 244
Marshall P. Wilder. — Address at the quarter-ccntennial célébration of
the American Pomological Society 245
Transactions of the Massachusetts Horticultural Society for 1872 . . 245
M. Bernardin. — Visite à l'Exposition de Vienne 264
E. A. Carrière. — Revue horticole 247
Actes et communications de la Société Néerlandaise pour favoriser
l'industrie 248
Dr J. C. Ballot. — Magazijn van Landbouw en Kruidkunde . . . 248
Expositions.
Exposition florale à Bruges, par Ëm. Rodigas 126
Exposition de plantes à St Nicolas, par H. J. Van Huile 158
Exposition florale à Ledeberg, par Em. Rodigas 175
Exposition printannière de plantes et de fleurs à Arnhem^ par H. J. Van
Huile 201
Exposition internationale d'horticulture à Maestricht, par Ém. Rodigas 205
Exposition de Florence 217
Exposition de fruits à Gand, par Ém. Rodigas 350
Expositions florales à Hasselt, Bruxelles, Malines, Lierre, par Ém.
Rodigas 372
Exposition pomologique à Lokeren, par H. J. Van, Huile 377
Expositions annoncées.
Expositions annoncées 255, 287 •
Flanches coloriées.
Poire Crassane Du Mortier.
Pomme Borawinskji.
Pêche Alexandra Noblcss.
Poire Ananas de Courtrai.
Prune Columbîa.
Pêche Dagmar.
Poire Délices Cuvelier.
Pomme Petite Emma.
Beurré Degallait.
Pomme Belle de Lippe.
Poire Ste Dorothée.
Poire Clapp's Favourite.
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— 384 —
PlandiM noires.
Portrait de M. P. Wilder.
Portrait de Ed. Jaequemyns.
Vue intérieure d'une serre consacrëe à la culture tardive de la Vigne.
FignreB.
PagM.
i. — Flore des Alpes 7^
2. — Aquilegia alpina 76
3. — Aster alpinus . 77
^. — Aquilegia viscosa 78
5. — Plan du jardin d'arboriculture de Lille 99
6. — Tondeuse Automatou 109
7. — — silencieuse ifO
8.— — Shanks HO
9 — — Green iil
10. — — Green perfectionnée IH
H. — Boulevard à Munich 154
lat— Soufflet à soufrer iU
13. — Appareil^ à conserver le raisin i^
15^16,17. — Egohines et scies perfectionnées 147,148
18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26. —Tondeuses degazon . . 150, 131
132, 133, 134, 133
27. — Pompe d'arrosage aspirante et foulante, système Noël. . . . 190
28. — Coupe du corps de pompe, système Noël ....... 190
29. — Pompe aspirante et foulante à jet continu 191
30. — Poire Délices Cuvelier ou Poire des Ursulines 211
31. — Milieu de table 221
32. — Coupe verticale de l'appareil 221
33. — Section horizontale 221
34. — Porte fleurs pour banquet 231
33. — Coupe verticale du porte fleurs 232
36. — Noix de Kasjoe 267
37. — Pomme de Kasjoe 268
38. — Livistona sinensis 278
37. — Un boulevard à Vienne . 319
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Ouvrages des mêmes auteurs.
Jwwniiiéh. FyiMvt. Botiiis et ¥«« IMIè. ANmiAIRE DE
VHORTICULTVRE BELGE. Un vol. in-18o de 176 pages,
avec ^ vignettes et portrait . fr. 2 00
Les fêtes florales de Gand. En collaboration arec 0. de
KerchOTe. Vol. in-8% avec plans 5 00
F. Bnrrenlch. Practiscbe aanwijzingen over den snoei der fruitboomen
en den fruilkweek onder gbs, /!« omgewerkte uitg. . fr. 5 00
— De burgerlijke fruitkweek, in-lS» met pi. . . .... . i 25
— De boomgaard of fruitkweek in betrekking met kndbouw, twecde
uitgave met platen . . . 1 50
— La grande culture des arbres fruitiers dans les vergers, \qs champs,
les prés, les cours d^école, etc. (sous prcs$e) . ' . . . 2 00
— Âspergien overal en voor iedereen ........ 80
— Excursion arboricole et pomologique aux environs de Paris (avec la
collaboration de M. Van Huile) i 00
— Le jardin de Tinstituteur. ........... 75
— De tuin des onderwijzers. . . . , . . . . . , 75
éd. Pynaert. Manuel de Pamateur de fruits : arboricaltare fruitière en
dix leçons, in-18« de 388 p. et 89 fie 5 50
— Les serres-vergers. Traité eomplet de (a culture forcée et artificielle
des arbres fruitiers, 2« édition, in- 18» avec 65 figures . . 4 00
— ^ Notices horticoles, — La terre de bruyère, et les terres artificielles
empj^yées en horticulture. De la possibilité d'utiliser la chaleur
. perdue des machines à vapeur, etc. 2« éd. ïnA^ avec 8 fig. i 00
— De fruitboomkweekerijen. Ligging. — Verdeeling. — fiewerking
■ van den grond. — Ontwatering. — Ben^esting, — Aankwee-
king, enz. in-18« met 25 fig, 2 00
— Een woord over den fruilboomkweek in"potten . . . .0 75
— Over het enten ofgrififelen der fruitboomen, alsook der sieraadboo-
men en heesters, naar het werk : « l'Art de greffer • van K. Baltet,
in.l8omet ilSfig. . 300
Emile Bodigas. Traité théorfque et pratique de coltare maraîchère.
3e éd. avec fig 3 50
— Les fougères, esthétique, reproduction et classification . . 75
— De burgerlijke moestuin. Eeknopt overzicht der eultuur van al de
in eenen gewonen tuin te telcn groenselplanten. • < . 2 00
H. J. Van Halle. Culture de la Vigne sous verre, 2» éd. l^>^i^^;pl. \ 00
— De moeshovenierderij, 3« uitg. met pi 1 Vâ^^is^ 2 50
— Guide arboricole aux cours publics, z» édition. . . . ^^ 3 50
— De boomteelt, 4« uitgave met fig ^ ^ 3 00
— Coup d'œil sur les promenades et les jardins publics à notre époque^
précédé d'une étude sur le Jardin botanique de l'Université de
.Gand,2eéd.in.8o . 12(5
— Ëlagage des essences forestières, des arbres des promenades et ((es
boulevards, tonte des haies et émondage des conifères, in-8<». 75
— De sieuning aer boschhoutsoorten, der boomen langs wandeldreven
en lanen, het scheren der hagen, het dunnen der harsachtîgc
gewassen, in-8® met pi. 75
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